mercredi 1 février 2017

Projet de refonte de la charte de l'UdeM

Nous reproduisons ici une lettre signée par 32 professeur-e-s de l'Université de Montréal* publiée dans le Devoir le 26 janvier dernier.
 

 L’idée d’université mise en péril


Le projet de loi élaboré par la direction de l’Université de Montréal afin de reconfigurer radicalement sa loi constitutive et de redéfinir la vocation même de cette institution a été unanimement dénoncé par l’assemblée de la faculté de droit de l’UdeM*. Puisque la pilule qu’on destine à notre université sera fort probablement administrée aux autres institutions universitaires du Québec dans un avenir plus ou moins rapproché, il paraît essentiel de dénoncer ce qui se dissimule derrière le jargon juridique du projet de loi.

Au-delà des défectuosités de nature juridique, notre opposition à la réforme proposée tient au fait qu’afin de régler des problèmes d’efficience administrative (dont personne ne nie l’existence), le projet entend transférer à un pouvoir exécutif dominé par des représentants dits « externes » à l’Université la part du lion sur le plan décisionnel. Malgré sa radicalité, l’érosion des pouvoirs des instances locales (décanats, directions de départements, assemblées facultaires et départementales, conseils de faculté) semble la seule solution possible aux yeux des promoteurs du projet. Pour ne donner qu’un exemple, si le projet est adopté, le doyen ne dirigera plus les études et l’administration de sa faculté, il veillera à son bon fonctionnement sous l’autorité du recteur ou d’une personne désignée.

Au cœur de cette réforme loge l’idée que c’est en dépossédant la communauté universitaire du pouvoir qu’elle a de se penser elle-même qu’on ramènera l’efficacité au sein de l’institution.
Les décisions les plus fondamentales sur ce qu’est une université et sur sa fonction relèveront dorénavant en majorité de personnes pour qui les professeurs d’université et les doyens de faculté sont de simples employés. C’est oublier que les professeurs, les étudiants et autres membres de la communauté sont l’université, qu’ils sont au service non pas des entreprises ou d’autres corporatismes cherchant un bénéfice immédiat, mais au service de la communauté du Québec d’aujourd’hui et de demain.

Si l’on bride la communauté universitaire entendue dans son sens large, on mettra à mal une autonomie qui, à l’échelle occidentale, a mis quelque 900 ans à se construire et à s’imposer pour le plus grand bénéfice de tous. Compte tenu de l’importance de l’enjeu, on se serait attendu à plus de transparence de la part des promoteurs du projet de loi au sujet de l’étendue des impacts de cette réforme sur la vocation même de l’institution universitaire.

Cette réforme, comme celles qu’elle inspirera certainement, se fonde sur la prémisse que des personnes « externes » à l’université sauront, mieux que la communauté universitaire, distinguer la pensée « utile » de celle qui ne l’est pas. En somme, on pense que les chefs d’entreprise et autres membres « externes » réussiront là où les puissances ecclésiastiques d’autrefois ont échoué, et sauront identifier les « vérités » qui méritent qu’on s’y attarde.

C’est oublier que le bagage d’« inutile » est souvent ce qui fait l’originalité de pensée de ceux qui font œuvre « utile ».

John Stuart Mill, pourtant le grand prince de la pensée utilitariste, faisait remarquer que «  [l]es hommes sont hommes avant d’être avocats, médecins, commerçants ou industriels ; si vous en faites des hommes capables et sensés, ils deviendront par eux-mêmes des avocats ou des médecins capables et sensés. Quittant l’Université pour se consacrer à une profession, ils doivent emporter avec eux non pas la connaissance du spécialiste, mais ce qui est nécessaire pour guider l’usage du savoir professionnel, pour éclairer les aspects techniques de leurs propres activités, à la lumière d’une culture générale. Sans formation générale, on peut devenir un avocat compétent, mais on ne peut être un sage avocat, qui cherche et peut saisir les principes au lieu d’encombrer sa mémoire de détails ». Or, qui nous dira de quoi est faite une culture générale ? Surtout, qui décidera de l’utilité de disciplines comme la philosophie, l’histoire de l’art, la littérature comparée, pour ne nommer que celles-là ? Quel prix paiera-t-on, sur le plan humain, si l’on relègue ces champs disciplinaires aux oubliettes ?

L’idée d’université doit se confondre avec celle d’un espace où l’être humain se révèle à lui-même. La fonction d’une université publique est bien sûr de former des experts de premier plan, mais elle doit surtout refléter la nécessité de doter les générations montantes de la capacité de comprendre le monde dans toute sa complexité. Notre humanité ne se limite pas à ce qui peut être comptabilisé. Elle doit s’ouvrir sur le monde.

Envisagée dans une telle perspective, une université n’est pas une institution facile à gouverner ; il n’est jamais aisé, en particulier, de décider ce qu’il faut garder et ce qui doit plutôt être réformé ou abandonné. Mais le projet de loi – mis de l’avant sans explications, en dehors de tout processus de concertation – maquille, sous des dehors liés à la gouvernance, une volonté de brider l’autonomie des professeurs, de leurs doyens, des étudiants et du personnel.

Les promoteurs de ce projet de loi pensent manifestement que ceux qui effectuent depuis toujours ces choix difficiles n’ont pas ou n’ont plus la compétence pour ce faire. Déposséder la communauté universitaire de son pouvoir de gouvernance est devenue leur idée fixe. Soit. Mais s’accrocher à une idée fixe est le meilleur moyen de n’aller nulle part.

* Pierre Trudel, Pierre Noreau, Anne-Marie Boisvert, Gilles Trudeau, Karim Benyekhlef, Daniel Turp, Marie Annik Grégoire, Matthew P. Harrington, Danielle Pinard, Patrice Deslauriers, Isabelle Duplessis, Noura Karazivan, Renée-Claude Drouin, Jeffrey Talpis, Julie Biron, Violaine Lemay, Helène Trudeau, Catherine Piché, Michel Morin, Martine Valois, Konstantia Koutouki, Sophie Morin, Stéphane Beaulac, Gérald Goldstein, Nicolas Vermeys, Catherine Régis, Élise Charpentier, Hugo Tremblay, Annick Provencher, Luc B. Tremblay, Emmanuel Darankoum, Amissi M. Manirabona, professeurs, faculté de droit, Université de Montréal

mardi 31 janvier 2017

Pas une vie de plus perdue à cause de la violence suprémaciste blanche et impérialiste!

Comité exécutif central, YCL-LJC

C'est dans le deuil et avec un sentiment d’indignation que nous recevons les nouvelles du massacre qui a eu lieu dans une mosquée de la ville de Québec. Avec affection et avec rage, nous sommes solidaires avec les familles qui ont perdu leurs proches et avec à la communauté musulmane du Québec et du Canada, qui est la cible de cet attentat  terroriste.

Prenant naissance avec le colonialisme, le racisme a été depuis lors un outil de la classe dirigeante canadienne. La xénophobie n'est pas une nouveauté au Canada dont l’histoire est marqué tout au long par la lutte pour les droits des personnes immigrantes et contre les diverses formes de racisme. Cependant, il y a aujourd’hui une recrudescence des crimes de haine dont les meurtres de masse.

Cette montée du racisme et de la xénophobie est particulièrement visible avec la croissance des mouvements appelés «droite alternative» (alt-right) depuis l'élection de Donald Trump en tant que président des États-Unis. En Colombie-Britannique, le KKK a organisé et distribué des dépliants xénophobes aux familles blanches. À Richmond, des affiches ont été placardées un peu partout, affirmant que les communautés chinoises «nous envahissent». Des affiches de la « droite alternative» ont été distribuées à l'Université McMaster. À McGill, des dépliants contenant des images anti-communistes, anti-musulmanes et anti-homosexuelles, ainsi qu'un appel à «rendre le Canada grand à nouveau» (Make Canada great again) démontrent que la rhétorique raciste et d'extrême droite de Trumps a influencé les groupes réactionnaires sur les campus canadiens.

Aujourd'hui, l'islamophobie et la xénophobie sont des idéologies violentes qui sont promues par celles et ceux qui disposent du pouvoir économique et politique au Canada. Ces idées trouvent résonance dans les principaux partis capitalistes, comme en témoigne la campagne de Kellie Leitch pour la direction du Parti conservateur. La candidature de l'ex-star de télé-réalité et homme d'affaires, Kevin O'Leary, dans la course à la direction du Parti conservateur sera l’occasion encore plus, d’importantes batailles contre l’extrême droite au sein de la politique bourgeoise «dominante».

Au Québec, la lutte contre le projet islamophobe de la Charte des valeurs québécoise n'est pas encore terminée, même si le projet de loi est tombé de lui-même avec la défaite du gouvernement du PQ en 2014. La Coalition Avenir Québec et le Parti Québécois continuent à pousser pour ces politiques xénophobes. Sous le couvert de la défense de la laïcité, le gouvernement libéral québécois se prépare à adopter le projet de loi 62. Ce projet régressif n'est en fait qu'une version plus récente et plus douce de la Charte des valeurs. La loi 62 cible principalement les communautés musulmanes et le débat qui se trame autour de ce nouveau projet de loi confond encore immigration avec terrorisme et fondamentalisme religieux. Le Québec, tout comme que le reste du Canada, souffre de la présence grandissante des radio-poubelles qui souffle régulièrement la haine sur leurs ondes. Souvenons-nous de Jeff Fillion qui disait il n’y a pas si longtemps: «Ceux qui veulent nous éliminer, nous les occidentaux, c’est pas mal les musulmans», ou encore de Sylvain Bouchard de FM93 qui expliquait il y a quelques semaines que l'esclavage n'était pas du racisme.

Le Canada a des troupes militaires en Asie centrale et au Moyen-Orient depuis 2001. La dernière élection fédérale s'est concentrée sur le Niqab dans un débat public complètement raciste. Les médias de masse caricaturent constamment les pays majoritairement musulmans. Toute cette violence est liée.

Ce massacre est loin d'être un acte isolé de violence. L'islamophobie et la xénophobie ont été promues par les médias et les politiciens dans le contexte d’un projet d’expansion impérialiste dans les pays majoritairement musulmans. Cette dangereuse montée de la suprématie blanche se déroule à un moment où la grande majorité des gens sont confrontés à la pauvreté et l'insécurité économique, en pleine crise climatique. La suprématie blanche et la guerre sont les outils du système pour intensifier l'oppression afin d'approfondir l'exploitation des sols, de la classe ouvrière et des ressources du monde. L'islamophobie fait partie intégrante des crises sociales du capitalisme.


Pas d’expulsions, pas de mur, droit d’asile pour toutes et tous! 

Donald Trump et son nouveau gouvernement d'extrême-droite aux États-Unis ont à la fois profité de cette xénophobie et l'ont enhardie. Nous savons maintenant que le suspect dans les meurtres de Québec est un admirateur du président Trump, un opposant à l’immigration et un supporteur d’Israël. Il est très probable que ce massacre soit lié au récent décret du régime Trump qui interdit d'entrer aux États-Unis toutes personnes provenant de 7 pays à majorité musulmane.

Comme les politiciens bourgeois, les médias et même la droite essaient de prendre leurs distances des meurtres de masse racistes en Amérique du Nord, nous devons nous rappeler qu’ils sont à blâmer en grande partie. Nous devons faire ceci afin de lutter contre l'islamophobie et l’enrayer à la source.

Nous saluons et nous nous mobilisons pour les actions qui auront lieu partout au Canada pour condamner la violence. Il y a en ce moment un formidable élan de solidarité contre cette attaque raciste. Il y a beaucoup de rassemblements et manifestations organisées par la communauté musulmane et les organisations progressistes. Nous sommes aussi inspirés par les grands rassemblements qui ont lieu dans les aéroports aux États-Unis pour exiger le droit d'entrée pour les personnes ayant la nationalité de pays à majorité musulmane. Le racisme et le fascisme peuvent être vaincus. Nous pouvons faire peur à nouveau aux racistes, et les jeunes sont en lutte contre l'impérialisme dans le monde entier. Nous appelons le mouvement de la jeunesse, des étudiantes et des étudiants à prendre la rue en solidarité avec la communauté musulmane au Canada et aux États-Unis.

Des journées d'action «Contre la suprématie blanche et l'islamophobie» ont été appelées le samedi 4 février et le dimanche 5 février. La YCL-LJC soutient pleinement les revendications de ces actions, qui sont: 

(Notre traduction) 
1) Le gouvernement canadien doit faire une condamnation publique immédiate du décret du président Trump qui interdit aux détenteurs de visas de sept pays musulmans ainsi qu’à tous les réfugiés d'entrer aux États-Unis.

2) Le Canada doit ouvrir immédiatement la frontière Canada-États-Unis.

Cela inclut la révocation de l’accord sur les tiers pays sûr qui interdit  aux demandeurs d'asile d’entrer par les États-Unis pour demander l'asile au Canada. La liste de pays d’origine désigné comme sûr qui rend presque impossible aux citoyen-ne-s américains et aux citoyen-ne-s de quarante autres pays à demander l'asile au Canada doit être éliminée. 

3) Le Canada doit mettre fin à l’exclusion raciste, anti-réfugiés, anti-noir et islamophobe des personnes immigrantes et des réfugié-e-s à l’intérieur de cette frontière coloniale. 

Cela inclut de mettre fin au système de détention illimitée des personnes immigrantes. Le gouvernement fédéral doit créer un programme de régularisation afin que tous les résident-e-s sans papiers puissent vivre ici avec leurs familles plutôt que craindre la déportation. Le statut permanent et les permis de travail ouverts doivent être donnés aux travailleuses et aux travailleurs migrants au Canada. Nous voulons un droit d’asile réel, et non symbolique, qui garantit l'accès aux services et refusent la collaboration avec les agents frontaliers canadiens et américains.

4) Le Canada doit abroger toutes les lois fédérales qui s’attaquent aux musulman-e-s et aux réfugié-e-s noirs ou au teint foncé, y compris la loi de tolérance zéro pour les pratiques culturelles barbares ainsi que la législation anti-terroriste telle que les certificats de sécurité et la loi C51.

samedi 21 janvier 2017

Marche des femmes sur Washnigton



À nous de nous mobiliser et de nous unir dans la riposte contre les politiques anti-sociales!

Déclaration de la LJC-Québec

L’élection de Donald Trump comme président des États-Unis est un grave danger pour les jeunes travailleurs et les travailleuses de ce pays et du monde entier. Cette élection a entraîné un mouvement vers l’extrême droite à la Maison-Blanche, ainsi que dans les deux chambres de gouvernement, et sera probablement reflétée dans le pouvoir judiciaire. La montée de l’extrême droite fait partie de la crise systémique du capitalisme, alors que la politique bourgeoise se tourne vers des méthodes de plus en plus violentes pour sauver le capitalisme en faisant payer la crise à la classe ouvrière. L’élection de Trump a déjà conduit à l’amplification du nombre d’actes de violence xénophobe et raciste et à un durcissement de la culture de la misogynie et du viol. Ces idées ne connaissent pas les frontières et se propagent ici au Canada, comme dans d'autres pays. Elles trouvent leur écho dans des groupes fascistes tels que Pédiga ou Golden Down qui se sont installés au Canada. Elles ont aussi une résonnance dans le discours de "Rambo" Gauthier, alors que celui-ci s'affiche ouvertement comme un admirateur de Trump, contre les personnes immigrantes et relaie les femmes à leur cuisine et à "parler de linge", tandis que les "boys" font de la vraie politique. 

Des millions de femmes et leurs alliées, de personnes de la communauté LGBTQIA, de travailleurs et des travailleurs, de personnes racisées et de jeunes se sont organisés aujourd'hui dans des manifestations dans plusieurs villes dans le monde pour réitérer que les droits des femmes seront ardemment défendues, et que la lutter pour une véritable égalité continuera. Ce mouvement massif est une message fort d'unité et de résistance auquel la Ligue de la jeunesse communiste joint sa voix et sa solidarité.

Trump et son administration planifient imposer aux femmes des recules importants. Pourtant, nous étions déjà loin d'avoir atteint l'égalité au Canada comme aux États-Unis. Faut-il rappeler encore une fois que l'écart salariale entre homme et femme est toujours de plus de 20% ? De grands secteurs de l'économie et de l'emploi restent fermés aux femmes, tandis que d'autres secteurs ont une très forte concentration de travailleuses et offrent souvent des emplois plus précaires et peu rémunérés. Lorsque les Libéraux du Québec et d'autres gouvernements de droite coupent dans les services publics, ce sont les femmes qui perdent majoritairement leur emplois ou qui voient leur conditions de travail se dégrader. D'un autre côté, les politiques "de relance" du gouvernement Trudeau sont non seulement un écran de fumée, mais le peu d'effet qu'elles auront favorisera des secteurs d'emplois masculins puisque les investissements se dirigent dans les infrastructures. La violence sexuelle persiste alors que les scandales sur les campus universitaires nous montre à quel point la culture du viol est ancré dans nos société. Au croisement entre racisme, colonialisme et sexisme, les femmes autochtones continuent de subir la violence systémique dans une indifférence encore presque totale et surtout, sans offre de réparation et sans que le Canada ne reconnaisse sa responsabilité et le droit à l'autodétermination des peuples autochtones. 

Face à cela, nous ne disons pas que non, nous agissons et mettons de l'avant notre propre vision de ce que devrait être la société. Il faut étendre les services sociaux, mettre en place un système universelle et gratuit pour la garde des enfants, défendre la gratuité scolaire, financer des services de planning familiale et les rendre accessible à toutes les femmes, nationaliser les secteurs-clés de l'économie tel que l'énergie, mettre fin aux inégalités de salaire entre hommes et femmes, ouvrir nos portes aux personnes réfugiées, et augmenter à au moins 15$ de l'heure le salaire minimum. 

Trump pour la paix, Trump ami des peuples, Trump, l’ardent défenseur du droit des peuples à l’autodétermination! C’est ce qu’il veut que nous croyons. Lors de son discours inaugural, il a clairement indiqué qu’il n’était plus question que les États-Unis jouent le rôle de gendarme du monde. Ceci n’est en rien attribuable à des visées plus pacifistes que celles d’Obama ou d’Hilary Clinton. Il est vrai qu’avec l’administration Obama, la menace d’une guerre contre la Russie planait. Néanmoins, malgré les belles paroles de Trump, celle-ci est toujours réelle. 

En effet, le 45e Président des États-Unis reprend la vieille rhétorique de la «guerre contre le terrorisme». Si réellement Trump était pour la paix dans le monde, il n’aurait pas annoncé vouloir doubler le budget militaire. S’il s’est attaqué à l’OTAN, c’est pour dénoncer les pays membres qui ne feraient pas leur juste part. Il a peut-être fait croire, lors d’un débat l’opposant à Clinton, qu’il ne se serait pas engagé en Syrie et en Irak, mais en fait, avant même que les États-Unis ne se soient engagés dans cette guerre impérialiste, Trump lui-même avait dénoncé l’inaction états-unienne.

Trump s’est peut-être permis de parler d’un rapprochement avec la Russie. Ceci témoigne certes d’une nouvelle approche dans la politique internationale des États-Unis, mais cette nouvelle approche ne saurait en rien garantir une paix durable, bien au contraire! Se rapprocher de la Russie d’un côté pour isoler la Chine (principal bailleur de fonds de la dette états-unienne) de l’autre (rappelons-nous sa position sur Taïwan) revient à remplacer la guerre conventionnelle par une guerre économique. L’une ne peut être séparée de l’autre: ce que veut Trump, en définitive, c’est du temps pour mieux placer ses pions et être plus à même de faire des États-Unis non pas les gendarmes du monde, mais les ordinateurs d’un monde entier soumis à leur botte. 

Durant toute la campagne présidentielle, la question de l’impérialisme états-unien, principal obstacle à une paix durable, n’a jamais été remis en cause ni par Clinton ni par Trump. Ce dernier s’est peut-être fait le chantre du protectionisme et de la souveraineté nationale, mais, lorsque le Commandante Fidel Castro est mort, il ne s’est empêché de laisser sous-entendre que la ligne dure sur la question cubaine serait de mise et qu’il ferait fi des discussions entreprises pour normaliser les relations entre Cuba socialiste et les États-Unis. Idem pour la question de Palestine: Obama s’est permis en fin de mandat, avec couardise, de dénoncer les colonies israéliennes, ce qui a suscité l’ire immédiate de Trump qui s’est présenté comme le seul allié d’Israël. 

Nouvelle administration, certes, nouveau parti au pouvoir donc nouvelles méthodes, mais en définitive, Trump tente de s’ériger en maitre du monde et notre mobilisation pour garantir une paix durable et pour combattre l’impérialisme des États-Unis, de l’OTAN et de leurs alliés est, plus que jamais,  nécessaire. 

Trump se veut l’ami du peuple. Pourtant, à l’image de ses semblables d’extrême droite que sont Marine Le Pen, Orban Viktor ou encore Beppe Grillo et leurs partisans, il entretient une haine contre les travailleurs et les masses populaires organisés. Trump s’adresse aux «gens qui travaillent» (working people) comme Sarkozy s’est adressé à la «France qui travaille», mais partout où le peuple s’organise, il est le premier à prendre le contrepied et à se positionner clairement du côté du patronat. Augmenter les impôts pour les entreprises? Jamais! Augmenter les salaires à 15$ l’heure? Non plus: les États-Unis sont trop dans la merde disait-il lors d’un débat à l’investiture républicaine! Il y a fort à parier qu’en 1936-37, lors de la »grève sur le tas« des travailleurs automobile de Flint, Michigan, Trump et ses partisans se seraient rangés du côté des briseurs de grève et non du côté de ceux qui luttent. 

Que l’extrême droite fascisante reprenne à son compte et dévoie certaines propositions de longue date formulées par les travailleurs ne date pas d’hier. Souveraineté nationale ne rime pas avec souveraineté populaire. L’élection de Trump a fait montre que la crise capitaliste n’est en rien terminée: ses victimes les plus désespérées cherchent à tout prix une solution et sans réelle politique progressiste mise sur la table lors des dernières élections états-uniennes, c’est Trump qui a remporté la grosse part du gâteau. Notre mobilisation est donc des plus importantes. La défense et l’expansion du service public au Québec et au Canada, la gratuité scolaire, la création d’emplois stables et syndiqués, rémunérés à 15$ l’heure minimum; voilà des mesure qui parviendraient à renverser la vapeur et saper la base sociale qui a permis l’élection de Trump aux États-Unis. Le budget d’austérité des libéraux de Couillard semble un épisode du passé, pourtant, leur réforme du système de santé est toujours à l’ordre du jour. L’accession à la présidence de Donald Trump est l'oeuvre des politiques anti-sociales imposées par les différentes administrations états-uniennes. À nous de nous mobiliser, de nous unir dans la riposte contre les politiques anti-sociales afin de ne pas en arriver là. 

mercredi 18 janvier 2017

En direct d'Alep : conférence d'Eva Bartlett à Montréal

La journaliste canadienne Eva Bartlett parlera à Montréal Samedi le 28 janvier de son expérience de la guerre en Syrie. Cet évènement aura lieu à la salle OPUS I de l'Hôtel Delta, 475 Président Kennedy, et débutera à 16h00. Elle sera présentée par Yves Engler. L'évènement sera en Anglais avec traduction en Français.



jeudi 29 décembre 2016

LES SYNDICATS DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL DÉNONCENT LE COUP D’ÉTAT DE L’ADMINISTRATION

Nous reproduisons ici une lettre qui a été publié le 23 Janvier 2017

Lundi, l’administration de l’Université de Montréal (UdeM) soumettra à l’Assemblée universitaire un projet de refonte de la Charte de l’UdeM. Syndicats et associations étudiantes dénoncent unanimement cette initiative unilatérale de refonte qui vise à centraliser les pouvoirs aux mains de l’administration au détriment de la communauté universitaire et qui contribue à la privatisation massive de l’UdeM.

Le processus de réforme mené par l’administration se déroule en faisant fi de la Charte actuellement en vigueur et des institutions démocratiques de l’UdeM. En outre, dans les deux dernières semaines, la direction a mené des consultations en catimini. L’administration a sciemment contourné les règles de collégialité, plaçant l’Assemblée universitaire et la communauté de l’UdeM devant le fait accompli. La communauté de l’UdeM est estomaquée et indignée devant ce coup de force sans précédent.

De plus, l’administration a imposé un calendrier précipité qui empêche les membres de la communauté de prendre le temps d’étudier les réformes dans leur ensemble et de participer pleinement à l’exercice. Rappelons que le dernier changement de la Charte de l’UdeM, qui a eu lieu en 1967, était le résultat d’un processus de deux ans auquel toute la communauté universitaire avait participé. Le recteur Guy Breton invoque une soi-disant urgence liée au calendrier législatif du gouvernement du Québec, mais personne n’est dupe.

Si elle est adoptée, la réforme de la Charte de l’UdeM permettra à des individus extérieurs et à des entreprises privées de décider des orientations générales de l’université, au détriment de l’enseignement et de la recherche libre. De plus, la réforme aura comme conséquence d’affaiblir l’indépendance des départements et de précariser les conditions de travail du personnel de l’UdeM. La liberté académique et la mission fondamentale sont en jeu.

Nous dénonçons que l’administration de l’UdeM recoure à l’urgence comme mode de gouvernance en ignorant la communauté universitaire pour privatiser l’université. Nous sommes prêts à participer à une refonte de la Charte, à la condition que les délibérations respectent les instances collégiales de l’UdeM et que le processus se déroule dans un échéancier raisonnable. D’ici là, les syndicats et associations étudiantes de l’UdeM mobiliseront leurs membres sur ce dossier.

Signataires et appuis :

Syndicat général des professeures et des professeurs de l’Université de Montréal (SGPUM)
Syndicat des étudiant-e-s salarié-e-s de l’Université de Montréal (SÉSUM)
Syndicat des employé-e-s de la recherche de l’Université de Montréal (SÉRUM)
Syndicat des employé-e-s de l’Université de Montréal (SEUM-1244)
Syndicat des employés d’entretien de l’Université de Montréal (SEEUM-1186)
Syndicat canadien de la fonction publique – Section locale 4338 représentant les techniciens en mécanique du bâtiment (SCFP-FTQ-4338)
Association départementale des étudiants et des étudiantes en philosophie de l’Université de Montréal (ADÉPUM)
Association étudiante en en anthropologie de l’Université de Montréal (AÉAUM)
Association étudiante des cycles supérieurs en anthropologie de l’Université de Montréal (AÉCSAUM)
Association étudiante de science politique et de philosophie de l’Université de Montréal (AESPEP)
Association étudiante d’histoire de l’Université de Montréal (AÉHUM)
Syndicat des auxiliaires de recherche et d’enseignement de l’Université de Sherbrooke (SAREUS)
Syndicat des travailleuses et travailleurs étudiants et postdoctoraux de l’Université Laval (STEP)
Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ)
Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche (FPPU)
Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU)
Conseil québécois des syndicats universitaires (CQSU)
Syndicat des étudiants et étudiantes salarié-e-s de l’Université du Québec à Rimouski (SEES-UQAR)