mercredi 13 juillet 2011

Invitation du comité Fabio Di Celmo à une ligne de piquetage pour exiger la libération des 5 Cubains prisonniers politiques aux États-unis

Bonjour,

Fernando González Llort, René González Sehwerert, Antonio Guerrero Rodríguez, Gerardo Hernández Nordelo et Ramón Labañino Salazar, connus internationalement comme les «Cinq», sont en prison pour avoir défendu Cuba et des citoyens d'autres pays contre les attaques terroristes planifiées à partir des États-Unis.

Le comité Fabio Di Celmo pour les 5 de la Table de concertation de solidarité Québec-Cuba vous invite à notre piquetage mensuel, tenu à
chaque deuxième jeudi du mois, pour exiger justice pour les 5 et leurs familles. Sur place, nous aurons des pétitions, banderoles et animés par la solidarité nous rencontrerons le public pour faire connaître cette grande injustice.
Le comité Fabio Di Celmo pour les 5 tient son nom en souvenir de Fabio, Montréalais, victime en 1997 du terrorisme contre Cuba.

Venez en grand nombre exiger la libération des Cinq! Faites passer le mot!

À MONTRÉAL LE JEUDI le 14 juillet DE 17hres A 17h30
DEVANT L’ÉGLISE ST. JAMES UNITED CHURCH au 463 STE-CATHERINE OUEST (près de la rue St.Alexandre)

ET

DE 17h30 A 18 hres DEVANT LE CONSULAT DES États-unis RUE ST-ALEXANDRE/RENÉ-LÉVESQUE


mardi 12 juillet 2011

Une triste nouvelle pas très surprenante.

Le Canada s'opposera à la reconnaissance de la Palestine à l'ONU

La Presse canadienne 11 juillet 2011 Canada
Un Palestinien dans le camp de réfugiés de Rafah, dans la bande de Gaza. <br />
Photo : Agence France-Presse Said Khatib
Un Palestinien dans le camp de réfugiés de Rafah, dans la bande de Gaza.
Le Canada s'opposera aux efforts des Palestiniens pour que les Nations unies reconnaissent la souveraineté de leur pays.

L'annonce n'est pas surprenante, compte tenu des liens très étroits tissés entre les gouvernements israélien et canadien depuis le début du mandat de Stephen Harper, en 2006. La loyauté du Canada envers Washington s'est aussi renforcée pendant cette période.

Les deux pays s'opposent à la reconnaissance d'un État palestinien par l'Organisation des Nations unies.

L'Autorité palestinienne a lancé une campagne le mois dernier visant un vote pour la création d'un État palestinien lors de l'Assemblée générale des Nations unies, en septembre prochain.

Le projet est né en raison de la frustration des autorités palestiniennes au sujet du processus de paix.

La diplomate palestinienne responsable des relations avec Ottawa a affirmé que sa délégation continuerait ses efforts pour convaincre le gouvernement canadien.

«Nous aimerions voir le gouvernement canadien adopter une position neutre, en appui à la création d'un État palestinien, en appui à la reconnaissance de la Palestine en tant que membre à part entière des Nations unies en septembre», a affirmé Linda Sobeh Ali, responsable de la délégation diplomatique palestinienne, à La Presse canadienne.

Mme Sobeh Ali a aussi indiqué que son gouvernement tentait de convaincre le Canada de reconnaître Israël dans ses frontières d'avant 1967, une position à laquelle Stephen Harper s'est fermement opposé dans le passé, y compris lors du sommet du G8 tenu en mai dernier, en France.

Un porte-parole du ministre des Affaires étrangères du Canada a fait valoir que la position canadienne n'avait pas changé.

Chris Day a plaidé que la seule solution au conflit qui fait rage au Moyen-Orient passera par une entente négociée entre Israéliens et Palestiniens pour créer deux pays distincts.

«L'un de ces pays sera un État juif et devra être reconnu comme tel, alors que l'État palestinien devra être une zone démilitarisée», a-t-il fait valoir.

Les Palestiniens tentent de s'attirer l'appui des deux tiers des pays membres, soit 128 sur 192, afin que le dossier puisse être transféré au Conseil de sécurité. Selon certaines sources, au moins 100 pays seraient déjà acquis à leur cause.

Il y a quelques semaines, la position de Stephen Harper sur les frontières d'avant 1967 l'avait placé en opposition avec Washington, parce que Barack Obama avait indiqué que ce tracé pouvait servir de point de départ lors de négociations entre les responsables.

M. Obama et son gouvernement s'opposent toujours, toutefois, à la reconnaissance de la Palestine comme un État à part entière par l'ONU.

Une porte-parole du département d'État américain a fait valoir qu'un tel projet n'amènerait pas les deux parties à revenir à la table des négociations.

Le Canada fait valoir le même point de vue.

Article du site Slate.fr sur les propos fous d'une femme de droite.

Bachmann: «Les enfants noirs allaient mieux quand ils étaient esclaves»

«L’esclavagisme a eu un impact désastreux sur les familles afro-américaines, mais malheureusement, un enfant né dans l’esclavage en 1860 avait plus de chances d’être élevé par sa mère et son père dans une famille avec deux parents qu’un bébé afro-américain né après l’élection de l’actuel Président des Etats-Unis

Voilà le très douteux préambule de la pétition signée par la chouchoute actuelle du Tea Party, Michele Bachmann, comme le rapporte le site américain Politico.

Jusqu’ici, la première femme républicaine élue au Congrès s’en sortait pourtant très bien dans sa campagne pour être nommée candidate de son parti: elle était presque coude à coude avec Mitt Romney, homme politique pourtant plus chevronné aux Etats-Unis, souligne le Guardian.

Mais elle devrait apprendre à «lire les petits caractères quand le mot esclavagisme apparaît», s’amuse le quotidien britannique. Car en posant sa signature sur une pétition de «voeu de mariage» rédigée par le groupe évangéliste d’Iowa FAMiLY LEADER, Michele Bachmann a déclenché une polémique considérable. Mère de 5 enfants, et nourrice de 23 autres, très religieuse, il n’y avait pourtant rien d’étonnant à ce qu’elle prenne position contre le mariage homosexuel –un de ses chevaux de bataille– dans cette charte.

La blogosphère n’a pas tardé à relever les propos du document, notamment le blog politique «black bourgeois» américain Jack and Jill’s Politics, qui a fait immédiatement part de son indignation:

«Etant donné que les familles étaient régulièrement brisées pour que certains de leurs membres soient vendus et que le viol perpétré par les maîtres était monnaie courante, ces propos ne pourraient pas être plus offensants [...] Quand les républicains vont-ils enfin demander aux vrais noirs si on est d’accord avec le fait d’invoquer l’esclavage à tort et à travers pour marquer des points politiques faciles?»

En général, c’est une mauvaise idée pour un politique de parler de l’esclavage sans avoir bien «fait ses devoirs», souligne le Guardian. Et en l’occurrence, le préambule a «clairement raté le coche.» Dans le Washington Post, Alexandra Petri explique d’ailleurs que «peut-être y avait-il deux parents dans les familles [des esclaves] mais ça n’améliore pas la situation de famille où les enfants sont traités comme de la propriété. Est-ce qu’on veut vraiment aller dans cette direction?»

Face à la réaction outrée des médias et des internautes les évangélistes de FAMiLY LEADER ont enlevé le paragraphe litigieux de leur pétition. Seulement le mal est fait, constate le Guardian, puisque Michele Bachmann et un autre candidat à la présidence, Rick Santorum l’ont signé avant les modifications.

Le passage de Bachmann en Iowa devait pourtant être stratégiquement payant: l’Etat est courtisé actuellement par les républicains et peut s’avérer décisif pour une nomination à l’investiture d’un parti, comme cela avait été le cas pour Barack Obama en 2008.

La représentante du Minnesota à la Chambre des Représentants n’en est pas à sa première bourde: selon le site Politifacts, elle serait la candidate à l’investiture qui aurait fait le plus de fausses déclarations.

Et elle s’était déjà «attaquée» à la question de l’esclavage, notamment en affirmant que les Pères Fondateurs des Etats-Unis, ayant rédigé la Consitution «s’étaient échinés à combattre l’esclavage», alors que beaucoup d’entre eux étaient en fait… esclavagistes comme l’a fait remarquer le présentateur de l’émission Good Morning America.

dimanche 10 juillet 2011

Appel contre le révisonnisme historique en Lettonie

Un dossier brûlant, aux enjeux particulièrement lourds, est en passe de revenir devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Il oppose un ancien partisan antinazi, Vassili Kononov, aujourd’hui représenté par sa famille, au gouvernement de la Lettonie, qui avait fait condamner ce dernier pour « crimes de guerre » au terme d’un marathon judiciaire – plus de six années et demie – conclu le 28 septembre 2004 par la Cour suprême lettone (1).

M. Kononov, qui vient de décéder à Riga à l’âgé de 88 ans, a été durant cinquante ans honoré en URSS pour ses faits d’armes dans la lutte contre l’occupant : parachuté à vingt ans par l’Armée rouge derrière les lignes de la Wehrmacht sur sa Lettonie natale, il multipliera, à la tête de son peloton, sabotages d’installation militaires et déraillements de trains. En février 1944, des collaborateurs, armés par l’occupant, livrent un groupe de partisans aux forces allemandes. Le peloton de Kononov est alors chargé d’exécuter les responsables de cette trahison. Un cas de figure qu’ont naturellement connu les mouvements de résistance partout sur le continent, mais qui sera, un demi-siècle plus tard, retenu contre lui.


Le vent a tourné

Car depuis vingt ans, le vent a tourné dans les pays baltes. En 1991, la Lettonie a cessé d’être une République soviétique. Depuis 2004, elle est membre de l’Union européenne. Ses dirigeants actuels entendent faire valoir leur propre vision de l’Histoire. Pour eux, le 8 Mai 1945 n’est pas synonyme de la Libération par la victoire des Alliés sur le nazisme. En témoigne le musée ad hoc de Riga qui dénonce les « horreurs de l’occupation »… soviétique, tout en montrant comment l’armée hitlérienne fut accueillie en 1941 « en libératrice ». L’extermination des Juifs lettons est largement passée sous silence, notamment dans les manuels scolaires (la communauté juive de Lettonie a été quasiment annihilée pendant la guerre, pour une large part par les milices lettonnes). Tous les 16 mars, une journée honore le souvenir de la Légion lettone de la Waffen SS – la cérémonie était même fréquentée par les autorités jusqu’en 2000. Du reste, un ancien commandant letton de la Waffen SS, du même âge que Kononov, est encore député, et préside la commission parlementaire de la « citoyenneté » (après avoir chapeauté celle chargée des relations avec l’OTAN).

Dans l’actuelle Lettonie, les vétérans de l’Armée rouge sont traités en parias. C’est dans ce contexte que les poursuites contre Kononov ont été engagées. Il sera emprisonné pendant près de deux ans. Dès lors que sa défense eut épuisé tous les recours nationaux, Vassili Kononov s’est tourné vers la CEDH pour défendre son honneur et celui de tous ses camarades qui ont lutté contre l’Occupant nazi.

Le 24 juillet 2008, la Cour lui donne raison. Elle confirme que les villageois exécutés collaboraient bien avec l’occupant, et affirme notamment : « quelle que soit la raison invoquée, (la Cour) ne saurait accorder une légitimation quelconque à une attitude pronazie ou une collaboration active avec les forces de l'Allemagne nazie ».

Mais les dirigeants lettons n’acceptent pas ce désaveu. Ils font appel. Et multiplient les pressions sur l’instance d’appel, la « Grande Chambre ». Le 17 mai 2010, celle-ci inverse le premier verdict, contestant notamment l’argument retenu par les juges de première instance portant sur la non-rétroactivité des lois.

Dès lors, la défense de Kononov lance de nouvelles investigations. Elle trouve des documents historiques lettons auxquels elle n’avait pu avoir accès jusque là. Elle découvre que les collaborateurs exécutés par le groupe de Kononov ne se contentaient pas de détenir des armes confiées par les Allemands : plusieurs d’entre eux ont participé aux massacres de la population d’origine juive.

La défense pointe en outre une traduction faussée des jugements des tribunaux lettons, traduction sur laquelle se sont notamment fondés les juges d’appel. Elle fait par ailleurs valoir des éléments de droit qui entachent, selon elle, le jugement d’appel.


Corriger Nuremberg ?

Tous ces éléments l’ont amenée à déposer un recours dans le cadre des règles de l’institution de Strasbourg. Cette dernière a confirmé la procédure, et va devoir trancher sur le fond.

L’enjeu est considérable. Dans son mémoire, la défense souligne le caractère hors norme de ce dossier : « c’est la première fois, au cours des soixante ans qui sont écoulés depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, qu’un soldat ayant combattu dans les rangs de la coalition antihitlérienne est poursuivi pénalement pour ce fait comme criminel de guerre ». Relevant que la Lettonie qualifie la condamnation des dirigeants nazis de « justice des vainqueurs qui a permis aux criminels alliés de rester impunis », la défense souligne que c’est la première fois qu’un Etat propose à la Cour européenne des droits de l’Homme de « corriger les défauts du Procès de Nuremberg ».

Ainsi, fait sans précédent depuis la fin de la seconde Guerre mondiale, une instance judiciaire internationale qualifie les actes de l’Armée Rouge, qui combattait les nazis, de criminels : les vainqueurs semblent devenus des criminels, et les bourreaux, des victimes innocentes.

Accepter cette « correction » ouvrirait la porte aux pires révisions de l’histoire. Dans la période actuelle, où de telles tentations se manifestent de diverses parts, nous mettons instamment en garde contre les conséquences redoutables qui pourraient en résulter.


Maurice BOURJOL, doyen honoraire de la faculté de droit de Tours

Robert CHARVIN, doyen honoraire de la faculté de droit de Nice

Michel CLAPIE, agrégé de droit public, professeur de droit constitutionnel à l’Université de Montpellier I

Jan FERMON, avocat, Bruxelles

Raphael PORTEILLA, sciences politiques, Université de Bourgogne

Adda BEKKOUCHE, juriste, magistrat honoraire à la Cour des comptes d'Algérie


(1) BRN du 22 février 2011