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mercredi 11 septembre 2019

46 ans plus tard, le 11 septembre 1973 représente toujours le véritable visage de l'impérialisme

Discours d’Adrien Welsh, Secrétaire général de la Ligue de la jeunesse communiste du Canada à l’occasion de la commémoration des 46 ans du Coup d’État militaire du Général Augusto Pinochet. 

Les impérialistes et les capitalistes aimeraient tellement que nous ayons la mémoire courte! Ils aimeraient qu’on ne se rappelle que « leur » 11 septembre, le 11 septembre 2001, celui qui a permis à George Bush et ses alliés (incluant le Canada) d’armer de plus belle l’impérialisme occidental, de l’engager dans une guerre contre le terrorisme qui s’est avérée très rapidement n’être qu’un justificatif pour une nouvelle croisade de l’impérialisme visant à asservir les peuples du monde. Les peuples d’Afghanistan, d’Irak, de Libye, de Syrie, du Mali, etc. y ont tous goutés.

Les impérialistes ne veulent pas qu’on se rappelle les près de 40 000 torturés et plus de 3000 morts du régime de Pinochet. Ils ne veulent pas non plus qu’on se rappelle qu’avant d’en faire une théorie économique enseignée dans les universités les plus prestigieuses, les Chicago Boys, dont Milton Freedman, ont utilisé le peuple chilien comme rats de laboratoire pour valider leurs postulats avant de les imposer aux peuples du monde à travers le FMI, la Banque mondiale et autres institutions impérialistes, l’Union européenne et autres accords dits de libre-échange n’étant pas en reste.

samedi 1 juillet 2017

Canada 150: qu'y a-t-il à célébrer?



Comité central exécutif
1er juillet 2017

La YCL-LJC considère les mobilisations autour du 150e anniversaire du Canada, qui ont couté au moins 500 millions de dollars, comme des provocations de la part de la classe dirigeante aux peuples autochtones, victimes de l'impérialisme canadien, aux progressistes, à la jeunesse et à la classe ouvrière de ce pays. Nous joignons notre voix aux nombreux groupes qui dénoncent fermement la propagande et les tentatives de réécriture de l'histoire canadienne, comme si cette histoire devait être célébrée. Le Gouvernement du Canada tente de faire de cette journée du 1er juillet une fête à célébrer dans l'unité et dans la fierté. Néanmoins, plusieurs ne célèbreront pas la date de la signature de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique (AANB) qui a uni les dernières colonies britanniques d'Amérique du Nord au sein d'un dominion qui concrétise l'oppression nationale dans sa Constitution.

Pour la jeunesse des Premières Nations, Inuit et Métis, l'oppression nationale a été et continue d'être une réalité violente et actuelle qui fait partie des crimes de l'impérialisme canadien. Le génocide et le racisme anti-autochtone systémique font encore partie de la vie quotidienne des jeunes autochtones. Ceci est attesté par les innombrables exemples de forces policières qui commettent des abus sexuels et physiques auprès des jeunes femmes autochtones dans l'impunité la plus totale. Cette situation est également attestée par le peu de progrès dans le dossier de l'Enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées malgré la la demande publique pour cette enquête et la justice. Le leg des pensionnats de réforme, qui avaient pour but de "tuer l'Indien dans l'enfan", demeure frais dans la mémoire de la jeunesse qui souffre toujours, en conséquence, l'assimilation forcée et à qui il est impossible d'étudier dans sa langue nationale. La Loi sur les Indiens, qui prévaut toujours et qui a inspiré le régime d'Apartheid sud-africain, fait des peuples autochtones des citoyens de seconde catégorie. Demander aux nations autochtones de célébrer ce 1er juillet représente une rature de cette histoire coloniale violente, qui renforce le traumatisme intergénérationnel dans une ère de soi-disant réconciliation. Le Canada a été construit sur le vol des terres autochtones et ses 150 ans d'histoire ont dévasté les communautés autochtones.

Pour la jeunesse du Québec, les 150 ans écoulés depuis la signature de l'AANB sont marquées par l'inégalité et la discrimination. Ceci est reflété par le fait que, jusqu'à la Révolution tranquille, les travailleurs-euses québécois percevaient des salaires considérablement moindres que ceux de leurs collègues anglophones. Les opportunités pour la jeunesse québécoise étaient limitées. Plusieurs gains ont été obtenus grâce à la mobilisation de la jeunesse progressiste québécoise notamment, mais la question nationale est toujours en suspens et l'oppression nationale prévaut toujours. La signature de la Constitution canadienne sans l'inclusion du Québec en 1982 et l'adoption de l'Acte sur la Clarté référendaire dans la foulée du référendum de 1995, qui rend la séparation et l'auto-détermination du Québec pratiquement impossible, en est un autre exemple.

Pour la jeunesse acadienne et pour les jeunes issus des autres minorités nationales francophones, leur expérience des 150 dernières années sont des expériences de luttes pour vivre et étudier dans leur langue, puis pour maintenir des services publics en français à l'extérieur du Québec.

La célébration du 150e du Canada est également marquée par l'idée de la grandeur canadienne en tant que pays contribuant à la paix dans le monde. Le Canada n'a jamais été un pays qui promeut la paix dans le monde, mais le Gouvernement continue de perpétrer ce mythe tout en bénéficiant politiquement et économiquement, en toute discrétion, de la guerre, de l'occupation et de l'extraction de ressources naturelles à travers le monde. Ceci est évident par la feuille de route belliciste en Syrie et en Irak, par le soutien de régimes brutaux comme ceux d'Israël et d'Arabie Saoudite (à travers la vente d'armement s'élevant à des millions de dollars), et par son rôle dirigeant dans l'OTAN. Le gouvernement du Canada continue d'augmenter ses crédits de guerre. Récemment, il a annoncé une augmentation du budget militaire de 70%, augmentation qui lui permettrait d'implanter encore plus violemment ses plans impérialistes en Amérique Latine, en Afriqueet au Moyen-Orient en particulier.  Les monoples canadiens quant à eux poursuivent leur plan d'extraction des ressources naturelles malgré la résistance des communautés locales.

Jeunes communistes, nous nous rappelons la résistance contre les politiques capitalistes, génocidaires et colonialistes du gouvernement canadien à travers ces 150 dernières années, où d'importantes batailles ont été menées par la jeunesse, la classe ouvrière et ses alliés. Celles-ci incluent les soulèvements de la nation métis de 1873 et 1885, la Grève générale de Winnipeg en 1919, la Marche vers Ottawa pour l'Assurance chômage en 1935, la mobilisation pour la sécurité sociale ou, plus récemment, la grève étudiante de 2012 au Québec et le mouvement 'Idle No More'. Ces mobilisations représentent des exemples important qui font preuve que les forces vivent existent aujourd'hui au Canada pour aller de l'avant et exiger un changement fondamental.

Ce changement fondamental, néanmoins, n'arrivera que si nous travaillons dans l'unité contre notre ennemi principal: la classe capitaliste canadienne et l'impérialisme. Nous devons maintenir cette unité entre les mouvements sociaux et syndical, le mouvement féministe, étudiant; mais aussi entre ces mouvements au sein des différentes nations qui constituent le Canada. Travailler dans l'unité inclut le combat pour changer la constitution canadienne et exiger un nouveau partenariat libre, volontaire et consenti, de ces différentes nations. Cette Constitution devrait reconnaire le droit de chaque nation à l'auto-détermination, y compris et jusqu'au droit de se séparer.

Nous saluons l'appui sans cesse plus important à la lutte contre le leg colonial du Canada et son histoire d'oppression nationale tel qu'attesté par l'appel du mouvement 'Idle No More' "Unsettle Canada 150" soutenu par plusieurs organisations progressistes incluant la nôtre. Cet appel est l'occasion de se rappeler qu'il n'y a rien à célébrer 150 ans après la signature d'une Constitution qui a permis et même encouragé la marche des grandes compagnies vers l'accaparation des ressources naturelles aux dépens des peuples autochtones dont les territoires ancestraux ont été dévastés, qui a permis au Canada de poursuivre ses politiques génocidaires à l'égard des nations autochtones et qui a permis l'occupation des rues de Montréal par l'armée canadienne en octobre 1970. Plutôt qu'un jour de célébration, le 1er juillet au Canada devrait être un jour de résistance contre les tentatives de réécrire l'histoire du Canada d'une façon qui blanchirait les crimes du capitalisme, de l'impérialisme, du racisme et du colonialisme canadien.

jeudi 22 juin 2017

Politique de Défense nationale ou politique de guerre?

Un article du Collectif Échec à la Guerre sur la nouvelle Politique de Défense du Canada

Le 7 juin dernier, le gouvernement Trudeau a dévoilé la nouvelle Politique de Défense du Canada, intitulée « Protection, Sécurité, Engagement ». Cette politique, pas vraiment nouvelle, consolide la logique de militarisation de nombreuses sphères de la vie sociale mise de l‘avant par le gouvernement Harper. De plus, elle renforce le partenariat militaire avec les États-Unis et privilégie des interventions militaires musclées pour « augmenter la paix et la sécurité dans le monde ».

La Politique prévoit une augmentation du budget du ministère de la Défense nationale de 70 % en dix ans, passant de 18,9 milliards en 2016-2017 à 32,7 milliards en 2026-27. Le gouvernement aurait cédé aux pressions du Président Trump pour que les pays membres de l’OTAN augmentent leurs contributions en vue d’atteindre l’objectif de 2 % du produit national brut (PIB). On est en droit de se demander quelle menace pèse tant  sur le Canada pour justifier une telle augmentation de dépenses militaires dans un contexte d’austérité, alors que le Canada ne contribue qu’à hauteur de 0,26 % à l’aide publique au développement et que les besoins sociaux au pays sont si criants.

L’engagement du Canada auprès de NORAD, de l’OTAN et du complexe militaro-industriel

Loin d’assurer « protection et sécurité », la Politique annonce plutôt « l’engagement ferme du Canada auprès de NORAD et de l’OTAN » et sa volonté d’être « un acteur crédible et engagé à l’échelle internationale ». Mais comment le Canada peut-il prétendre travailler pour la paix dans le monde en participant aux missions offensives menées sous l’égide de l’OTAN, alors que l’OTAN n’est ni plus ni moins que le bras armé de l’impérialisme étatsunien. Une réelle sécurité collective passe plutôt par une rupture avec cette vision militariste et fondamentalement expansionniste.

La Politique contient en outre beaucoup de promesses d’achat – navires de combat de surface, chasseurs sophistiqués, avions de surveillance et de guerre sous-marine, systèmes télépilotés, communément appelés « drones », et matériel spatial. La Politique prévoit aussi que le Canada se dotera de la capacité d’intervenir sur plusieurs fronts à la fois, c’est-à-dire de mener des guerres simultanément dans plusieurs pays. Est-ce que ces achats visent réellement à protéger la population canadienne ou visent-ils plutôt à favoriser le complexe militaro-industriel, notamment son commerce international des armes? L’achat annoncé d’équipements de pointe destinés à augmenter les capacités de renseignement permettra au Canada de poursuivre son rôle de surveillance des populations au sein de l’alliance des services de renseignement des Five Eyes, (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et États-Unis) bien plus qu’il ne contribuera à protéger la population canadienne.

Une consultation qui n’en était pas une

Le Ministre canadien de la Défense nationale, Harjit Sajjan, a fait valoir que cette politique était le fruit d’une vaste consultation. Or, cette consultation a été très peu publicisée, s’est déroulée pendant la période estivale de 2016 et visait avant tout le personnel du Ministère de la Défense, l’armée, l’industrie militaire, les alliés et les « experts ». Pourtant nous avons déjà été nombreux à questionner l’objectif réel des interventions militaires canadiennes en Afghanistan et en Libye. Ces expéditions, contraires au droit international, créent le terreau pour la prolifération de groupes armés, comme l’EI, et ne contribuent en rien à la « paix et la sécurité dans le monde ». Elles consolident ce que Naomi Klein appelle le capitalisme du désastre qui ne profite qu’à des chefs de guerres et à des compagnies privés de sécurité, et ce au mépris des aspirations de justice, de dignité et de démocratie des peuples concernés.

Rappelons également que les grandes lignes de la Politique ne faisaient pas partie du programme électoral de Justin Trudeau. En somme, le gouvernement libéral n’avait pas de mandat pour présenter une telle politique de « défense ».

Ne nous leurrons pas : 14 milliards de dépenses supplémentaires en matériel militaire ne serviront ni la cause de la paix ni celle de la stabilité dans le monde. Tout comme le port d’armes par des individus ne diminue pas le taux de violence, l’accumulation d’armes de plus en plus sophistiquées et meurtrières par des pays dont le Canada n’est pas une garantie de sécurité. Loin de là. La Politique contribue plutôt à la montée du terrorisme et à l’insécurité mondiale, et annonce des guerres à venir.

Judith Berlyn
Martine Eloy
Mouloud Idir
Molly Kane
Suzanne Loiselle

mardi 31 janvier 2017

Pas une vie de plus perdue à cause de la violence suprémaciste blanche et impérialiste!

Comité exécutif central, YCL-LJC

C'est dans le deuil et avec un sentiment d’indignation que nous recevons les nouvelles du massacre qui a eu lieu dans une mosquée de la ville de Québec. Avec affection et avec rage, nous sommes solidaires avec les familles qui ont perdu leurs proches et avec à la communauté musulmane du Québec et du Canada, qui est la cible de cet attentat  terroriste.

Prenant naissance avec le colonialisme, le racisme a été depuis lors un outil de la classe dirigeante canadienne. La xénophobie n'est pas une nouveauté au Canada dont l’histoire est marqué tout au long par la lutte pour les droits des personnes immigrantes et contre les diverses formes de racisme. Cependant, il y a aujourd’hui une recrudescence des crimes de haine dont les meurtres de masse.

Cette montée du racisme et de la xénophobie est particulièrement visible avec la croissance des mouvements appelés «droite alternative» (alt-right) depuis l'élection de Donald Trump en tant que président des États-Unis. En Colombie-Britannique, le KKK a organisé et distribué des dépliants xénophobes aux familles blanches. À Richmond, des affiches ont été placardées un peu partout, affirmant que les communautés chinoises «nous envahissent». Des affiches de la « droite alternative» ont été distribuées à l'Université McMaster. À McGill, des dépliants contenant des images anti-communistes, anti-musulmanes et anti-homosexuelles, ainsi qu'un appel à «rendre le Canada grand à nouveau» (Make Canada great again) démontrent que la rhétorique raciste et d'extrême droite de Trumps a influencé les groupes réactionnaires sur les campus canadiens.

Aujourd'hui, l'islamophobie et la xénophobie sont des idéologies violentes qui sont promues par celles et ceux qui disposent du pouvoir économique et politique au Canada. Ces idées trouvent résonance dans les principaux partis capitalistes, comme en témoigne la campagne de Kellie Leitch pour la direction du Parti conservateur. La candidature de l'ex-star de télé-réalité et homme d'affaires, Kevin O'Leary, dans la course à la direction du Parti conservateur sera l’occasion encore plus, d’importantes batailles contre l’extrême droite au sein de la politique bourgeoise «dominante».

Au Québec, la lutte contre le projet islamophobe de la Charte des valeurs québécoise n'est pas encore terminée, même si le projet de loi est tombé de lui-même avec la défaite du gouvernement du PQ en 2014. La Coalition Avenir Québec et le Parti Québécois continuent à pousser pour ces politiques xénophobes. Sous le couvert de la défense de la laïcité, le gouvernement libéral québécois se prépare à adopter le projet de loi 62. Ce projet régressif n'est en fait qu'une version plus récente et plus douce de la Charte des valeurs. La loi 62 cible principalement les communautés musulmanes et le débat qui se trame autour de ce nouveau projet de loi confond encore immigration avec terrorisme et fondamentalisme religieux. Le Québec, tout comme que le reste du Canada, souffre de la présence grandissante des radio-poubelles qui souffle régulièrement la haine sur leurs ondes. Souvenons-nous de Jeff Fillion qui disait il n’y a pas si longtemps: «Ceux qui veulent nous éliminer, nous les occidentaux, c’est pas mal les musulmans», ou encore de Sylvain Bouchard de FM93 qui expliquait il y a quelques semaines que l'esclavage n'était pas du racisme.

Le Canada a des troupes militaires en Asie centrale et au Moyen-Orient depuis 2001. La dernière élection fédérale s'est concentrée sur le Niqab dans un débat public complètement raciste. Les médias de masse caricaturent constamment les pays majoritairement musulmans. Toute cette violence est liée.

Ce massacre est loin d'être un acte isolé de violence. L'islamophobie et la xénophobie ont été promues par les médias et les politiciens dans le contexte d’un projet d’expansion impérialiste dans les pays majoritairement musulmans. Cette dangereuse montée de la suprématie blanche se déroule à un moment où la grande majorité des gens sont confrontés à la pauvreté et l'insécurité économique, en pleine crise climatique. La suprématie blanche et la guerre sont les outils du système pour intensifier l'oppression afin d'approfondir l'exploitation des sols, de la classe ouvrière et des ressources du monde. L'islamophobie fait partie intégrante des crises sociales du capitalisme.


Pas d’expulsions, pas de mur, droit d’asile pour toutes et tous! 

Donald Trump et son nouveau gouvernement d'extrême-droite aux États-Unis ont à la fois profité de cette xénophobie et l'ont enhardie. Nous savons maintenant que le suspect dans les meurtres de Québec est un admirateur du président Trump, un opposant à l’immigration et un supporteur d’Israël. Il est très probable que ce massacre soit lié au récent décret du régime Trump qui interdit d'entrer aux États-Unis toutes personnes provenant de 7 pays à majorité musulmane.

Comme les politiciens bourgeois, les médias et même la droite essaient de prendre leurs distances des meurtres de masse racistes en Amérique du Nord, nous devons nous rappeler qu’ils sont à blâmer en grande partie. Nous devons faire ceci afin de lutter contre l'islamophobie et l’enrayer à la source.

Nous saluons et nous nous mobilisons pour les actions qui auront lieu partout au Canada pour condamner la violence. Il y a en ce moment un formidable élan de solidarité contre cette attaque raciste. Il y a beaucoup de rassemblements et manifestations organisées par la communauté musulmane et les organisations progressistes. Nous sommes aussi inspirés par les grands rassemblements qui ont lieu dans les aéroports aux États-Unis pour exiger le droit d'entrée pour les personnes ayant la nationalité de pays à majorité musulmane. Le racisme et le fascisme peuvent être vaincus. Nous pouvons faire peur à nouveau aux racistes, et les jeunes sont en lutte contre l'impérialisme dans le monde entier. Nous appelons le mouvement de la jeunesse, des étudiantes et des étudiants à prendre la rue en solidarité avec la communauté musulmane au Canada et aux États-Unis.

Des journées d'action «Contre la suprématie blanche et l'islamophobie» ont été appelées le samedi 4 février et le dimanche 5 février. La YCL-LJC soutient pleinement les revendications de ces actions, qui sont: 

(Notre traduction) 
1) Le gouvernement canadien doit faire une condamnation publique immédiate du décret du président Trump qui interdit aux détenteurs de visas de sept pays musulmans ainsi qu’à tous les réfugiés d'entrer aux États-Unis.

2) Le Canada doit ouvrir immédiatement la frontière Canada-États-Unis.

Cela inclut la révocation de l’accord sur les tiers pays sûr qui interdit  aux demandeurs d'asile d’entrer par les États-Unis pour demander l'asile au Canada. La liste de pays d’origine désigné comme sûr qui rend presque impossible aux citoyen-ne-s américains et aux citoyen-ne-s de quarante autres pays à demander l'asile au Canada doit être éliminée. 

3) Le Canada doit mettre fin à l’exclusion raciste, anti-réfugiés, anti-noir et islamophobe des personnes immigrantes et des réfugié-e-s à l’intérieur de cette frontière coloniale. 

Cela inclut de mettre fin au système de détention illimitée des personnes immigrantes. Le gouvernement fédéral doit créer un programme de régularisation afin que tous les résident-e-s sans papiers puissent vivre ici avec leurs familles plutôt que craindre la déportation. Le statut permanent et les permis de travail ouverts doivent être donnés aux travailleuses et aux travailleurs migrants au Canada. Nous voulons un droit d’asile réel, et non symbolique, qui garantit l'accès aux services et refusent la collaboration avec les agents frontaliers canadiens et américains.

4) Le Canada doit abroger toutes les lois fédérales qui s’attaquent aux musulman-e-s et aux réfugié-e-s noirs ou au teint foncé, y compris la loi de tolérance zéro pour les pratiques culturelles barbares ainsi que la législation anti-terroriste telle que les certificats de sécurité et la loi C51.

mardi 13 septembre 2016

Énergie Est: l'oléoduc de la discorde


  

    Par Yan Leduc-Chun

 Cet été en Saskatchewan, la compagnie Husky Energy a déversé 250,000 litres de pétrole brut dans la rivière North Saskatchewan, source d’eau potable pour près de 100,000 personnes. L’eau doit désormais être transportée aux villages et communautés par camions. Husky Energy a payé 5 millions de dollars à Prince Albert, la plus grande ville affectée par ce dégât pour en limiter les dommages. On nous glisse subtilement mot que ce pétrole lourd ne flotte pas, il coule et se propage sur toutes les surfaces du fond marin. En conséquence, seule la moitié du pétrole déversé dans la rivière n’a pu être nettoyée.

          L’oléoduc projeté de TransCanada ferait passer 1 100 000 barils du même type de pétrole lourd par jour sur une distance de 700 Km au Québec, incluant plus de 800 rivières, dont le Saint-Laurent. Soixante pourcent de la population Québécoise, soit 5 000 000 de personnes, y puisent leur eau potable. Un déversement de 250 000 litres de pétrole y serait catastrophique. Or, Énergie Est est un pipeline de proportions immenses, beaucoup plus que celui de la rivière North Saskatchewan.

Il a fallu au moins 14 heures pour que Husky Energy trouve la fuite, relâchant ces 250 000 litres. Si Énergie Est devait fuir pendant aussi longtemps, le déversement compterait environ 100 millions de litres, soit 400 fois plus que le celui qui a détruit tout un écosystème et dépourvu des dizaines de milliers d’individus d’eau potable en Saskatchewan. Concrètement, ces proportions ressembleraient plutôt à la marée noire déclenchée par BP dans le Golfe du Mexique.

Avec le projet de Trans-Canada, la menace de contaminer l’eau de 5 000 000 de personnes planerait en permanence, sans compter que cet oléoduc anéantirait toutes les industries productives bénéficiant des eaux du fleuve ainsi que l’écosystème déjà fragilisé par nos tendances polluantes. Le Saint-Laurent se transformerait donc en un bassin géant toxique dépourvu de vie. Déjà que l’eau douce est une denrée rare, Énergie Est menace d’éradiquer sa plus grande réserve.

En Septembre 2014, Philippe Couillard a affirmé que le Québec devait contribuer à l’économie Canadienne en laissant circuler sur son territoire les sables bitumineux de l’Alberta, que ce soit par oléoduc ou par bateau sur le fleuve Saint-Laurent. Le projet est prêt, mais qu’en est-il de l’appui populaire?

Les sondages l’ont confirmé: à 90%, la population québécoise ne veut rien de ce projet d’oléoduc. En outre, les maires du Québec et de la région de Montréal sont unanimes - exception faite de Régis Labeaume: il n’est pas question de donner carte blanche à l’entreprise Trans-Energy. Le maire de la métropole a clairement fait valoir son point de vue: pour lui, les «risques sont trop importants pour notre environnement» pour trop «peu de retombées». Il compare d’ailleurs les retombées annuelles (qui se chiffreraient à 2 milliards de dollars par année seulement) au cout d’un éventuel déversement (qui pourrait couter jusqu’à 10 milliards de dollars).

Lors des audiences de l’Office national de l’énergie entamées début septembre, les maires ont claqué la porte devant ce qu’ils n’ont hésité de qualifier de mascarade en pointant du doigt des exemples manifestes de collusion entre le pouvoir provincial et trois membres du comité censé enquêter sur le projet qui auraient rencontré Jean Charest personnellement à ce sujet.

Même son de cloche du côté des syndicats: le Conseil central du Montréal métropolitain de la CSN s’est clairement positionné en faux devant ce projet destructeur. En tant que membre du Front commun pour la transition énergétique, dans un communiqué, la centrale locale «estime qu’il faut privilégier le développement des énergies alternatives au pétrole des sables bitumineux», l’une des énergies les plus sales de la planète.

L’opposition venue de la Belle Province a piqué au vif les élus des autres provinces canadiennes, ouvrant ainsi la boite de pandore que constitue la question nationale. Brad Wall, Premier ministre de la Saskatchewan (issu des rangs du Parti saskatchewanais, une formation libéro-conservatrice destinée à déboulonner le NPD dans cette province) espère que «les maires de la région de Montréal retourneront poliment leur part des 10 milliards de dollars de la péréquation financée par l’Ouest». Risible est son opposition alors que la Colombie britannique, qui a déjà fait savoir son opposition au projet de Trans-Canada n’a pas suscité de telle levée de bouclier. On peut certes arguer que cette dernière ne reçoit aucun denier de la péréquation, mais faut-il rappeler qu’au moment où l’exploitation du pétrole de l’Ouest n’était qu’à son balbutiement, le Québec et l’Ontario principalement finançaient la recherche pétrolière?

Faut-il aussi rappeler que si, aujourd’hui, ces provinces pâtissent de la baisse du cours du brut, ce n’est certainement pas la faute du Québec, mais bien celle de dix années de règne conservateur qui ont placé tous les oeufs dans le même panier et ont tenté de convertir le Canada un pays strictement pourvoyeur de matière première et ce, aux dépens des travailleurs et de l’environnement.

Soyons clairs: les sables bitumineux ne sont bénéfiques pour personne, que nous soyons à Montréal, Calgary ou même Fort McMurray. Selon le Parti communiste du Canada, il faudrait tout bonnement imposer un moratoire sur cette industrie et reconvertir les emplois qu’elle génère vers des secteurs plus durables aux mêmes conditions.

En effet, certains diront qu’Énergie Est créera des emplois, certainement quelques douzaines (33 pour être exact), mais risquer à la mise le plus important atout naturel du pays, dont des dizaines de milliers d’emplois dépendent, est une farce, une insulte à notre intelligence. La politique néo-libérale du gouvernement Couillard, vise à garantir les profits du 1% sur le dos du 99%.

Nous devons immédiatement nous unir et bloquer la feuille de route des intérêts de ceux qui n’ont à coeur que la cupidité des compagnes avant qu’il ne soit trop tard. Nous devons nous assurer de bloquer le projet d’Énergie-Est coûte que coûte. Pas question de mettre tout le peuple Québécois en jeux pour des intérêts privés à 2500 Km de chez nous.

Pour commencer, nous devons nous mobiliser contre le Partenariat trans-Pacifique (PTP). Ce traité de libre-échange, en fait, ressemble plutôt à une Constitution faite sur mesure pour les entreprises. Sur le simple enjeu d’Énergie Est, si ce pacte des rapaces venait à être ratifié par le Canada, toute opposition populaire serait rendue caduque puisque les entreprises auraient tout le loisir de poursuivre toutes les institutions voire tous les États opposés à la mise en place d’un projet générateur de profits - pour les actionnaires, pas pour le peuple, va sans dire.

Nous devons également nous assurer de soutenir activement toutes les forces qui s’opposent à ce projet qui ne propose que de répartir des dividendes pour les actionnaires et une dette écologique insoutenable pour les générations futures. Notre force est notre nombre; notre potentiel, notre organisation et notre substance, notre unité.

Clamons haut et fort notre refus du projet Énergie est!

jeudi 28 janvier 2016

Répondre aux attentats en intensifiant la guerre « contre le terrorisme »?

par Suzanne Loiselle et Raymond Legault[1]


Suite au terrible attentat à Ouagadougou, qui a fait 30 morts, les médias ont unanimement fait écho aux propos de Madame Camille Carrier, mère de l’une des six victimes québécoises. Elle décriait en ces termes la promesse électorale de Justin Trudeau (non encore appliquée) de mettre fin à la participation canadienne aux bombardements aériens coordonnés par les États-Unis en Irak et en Syrie : « Heille, il y a six Québécois de touchés. Pis de savoir qu’il ne participe pas aux combats (…) Il veut envoyer des couvertes… qu’il aille donc les abattre, ces gens-là ». Des éditorialistes et autres commentateurs politiques ont renchéri en qualifiant de faible, d’idéaliste ou de dépassée toute position autre que celle de faire la guerre à « cet ennemi [qui] veut tuer des Occidentaux. Même lorsque nous ne sommes que de dévoués travailleurs humanitaires venus pour aider à construire des écoles et des puits » (Antoine Robitaille, Le Devoir, 20 janvier 2016).

Si on peut facilement comprendre la douleur, la révolte et la colère d’une mère ayant perdu sa fille aussi tragiquement, on ne peut s’empêcher de voir dans ses paroles et dans leurs échos médiatiques un dangereux appel à une riposte de l’Occident qui ferait totalement fi de ses responsabilités et de celles de ses proches alliés au Moyen-Orient dans la genèse de ce type de terrorisme, et de l’échec lamentable de la soi-disant « guerre contre le terrorisme ».

Des victimes par dizaines, voire par centaines de milliers

« Heille », serait-on tenté de répondre, à côté des quelques milliers de victimes occidentales d’attentats djihadistes depuis 2001, pourquoi ne pas voir aussi les CENTAINES de milliers de victimes – très majoritairement civiles – engendrées par les guerres d’occupation qu’ont menées les États-Unis et leurs alliés en Irak et en Afghanistan, par la guerre civile et ses commanditaires extérieurs en Syrie, par les bombardements occidentaux en Libye? Pourquoi ne pas essayer de saisir le portrait global qui s’en dégage et d’en comprendre les sources?

La douleur extrême ressentie par Madame Carrier et les proches des victimes occidentales a été ressentie par un nombre bien plus grand de personnes sur d’autres continents. Mais elles sont demeurées anonymes et sans visages pour nous. Des proches d’enfants et d’enseignant.e.s bombardés dans leurs écoles… Des proches de malades et de personnel soignant bombardés dans leurs hôpitaux ou leurs cliniques… Des proches de familles bombardées lors de cérémonies ou de réceptions de mariage… Des proches de milliers de jeunes gens torturés… etc.

« Bavures » et « dommages collatéraux » sont les termes aseptisés dont on enrobe ces drames-là pour l’opinion occidentale, à la fois pour les déshumaniser et pour occulter leur illégalité au regard du droit international. Mais leur impact là-bas, est toujours le même : à chacun de ces drames, de nouveaux djihadistes sont recrutés, motivés par la douleur, la révolte, la colère et prêts à « aller abattre ces gens-là ». Et « ces gens-là » faut-il le rappeler, ce sont d’abord des Musulmans chiites – de loin les plus nombreuses victimes du djihadisme d’inspiration wahhabite – ensuite des membres des minorités religieuses (chrétiennes et autres) de ces pays ravagés par la guerre et, seulement en bout de ligne, des victimes occidentales.

Un fléau en grande partie créé et alimenté par l’Occident et ses alliés

La responsabilité des États-Unis et de leurs alliés occidentaux de l’OTAN ne se limite pas à celle, indirecte, de créer de nouveaux djihadistes par les innombrables drames humains qu’entraînent leurs guerres dans des pays lointains. Et ceux qui critiquent le caractère malhabile et creux des déclarations récentes du Premier ministre Trudeau concernant la guerre en Syrie et en Irak sont dans la position de ceux qui ne voient qu’un arbre qui leur cache la forêt. Car depuis des années, la phrase creuse et mensongère suprême est justement celle de la « guerre contre le terrorisme ».

Bien loin de mener une guerre conséquente contre le terrorisme djihadiste, de nombreuses enquêtes ont révélé que les États-Unis ont, secrètement et constamment, instrumentalisé ce terrorisme pour l’avancement de leurs intérêts stratégiques, souvent en le finançant, en l’armant et en l’entraînant ou en laissant leurs alliés moyen-orientaux le faire. Évidemment, cette instrumentalisation s’est régulièrement retournée contre eux, mais ils n’y ont pas renoncé pour autant lorsqu’ils passaient à de nouveaux « théâtres d’opération ».

On n’a qu’à penser d’abord à l’appui étasunien à Oussama Ben Laden et à ses moudjahidines dans leur guerre contre l’URSS et le régime communiste local en Afghanistan dans les années 1980. Plus récemment, en Libye, par leurs bombardements mais aussi par les tractations de leurs forces spéciales et de leurs services de renseignement, ils ont non seulement entraîné la chute du régime de Mouammar Gaddafi mais favorisé l’armement et la montée en force des djihadistes dans ce pays, maintenant devenu totalement chaotique. De même, dans la poursuite de leur objectif de renverser le régime de Bachar el-Assad en Syrie, les États-Unis ont favorisé le transfert d’armes et de combattants de la Libye vers la Syrie et laissé leurs très proches alliés – en particulier l’Arabie saoudite et le Qatar – financer l’État islamique (EI), Jabhat al-Nusra et d’autres groupes djihadistes ou, dans le cas de la Turquie, laisser passer librement leurs combattants à travers leurs frontières ou même acheter et revendre le pétrole produit par l’EI. De façon plus générale, les États-Unis ont aussi maintenu une très étroite alliance stratégique avec l’Arabie saoudite, alors que ce pays dépense des milliards de dollars chaque année pour disséminer partout dans le monde le wahhâbisme, ce courant particulièrement rétrograde et sectaire de l’Islam sunnite dont se revendiquent les groupes djihadistes. Avec le résultat, comme l’écrit le journaliste britannique Patrick Cockburn dans son livre « The Rise of Islamic State », que l’on se retrouve maintenant face à « un mouvement cent fois plus gros et bien mieux organisé qu’Al-Qaïda d’Oussama Ben Laden » (notre traduction).

Quoi faire ?

La seule véritable façon d’en finir avec les attentats dont sont victimes les Occidentaux dans leurs pays ou à l’étranger est d’abord et avant tout de mettre un terme aux politiques hégémoniques et guerrières de l’Occident qui sont menées sous le couvert fallacieux de la « guerre contre le terrorisme ». Dans le cas du Canada, il faudrait non seulement retirer les CF-18, mais aussi les forces spéciales canadiennes, et cesser toute participation à la guerre en Irak et en Syrie. Il faudrait également rompre nos contrats militaires avec l’Arabie saoudite et dénoncer le rôle particulièrement pernicieux que joue ce pays dans le monde et la protection que lui accordent les États-Unis. Voilà tout un programme à réaliser ! D’autant plus qu’en matière d’affaires étrangères et de guerre, probablement plus que dans tout autre domaine, c’est le 1 %, les puissants, qui déterminent les politiques et les 99 % de la population qui en gobent la propagande, en paient les coûts et en subissent les conséquences.
   

[1] Les auteurs sont des porte-paroles du Collectif Échec à la guerre, mais ils s’expriment ici à titre personnel.

dimanche 20 décembre 2015

Journée internationale des migrants 2015: derrière la crise des migrants, il y a la crise du capitalisme!



Par Adrien Welsh

À loccasion de la Journée internationale des migrants du 18 décembre 2015, la Ligue de la jeunesse communiste du Canada joint sa voix à des milliers dautres à travers le monde pour exprimer sa solidarité envers les millions dhommes, femmes et enfants contraints chaque année à quitter leur pays, famille, foyer et emploi pour causes de guerre, économiques ou climatiques.

Cette année, cette journée de solidarité arrive à point donné tant aux vues de la conjoncture internationale que canadienne. Le capitalisme ne se remet pas de la crise structurelle quil a connue en 2008. En conséquence, la classe dirigeante organise sa fuite en avant et doit garantir sa mainmise sur de nouveaux marchés, sur laccès aux ressources naturelles et sur un bassin de main doeuvre bon marché. Pour se faire, la bourgeoisie ne recule devant rien: les moindres poches de résistance aux plans impérialistes doivent être anéanties. Cest ainsi quaprès avoir financé des forces islamistes soi-disant modérées pour combattre linfâme Bashar el-Assad en Syrie, ne voilà-t-il pas quil faut intervenir sous la houlette de lOTAN, bras armé de limpérialisme, parait-il pour des raisons humanitaires. On rappellera à juste titre que lIrak abrite la 5e plus importante réserve de pétrole au monde.

Cest ainsi quen plus davoir créé plus de 200 000 morts depuis le début du conflit en 2011, ils sont aujourdhui plus de 4 millions de déplacés dans la région du Croissant fertile.

En Ukraine, après avoir soutenu un coup d’État fomenté avec laide d’éléments fascistes, lUnion européenne, lOTAN et leurs alliés se sont réjouis davoir contribué à apporter la démocratie! Disons plutôt quils se sont réjouis davoir conquis un marché dune importance capitale sur le plan géo-stratégique pour lexpansion de leur influence vers lest. Pour garantir leurs arrières cependant, ils ont dû faire appel à une présence militaire accrue en Europe de lEst et mener des combats sanguinaires qui ont fait plus de 6400 morts et 1,4 million de déplacés selon lONU, parmi lesquels 10 000 par jour traversent la frontière pour gagner la Russie voisine.

Le Canada en est partiellement responsable dans les deux cas. En Syrie, le Canada a, sous la houlette des Conservateurs, participé aux frappes aériennes et, maintenant, pense restructurer sa mission en nenvoyant que des fantassins soi-disant pour jouer un rôle de formation. De plus, un contrat darmement de 15 milliards de dollars a été conclu entre le Canada et lArabie Saoudite, lun des principaux fournisseurs de l’État islamique. En Ukraine, le Canada entretient 300 soldats comme force de réserve au gouvernement illégitime et soutenu par des forces fascistes de Kiev. Dans ces conditions, il est difficile de croire en la bonne foi Libéraux, désireux de faire bonne figure après les dix ans de politiques racistes et xénophobes du gouvernement Harper, en promettant daccueillir 25 000 réfugiés syriens - un chiffre par ailleurs dérisoire en comparaison avec des pays comme la Grèce ou lAllemagne qui en ont, jusqu’à présent, accueilli respectivement 160 000 et 1 million.

Nous ne participons pas à ce marché de dupes dominé par des pompiers pyromanes qui se présentent comme humanistes parce quils accueillent quelques réfugiés alors quils redoublent defforts pour mettre à feu et à sang lensemble du Moyen-Orient. Les crimes de limpérialisme ne peuvent être lavés. Ni Libéraux, ni Conservateurs, ni Néo-démocrates nont eu une position claire pour la sortie de lOTAN et pour une politique internationale basée sur la paix et la solidarité internationale. Comment peut-on alors croire en leur bonne foi lorsquils parlent de «devoir humanitaire» en accueillant quelques milliers de réfugiés syriens?

Nous ne faisons pas partie de ceux qui ont ovationné Angela Merkel lors de son annonce, en plein congrès de son parti politique, de ne pas fermer les frontières allemandes. Tous les économistes européens, même de droite, saccordent pour dire que larrivée de cette vague de réfugiés ne pèsera en rien sur l’économie allemande: les données vont même dans lautre sens. Au Canada également, nous ne croyons pas que les Libéraux prévoient accueillir les réfugiés syriens par simple mesure caritative. Les nouveaux arrivants constituent un des moyens utilisés pour pallier au vieillissement de la population.

Plus généralement, il ne fait aucun doute que les capitalistes sont à la recherche dune main doeuvre sans cesse plus mobile et docile capable de se déplacer selon les intérêts ponctuels des entreprises. Cet aspect de la réalité des migrants touche les jeunes de plein fouet: cest ainsi que plus de 500 000 jeunes diplômés espagnols ont quitté leur pays depuis 2008. Fuyant la misère à cause du pillage et de la déstructuration de l’économie de leurs pays, chaque année des milliers de jeunes Africains tentent de franchir la Méditerranée en espérant trouver lel-dorado européen. Souvent ils déchantent assez rapidement car ils y sont contraints de rejoindre les rangs au mieux du précariat ou de larmée industrielle de réserve et au pire ils y laissent leur vie. Cette année, ils étaient 22 000 à périr en méditerranée.

Une main doeuvre mobile est une aubaine pour la classe dirigeante qui peut sappuyer sur elle, sur la situation dirrégularité dans laquelle certains migrants se trouvent ou, comme cest le cas au Canada, à laide de mécanismes discriminatoires comme le Programme des travailleurs immigrés, pour appliquer une pression à la baisse sur les salaires. Cest pourquoi nous devons non seulement accueillir les migrants mais aussi se battre à leurs côtés pour garantir le respect de leurs droits en tant que travailleurs, y compris celui de se syndiquer.

Autre corollaire important de la crise du capitalisme en lien avec les migrants: la crise environnementale. Alors que vient de se conclure la grand messe du climat à Paris, rappelons que le réchauffement climatique est bien réel et a un impact direct sur les populations. En moyenne, ces dix dernières années, ce ont 27,5 millions de personnes annuellement qui ont été forcées de quitter leur domicile pour des raisons climatiques. Dici 2050, on estime quils excèderont le milliard.

Nous estimons nécessaire dutiliser cette journée de solidarité pour reconnaitre et valoriser lapport des immigrants à notre société, un fait particulièrement saillant dans notre pays et à travers lAmérique du Nord en général. Nous devons nous rappeler leur contribution à différents épisodes de lhistoire des mouvements progressistes et ouvriers notamment leur participation à lorganisation des premiers syndicats ouvriers et agricoles, aux grandes grèves et même à la formation du Parti communiste du Canada dans les années 1920. Nous reconnaissons également leur apport culturel comme un enrichissement pour tous.

Dans le contexte actuel, un mois environ après les attentats de Paris, il ne fait aucun doute que laccueil des réfugiés syriens sera utilisé comme marotte par lextrême droite. En Allemagne, le parti fasciste PEGIDA continue de mobiliser des milliers de personnes avec des slogans xénophobes, racistes et islamophobes. En France, les arguments jusque là propres à la droite et au Front national sont maintenant relayés par le Premier Ministre socialiste, Manuel Valls. Le Canada nest pas en reste: ces dernières semaines, nous avons connu une recrudescence de crimes islamophobes.

Il est donc plus que nécessaire de manifester notre refus de classe contre ces politiques haineuses et surtout de dévoiler comment elles servent le système capitaliste en divisant les travailleurs et en détournant lattention des masses du véritable ennemi. En tant quinternationalistes, nous répétons sans cesse et aujourdhui plus que jamais que lennemi de la jeunesse, des travailleurs et des masses populaires ne sont pas les immigrants, mais le capitalisme. Les immigrants, au contraire, ont les mêmes intérêts que la grande majorité du peuple, à savoir se libérer du joug de la barbarie de ce système qui noffre rien de mieux que la guerre, la misère et la destruction de notre environnement.

Que nous soyons Canadiens, Syriens ou Trobriandais, nous devons nous unir pour mener notre lutte contre les profiteurs qui, même sils prennent un malin plaisir à nous liguer les uns contre les autres, ne nous discriminent plus lorsquil sagit de nous exploiter. Cest pourquoi la Ligue de la jeunesse communiste revendique:

-    Le retrait immédiat du Canada de lOTAN, main armée de limpérialisme, et de tout autre accord impérialiste; linstauration dune politique étrangère de paix, basée sur le désarmement, le développement durable et la solidarité entre les peuples;
-    Le retrait immédiat de tous les soldats canadiens mobilisés à lextérieur du pays, à commencer par les troupes présentes en Ukraine et au Moyen-Orient;
-    La fin immédiate du contrat darmement de 15 milliards de dollars conclu avec lArabie Saoudite, lun des principaux fournisseurs de l’État islamique;
-    Laccueil de tous les immigrants et demandeurs dasile, personne nest illégal;
-    Labrogation de la Loi sur limmigration, du statut de réfugié qui donne la priorité aux nantis, créant de jure deux classes de migrants ainsi que du Programme des travailleurs immigrés qui dépossède ces derniers de tous leurs droits. Nous réclamons également que leurs droits en tant que travailleurs soient scrupuleusement respectés, y compris les droits syndicaux et de grève;
-    Labrogation totale de la loi C-51 attaquant de front les libertés démocratiques individuelles sous prétexte de la «guerre contre le terrorisme» ainsi que de la loi C-24 qui permet la déchéance de la nationalité aux individus chargés entre autres pour «terrorisme» et «haute trahison»