mercredi 11 mars 2015

LA GUERRE QU’ON NOUS FAIT

JM reproduit ici une lettre de professeur-e-s s'opposant à l'austérité publié originalement sur profscontrelahausse.org. Vous êtes invitez à la diffuser largement.

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LA GUERRE QU’ON NOUS FAIT
Manifeste de profs contre tout ce qui vient avec l’austérité

Nous refusons l’appauvrissement humain, social, politique et intellectuel que l’offensive antisociale appelée austérité fait subir au monde, lui donnant ce visage patibulaire, cynique, servile, tout juste navré, médiocre, un brin sadique.

Cette offensive menée pour satisfaire les intérêts des élites économiques vise à soumettre, secteur par secteur, les personnes et les choses au règne contraignant de la marchandisation et du profit tout-puissant.

Depuis longtemps mise en œuvre, cette révolution conservatrice est avant tout une guerre menée contre les mécanismes collectifs de redistribution des richesses, de mise en commun des ressources pour faire face aux aléas de la vie. Même imparfaits, même incomplets, les services publics sont les arrangements minimaux de solidarité qui témoignent d’un souci collectif pour une vie juste. Et pour défendre cela nous sommes prêts à nous battre.

Dans notre domaine, celui de l’éducation, une telle révolution procède par l’instrumentalisation des savoirs, de l’enseignement et de la recherche, arrimés de plus en plus entièrement aux seules exigences toxiques, mortifères, de l’accumulation et de l’optimisation.  L’introduction, en force et partout, de techniques et mesures managériales, adossées au grand calcul néolibéral, ratatine l’éducation comme système et comme geste. Loin de cet appauvrissement, l’éducation que nous défendons consiste à soutenir l’aventure des esprits en train d’apprendre et d’interroger les réalités, et à assumer avec eux toute l’intensité affective et intellectuelle qu’elle engage.

Cette offensive généralisée s’attaque aux ressources et aux pouvoirs qui constituent nos milieux. Comme acteurs et actrices du monde de l’éducation (et nos camarades de la santé et des services sociaux en savent aussi quelque chose), nous ne cessons de constater les multiples atteintes aux temps et espaces où s’exercent notre autonomie professionnelle et notre collégialité.  L’exercice de notre responsabilité se rétrécit à mesure que croît une bureaucratie managériale et ses instances de contrôle infantilisantes sous couvert de reddition de comptes débiles.

Dans la société tout entière, c’est l’ensemble des formes de l’action collective que l’austérité prend pour cible. L’action syndicale, autonome ou directe, la grève, les pratiques politiques contre-hégémoniques, hors de la scène parlementaire, sont de plus en plus marginalisées, criminalisées, suspectées (de radicalité notamment), méprisées, réprimées au nom de la protection d’un ordre des choses naturalisé, scellé, poli et policier, placé hors d’atteinte derrière des vitrines qu’on ne pourrait que lécher.

Cette neutralisation de notre capacité d’action participe d’un dispositif de dépolitisation qui tente de nous faire prendre pour des nécessités des décisions politiques. Cette affaire-là n’est pas banale.  Elle fait violence, symboliquement et effectivement, aux conditions mêmes du commun et de toute communauté : la politique, et son cœur, la conflictualité. La révolution dont l’austérité est le visage confine la politique à un terrain neutralisé, procéduralisé. Reste la forme aseptisée et infiniment appauvrie d’un système incarné par ses politiques professionnel-le-s.

Cette violence a ceci d’insidieux qu’elle impose les termes mêmes du débat par lequel nous essayons de la déplier pour nous en défendre.  Elle soumet le sens des mots à sa seule autorité et nous tire par la langue sur son terrain marketing où seule prévaut la relation de l’approvisionnement commercial. Même quand on prétend le protéger, le citoyen n’est qu’un « client ». S’efface dès lors la portée politique de ses exigences. Si le mot chien n’a jamais mordu personne, la langue du pouvoir, au contraire, performe directement une guerre contre cette autre richesse mise à mal : les idées et les langages servant à dire la complexité du monde.

L’austérité est donc un appauvrissement intérieur, où dominent la crainte des sanctions et la faim des récompenses, le stress et l’insécurité sociale, la peur de l’avenir et la peur de l’autre, peur bleue – peur rouge – peur blanche.  État d’esprit assiégé, redoutable producteur d’impuissance et de docilité. Les êtres par lui créés seront faits sur mesure pour un système libéral-paternaliste. Un système où les formes mêmes de notre présence au monde sont captives, où l’audace, la création et l’invention voient détournées leurs forces éruptives au profit de la rengaine plate de l’innovation.

Ne reste alors qu’à devenir un bon entrepreneur de soi, à mesurer la valeur de sa vie à l’aune de ses biens, de ses placements et de ses investissements, à voir en l’autre au mieux un partenaire, au pire un compétiteur dans l’infernale roue de fortune néolibérale.

Également compromise avec la violence faite aux territoires et à leurs composantes naturelles, l’austérité est la face coupante d’un abandon de la richesse commune de notre géographie à des projets de transport et d’extraction (de pétrole notamment) écocidaires, autant de désastres toujours déjà là et que rien ne pourra réparer. Pour le néolibéral austère comme pour l’homme blanc dont parlait le chef Seattle il y a plus d’un siècle et demi, la terre est un ennemi à piller ; lorsqu’il l’a conquise et exploitée, il va plus loin ; il l’enlève à ses enfants et cela ne le tracasse pas ; son appétit la dévore et ne laisse derrière lui qu’un désert.

En fait, c’est l’ensemble du territoire humain et social, et tout ce qui fait la valeur de la vie, sa véritable richesse, c’est tout cela qui est ainsi traité comme un corps malade à assainir, un budget à compresser. Et puis des ruines, d’où l’on tire les diamants noirs des millionnaires s’adonnant à l’évasion et l’évitement fiscaux.

La charge dont austérité est le nom euphémisé, c’est la capture de nos existences par le travail, toujours plus de travail, qui consume le cœur de nos vies et le temps de nos meilleures années. Elle vole les jours que nous ne passerons pas à vivre, à bien vivre ensemble, à prendre soin les uns des autres, à aimer, à discuter, à mettre bout à bout nos solitudes, à inventer des manières nouvelles de faire, de dire, de fabriquer, de penser.

La guerre qu’on nous fait se réfracte dans tous les espaces de nos vies. Elle plie nos rythmes et notre quotidien, ses gestes et ses heures, à ses obligations. Elle nous frappe toutes et tous, nous sépare des territoires communs que nous essayons d’habiter pour les ouvrir aux dispositifs de l’extraction pour le profit privatisé.

Nous refusons les névroses du tout-marchandise et son angoisse sociale.
Nous refusons le peu où on nous réduit.
Nous refusons notre réification triple de contribuable-consommateur-majorité silencieuse.
Nous refusons la grande honte de vouloir la vie bonne pour toutes et tous.
Nous nous organisons.

C’est ici que croît la rose, c’est ici que nous dansons !

mardi 10 mars 2015

Le déclin des syndicats accentue les inégalités

Article publié dans le Devoir du 6 mars 2015 

Washington — Le déclin des syndicats dans les pays riches a alimenté la flambée des inégalités sociales en restreignant les moyens d’action des salariés face aux hauts revenus, affirme une étude d’experts du Fonds monétaire international.

  « Le déclin de la syndicalisation semble être un élément-clé de la hausse des plus gros salaires », écrivent deux chercheuses du FMI dans le magazine de l’institution, Finance and Development, du mois de mars.

  Selon leur étude qui couvre la période 1980-2010, les syndicats permettent d’abord de freiner les inégalités en assurant une distribution des salaires plus équitable et en faisant pression sur les autorités pour s’engager dans cette voie. Mais surtout, notent les chercheuses, une faible syndicalisation réduit la capacité de négociation des salariés sur leur rémunération, au bénéfice des actionnaires et des plus hauts revenus.

  Selon l’OCDE, le taux de syndicalisation dans les principaux pays développés a reculé de 20,8 % en 1999 à 16,9 % en 2013.

  « Si la désyndicalisation affaiblit les revenus pour les salariés du milieu et du bas de l’échelle, cela augmente nécessairement la part des revenus perçus par l’encadrement des entreprises et par les actionnaires », écrivent les deux économistes du Fonds, Florence Jaumotte et Carolina Osorio Buitron. Selon leur étude — qui ne représente pas la position officielle du FMI —, des syndicats plus faibles peuvent également réduire l’influence des salariés sur les décisions liées aux plus hauts revenus dans les entreprises, telles que l’ampleur et la structure de leur rémunération.

  D’ordinaire très discret sur ces questions, le FMI s’est récemment penché sur le mouvement de concentration des richesses dans les pays développés, notamment aux États-Unis.

lundi 9 mars 2015

8 mars 2015 : Libérons nos corps, notre Terre et nos territoires

Bref retour sur les actions du 8 mars 2015 

Ce 8 mars, des centaines de femmes et de personnes solidaires des luttes féministes ont descendu dans les rue pour réitérer que nos luttes pour les droits des femmes sont actuelles et urgentes. Dans plusieurs villes québécoises des marches et des actions multiples ont pris place. Les actions du 8 mars au Québec ont été appelé sous le thème de « Libérons nos corps, notre Terre et nos territoires ».

À Trois-Rivière, des centaines de manifestantes et de manifestantes se sont ainsi réunies pour dénoncer ce plan d'asutérité. Marie-Josée Hamelin, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CSSS de l'Énergie a expliqué entre autre que «Les coupures et les réformes vont faire très mal, puisque 75 % de la fonction publique ce sont des femmes».

À Québec, c'est aussi la question de l'austérité qui a raisonnée dans les slogans chanté par plus de 200 personnes. En fait, dans plusieurs de ces actions, la question du plan économique dévastateur du gouvernement Couillard fut au cœur des revendications puisque ce plan d’austérité touche déjà de manière disproportionné les femmes en creusant les inégalités hommes-femmes. (Vous pouvez consultez la recherche de l'Iris sur le sujet en cliquant ici

Ce 8 mars fut aussi l'occasion du lancement de la 4e Marche mondial des femmes avec le slogan « Nous resterons en Marche jusqu'à ce que toutes les femmes soient libres ». La grande action international se déroulera dans plus de 50 pays et territoires jusqu'au 17 octobre. (pour en savoir plus sur le MMF : www.mmfqc.org)

À Montréal, c'est Femmes de diverses origines qui a organisé la marche qui a eu lieu dans le centre-ville réunissant un millier de personnes. En fait, depuis 14 ans, Femmes de diverses origines fait entendre la voix de femmes racisées et anti-impérialistes et appel à tout les 8 mars à une manifestation. (Pour consulter le site web de Femmes de diverses origines, cliquez ici.)Voici l'appel qui avait été lancé pour la Marche :

«CONSTRUISONS LE MONDE QUE NOUS VOULONS!

Le monde dans lequel nous soulignerons cette année la Journée internationale des femmes, est un monde en guerre. Le collectif Femmes de diverses origines veut dénoncer l’hypocrisie actuelle du gouvernement canadien, des élites et des grands États impérialistes qui prétendent aujourd’hui se battre en notre nom pour la liberté et la démocratie.

En ce 8 mars, nous invitons les femmes de toutes origines, les travailleuses et les plus vulnérables d’entre nous qui sont aujourd’hui stigmatisées, méprisées et rejetées par les politiques économiques, sociales et anti-démocratiques défendues par les gouvernements à Québec et à Ottawa, à manifester dans les rues de Montréal. Pour dénoncer ceux qui depuis des années, prétendent se battre en notre nom contre la pauvreté et l’oppression, alors qu’ils sont les grands responsables du chaos actuel. Notre combat n’est pas le leur : c’est leurs politiques que nous combattons ! C’est leur monde qu’il faut changer !

Nous dénonçons les coupes des gouvernements, tant à Québec qu’à Ottawa dans les services en santé, en éducation, en garderie, les hausses des tarifs d’électricité, de transport, en assurance-emploi qui attaquent les droits les plus fondamentaux : le droit à une vie décente, le droit à la dignité et le droit au travail. Ces mesures sont prises au nom de la crise économique, désormais permanente, que le capitalisme mondial et les États qui le servent ont eux-mêmes provoquée.

Nous dénonçons le patriarcat derrière l’hypocrisie qu’affichent les États face aux crimes contre les femmes, que ce soit en Afrique où des milliers d’entre elles sont victimes de Boko Haram, ou plus près de nous au Canada, alors que les femmes autochtones disparaissent ou sont assassinées dans l’indifférence.

Nous dénonçons les lois et politiques au Canada et au Québec, visant à attaquer les droits des femmes immigrantes ou réfugiées et de leurs familles, des travailleuses temporaires qui n’obtiendront jamais de statut permanent, créant ainsi une sous-citoyenneté. Ce véritable racisme d’État cautionne la discrimination, l’islamophobie – où les femmes musulmanes sont particulièrement visées – et la paranoïa à l’endroit des minorités.

Nous dénonçons le danger de militarisation de la société par la surveillance politique des individus, l’augmentation de la présence militaire et policière, les arrestations préventives et les extraditions.

Le monde est défiguré par les politiques impérialistes, patriarcales et colonialistes – notamment de la France en Afrique et des États-Unis au Moyen-Orient. En voulant pendant des années, jouer les apprentis sorciers, en finançant et armant des forces radicales et des États réactionnaires et fondamentalistes, ils ont déclenché le chaos en Syrie, en Libye, au Liban, dans les territoires palestiniens, en Afghanistan, en Irak, en Afrique.

En solidarité avec toutes les femmes à travers le monde qui comptent parmi ses centaines, voire ses millions de victimes, nous dénonçons le prétexte de la guerre « au terrorisme », seule réponse proposée par le Canada et ses alliés pour améliorer le monde… Cette guerre est la continuité militaire du « terrorisme » d’État qu’ils pratiquent via des politiques économiques d’étouffement, dévastatrices et colonialistes dans les pays pauvres et opprimés. Cette « guerre au terrorisme » n’apporte que ravages, destruction, répression, et victimes civiles … mais aucune solution. 2015 marque le 25e anniversaire des attaques contre Kanehsatà:ke par le Quebec et Canada. Cette violence d’État et la tentative de criminaliser le peuple Mohawk qui résistait à l’exploitation capitaliste de leur terre, est dans le sillon du colonialisme commencé il y a 500 ans.

Nous voulons un monde égalitaire et sans oppression, où le pouvoir sera entre les mains de la majorité et non concentré entre les mains de la minorité des plus riches ! Nous voulons un monde où les échanges économiques seront d’abord fondés sur la nécessité de combler les besoins fondamentaux des populations, en logement, en garderie, en travail et en nourriture et en santé.

Nous résistons. Nous nous organisons. Et nous lutterons pour nous libérer de toutes les oppressions véhiculées par le racisme, les religions et le patriarcat. Nous continuerons à appuyer toutes les femmes qui s’organisent pour changer ce monde injuste, impérialiste et guerrier :

- Nous manifesterons aux côtés des femmes autochtones le 14 février, pour dénoncer les disparitions dont elles sont victimes ;
- Nous participerons avec la Marche mondiale des femmes et en solidarité avec les travailleuses du Bengladesh, à la manifestation du 24 avril prochain, pour commémorer les centaines de victimes parmi elles lors de l’effondrement de leur usine ;
- Nous réaffirmons notre solidarité avec les femmes en Palestine qui résistent avec leur peuple depuis des générations pour affirmer leurs droit d’exister et leur droit à la terre.
- Nous saluons les femmes qui organisent la résistance contre l’agression des minières canadiennes ici, en Équateur, au Congo, aux Philippines !
ET NOUS SERONS DANS LA RUE LE 8 MARS POUR CHANGER LE MONDE !»

Nouveau Jeunesse Militante disponible sur internet

À l'occasion de la journée internationale pour les droits des femmes, Jeunesse Militante a publié un petit 4 pages en supplément du journal Clarté. Il est disponible en version PDF ci-dessus.



REBEL YOUTH MAGAZINE

Rebel Youth est aussi sorti à l'occasion de cette journée qui met de l'avant les luttes féministes à venir, présentes et futures. Cette dernière édition fut créé par la commission des femmes de la Ligue de la jeunesse communiste. RY n'est pas disponible en version PDF sur internet, mais vous pouvez lire la plupart des articles sur le blog de la revue à : rebelyouth-magazine.blogspot.ca

Pour vous abonner à Rebel Youth, cliquez ici.






Convergence de luttes pour les droits des femmes

Sables bitumineux, guerre et austérité étaient au menu de la Journée internationale des femmes



Article du Devoir ce matin
 www.ledevoir.com

Sur le thème « Libérons nos corps, notre Terre et nos territoires », des Québécoises ont mené des actions contre la violence, le sexisme, les oléoducs et l’exploitation des sables bitumineux, les mesures d’austérité et la militarisation lors de la Journée internationale des femmes, dimanche. Toutes ces luttes convergent avec celle pour les droits des femmes, ont-elles voulu signifier.

  « Les femmes ont du leadership dans un ensemble de luttes, comme la libération de leur corps, mais aussi de nos territoires politiques et économiques. Et toutes ces luttes se rejoignent », affirme Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec. Les droits des femmes sont bafoués par l’essor de l’industrie pétrolière, cite-t-elle comme exemple.

  En matinée, Mme Conradi prenait part à une action écoféministe à Montréal. Une centaine de femmes ont formé un « mur » pour bloquer l’entrée de la raffinerie Suncor. « [Cette entreprise] raffine le pétrole des sables bitumineux, l’un des plus sales au monde. En plus, ce pétrole dépossède les Autochtones de leurs territoires, et son exploitation s’accompagne souvent d’une augmentation de la violence contre les femmes », dénonce la présidente.

  Les différentes oratrices ont dénoncé le fait que les emplois de cette industrie sont inaccessibles pour les femmes, notamment en raison de l’horaire particulier qui demande de quitter sa famille durant quelques semaines. Elles ont aussi parlé de l’impact négatif de ces projets sur la santé des familles.

  Ce « mur de femmes » était à la fois un écho et un hommage à celui formé par des femmes autochtones en mars 2014 à Vancouver, en Colombie-Britannique. « Les femmes autochtones sont au-devant des luttes, notamment de celle contre l’exploitation des sables bitumineux et les projets d’oléoducs qui serpenteront sur leur territoire », a déclaré Marie-Josée Béliveau, l’une des oratrices.

  « Les femmes autochtones sont plus activistes dans la lutte contre les sables bitumineux et ces gros serpents de fer polluants, car elles sont davantage liées à la terre, explique Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec. Et un leadership s’est réveillé chez elles, maintenant qu’elles connaissent davantage leurs droits, dont le droit de prendre la parole et d’être en action ».

  Après cette action, une marche au centre-ville de Montréal a réuni des centaines de femmes de diverses origines, notamment vénézuélienne, syrienne, bolivienne, haïtienne, congolaise et palestinienne. Quelques-unes d’entre elles ont participé à une action antimilitariste, à la Place Montréal Trust, durant laquelle elles ont dévoilé des images reflétant les conséquences des guerres et de la violence sur les femmes.

  « Les femmes et les filles sont violées en masse dans mon pays. Personne ne regarde », déplore Agnès Mtimba, qui a participé à cette action.

  « Nous dénonçons l’apport du Canada dans cette militarisation. Trop de femmes meurent à cause des guerres dans le monde, et notre pays y contribue », dénonce pour sa part Lise Cloutier, l’une des porte-parole de la coalition montréalaise de la Marche mondiale des femmes.

  Femmes et « austérité »

  Dans les événements qui se sont déroulés à Montréal, Québec, Trois-Rivières, Rouyn-Noranda, Rimouski, Québec et Alma, l’opposition aux « politiques d’austérité » du gouvernement libéral a été au centre des revendications.

  « Les femmes sont dans la mire de l’austérité libérale. La grande majorité des employés de la fonction publique et des services publics sont des femmes. Elles écoperont de la fin de l’universalité des services de garde. Les femmes sur l’aide sociale reçoivent une pension alimentaire pour enfants réduite », a dénoncé Manon Massé, députée de Québec solidaire, qui prenait part à la marche montréalaise, aux côtés de ses collègues Françoise David et Andres Fontecilla.

  D’autres politiciens ont participé aux activités se déroulant dans leur région, dont Carole Poirier, porte-parole de l’opposition officielle en matière de condition féminine