jeudi 12 novembre 2015

La LJC-Q à La Havane pour la 19e Assemblée générale de la FMJD



Bien loin des célébrations bellicistes de nos gouvernements pro-guerre et pro-entreprises, 2015 ne marque pas les 70 ans d’une victoire militaire, mais bien de la victoire des peuples contre le nazisme et le fascisme. Ce ne sont pas tant les armées régulières qui ont mis en déroute les armées nazies, mais en grande partie les résistants - dont les communistes - et le peuple en général qui ont eu raison de la barbarie fasciste qui, rappelons-le, avait pour but principal d’en finir avec le communisme. 

C’est dans cette foulée que plusieurs organisations se sont constituées avec pour but d’assurer la paix dans le monde et surtout d’en finir avec le système qui, comme l’affirmait Jaurès, «porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage», soit le capitalisme et, plus précisément, son stade suprême soit l’impérialisme. Les femmes se sont unies sous le sigle de la Fédération internationale démocratique des femmes; les travailleurs au sein de la Fédération syndicale mondiale et les pacifistes en général se sont joints au Conseil mondial de la paix. Les jeunes, quant à eux, avec pour slogan «jeunesse unie pour une paix durable» ont constitué la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique (FMJD) dont l’activité pour la libération des peuples opprimés et pour l’amitié entre les peuples a réussi notamment à travers les Festivals mondiaux de la jeunesse et des étudiants à rejoindre des milliers de jeunes. 

Aujourd’hui encore, cette organisation continue de représenter les intérêts de la jeunesse en lutte pour un monde meilleur empreint de solidarité, de paix et de transformation sociale alors que le dernier Festival mondial de la jeunesse et des étudiants, organisé par la FMJD, a réuni près de 10 000 jeunes militants anti-impérialistes à Quito en décembre 2013. 

Certes, le monde a changé en 70 ans: de nombreux pays ont gagné leur indépendance à l’issue de luttes sanguinaires, plusieurs pays notamment en Europe de l’Est ont subi une contre-révolution qui les a forcés à abandonner leurs principes anti-impérialistes tandis que d’autres ont bénéficié de nombreux avantages sociaux grâce à la lutte des travailleurs. Il ne fait aucun doute, le monde a changé de visage, mais ces changements cosmétiques ne remettent certainement pas en cause le point le plus important de l’analyse dressée par nos prédécesseurs en 1945: l’ennemi principal de la jeunesse (et du peuple en général) demeure l’impérialisme. 

Avec le développement de la crise capitaliste et environnementale ces dernières années, les contradictions inter-impérialistes se sont exacerbées, générant des conflits  armés à travers le monde dont les guerres en Syrie et en Ukraine. 

Plus que de simples escarmouches, ces conflits posent un danger réel à la paix alors qu’ils menacent d’entrainer de plus en plus de pays, de peuples, dans leur sillon arrosé du sang de fils de travailleurs et paysans sans aucune autre alternative que de servir comme chair à canon ou comme armée industrielle de réserve. 

La jeunesse mérite un avenir meilleur. Un autre monde est possible: les forces vives existent comme nous pouvons le voir présentement en Palestine avec les jeunes révoltés qui refusent la colonisation sioniste et réclament leur droit à l’autodétermination ou ceux du Sahara Occidental qui combattent quotidiennement l’occupation militaire de leur pays par les troupes marocaines. Les pays d’Amérique Latine ont, quant à eux, désigné leur continent comme une «Région de paix» lors du dernier congrès de la CELAC alors que plusieurs pays se sont débarrassés des bases militaires étrangères comme l’Équateur qui a fait de l’ambassadeur des États-Unis persona non grata. 

Que la prochaine Assemblée générale de la FMJD se tienne à Cuba envoie un message positif à la jeunesse qui se bat pour un avenir meilleur exempt de guerre.  Non seulement Cuba socialiste représente en soi un pays dont il serait superflu rappeler les positions anti-impérialistes et les actions pour la paix malgré toutes les difficultés qui y sont liées; mais tenir cette réunion en Amérique Latine permet également de souligner un certain renouveau dans le mouvement anti-impérialiste avec la contribution des processus de changements révolutionnaires qui se développent au Venezuela, en Bolivie et en Équateur pour ne nommer que ceux-ci. 

Au cours de cet évènement, la YCL-LJC entend prendre part aux discussions non seulement en tant qu’observateur mais en tant qu’acteur. 

Rozhin Emadi, une des deux délégués canadiens et membre du Comité central exécutif de la YCL-LJC, affirme que «cette rencontre sera l’occasion d’échanger avec des camarades venus du monde entier, d’apprendre de leurs luttes et de réitérer notre solidarité avec les peuples en luttes contre l’impérialisme, tout particulièrement avec le peuple cubain, mais également avec le peuple palestinien et saharaoui. C’est notre devoir d’internationalistes. En même temps, nous irons à La Havane dans le but de partager et faire valoir nos propres perspectives sur certains sujets, à savoir les questions de genre, l’environnement ou les questions d’oppression nationale pour lesquels la YCL-LJC propose des analyses qui contribueraient au renforcement du mouvement anti-impérialiste.»
 
«En effet, nous ne considérons pas les questions environnementales ou de genre pour ne parler que de celles-ci comme auxiliaires mais plutôt comme partie intégrante à la lutte anti-impérialiste. Ce n’est pas par hasard que le viol, l’oppression nationale ou la destruction de l’environnement sont utilisés comme armes de guerre» ajoute Adrien Welsh, président de la Commission internationale de la YCL-LJC et second délégué canadien lors de cet évènement. «Notre présence à Cuba sera aussi une occasion de montrer aux jeunes du monde qu’il existe au Canada et au Québec une jeunesse anti-impérialiste, progressiste, active et militante que les jeunes communistes sont plus à même de représenter que les organes officiels qui, dans les faits, n’ont pour vocation que d’instrumentaliser la jeunesse au profit des entreprises. 

La FMJD constitue donc une plate-forme des plus importantes pour les jeunes progressistes puisqu’elle permet que nos revendications soient entendues à l’international, bien loin des forums contrôlés par les tenants de l’hégémonie capitaliste; nous assure d’être écoutés et que nos actions seront soutenues tout autour du globe. 

La 19e Assemblée générale de la FMJD se déroulera du 9 au 13 novembre prochain et réunira plus d’une centaine de jeunes venus de près d’autant de pays afin de coordonner leurs efforts dans la lutte anti-impérialiste et pour une paix durable.

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