vendredi 20 mars 2015

« Sauvons les livres » oppose un non catégorique à la taxe de vente sur les livres


Montréal, le 20 mars 2015- Le Mouvement « Sauvons les livres » s'oppose fermement à l'imposition de la taxe de vente du Québec (TVQ) sur les livres. « Lever l’exemption dont bénéficie le livre serait un recul historique pour le milieu du livre et pour les lecteurs québécois », soutient la porte-parole du mouvement, Élodie Comtois. « Le livre n’est pas un produit de consommation comme les autres et il doit continuer de jouir d’un régime fiscal particulier compte tenu de son rôle de diffuseur de la culture et du savoir. Rappelons-le, taxer les livres, c’est imposer l’ignorance. »

C’est donc un non retentissant à cette recommandation contenue dans le rapport de la Commission Godbout sur la fiscalité québécoise que « Sauvons les livres » veut faire entendre au gouvernement de Philippe Couillard. Le mouvement est d’autant plus inquiet que le ministre des Finances, Carlos Leitao, confirmait hier que certaines des mesures proposées dans le rapport Godbout se retrouveront dans le budget qui sera déposé la semaine prochaine.

Le Québec ne doit pas devenir la première province canadienne à briser le régime d’exception dont profite le livre. Nulle part au Canada la taxe de vente provinciale ou la portion provinciale de la TVH n'est imposée aux livres. Ce serait pour le Québec, aux prises avec un taux alarmant d’analphabétisme,  une bien triste façon de s’illustrer comme société distincte. Il existe aussi un quasi-consensus à ce sujet au sein des pays industrialisés puisque 30 des 34 pays membres de l’OCDE ont un régime particulier pour le livre et ont fait le choix de favoriser un meilleur accès au livre.

En arrivant au pouvoir en avril 2014, le gouvernement de Philippe Couillard a écarté le projet de réglementation du prix du livre, qui faisait pourtant consensus, arguant qu’une telle mesure exercerait une pression à la hausse sur les prix. Or cette réglementation aurait au contraire stabilisé les prix et se serait appliquée seulement sur les nouveautés pendant les neuf premiers mois, soit sur 5 % de la production. En revanche, imposer la TVQ touche 100 % de la production et provoquera une augmentation durable du prix des livres de plus de 10 %.

Les ventes de livres sont en baisse au Québec. Le recul était d’environ 9 % en 2013-2014 selon l'Observatoire de la culture et des communications. La fin de l’exemption de la TVQ viendrait plomber les ventes encore davantage surtout qu’elle s’ajouterait à la taxe fédérale de 5 % déjà perçue.

En rejetant l’idée du prix réglementé, le gouvernement Couillard avait promis un plan de soutien au réseau de librairies indépendantes frappé par de nombreuses fermetures. Un an plus tard, nous attendons toujours des mesures concrètes et structurantes.

Le mouvement « Sauvons les livres » est un regroupement de libraires, d’éditeurs, d’écrivains et de distributeurs qui milite pour la protection du livre et la promotion de la lecture et de la bibliodiversité.

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SOURCE :  Mouvement « Sauvons les livres »
Contact : Louiselle Lévesque, l.levesque@uneq.qc.ca 514.231.1517
Entrevue : Élodie Comtois, ecomtois@ecosociete.org 514.655.6488

mercredi 18 mars 2015

La Marche mondiale des femmes vous invites à l'action le 24 avril

24 avril 2015 - 24 heures d’actions féministes

Le 24 avril 2013, plus d’un millier de travailleuses et de travailleurs ont trouvé la mort, et plusieurs autres ont été blessées dans l’effondrement du « Rana Plaza », un édifice de huit étages abritant des ateliers de confection textile.

La Marche mondiale des femmes, à l’international tout comme au Québec, appelle à un 24 heures d’actions féministes en solidarité avec les femmes d’ici et d’ailleurs. Le 24 avril 2015 entre 12 h et 13 h, nous invitons les groupes féministes et leurs allié.es à organiser des actions locales pour dénoncer le système économique actuel, le capitalisme néolibéral, patriarcal, colonialiste et raciste, responsable de l’exploitation du travail des femmes partout dans le monde.

mardi 17 mars 2015

5 faits sur la guerre impérialiste en irak

NON À UNE NOUVELLE GUERRE IMPÉRIALISTE !
Ligue de la jeunesse communiste du Québec (YCL-LJC)

1) 500 000 morts en Irak : jamais plus !

Cette nouvelle guerre en Irak n'est qu'une continuation des tentatives des États-Unis et des impérialistes occidentaux de contrôler les ressources moyen-orientales au détriment des peuples de la région. L'Irak détient présentement les cinquièmes réserves d'or noir dans le monde et produit plus de 10 % des hydrocarbures du monde. C'est la troisième fois que les contingents occidentaux envahissent l'Irak au cours de 25 dernières années. En 1991, 300 000 individus sont morts des suites de l'intervention impérialiste. En 2003, ce sont plus de 500 000 personnes qui sont mortes, sans compter les victimes de l'instabilité du pays prévue par les impérialistes.

2) L'État islamiste : prétexte pour une intervention impérialiste

L'État islamique a reçu l'assistance financière et matérielle des États-Unis et de ses alliés jusqu'à très récemment dans le but de mettre en déroute le gouvernement syrien. L'ÉI a crû en popularité grâce aux défaillances de l'Irak dues aux dernières interventions états-uniennes en Irak. L'ÉI est maintenant utilisé comme prétexte afin d'intervenir une fois de plus pour implanter le plan du « Grand Moyen-Orient », basé sur le démantèlement des États forts de la région en utilisant les contradictions ethniques, l'affaiblissement du gouvernement syrien et de tous les autres États qui dont la politique n'est pas allignée à 100 % avec les intérêts impérialistes.

3) Le Canada ne se soucie en rien des peuples syrien et irakien

Les médias institutionnels et le gouvernement Harper font de leur mieux pour présenter la nouvelle guerre comme « humanitaire » en la justifiant par la « responsabilité de protéger » le peuple irakien. Le fait que plus d'un million d'individus soient décédés et qu'encore plus soient devenus réfugiés n'a pas été oublié par les populations de la région ni par les pacifistes canadiens et québécois. Il importe aussi de souligner que la principale menace à la paix dans le monde correspond aux États-Unis et à l'OTAN. L'impérialisme occidental n'a cessé de déposer des gouvernements, d'envahir des pays considérés comme antipathiques à ses plans partout à travers le monde, notamment au Moyen-Orient. Ainsi, s'associer aux guerres initiées par les États-Unis et l'OTAN en Irak ne fera qu'attiser les violences en Irak.

4) Protéger les Canadiens ou protéger les intérêts impérialistes ?

D'aucuns ont admis que la menace de l'ÉI est limitée au Canada. Les homicides contre deux soldats au Canada n'ont rien à voir avec aucun groupe organisé. Pourtant, le gouvernement a utilisé ces évènements pour justifier l'expansion des prérogatives du CSRS, afin d'espionner et arrêter des individus qui ne sont compromis dans aucune activité illégale, ce qui constitue une attaque grave aux libertés démocratiques fondamentales.

5) Guerre et austérité contre paix et prospérité

La guerre en Afghanistan a duré 13 ans et a couté plus d'un milliard de dollars par ans et plus de 20 000 morts du côté afghan. En Libye, l'intervention de 6 mois a couté plus de 347 millions de dollars et plus de 30 000 morts (contre peut-être 300 par le régime Kadhafi). Le gouvernement Harper et les gouvernements provinciaux se sont attaqués à l'éducation, aux services publics, à la santé, etc. le tout au nom de « l'austérité ». Pourtant, quand il s'agit de mener une guerre et défendre les intérêts impérialistes du Canada, l'argent ne manque pas. C'est pourquoi nous réclamons :

  • Le retrait de toutes troupes canadiennes en Irak et ailleurs dans le monde : plus un seul soldat hors du Canada ; 
  • La fin de toute prolifération d'armes dans la région ; 
  • Le retrait immédiat du Canada de l'OTAN dans une perspective de démantelement de cette organisation criminelle ;  
 
HARPER : HORS DE L'IRAK MAINTENANT !

lundi 16 mars 2015

Bulletin CENA



Le bulletin de février de la Commission européenne et nord-américaine de la Fédération de mondiale de la Jeunesse démocratique (FMJD) à été produit par la YCL-LJC Canada en anglais et en français pour présenter brièvement les grandes luttes en cours au Canada à d'autres militants à l'international. Voici deux des textes publié dans ce Bulletin d'information du CENA.






Le bellicisme canadien et les attaques contre les droits démocratiques chez nous

Le Canada est un pays impérialiste suivant les intérêts de ses propres monopoles plutôt qu’une colonie ou semi-colonie des États-Unis ou la Grande-Bretagne. Toutefois, la crise économique et les politiques bellicistes du gouvernement Harper ont accéléré la course à la guerre et aux armements.

Le gouvernement Harper a soutenu ouvertement le gouvernement ukrainien soutenu par des néo-nazis, il a défendu le dernier massacre de plus de 2000 Palestiniens par l’armée d’occupation israélienne cet été et s’est même joint à la troisième invasion impérialiste de l’Irak. À plusieurs égards, le Canada a même tenu des positions plus bellicistes que les États-Unis.

Celles-ci ont toujours été dénoncées fermement par la YCL - LJC Canada et par le Parti Communiste du Canada alors qu’aucun parti politique parlementaire n’a adopté de position claire. Malgré quelques oppositions rhétoriques, aucun ne s’est prononcé contre l’OTAN et tous les autres traités impérialistes.

La fusillade tragique au Parlement d’Ottawa en octobre dernier a été utilisée comme propagande pour la participation du Canada à la guerre en Irak et pour un contrôle accru au Canada. Cet attentat, perpétré par un jeune homme présentant un historique de problèmes psychologiques, a été présenté comme une attaque de dangereux «djihadistes» liés à l’État Islamique.

En janvier, le gouvernement conservateur a soumis un projet de loi anti-terroriste, le projet de loi C-51 permettant à l’État canadien de mieux criminaliser la dissidence publique, visant particulirement les opposants à la feuille de route austéritaire des entreprises entérinant la destruction environnementale et les guerres impérialistes.

Selon notre vision marxiste léniniste, l’impérialisme ne signifie pas nécessairement invasions ou dépenses militaires. Il s’agit aussi du développement du capitalisme à son stade monopoliste. Ainsi, notre engagement anti-impérialiste nous mène à dénoncer avec force l’AECG, un traité de «libre échange» encore plus astreignant que le TPCI en ce qui concerne la possibilité des entreprises de se soustraire aux lois en vigueur. Il a été négocié en catimini entre les capitalistes européens et canadiens qui s’en serviront pour justifier la perte de milliers d’emplois (comme avec l’ALENA) et la poursuite de la destruction des services publics (santé, éducation entre autres) des deux côtés côté de l’Atlantique.

Nous sommes également inquiets des développements de ce genre de traités en Arctique à travers l’action du Conseil de l’Arctique (dont le Canada occupe actuellement la présidence) qui ne représente que les intérêts des monopoles autour du Cercle polaire. Cette institution promeut présentement des projets de plusieurs milliers de millions de dollars afin de mieux exploiter les ressources minières et pétrolières dans cette région habitée majoritairement par des populations Inuit qui n’ont aucun droit de cité à ce sujet. Des tensions inter-impérialistes sont à prévoir rapidement alors que les changements climatiques permettront la navigation sur le Passage du Nord-Ouest et à mesure que la Russie, le Canada et les États-Unis se battent pour la souveraineté de l’Arctique.

La YCL - LJC Canada s’oppose à la feuille de route belliciste et impérialiste, nous demandons le retrait immédiat du Canada de l’OTAN ainsi que de tout autre traité impérialiste. Nous exigeons que soit mise en branle une politique étrangère basée sur la paix et le désarment, prémisse à un Canada socialiste et à un monde de paix, de solidarité et de transformation sociale.


Les jeunes au Canada demandent un meilleur avenir

Au Canada, les travailleurs sont pris d’assaut par les capitalistes et leurs gouvernements. Il y a peut-être eu quelque signe de reprise pour les profiteurs depuis le début de la crise, mais toujours rien pour le peuple.

Les jeunes travailleurs sont confrontés à certaines des conditions les plus dures de l’économie canadienne. Les gouvernements à travers le pays ne font rien pour baisser les taux de chômage qui s’élèvent jusqu’à 20% dans certaines villes, soit le double de la moyenne. La grande majorité des emplois créés sont précaires, à temps partiel, à salaires réduits et non-syndiqués.

Les politiques d’austérité imposées à la jeunesse sont clairement indiquées dans le «conseil» proféré par le gouverneur de la Banque du Canada: les jeunes devraient travailler gratuitement lors de contrats de stages et habiter dans le sous-sol de leurs parents.

Les frais de scolarité pour l’éducation supérieure connaissent des augmentations mirobolantes depuis les années 1990 alors que les institutions se transforment en écoles d’élite au service des intérêts du capital monopoliste avec leur contrôle accru par les entreprises et par la privatisation.

La destruction environnementale et les changements climatiques s’accélèrent à mesure que les politiques économiques de l’État s’alignent sur les intérêts des monopoles pétroliers et gaziers. La production de sables bitumineux en Alberta représente un des projets industriels les plus polluants dans le monde, contribuant aux changements climatiques à cette échelle, empoisonnant les peuples autochtones et forçant les jeunes à chercher du travail dans des lieux sans cesse plus isolés de leur communauté.

Il n’y a pas de futur au système capitaliste qui n’a a offrir qu’une vie de dettes, de bas salaires et d’emplois précaires sous le spectre du militarisme, de la criminalisation et de la dégradation environnementale.

À l’opposé de ce déferlement, la riposte de la classe ouvrière prend forme et la jeunesse y prend part activement. De nombreuses luttes importantes ont eu lieu récemment, à commencer par la grève étudiante contre la hausse des frais de scolarité au Québec en 2012 qui a duré plusieurs mois, générant ainsi une des plus grandes contestations de l’histoire du Canada avec pour mot d’ordre «grève étudiante, lutte populaire».

Peu de temps après, le mouvement Idle No More («À bas la passivité») s’est formé contre l’oppression continue des peuples autochtones et pour leur droit à l’auto-détermination. Aussi, de nombreuses campagnes menées par des jeunes militants et travailleurs ont émergé à travers l’Amérique du Nord pour réclamer un salaire minimum plus élevé, se soldant parfois par quelques victoires.

Dans plusieurs luttes, la YCL - LJC Canada commence à jouer un rôle plus significatif. Nous avons crû continuellement depuis notre refondation en 2007. En mai dernier, nous avons organisé notre 26e Congrès sous le thème «unie et militante, la jeunesse renforcera la riposte». Nous avons saisi cette occasion pour réaffirmer notre engagement internationaliste et nous nous sommes engagés à renforcer notre travail international avec la FMJD.

Aux côtés du Parti communiste du Canada, la Ligue de la jeunesse communiste lutte contre l’impérialisme et pour un Canada socialiste. Nous saluons le travail de nos camarades à l’international et leurs contributions essentielles dans l’organisation d’un mouvement anti-impérialiste mondial au sein de la jeunesse.

dimanche 15 mars 2015

Tentative de coup d’État contre le Venezuela

Ignacio Ramonet
Publié originalement sur Mémoire des luttes

Sympathique spécimen de la faune amazonienne, le toucan est un oiseau bien connu pour son bec spectaculaire aux couleurs chatoyantes. C’est aussi le nom d’un agressif « oiseau d’acier »fabriqué par l’entreprise brésilienne Embraer, dont la dénomination militaire est EMB 312, et dont les deux modèles les plus vendus sont le T-27, version d’entrainement, et le AT-27, armé pour des attaques à terre. Et c’est précisément un de ces Tucanos militaires, armé pour l’attaque, qui devait bombarder le palais présidentiel de Miraflores, à Caracas, le 12 février dernier. Et tuer le président Nicolas Maduro. L’aéronef avait également pour mission d’attaquer le ministère de la Défense et de détruire, parmi d’autres cibles, le siège de la chaîne de télévision internationale TeleSur, en semant le chaos et la confusion.

Selon les informations révélées par le président Maduro lui-même, la tentative de coup d’Etat a été déjouée grâce aux services de renseignement. Ils ont permis l’arrestation d’un groupe d’officiers d’aviation et de civils. « Il s’agit – a déclaré le chef de l’Etat – d’une tentative de sédition contre la démocratie et la stabilité de notre patrie ; c’est une séquelle du « putsch bleu » [1de février-mars 2014, il y a un an ».

Nicolas Maduro a indiqué que l’un des officiers arrêtés était lié, depuis l’année dernière, à des groupes de l’extrême-droite vénézuélienne qui cherchent à provoquer des troubles violents dans le pays. Le président a révélé que, selon l’enquête, les autorités militaires loyales avaient exigé l’an dernier la démission de cet officier. « Mais il y a quelques semaines – a raconté le chef de l’Etat – plusieurs opposants ont repris contact avec lui, lui ont remis une importante somme d’argent et lui ont confié plusieurs missions. En même temps, l’ambassade des Etats-Unis lui délivrait un visa le 3 février, en l’assurant ainsi qu’en cas d’échec, il disposait d’une autorisation d’entrée aux Etats-Unis par n’importe quelle frontière ».

« Dès ce moment – a poursuivi Nicolas Maduro –, cet officier a pris contact avec quatre autres gradés pour exécuter les missions « désignées par Washington » ». Une de ces missions consistait à faire une vidéo, en enregistrant les déclarations du général d’aviation Oswaldo Hernández Sánchez depuis la prison où il est incarcéré pour avoir participé, en 2014, à une précédente tentative de coup d’Etat.

« L’ordre était d’enregistrer une vidéo de ce général, qu’on surnomme « l’Ours », et, le 12 février, pendant le défilé de la Victoire [2], de faire décoller un avionTucano et attaquer le palais présidentiel de Miraflores et d’autres « cibles tactiques » comme le ministère de la défense, le Conseil national électoral (CNE) et le siège de la chaîne de télévision TeleSur. L’ordre était de déclencher le putsch au moment de la publication par un journal d’opposition de ce qu’ils appellent le « Programme du gouvernement de transition » » [3].

De leur côté, Diosdado Cabello, président de l’Assemblée nationale vénézuélienne, et Jorge Rodríguez, maire du district Libertador de la capitale, ont apporté, le 13 février dernier, à Caracas, plus de détails sur la tentative putschiste. Les deux dirigeants chavistes ont confirmé que les officiers arrêtés avaient reconnu que la publication d’un « Manifeste » était l’un des signes convenus pour déclencher le putsch dont le nom de code était « Opération Jéricho » [4].

Ils ont également révélé que, selon les déclarations des détenus, les putschistes avaient l’intention de « liquider » dès le premier moment, en plus du président Nicolas Maduro, Diosdado Cabello et Jorge Rodríguez, ainsi que d’autres personnalités bolivariennes : Tibisay Lucena, présidente du CNE, et Tareck El Aissami, ancien ministre de l’intérieur et actuel gouverneur de l’Etat d’Aragua.

Ils ont aussi identifié, en plus du général Oswaldo Hernández, d’autres chefs présumés de la conspiration. Parmi eux le capitaine Héctor José Noguera Figueroa ; le colonel José Suárez Rómulo ; le premier lieutenant Ricardo Antich Zapata (chargé des contacts avec l’ambassade des Etats-Unis) et le premier lieutenant Luís Hernando Lugo Calderón [5].

Ils ont montré une partie de l’arsenal saisi, en particulier des armes de gros calibre : des fusils semi-automatiques AR-15, des mitrailleuses et des grenades. Ils ont également révélé que des plans de la ville de Caracas avaient été trouvés, sur lesquels plusieurs « cibles tactiques » étaient effectivement signalées avec une grande précision : le palais présidentiel de Miraflores, les ministères de la défense, de l’intérieur et de la justice, le Conseil national électoral, la Direction du contre-espionnage militaire et, comme nous l’avons déjà dit, le siège de la chaîne de télévision TeleSur.

Cabello et Rodríguez ont désigné comme « auteurs intellectuels » de la tentative putschiste et du projet de magnicide deux personnalités de l’opposition : Antonio Ledezma, maire de Caracas (arrêté le 19 février dernier) et Julio Borges, député de l’opposition. Ils ont également affirmé détenir les preuves de la participation de fonctionnaires de l’ambassade des Etats Unis :« Une fonctionnaire de l’ambassade appelait les épouses des généraux vénézuéliens et leur disait que le nom de leur mari figurait sur la liste des personnes sanctionnées par le Congrès des Etats-Unis. Et que les visas d’entrée aux Etats Unis de leurs familles avaient été invalidés. Ainsi voulait-on susciter l’angoisse dans les familles des officiers », expliqua Jorge Rodríguez.

Pour sa part, le président Maduro a dit avoir en sa possession le « projet de gouvernement » élaboré par les putschistes. Selon ce plan, les pouvoirs publics seraient éliminés et les Cubains (médecins, instituteurs et sportifs) des Missions de service social (santé, éducation et sport) menacés. « Ils parlent aussi – dit le président Maduro – de privatiser la compagnie pétrolière nationale PDVSA [Petróleos de Venezuela Sociedad Anónima], de suspendre les garanties constitutionnelles, de libéraliser le système des changes et de redonner les dollars à l’oligarchie ». Le président a ajouté que dans ce « Projet de gouvernement » les putschistes « menacent ce qu’ils appellent les « collectifs »  qui sont, nous le savons, le peuple vénézuélien – et annoncent que, dès qu’ils seront au pouvoir, ils déploieront contre eux toute la force militaire. Aux Cubains des Missions, ils donnent 24 heures pour se présenter devant les bureaux du nouveau gouvernement de facto ou ils supporteront les conséquences… ».

Malgré toutes les preuves et tous les détails fournis par les plus hautes autorités de l’Etat vénézuélien, les médias internationaux (même en Amérique latine) ont accordé peu de crédibilité à cette tentative de coup d’Etat. Une telle « incrédulité » fait partie – depuis quinze ans – de la stratégie des grands médias dominants dans leur guerre contre la révolution bolivarienne, afin de discréditer les autorités bolivariennes. Indifférent à cette attitude hostile, le président Nicolás Maduro continue à expliquer, avec une persévérance pédagogique et en présentant toutes sortes de preuves, comment, depuis la mort d’Hugo Chávez (il y a juste deux ans) et depuis son élection (le 14 avril 2014), un « coup d’Etat lent » est en marche pour le renverser.

Cette fois le putsch devait se réaliser en quatre étapes [6].

La première a commencé début janvier 2015, lorsque le président Maduro se trouvait en déplacement à l’étranger (Chine, Iran, Qatar, Arabie Saoudite, Algérie et Russie). Au cours de cette première étape, des entreprises privées ont mené des campagnes d’accaparement d’aliments et de produits de première nécessité dans le but de créer des pénuries et du mécontentement, préparant ainsi les conditions pour que les citoyens protestent et saccagent les supermarchés. Ce qui ne s’est pas produit.
Dans la deuxième phase, les grands médias internationaux ont intensifié la diffusion de reportages, de nouvelles et d’articles qui donnaient une image déformée de la réalité vénézuélienne, faisant croire que dans le pays du « socialisme du XXI siècle »sévissait une véritable « crise humanitaire ». A cette occasion le président Maduro a dénoncé le rôle détestable joué, au cours de cette phase de l’ « Opération Jéricho », par plusieurs quotidiens espagnols (El PaísABC), …

La troisième étape devait avoir pour protagoniste un« traître » qui ferait un appel solennel à la rébellion à la télévision et dans les grands médias. Le président n’a pas donné le nom de ce« traître », mais il a mis en garde les Vénézuéliens : « Je ne veux alarmer personne, mais je dois dire toutes les vérités (…) Ils sont en train de chercher un traître, et je demande au peuple de rester vigilant ».

La quatrième étape du coup d’Etat – celle qui a été déjouée le 12 février dernier – prévoyait la participation d’un groupe d’officiers putschistes de l’armée de l’air, financés depuis l’étranger. Alors serait annoncé le « Programme de gouvernement de transition ». Et l’on enterrerait la révolution de Chávez.

Mais, même en quatre étapes, le coup d’État a échoué. Et la révolution bolivarienne demeure debout.





Notes :
[1] L’aile la plus à droite de l’opposition vénézuélienne, – dirigée par des personnalités ultraconservatrices comme Leopoldo López (arrêté le 20 février 2014), Antonio Ledesma (arrêté le 19 février 2015) et Maria Corina Machado (ancienne députée) – a lancé le mouvement « La Sortie », qui appelait à une sorte de« coup d’Etat soft » ou de « coup d’Etat bleu » dans le but de renverser le Président Nicolás Maduro par le financement de manifestations violentes (les« guarimbas ») qui ont fait 43 morts, 878 blessés et d’innombrables dégâts.

[2] Le 12 février, au Venezuela, c’est le Jour de la Jeunesse, qui commémore la Bataille de la Victoire, pendant la guerre d’Indépendance, dans laquelle un millier d’étudiants venus de Caracas ont affronté les troupes espagnoles et les ont vaincues.

[3] Le manifeste a été publié le 11 février dernier, dans un journal d’opposition, El Nacional, en page 5, sous le titre de « Appel aux vénézuéliens pour un accord national pour la transition ».

[4] Par référence à La Bible et plus précisément au Livre de Josué, qui raconte que quand Josué, à la tête des israélites, arriva au pied des imposants remparts de la ville de Jéricho, Dieu lui dit d’ordonner aux prêtres de sonner les trompettes :« Quand vous entendrez le son de la trompette, tout le peuple poussera de grands cris. Alors le rempart de la ville s’écroulera, et le peuple montera, sans obstacle ».

[5] Les autres officiers putschistes seraient : la Capitaine Laideth Salazar de Zerpa, dite « Manuelita » ; les capitaines Andrés Ramón Thompson Martínez, Nerio Alfonso Cordova Moreno ; Carlos Manuel Osuna Saraco dit « Guillermo » ; le major Cesar Pérez Carrero ; premier lieutenant Wilfredo Amado Castillo Colmenares ; premier lieutenant Javier Salazar Moncada ; premier lieutenant Miguel Ángel Salazar Molina ; premier lieutenant Carlos Esqueda Martínez ; et premier lieutenant Jofre de Jesús Pineda Trejo.

[6] Voir site web de TeleSur, Caracas, le 12 février 2014.www.telesurtv.net/Gobierno-venezolano-desmantela-atentado-golpista