vendredi 28 septembre 2018

Solidarité avec les employé.es de la SAQ en grève contre la précarité des conditions d’emploi

La Ligue de la jeunesse communiste du Québec appuie les employé.es de la SAQ en grève depuis le 23 juin après que le leur convention collective est tombée à échéance en mars 2017 et à la suite de négociations au cours desquelles les parties patronale et syndicale n’ont pu parvenir à une entente. Nous exprimons également notre solidarité avec leurs demandes lesquelles touchent, au-delà des employé.es de la SAQ, de plus en plus de jeunes travailleur.euses.
En effet, les principales raisons qui poussent les 5500 membres du Syndicat des employé.es de magasin et de bureau de la SAQ (SEMB-SAQ), à savoir la conciliation travail - famille - études et la lutte contre la précarité font de plus en plus partie du quotidien des jeunes travailleurs.euses, dont certains diplômés, qui peinent à touver des emplois décents, rémunérés convenablement, stables, permanents et syndiqués. Rappelons qu’en 2016, sur toutes les personnes rémunérées au salaire minimum, seules 48% n’avaient pas été aux études, et 59% étaient des femmes.

Pour ce qui a trait aux employé.es de la SAQ, bien qu’ils travaillent dans une entreprise publique, force est de constater que les conditions de travail y sont peu ou prou plus reluisantes que dans une entreprise privée. Selon un tract syndical, la précarité sont la norme dans l’entreprise: 70% des emplois pourvus sont à temps partiel, la moyenne d’heures travaillées s’élevant à 10-12 heures par semaine. En outre, il faut en moyenne 12 ans d’ancienneté avant d’être régularisé dans les régions urbaines, et 20 ans en région rurale. Une fois régularisés, les employé.es passent plusieurs années à payer les frais d’horaires de travail atypiques, soit de quarts de travail en soirée et les fins de semaine. En corollaire, le taux de roulement au sein de l’entreprise demeure anormalement élevé, frôlant les 13% des dires de Katia Lelièvre, Présidente du Syndicat.

Devant cette situation, l’employeur ne fait que tourner le couteau dans la plaie en proposant des offres qui non seulement ne sont pas à la hauteur des besoins des employé.es, mais des offres qui représenteraient, si elles étaient adoptées, un recul des conditions de travail en général et une plus grande précarité d’emploi.

Ainsi, la Ligue de la jeunesse communiste du Québec appelle à la solidarité la plus active auprès des employé.es de la SAQ, leur situation étant en grande partie similaire à celle que vit la majorité des jeunes travailleurs. Nous enjoignons tous ceux et celles qui ont à coeur de défendre des conditions d’emploi dignes à ne pas briser la grève des employé.es de la SAQ en cette quatrième journée d’arrêt de travail aujourd’hui, le 28 septembre ainsi que lors des prochaines actions syndicales qui risquent de s’intensifier après l’adoption de 28 journées de grève supplémentaires votées le 28 septembre en après-midi, ou encore à appuyer les grévistes en participant à leurs piquets de grève.

Enfin, puisque cette journée de grève a lieu dans les derniers jours de la campagne électorale, nous affirmons notre attachement au monopole public de la SAQ, un monopole que tentent de briser les deux formations de droite qui sont en lice pour former un gouvernement lundi soir prochain, soit le Parti libéral et la CAQ. En effet, toute forme de libéralisation de la vente et distribution d’alcool au Québec aurait non seulement un effet désastreux sur la qualité du service rendu, mais aurait également un impact sur la capacité de négociation des employé.es du secteur qui, aujourd’hui, en négociant en bloc contre un même employeur, bénéficient d’un rapport de force plus adéquat permettant de meilleures garanties de succès, ce qui à son tour peut faire tache d’huile dans d’autres secteurs. Ainsi, la question de privatisation de la SAQ n’est en rien différente de la privatisation des entreprises publiques voulue par les chantres du néolibéralisme et répond d’une même considération, à savoir la mise au pilori des employé.es de l’État et la volonté d’enrichir la classe capitaliste, moyennant la perte de revenus publics, ce qui peut s’avérer éventuellement utile lorsqu’il s’agit de trouver des justifications pour couper dans les investissements publics.

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