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mardi 23 janvier 2018

Sortons de l'ALÉNA !






Vendredi 26 janvier à 18:00

Association des Travailleurs Grecs de Montreal, 

Assemblée générale publique : La mobilisation contre l'ALÉNA.

Elizabeth Rowley, la chef du Parti communiste du Canada

Fred Jones, professeur retraité d'économie et syndicaliste

Événement en français
Organisé par le Parti communiste du Québec 

vendredi 23 septembre 2016

Soirée Che

Vous êtes invité encore une fois cette année à la soirée Octobre Che. Cette année, la fête sera précédée d'un panel sur la question de la conjoncture international et de l'impérialisme.  

8 octobre 2016 à 18h00, à l'Association des travailleurs grecs de Montréal, 5359 ave du Parc.



Au programme : 

18h: Cuisine ouverte.
19h: Panel et discussion sur la politique internationale.
20h30: Artistes invités et musique.

Une occasion de discuter avec:
-Jooneed Khan, journaliste, ex-chroniqueur de politique internationale à La Presse.
-Esther Madrid, consul de la République Bolivarienne du Venezuela.
-Mara Bilbao Diaz, consul générale de la République de Cuba.
-Claude Morin, professeur honoraire de l'Université de Montréal.
-Pierre Fontaine, chef du Parti Communiste du Québec.
Sur la situation internationale, en particulier l'Amérique du Sud.

Entrée: Contribution volontaire de 10$

Organisé par le journal Clarté, en collaboration avec le Parti Communiste du Québec, section du Parti Communiste du Canada.


Événement facebook :  https://www.facebook.com/events/1807135862892903/

lundi 25 avril 2016

Z présenté au Ciné PCQ jeudi 28 avril 2016 à 17h45

Z - film franco-algérien, adapté du roman du même nom, coécrit et réalisé par Costa-Gavras et sorti en 1969. Oscar et Golden Globe du meilleur film étranger et prix du Jury et celui de l’interprétation masculine au Festival de Cannes.

Fondé sur un fait réel, l'assassinat du député grec Grigoris Lambrakis en 1963 à Thessalonique, assassinat organisé par des éléments de la police et de la gendarmerie et camouflé au départ en accident. Dans le film, un juge d'instruction chargé de l'enquête va mettre en évidence le rôle du gouvernement, notamment de l'armée (gendarmerie) et de la police, dans l’ assassinat.

Cet assassinat se situe dans une période troublée, créée par le refus du roi, soutenu par les États-Unis, de confier le pouvoir à la gauche. Ces troubles politiques aboutissent au coup d'État des colonels le 21 avril 1967.

La dictature militaire essaya d’éliminer toute forme d'opposition et de contestation, persécutant des personnalités politiques de gauche, des démocrates et des défenseurs des droits de l'homme. Le film est une dénonciation de la dictature.

EN FRANÇAIS

Jeudi, 28 avril 2016
à 17h45, au Centre culturel Simon Bolivar, 394 boul. De Maisonneuve O.

*Liz Rowley, leader du Parti communiste du Canada, sera présente à l'événement. Venez la rencontrer!

vendredi 11 mars 2016

La Coalition BDS-Québec et le Parti communiste du Canada poursuivent la Ville de Montréal

MONTRÉAL, le 11 mars 2016 /CNW Telbec/ - Aux dernières élections fédérales, la Coalition BDS-Québec a participé aux élections comme tiers parti en tant qu'intervenant autorisé par le Directeur des élections du Canada. La coalition a affiché 200 pancartes, payés et autorisés par l'agent officiel de BDS-Québec (comité de la CJPP) selon les exigences établies par la loi électorale. 

La Ville de Montréal a violé les droits constitutionnels des militants impliqués dans ces élections et a brimé leur droit à la liberté d'expression en arrachant des pancartes de BDS-Québec et du Parti Communiste du Canada durant la campagne électorale. Ces gestes causent un préjudice moral aux militants du BDS et aux candidats du PCC et dévalorisent leur intervention dans la campagne électorale en la traitant comme obscène, au sens propre de « à être banni de la scène ». 

Cette volonté de réduire BDS-Québec au silence s'inscrit dans une campagne plus large contre le mouvement de boycott tel que démontré par le vote anti-BDS qui eut lieu dernièrement au Parlement du Canada. Quoi qu'il en soit, les militants de BDS-Québec et les candidats du PCC sont en droits de demander des dommages moraux et matériels ainsi que des dommages punitifs pour l'atteinte à leur droit démocratique et libertés fondamentales 

Conséquemment, BDS-Québec et le PCC poursuivent la Ville de Montréal devant la Cour du Québec. La poursuite a été déposée par l'avocat Alain Tremblay de la firme d'avocats Ouellet, Nadon et Associés.

samedi 27 février 2016

Le Parti communiste du Québec rencontre la nouvelle Consule générale du Venezuela

Le jeudi 25 février dernier, notre camarade Pierre Fontaine, Président du Parti communiste du Québec, a été invité par le Consulat général de la République bolivarienne du Venezuela de Montréal à participer à une rencontre entre les différentes organisations solidaires des forces progressistes de ce pays et la nouvelle Consule générale, Nidia Fajardo Briceño.

Cet évènement a réuni bon nombre de militants impliqués dans les mouvements de solidarité avec les peuples d'Amérique latine. Parmi eux, notons la présence de représentants du Parti communiste chilien et du Front Farabundo Marti de libération nationale du Salvador.


Iniciée par une présentation de la nouvelle Consule, la rencontre s'est poursuivi par un tour de table solidaire et fraternel.

Au nom du Parti communiste du Québec, Pierre Fontaine a réitéré l'appui sans faille des communistes québécois aux processus révolutionnaires d'Amérique Latine, notamment à celui du Venezuela. Plus concrètement, il a souligné l'importance du PCQ dans la défense de la Révolution bolivarienne au sein des forces syndicales québécoises en soulignant l'organisation d'une importante rencontre entre des représentants vénézuéliens et le Conseil Central de Montréal de la CSN en novembre 2015.

 Poursuivant sur la nécessité d'une large mobilisation anti-impérialiste, il s'est saisi de l'occasion pour inviter tous les participants à se joindre à la mobilisation du 19 mars à Montréal contre la poursuite de la participation canadienne à la guerre en Irak et en Syrie.

Parmi les autres thèmes abordés, celui de la solidarité avec le Venezuela a été au centre des discussions. La Consule a, à cet effet, fait savoir qu'elle tenterait de mettre fin au blocus d'Air Canada sur les vols directs entre le Canada et le Venezuela.

La réunion s'est poursuivie avec la présentation d'un documentaire faisant état de la situation actuelle au Venezuela et, plus précisément, sur la Loi d'amnistie dont la droite, représentant la bourgeoisie compradore du pays, est a l'initiative.

En vertu de celle-ci, tous les criminels des guarimbas (émeutes d'une violence extrême noyautées par les forces politiques d'extrême droite qui ont couté la vie à une quarantaine de personnes en 2013), tous ceux qui seraient impliqués dans la tentative de coup d'État de 2002 ou encore dans le sabotage pétrolier de 2002 - 2003 seraient impunis. Cette loi prévoit en effet une «totale dépénalisation» de ceux qui se seraient organisés pour «renverser le gouvernement», «inciter» à la violence, la désobéissance, aux lésions ou à la violence contre les autorités et fonctionnaires.

Pour conclure cette rencontre, les participants ont été conviés à une importante mobilisation le vendredi 4 mars prochain devant le parlement à Ottawa ainsi que lendemain, samedi 5 mars, à Montréal. Les deux évènements sont destinés à célébrer la mémoire du Commandante Hugo Chavez qui a porté l'arme à gauchele 5 mars 2013. La commémoration débutera à 15h et se déroulera, dans un premier temps, à la Place Hector-Toe-Blake pour se poursuivre au Centre culturel Simon Bolivar à 16h 25.



lundi 15 février 2016

Les jeunes communistes marchent en solidarité avec les femmes autochtones

Aujourd’hui à 15h s’est tenue la 17e marche en solidarité avec les femmes autochtones à Montréal. Organisé à proximité du métro Saint-Laurent, cet évènement a réuni plus d’un millier de citoyens, hommes ou femmes, autochtones ou non, militants associatifs, syndicaux, politiques, féministes ou simplement solidaires de la cause qui ont bravé le froid polaire pour manifester leur soutien envers la cause des milliers de femmes autochtones assassinées et disparues depuis plus de 30 ans.

Les prises de parole de militantes autochtones ont été ponctuées d’interludes musicaux qui ont non seulement réchauffé les marcheurs, mais aussi emmaillé moments de recueillement envers les disparues ou assassinées à la réjouissance devant un avenir meilleur. Michèle Audette, ancienne présidente de l’Association des femmes autochtones du Canada et de Femmes autochtones du Québec, a fait office de maitre de cérémonie. Au cours de ses allocutions, elle n’a pas manqué de saluer la présence d’organisations et personnalités «alliées» des revendications des femmes autochtones dont les députées de Québec Solidaire Françoise David et Manon Massé.

En effet, cette marche a été l’occasion non seulement de se solidariser avec les femmes autochtones, mais aussi avec l’ensemble du mouvement œuvrant à l’égalité entre hommes et femmes au Québec en général ainsi qu’à la fin de la violence genrée, ce qui inclut la défense des droits des LGBTQ+ en particulier sur réserve.

Parmi les associations présentes, la Ligue de la jeunesse communiste du Québec et le Parti communiste du Québec ont tenu à manifester leur soutien aux luttes des femmes autochtones qui, en plus de connaitre la double exploitation en tant que femmes et travailleuses, sont victimes d’un système raciste dont la violence va au delà de l’oppression nationale et s’enracine dans les politiques génocidaires successives imposées aux Amérindiens, Inuit et Métis du Canada.

«Au cours des dernières années, la cause autochtone - dont celle des femmes disparues et assassines - a gagné en importance. Il y a ne serait-ce que 10 ans, personne n’en faisait état. Il reste clairement beaucoup de chemin à parcourir, mais voir autant de militants braver les températures extrêmes aujourd’hui pour dire  «nous sommes avec vous» nous conforte dans l’idée que nous nous dirigeons dans la bonne voie» dit Normand, militant du PCQ et membre du groupe de musique amérindienne Buffalo Head Singers.

Nicolas, membre du Comité national du PCQ et du bureau politique de la LJC-Q affirme que «même si le Parti libéral et le gouvernement Trudeau ont promis l’ouverture d’une enquête au sujet des femmes autochtones disparues et assassinées ainsi que l’application des recommandations du Rapport Vérité et Réconciliation, la mobilisation de la société civile reste importante. En effet, si on entend parler aujourd’hui plus qu’hier et, espérons le, moins que demain des revendications des Premières Nations, c’est justement grâce aux mobilisations successives et au travail d’arrache-pied mené par différentes organisations progressistes dont la LJC-Q fait partie. C’est clair que si un parti comme celui des Libéraux semble avoir intégré à son discours l’urgence de s’occuper des problèmes dont sont victimes les Autochtones, ce n’est pas parce qu’ils s’en sentent fondamentalement concernés […]. Seul le temps nous dira s’ils tiendront leurs promesses, mais ce qui est certain, c’est que sans une mobilisation massive des différentes organisations, ils seront beaucoup moins pressés de les honorer. Et le temps presse.»

Poursuivant sur le thème de la mobilisation de la jeunesse communiste du Québec et du Canada, Adrien, également membre du bureau politique de la LJC-Q et responsable international de la LJC-YCL Canada rappelle que «[les mobilisations de la LJC] à ce sujet ont porté fruit non seulement au pays, mais aussi à l’international. Effectivement, lorsque nous avons formé la délégation multinationale canadienne à l’occasion du dernier Festival mondial de la jeunesse et des étudiants (plus importante manifestation anti-impérialiste à l’échelle internationale), nous nous sommes fait un point d’honneur de promouvoir les luttes menées par les Premières Nations du Canada. Par exemple, nous avons présenté une militante crie pour dresser le procès des politiques racistes et génocidaires appliquées envers les peuples autochtones lors d’un tribunal anti-impérialiste auquel plus d’un millier de jeunes du monde entier ont assisté. En outre, lors de la dernières Assemblée générale de la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique [qui réunit la jeunesse anti-impérialiste à travers le monde, NDR], les organisations membres ont exprimé leur solidarité envers les peuples autochtones ainsi qu’envers les femmes en lutte l’ennemi commun des peuples: l’impérialisme. Parmi elles, mentionnons celles qui représentent la jeunesse vénézuélienne solidaire du Bloc patriotique, les militants de l’UJSARIO qui organise la lutte des jeunes saharaouis contre l’occupation marocaine ou encore les différentes organisations de jeunes palestiniens membres de l’OLP.»

À l’échelle canadienne, cette marche destinée à réclamer justice pour les femmes autochtones disparues et assassinées a pris racine à Vancouver en 1991, soit il y a 25 ans. Depuis lors, la mobilisation a fait tache d’huile et, symboliquement, des militants de l’ensemble du Canada ont choisi la date du 14 février pour exprimer leur colère contre l’inaction et l’intransigeance des différents gouvernements.

Non seulement présents à Montréal, les jeunes communistes ont pris part aux différentes marches organisées à travers le pays, d’un Canada à l’autre, que ce soit à Vancouver, Toronto ou Calgary. Partout ils se sont joints aux voix résistantes pour réclamer un changement fondamental dans les rapports entre les Autochtones et les politiques canadiennes à leur égard.



«Justice pour les femmes autochtones assassinées et disparues» 




Distribution de tracts malgré le froid... 




Les jeunes communistes en action!  




Les Buffalo Head Singers
  



Début du cortège

mardi 17 novembre 2015

Ciné-PCQ présente Les sentier de la gloire

Novembre étant le mois du Jour du souvenir, Ciné-PCQ présente le film de Stanley Kubrick, Les sentiers de la gloire, sorti en 1957.

En 1916, dans les tranchées, un général français en mal d'avancement est incité par son supérieur à lancer une offensive suicidaire contre une position allemande imprenable. Il engage ses troupes épuisées, sans renforts ni préparatifs, dans cette incroyable opération. L'opération ayant tourné au massacre et niant l'absurdité de sa stratégie, le général accuse les soldats de lâcheté et réclame des exécutions pour l'exemple. Trois soldats seront choisis au hasard pour être fusillés après un simulacre de procès.

Ce film antimilitariste rappelle que durant la Première Guerre mondiale, environ 2 500 soldats français ont été condamnés à mort par les conseils de guerre, dont un peu plus de 600 qui furent réellement fusillés « pour l'exemple». Le film fut perçu comme une critique directe de l'armée française, alors plongée dans la guerre d’Algérie. Le film ne sera donc pas diffusé en France avant 1975.

Le film dénonce les comportements de la haute hiérarchie militaire. L'affrontement, n'est pas entre deux camps ennemis mais entre les officiers généraux aristocratiques et les soldats prolétaires d'un même camp, les uns jouant leur promotion, les autres leur vie. D'ailleurs on n’y voit pas d'Allemands.

LES SENTIERS DE LA GLOIRE
Un film de Stanley Kubrick
présenté en français

Jeudi le 26 novembre 2015 à 18h00
Au Centre culturel Simon Bolivar
394 boul. De Maisonneuve O.

Ciné-PCQ est une activité gratuite organisé par le Parti communiste du Québec. Les films sont suivis d'une discussion politique.

mardi 6 octobre 2015

Fête octobre Che : Point de vue communiste

SAMEDI 10 OCTOBRE 2015
5359 ave Du PARC, MONTRÉAL

À l’occasion de sa traditionnelle fête à la mémoire de Che Guevara et de la campagne électorale fédérale en cours, le PCQ présente «Le point de vue communiste: Pour les besoins du peuple avant la cupidité des compagnies!» avec MIGUEL FIGUEROA, chef du Parti communiste du Canada.

Documentaire sur Che Guevara, discours et plusieurs musiciens pour égayer la soirée. 

Casse-croûtes, breuvages et café seront disponibles.

Partagez l'événement!
Facebook :  https://www.facebook.com/events/1507301469585354/


vendredi 1 mai 2015

1er mai 2015: Solidarité et Lutte contre l'austérité


Déclaration du comité exécutif central 
du Parti communiste du Canada

En ce 1er mai, journée internationale des travailleuses et des travailleurs, le Parti communiste du Canada leur souhaite ses meilleurs vœux dans notre lutte commune pour un avenir socialiste et pour mettre fin à l'exploitation et à l'oppression capitaliste. Le 1er mai est une occasion importante pour célébrer nos victoires historiques, comme le 80ième anniversaire de la Grande Marche des chômeuses et des chômeurs sur Ottawa, qui a commencé au printemps de 1935 à Vancouver, le 70ième  anniversaire de la victoire sur le fascisme hitlérien en mai 1945, et le 40ième anniversaire de la libération du Vietnam des griffes de l'impérialisme américain, le 30 Avril 1975.

Cette année, une nouvelle solidarité prend forme à travers le Canada. Elle se construit sur les bases solides de l’expérience de la classe ouvrière, adaptées aux conditions actuelles. Elle s’est fortement manifestée durant la grève étudiante au Québec en 2012, avec le mouvement Occupy, Idle No More et au cours des luttes à propos de l'environnement. La solidarité a été le pivot de la victoire des grèves remarquables des assistantes et assistants à l’enseignement de l'Université de Toronto et de l'Université York, en Ontario. Cette nouvelle solidarité s’étend jusqu’à l'extérieur pour rallier des alliés au-delà des rangs de la vieille solidarité syndicale qui l'avait créée, faisant de l'unité du mouvement syndical avec les mouvements pour la justice sociale et avec le public un ingrédient-clé de la formule du succès. La solidarité d'aujourd'hui reflète des changements au sein la classe ouvrière elle-même, qui est en grande partie jeune, éduquée, dégourdie, ayant des emplois précaires, et de plus en plus féminine et basée dans les communautés ethniques. Plus important encore, la nouvelle solidarité est une unité en mouvement.

Cette unité est en plein développement dans le mouvement de riposte au Québec. Des dizaines de milliers de travailleuses et de travailleurs, d'étudiantes et d’étudiants, sont allés dans les rues pour combattre le programme d'austérité en accéléré des Libéraux de Couillard, qui implique, entre autres, de dépouiller les travailleuses et les travailleurs municipaux de leurs pensions, d’imposer le gel des salaires, et de démolir le principe durement gagné de l'universalité des programmes sociaux au Québec, comme celui des garderies d’enfants. Ces coupures ne pourront être mises en échec sans une victoire à la table de négociation, la convention collective étant une arme importante de la classe ouvrière contre l'austérité. Le dernier budget du Québec a également lancé tous les syndicats du secteur public du Front Commun de 2015 dans des préparatifs pour des actions de grève à l'automne prochain.

Surtout, les directions de la CSN, de la FTQ et d'autres syndicats du Québec ont appelé à la solidarité avec les étudiantes et les étudiants qui affrontent la violence  policière et la répression juridique du gouvernement. Les étudiantes et les étudiants ne se battent pas seulement contre l'austérité en éducation. Au-delà des préoccupations de leurs campus, elles et ils s’opposent également à la destruction de l'environnement, et à l’attaque incisive contre les femmes et l'égalité sociale. Les divergences à propos des tactiques dans cette lutte seront présentées par la droite et les grands médias comme des faiblesses, mais en fait, ces débats sont un ingrédient essentiel du processus de maturation de la résistance. De même, l'émergence du Front commun mené par la Fédération du travail de l'Ontario et le puissant mouvement de grève l'an dernier des enseignantes et des enseignants de Colombie-Britannique, sont des signes encourageants que la classe ouvrière est en mouvement.

L'attaque néolibérale que les Conservateurs d’Harper et les gouvernements provinciaux font subir sans relâche aux travailleuses, aux travailleurs et aux syndicats est en train de changer le mouvement syndical et ses alliés. L’idéologie de «social-partenariat » qui a imprégné le leadership des syndicats pendant les années de l’«État providence» est à bout de souffle. Le capital canadien est passé à l'offensive pour détruire les services publics, les programmes sociaux, les salaires et les conditions de travail qui lui avaient donné un semblant de crédibilité pour maintenir son hégémonie. Les syndicats ont été jusqu'à présent incapables de déjouer ces multiples attaques. Le chômage de masse, la vaste désindustrialisation, la privatisation et l'expansion sans précédent du travail précaire ont ébranlé les syndicats aux tables de négociation et les obligent à élaborer une réponse coordonnée à la nouvelle stratégie du capital.

Un élément clé de la nouvelle stratégie de la classe dirigeante est de se doter des armes de l'État policier. Le projet de loi C-51 est un plan tactique pour faire taire les syndicats, les Premières nations, les écologistes, les étudiantes et étudiants, les femmes, et les opposantes et opposants aux politiques d'austérité du Québec. Mais même si la réponse du mouvement ouvrier à C-51 a été retardée par les hésitations du NPD, il a fini par rejoindre la vague de résistance qui est loin d'être épuisée.

Pendant ce temps, la politique répressive et punitive de Stephen Harper au pays est de plus en plus combinée à la guerre et au fascisme à l'étranger, y compris un appui militaire au gouvernement d'extrême-droite d'Ukraine qui attaque sa propre population, et à l'expansion de la guerre en Irak et la Syrie.

Dans cette situation, l'opportunisme pragmatique de la social-démocratie est la principale pierre d'achoppement de l'unité et de la solidarité, tant au sein du mouvement syndical qu’au sein de ses alliés. Une bonne leçon est en Grèce, où Syriza, après avoir adopté une position militante au départ, s’est rangé vers un consentement réservé au Capital et à la gestion de l'économie par la Troïka. Changer des noms, des dirigeantes et des dirigeants pour livrer chapeau-bas la «même vieille» soumission au Capital ne fait rien pour répondre aux besoins du peuple travailleur.
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Ici, au Canada, la dérive centriste de la direction du NPD et le fait qu’elle ait cessé de soutenir un bon nombre de revendications syndicales a donné lieu à  un désenchantement croissant et a alimenté les divisions au sein du mouvement ouvrier, rendant difficile la réalisation de l'unité pour faire face aux attaques du gouvernement et des compagnies. Bien qu’elles ne soient pas toujours clairement exprimées, ces divisions portent principalement sur le fait de savoir si nous devrions nous mobiliser dans une lutte extra-parlementaire militante, ou plutôt continuer de « sous-traiter » la lutte politique du mouvement ouvrier exclusivement avec le NPD au parlement. Chaque jour, les travailleuses, les travailleurs et leurs syndicats sont engagés dans mille et une escarmouche sur le terrain autour de la question fondamentale de la lutte ou la reddition, et qui posent la nécessité d'une lutte militante indépendante. Cette nécessité se pose d’ores et déjà et ne peut attendre la survenance de solutions parlementaires ou l'arrivée d'un capitalisme utopique, basé sur une «équité» imaginaire.

Les dirigeantes et dirigeants intermédiaires, le cœur et l’âme du mouvement syndical, sont pris dans une situation très critique. Cela permet de comprendre pourquoi la candidature et le programme d’action d’Hassan Husseini à la présidence du CTC avaient été si bien accueillis par les délégué(e)s au dernier congrès, et ont contribué aux événements qui ont conduit à la défaite de Ken Georgetti, son ancien président. Même si la course fut très serrée, la demande en faveur de  l'action et de la lutte l’a emporté, et Hassan Yussuff est maintenant à la tête de la CTC. Cela a marqué un changement important et fut une victoire pour la démocratie syndicale, même si la mesure dans laquelle cela permettra vraiment un virage dans le dynamisme et le militantisme de la plus grande organisation syndicale demeure une question.

Avec une élection fédérale cruciale imminente, la classe ouvrière doit se mobiliser pour vaincre la section la plus agressive et réactionnaire du grand capital - les Conservateurs d’Harper - et gagner un terrain politique plus favorable pour mieux résister à l'ordre du jour néolibéral au sens large. Compte tenu de l'immensité de l'attaque, il est difficile de critiquer les stratégies visant à empêcher une victoire des Conservateurs. En effet, la campagne novatrice de la Fédération du travail de l'Ontario et ses alliés de justice sociale, sous la contrainte sévère de l'aile droite dans les syndicats, a contribué de manière significative à une défaite majeure des Conservateurs de M. Hudak. Cette louable et productive unité forgée entre les syndicats et leurs alliés de justice sociale se développe et devrait continuer.

Mais cette unité ne devrait pas être déviée par des débats entre un appui sans réserve au NPD contre un vote stratégique, qui tels qu'ils se présentent aujourd'hui ne consisteraient qu’à étendre le soutien vers un seul parti à deux ou plus. Ces deux options étroites sont simplement la suite d'un dilemme, où le soutien lors du vote se traduit dans les faits par un soutien idéologique sans réserve. Les deux options ne permettent pas d’imposer à aucun des partis des demandes programmatiques, et à la place, supposent que le soutien du mouvement syndical sera récompensé par les élues et élus. Ce débat a aussi pour effet d’identifier le Parlement - la forteresse du Capital - comme le principal terrain de la lutte politique pour la classe ouvrière, plutôt que celui, crucial, extra-parlementaire, de nos lieux de travail et de nos communautés. Néanmoins, les élections demeurent une partie très importante de la lutte de classe, une occasion de faire avancer des programmes progressistes, des tactiques et des stratégies. Le Parti communiste et ses candidates et candidats mèneront une dure campagne partout au pays pour vaincre les Conservateurs d’Harper, et gagner le soutien à des politiques qui placent les besoins de la population en priorité, avant la cupidité des entreprises.

Aujourd'hui et au-delà de l'élection fédérale, la classe ouvrière a besoin d’un programme et d'une stratégie coordonnée sur le terrain, dirigée par le mouvement syndical. Pour mobiliser et restructurer la riposte à cette fin, il faudra une résurgence de la gauche, et un programme de gauche. Les membres du Parti communiste, comme elles et ils l’ont fait par le passé, vont continuer de se battre pour un syndicalisme de lutte de classe et pour l'unité dans toutes ses expressions, nationales, de classe et de genres.

Le 1er mai 2015, nous appelons à la plus grande solidarité pour vaincre le projet de loi C-51, pour bloquer le programme de droite d'austérité, la guerre et le fascisme, et pour chasser les Conservateurs d’Harper du pouvoir!

             

mercredi 25 mars 2015

DÎTES AU PARLEMENT QU'IL DOIT DÉFAIRE LE PROJET DE LOI D'ÉTAT POLICIER C-51!


Déclaration du Comité exécutif central du Parti communiste du Canada, le 5 février 2015

Partout au Canada, l’alarme est sonnée contre le projet de loi C-51, la soi-disant « Loi anti-terroriste 2015 », qui donne à l'État canadien de nouveaux pouvoirs pour criminaliser la dissidence publique. En premier lieu, il vise celles et ceux qui sont critiques des politiques d'austérité néolibérales, de la destruction de l'environnement, et de la guerre impérialiste. Ce dangereux projet de loi conservateur aiderait en outre à transformer le SCRS en une force de police secrète, échappant au contrôle du public ou même du Parlement. Le Parti communiste du Canada soutient que le projet de loi C-51 ne peut pas être « amendé » ou « amélioré »; il doit être rejeté par le Parlement, et le SCRS lui-même devrait être démantelé et non pas renforcé.

Ce projet de loi constitue peut-être la plus grave menace pour la liberté d'expression et pour les libertés civiles au Canada depuis l'époque de la Loi des mesures de guerre qui, de la Première Guerre mondiale jusqu’aux années 1970, a été proclamée à plusieurs reprises par les gouvernements afin de suspendre les droits démocratiques, permettant des incarcérations massives de groupes ethniques particuliers, de communistes, de dirigeantes et de dirigeants syndicaux et d’un large éventail de forces démocratiques au Québec, jusqu'à ce qu'elle fusse finalement abrogée par le Parlement en réponse à une large pression publique.

Le but allégué du projet de loi C-51 est de protéger les Canadiennes et les Canadiens contre le «terrorisme», mais son véritable but est d'aider le Parti conservateur à élargir sa base politique en prévision de l'élection fédérale de 2015, en usant de tactiques de peur et d'intimidation. L'objectif sous-jacent est de limiter les doits civiques, les droits des travailleuses et des travailleurs, les droits démocratiques de toutes les citoyennes et citoyens, ainsi que de toutes les résidentes et résidents canadiens, et d'élargir les pouvoirs d'un État de plus en plus autoritaire.

Tenant des discours racistes singularisant les mosquées d'une attention particulière, le premier ministre a ouvertement signifier que des pans entiers de la population sont placés dans une catégorie de terroristes potentiels, considérés «coupables jusqu'à preuve du contraire.» Même le Globe and Mail a averti que «la campagne de peur du Premier Ministre » est utilisée pour changer le SCRS en «quelque chose qui ressemble de façon inquiétante à une force de police secrète.»

Selon cette loi, les agentes et agents du SCRS seront autorisés à agir contre toute «menace pour la sécurité du Canada» perçue, sans mandat judiciaire s’ils affirment que leurs activités ne contreviennent pas à la Charte des droits ou à la loi. Le SCRS serait autorisé à interrompre des sites internet vaguement définis comme «radicaux», et à appliquer des ordonnances judiciaires pour retirer la «propagande terroriste» d'Internet. Le projet de loi abaisse le seuil légal permettant la détention de personnes sans inculpation pénale, et élargit la portée de la « no-fly list ».

Les agentes et les agents du SCRS seront autorisés à pénétrer dans les maisons et les bureaux, à saisir des documents, à enlever tout ce qu'ils trouvent, à installer des dispositifs de surveillance, ou à se livrer à tous les «coups tordus» ou toutes les activités perturbatrices qu’un juge trouvera «raisonnables».

Depuis que le gouvernement a déclaré que le Canada est en guerre, il ya tout lieu de croire que les limites judiciaires de ces pouvoirs policiers seront au mieux minimales, et que ces activités seront intégrées aux «opérations sales» de la CIA à travers le monde. Tout aussi inquiétant, il n'y aura même pas de mécanisme pour que les Canadiennes et les Canadiens puissent simplement surveiller le SCRS, n’autorisant que le Bureau du premier ministre et une petite clique de fonctionnaires, impuissants et complices, à avoir connaissance de ses actions.

La section 16 de C-51 qui interdit de «défendre et de promouvoir le terrorisme", soulève un large éventail de questions laissées sans réponse. Par exemple, le ministre de la Sécurité publique Blaney a refusé de donner une réponse directe, tant au Parlement ou qu’aux médias, concernant les protestations non-violentes de désobéissance civile contre l'extraction et l'exportation du pétrole des sables bitumineux. L'implication claire des commentaires du ministre Blaney est que toutes les protestations dirigées contre l'industrie de l'énergie sont par définition potentiellement dangereuses, et pourraient tomber dans le cadre général de l'activité «terroriste». De même, les ministres conservateurs qui calomnient à répétition les larges mouvements qui s’opposent à l'occupation de style apartheid par Israël des territoires palestiniens– tel que la campagne Boycott, Désinvestissement et Sanctions – marquent en fait ces mouvements comme cibles des actions du SCRS.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2006, le gouvernement Harper s’est engagé dans la surveillance massive des mouvements des peuples autochtones, et a fréquemment utilisé la loi pour forcer le retour au travail contre les syndicats des employé(e)s sous juridiction fédérale, affirmant que les grèves à Air Canada, à Postes Canada, etc., constituaient des menaces pour l'économie. Maintenant, le projet de loi C-51 va criminaliser des actions qui « interfèrent avec la capacité du gouvernement canadien de maintenir la stabilité économique ou financière », une menace évidente à la fois contre le mouvement syndical et le droit de grève, et même contre tout mouvement qui résiste au programme des banques et des compagnies. Les syndicats et les peuples autochtones seront des cibles de choix du SCRS renforcé, comme ils l’étaient pour la GRC qui a été utilisée pendant des décennies par les gouvernements fédéral et provinciaux pour briser les grèves et cibler les militantes et militants autochtones.

En d'autres termes, les Conservateurs de Stephen Harper donnent au SCRS des pouvoirs qui vont bien au-delà de ceux qui ont été retirés à la GRC il y a plus de 30 ans à la suite de ses activités illégales, telles que la grange incendiée au Québec et l’espionnage du Syndicat des travailleurs et des travailleuses des postes (STTP), et en même temps les Conservateurs sont implicitement en train d’établir le programme politique pour les opérations de cette nouvelle police secrète.

Un nombre grandissant de critiques est en train d'émerger, y compris de la part de certains médias et par les groupes de défense des libertés civiles. La chef du Parti vert, Elizabeth May, MP, a condamné C-51 comme ayant une portée si excessive qu'il « pourrait s’appliquer à n’importe quoi ». Les néo-démocrates, les Libéraux et le Bloc québécois ont soulevé des questions sur le manque de contrôle public du SCRS, mais, malheureusement, ces partis d'opposition n’ont pas encore pris une position de principe pour bloquer C-51 au Parlement.

Le Parti communiste fera tout en son pouvoir pour aider à défaire le projet de loi C-51. Nous encourageons vivement les mouvements ouvrier et démocratiques, les groupes environnementaux, les peuples autochtones, les mouvements de solidarité avec la Palestine et les mouvements anti-guerre, les groupes de défense des libertés civiles, et toutes celles et ceux qui se soucient des droits civiques, des droits des travailleuses et des travailleurs, et des droits démocratiques, d’aider à bâtir une campagne puissante, massive et unitaire contre cette loi d'État policier. Une telle lutte à grande échelle peut gagner en mobilisant l'opposition du public à travers le pays!

lundi 23 mars 2015

Bloquons l’Accord Économique et Commercial Global!

Déclaration du Parti communiste du Canada


Tous les gouvernements, ainsi que toutes les défenderesses et tous les défenseurs des «accords de libre-échange», ont fait miroiter l'illusion de création d'emplois et de prospérité. Ceux-ci ne se sont jamais matérialisés. En effet, c’est le contraire qui s’est produit. Des centaines de milliers d'emplois ont disparu à cause de l'ALENA, et les experts prédisent qu’au moins 50 000 autres emplois seront perdus à cause de l'AECG, le dernier et le plus dangereux de ces accords.

Dans le secret, le gouvernement conservateur d’Harper, l'Union européenne, et les grandes sociétés transnationales ont récemment conclu la ronde finale des négociations du plus important accord de libre-échange de l'histoire du Canada depuis l'ALENA. Bien qu'il y ait eu des contretemps au Parlement allemand concernant le mécanisme de règlement des litiges, le gouvernement Harper continue de faire pression pour obtenir une signature, du moins sur les principes, en Septembre 2014. L'AECG pourrait prendre effet après avoir été ratifié par les États membres de l'Union européenne, ainsi que par les gouvernements fédéral et provinciaux du Canada. Cela établi un calendrier très serré pour bâtir une riposte; tout comme l'AMI (Accord multilatéral d'investissement) qui avait été défait, le blocage de l'AECG demeure encore possible grâce à une stratégie de mobilisation de masse et en faisant de cette trahison une question clé de l'élection fédérale, l'an prochain.


L'histoire de l'Accord Économique et Commercial Global avec l’Europe est une histoire de mensonges, de secret, et de flagornerie des compagnies pour concevoir l'attaque la plus dangereuse contre la souveraineté du Canada et contre la démocratie à ce jour. L'AECG mettra la gouvernance canadienne, tant au niveau fédéral que provincial et municipal, effectivement sous la domination des compagnies canadiennes et européennes. L’AECG va bien au-delà de l'ALÉNA, mais en raison des clauses préférentielles de la na­tion la plus fa­vo­risée de l'ALENA, celui-ci sera mis à niveau selon les standards de l'AECG afin que tout le monde puisse se joindre au festin des compagnies. Ce que les Conservateurs et ensuite les Libéraux n’ont pu vendre avec l'ALENA, sera automatiquement vendu avec l'AECG et les mises à niveau de l'ALENA. Ainsi, les intouchables (selon la croyance populaire) tel que l'eau, les soins de santé et l'approvisionnement sont sur ​​le billot avec l'AECG.

Des fonctionnaires mécontents, tant au Canada qu’en Europe, ont divulgué des informations au public sur les deux continents, qui ont traversé le draconien filet de sécurité, le secret, la désinformation et les scandaleux mensonges perpétrés par les négociatrices et les négociateurs. C'est ainsi que nous savons qu'il y a eu une réunion «seulement sur invitation » convoquée en 2009, où les entreprises canadiennes et européennes ont établi leur « liste de souhaits » en vue d’un accord commercial néolibéral. Si ce n'était des « sonneurs d’alarme », même les parlementaires n'auraient pas eu connaissance de cela. Les nouvelles sont vraiment devenues publiques en 2012, quand on a appris que les négociations duraient depuis des années et étaient apparemment en voie de conclusion. Cela a indigné d'importants secteurs du mouvement ouvrier, des chercheurs progressistes et des ONG, au point où le gouvernement fédéral a été contraint de tenir des audiences factices et recevoir des représentations en Novembre 2013. Les auteurs des mémoires ont été contraints de d’appuyer leurs exposés sur des ouï-dire, sur des documents gouvernementaux sommaires préparés pour cette fin, et sur des fuites de documents. Dans le cadre de cette farce, ils ont été entendus par un gouvernement qui savait tout mais officiellement n’admettait rien. Néanmoins, les représentations ont pu démontrer quelques-uns des dangers intrinsèques.

Très tôt dans les négociations, l'UE a fait du plein accès aux marchés publics une question fondamentale et incontournable de l’accord. Ils ont obtenu ce qu'ils voulaient. Les marchés publics ont peu à voir avec le commerce, mais tout à voir avec l'accès des entreprises à tous les niveaux des dépenses publiques jusque dans les conseils municipaux, les conseils scolaires, etc. Bien que le gouvernement affirme que les soins de santé ne soient pas en danger, ils le sont certainement. L'existence actuelle des PPP, les intégrations complexes de services publics / privés et les établissements de soins de longue durée, donnent amplement de munitions aux mécanismes de traitement des plaintes des compagnies. Sous l'AECG, aucun gouvernement ou organisme public ne sera en mesure de développer des politiques d'approvisionnement qui favoriseraient des fournisseurs locaux ou régionaux dans le but de promouvoir l'emploi ou le développement local. Toute municipalité et tout organisme public devra soumettre ses politiques et ses plans d'approvisionnement au gouvernement fédéral, et ceux-ci seront accessibles à toutes les compagnies. Toute compagnie pourra remettre en question les pratiques en tant qu’avantage injuste, et aura la capacité de porter des accusations qui ne seront pas entendus devant des tribunaux canadiens, mais devant un tribunal international non encore déterminé et composé de personnes qui ne le sont pas davantage.

L'eau du Canada sera à l'agenda des compagnies si elle a déjà été commercialisée. Cela signifie, par exemple, que n’importe eau en bouteille qui provient d’une ressource publique et qui est vendue commercialement, fournira les conditions pour qu’elle soit privatisée et commercialisée. L’AECG va privatiser l'eau potable (y compris les services publics municipaux comme les égouts et l'assainissement des eaux) en couvrant en détail ces éléments pour la première fois dans des négociations commerciales canadiennes.


L’AECG aura pour effet de supprimer la capacité démocratique des municipalités, des conseils scolaires, des hôpitaux, des universités, des organismes provinciaux et sociétés d'État, ainsi que des peuples du Québec et autochtones, d’utiliser leurs pouvoirs d'achat pour stimuler l'emploi local et la prospérité. L’AECG va nous engager dans une privatisation partielle et/ou complète des services publics de l'eau, rendant pratiquement impossible la reprise en main par le secteur public de ces services. Il va forcer la privatisation d'autres services publics tels que les magasins d'alcool et Postes Canada.

L’AECG va permettre aux compagnies de s’introduire dans la mine d'or de l'éducation post-secondaire, et de menacer l'intégrité des programmes de recherche, en leur permettant de poursuivre les étudiantes et les étudiants qui dénonceraient des pratiques contraires à l'éthique de recherche.


L’AECG va s’attaquer aux droits des peuples autochtones conférés par les traités, à leur souveraineté et à leur droit à l'autodétermination, à cause de la portée très vaste de l'accord qui donne aux industries étrangères l'accès aux territoires et à l’eau des Premières nations, des Inuits et des Métis.

Dans tous ces accords, des clauses préférentielles dites de «nation favorisée» fournissent une méthode diabolique de mise à niveau de l'état et des conditions de l’entente pour chacune des parties, à celui de la dernière négociée. Aussi mauvais l'AECG puisse-t-il être, les négociations actuellement en cours entre les États-Unis et l'UE sur le «Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement» va assurer des mises à niveau pour le Canada sans qu’il soit partie prenante des négociations.


Ce n'est pas un secret que le Canada exporte principalement des matières premières vers l'Europe qui en retour vend principalement au Canada des produits finis, à valeur ajoutée. Cela a créé un extraordinaire déficit commercial de 28 milliards $ avec l'UE. Ce déficit ne peut que s'aggraver si nous rendons plus facile (et moins cher) pour les entreprises européennes d'expédier les produits finis au Canada, et plus facile (et moins cher) pour les entreprises canadiennes d’expédier des ressources en Europe.


Une partie du résumé du mémoire qu’Unifor a soumis aux audiences de Novembre 2013 contient ce qui suit: «Nous sommes en train d’octroyer des droits à des investisseurs et à des compagnies privées qui sont du jamais vu. Nous sommes en train d’octroyer aux investisseurs et aux compagnies privées le droit de contester les décisions politiques démocratiques prises par nos gouvernements nationaux et sous-nationaux, si ces décisions portent atteinte à leur droit de faire des profits. Qu’en est-il du droit des travailleuses et des travailleurs d’avoir des emplois décents? Qu’en est-il du droit des citoyennes et des citoyens à prendre des décisions démocratiques? »


Pourquoi un gouvernement canadien quel qu’il soit pourrait-il négocier l'abandon de la souveraineté, céder les pouvoirs législatifs et judiciaires à une clique de représentants d'entreprises internationales, mettre les gouvernements municipaux et provinciaux sous la juridiction de compagnies étrangères, et priver les Canadiennes et les Canadiens du pouvoir de prendre des décisions dans leurs propre pays? Parce que l'AECG aura pour effet de mettre en œuvre le programme néolibéral de privatisation sans qu’il y ait nécessité de décision parlementaire. Le gouvernement Harper va pouvoir ainsi accomplir le programme des compagnies par le truchement d'un accord commercial qui aura été négocié en secret et qui sera un fait accompli avant même que qui que ce soit, y compris les membres du parlement, ait pu en voir un manuscrit complet. Les partis d'opposition, et en particulier le NPD, se sont déshonorés dans leur soutien à ce qui est essentiellement un acte de trahison. Il y a eu une certaine opposition de la part du mouvement ouvrier, mais les dénonciations et l’opposition la plus importante est venue de forces comme le Centre canadien de politiques alternatives, le Conseil des Canadiens, les mouvements sociaux au Québec, les municipalités, les organisations de soins de santé, les organisations environnementales et les Premières nations.


Le Parti communiste a été profondément engagé dans les luttes contre tous les accords commerciaux passés, de l'ALE à l'ALENA et d'autres, et nous continuons de faire partie de ce combat crucial. Nous appelons à la formation urgente d'un bloc de résistance du mouvement ouvrier du Canada anglophone et du Québec, des Premières nations, des groupes environnementaux et des groupes de femmes, des mouvements sociaux, des partis politiques et des organismes municipaux, pour informer le public des dangers, et pour formuler une riposte d'urgence afin d’arrêter cette dangereuse trahison.