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dimanche 3 août 2014

Bombardement à Gaza : Le Canada et le Québec ont les mains sales

 Par Stefan Christoff

La complicité du Canada dans les crimes de guerre israéliens actuellement perpétrés dans la bande de Gaza contre les Palestiniens et Palestiniennes est grave.

À Ottawa, le gouvernement conservateur n’a sans surprise pas tardé à offrir un soutien inconditionnel aux attaques israéliennes en cours et, plus généralement, à l’apartheid israélien. On doit aux précédents gouvernements libéraux la paternité de ces orientations politiques, qui misent sur une complicité ouverte avec Israël.

En dehors de son habituel cheerleading diplomatique, un élément-clé de l’implication canadienne, méconnu du public et néanmoins très important, est le rôle que jouent de nombreuses entreprises canadiennes dans le développement matériel et technologique indispensable aux raids meurtriers dans la bande de Gaza.

Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada (AÉCDC) stipule, dans un récent rapport sur les exportations militaires, que « Le maintien de la paix et de la sécurité sont des objectifs prioritaires de la politique étrangère du Canada »… idéaux constamment contournés ou complètement ignorés, ne nommons qu’à titre d’exemples les exportations militaires vers des régimes autoritaires parmi lesquels le Bahreïn et l’Arabie Saoudite, ou encore la vente d’armes à Israël.
Selon des données compilées par la Coalition to Oppose the Arms Trade (COAT), pas moins de cinquante fabricants d’armes canadiens exportent directement leurs produits à Israël, un nombre très certainement en hausse tandis que les conservateurs continuent de resserrer les liens avec l’État et le marché israéliens. Une récente mission canadienne a convié plus de deux-cent personnes vers Israël, une délégation étrangère d’une taille rarement égalée, évidemment contrôlée par les puissances qui agissent dans l’ombre à Ottawa. D’ordres diplomatique, économique et militaire, sa mise en branle pousse encore plus loin la complicité du Canada dans l’apartheid israélien.

Les exemples plus spécifiques de l’équipement militaire canadien actuellement déployé par les Forces de défense israéliennes (FDI) et les forces aériennes israéliennes (FAI) sont nombreux et accablants.

Les moteurs d’hélicoptères Bell, modèle Cobra (surnommé Vipère sur le site des FAI), sont produits dans la région de Montréal par Pratt & Whitney Canada. Les hélicoptères utilisés par l’armée israélienne, eux, sont fabriqués à Mirabel par Bell Helicopter Textron Canada, une société présente dans la délégation précédemment mentionnée.

CAE, une société montréalaise qui se spécialise dans les simulateurs de vols et les systèmes d’exploitation en temps réela obtenu d’importants contrats auprès des FAI. Son travail est de créer des technologies et du matériel didactique pour le personnel militaire aux commandes d’avions de combat hypersophistiqués, de type prochaine génération.

Pendant que les bombes tombent du ciel sur Gaza, d’autres contrats obtenus par CAE, auprès de l’armée américaine cette fois-ci, comprennent le développement logiciel d’un simulateur de contrôle de drones, contrats accordés dans les dernières années dans le contexte qu’on connaît, alors que l’administration Obama utilise unilatéralement des drones de guerre, en toute illégalité si on se réfère au droit international.

Alphacasting Inc., basée à Ville Saint-Laurent, qui fabrique du moulage de précision pour l’aviation militaire, les systèmes de vision nocturne, les radars, les armes à feu, les chars, les télescopes, les missiles, les drones et autres projets sophistiqués (selon son propre site Web), exporte elle aussi ses produits directement à Israël.

Les entreprises mentionnées ci-dessus sont associées à l’Association des industries canadiennes de défense et de sécurité (AICDS), une importante organisation représentant des compagnies militaires ou civiles étroitement liées à l’État israélien et à son apartheid.

Au-delà de fournisseurs militaires privés, le gouvernement canadien approfondit toujours plus ses liens avec Israël, une relation qui remonte à l’un des premiers accords de libre-échange du Canada,signé avec Israël en 1997. En vertu d’un vaste accord de sécurité publique signé en 2008, Israël a nommé un attaché militaire à Ottawa, nomination peu commune à travers laquelle les États visent àrenforcer la coopération entre les institutions israéliennes et la Gendarmerie royale canadienne (GRC), le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) ainsi que l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

La collaboration du Canada avec l’apartheid israélien est en pleine expansion, un processus qui implique désormais les systèmes coercitifs locaux des deux pays, deux puissances coloniales fusse-t-il le rappeler. L’importante délégation en Israël cette année, sous l’intendance de Harper, ne fait qu’officialiser au grand jour une collaboration économico-militaire de longue date : le Canada se crée une apparence de légitimité et offre une reconnaissance étatique aux entreprises complices des politiques de l’État israélien.

Bien que cette alliance politique soit désormais de plus en plus reconnue de part et d’autre, permettons-nous un regard sur la situation actuelle, sur la façon dont ces liens politiques entre Ottawa et Tel-Aviv se répercutent concrètement dans la bande de Gaza, comment ils se traduisent sur le terrain.

Indéniablement, une quantité importante de la production militaire canadienne équivaut à une partie importante de l’arsenal militaire israélien, utilisé pour les meurtres de plus de cent Palestiniens et Palestiniennes dans la bande de Gaza ces derniers jours. Sur le plan diplomatique, le soutien aveugle du Canada à la boucherie de l’État d’Israël donne à ce dernier davantage de puissance sur la scène internationale, lui accordant tout l’espace politique qu’il voudra bien prendre pour poursuivre ses manœuvres violentes, coloniales, déshumanisantes et répressives envers la lutte légitime du peuple palestinien.

Construire une campagne de boycott, désinvestissement et sanctions au Canada serait tout indiqué, tant la collusion est claire, presque transparente. De nombreuses et importantes initiatives sont déjà en cours, supportons et développons ces efforts autour de nous.

Cette semaine, à travers le Canada, le Québec et le monde, des gens descendent dans la rue en solidarité avec le peuple palestinien vivant depuis plusieurs années, dans l’ignorance internationale, les réalités de l’apartheid israélien et de la violence militaire. N’oublions pas de reconnaître et de faire connaître notre propre complicité dans ces crimes.

En gardant en tête la souffrance humaine quotidienne vécue à Gaza, mettons l’accent et concentrons nos énergies et efforts afin d’obtenir des comptes des entreprises canadiennes et du gouvernement conservateur sur leur implication dans les crimes de guerre commis contre la population palestinienne en ce moment même.

Article original en anglais : http://www.mediacoop.ca/fr/story/canadian-hands-involved-gaza-bombings/31127

Article en français publié sur Mondialisation.ca

Traduction par Félix Gingras Genest

samedi 2 août 2014

Appel d'urgence pour une grande manifestation en solidarité avec Gaza à Montréal


GAZA-QUÉBEC SOLIDARITÉ !
GRANDE MANIFESTATION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE QUÉBÉCOISE
10 AOÛT 2014, à midi
MONTRÉAL
Départ de la Place Émilie-Gamelin
Métro Berri-UQAM

·         Invoquant scandaleusement son « droit à se défendre », Israël est, une nouvelle fois, en train de mettre Gaza à feu et à sang…
·         Alors qu’on y mourait déjà à petit feu sous un blocus illégal et immoral, des quartiers complets sont maintenant détruits à coups de bombes, des mosquées, des écoles et d’autres lieux de refuge sont pris pour cibles, les morts et les blessés se comptent par milliers…
·         Alors que ce carnage se poursuit, on voit non seulement le gouvernement Harper continuer d’appuyer inconditionnellement l’agression israélienne et d’en blâmer toute l’horreur et la destruction sur les Palestiniens eux-mêmes, mais aussi tous les partis politiques fédéraux d’opposition faillir honteusement à leur responsabilité minimale d’exiger le respect du droit international par Israël…

Face à tous ces crimes commis au grand jour et à l’appui – ouvert ou tacite – inqualifiable des politiciens canadiens, nous appelons la population québécoise à venir s’exprimer haut et fort pour réclamer :

·         LA CESSATION IMMÉDIATE DE L’AGRESSION ISRAÉLIENNE SOUS TOUTES SES FORMES
·         LA FIN DU BLOCUS DE GAZA
·         LA FIN DE L’OCCUPATION ET DE LA COLONISATION ISRAÉLIENNES DES TERRITOIRES PALESTINIENS
·         UNE SOLUTION RÉELLE AU CONFLIT, FONDÉE ENFIN SUR LA JUSTICE ET LE RESPECT DU DROIT INTERNATIONAL
·         UN CHANGEMENT RADICAL DES ORIENTATIONS HONTEUSES DU GOUVERNEMENT ET DE TOUTE LA CLASSE POLITIQUE CANADIENNE

Cet appel à manifester est lancé par une large coalition d’organisations syndicales, populaires, communautaires, de défense des droits, de femmes, d’étudiantEs, de groupes de solidarité, d’artistes, d’intellectuelLEs etc., et de citoyennes et citoyens :

Ligue des droits et libertés, Confédération des syndicats nationaux (CSN), Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), Conseil régional de la FTQ-Montréal métropolitain, Conseil central du Montréal métropolitain–CSN, Fédération des femmes du Québec (FFQ), Palestiniens et Juifs unis (PAJU), Voix juives indépendantes (VJI), Aide médicale pour la Palestine (AMP) Tadamon! Montréal, Arche de Gaza, Forum musulman canadien, Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient (CJPMO), Coalition pour la justice et la paix en Palestine (CJPP), Collectif Échec à la guerre, Entraide missionnaire, Forum musulman canadien, Alternatives, …

D'autres appuis sont attendus sous peu. Si vous êtes membre d'un groupe, nous vous invitons à lui soumettre cet appel et à solliciter son appui officiel… à envoyer ensuite à urgencegaza2014@gmail.com

mercredi 23 juillet 2014

Aujourd'hui : Vigile et manifestation contre l’invasion de Gaza et le massacre de Shuja’iya

Mercredi, 23 juillet, 17h30
À la sortie de la station Mont-Royal,
Montréal, Québec



L’offensive israélienne de Gaza continue. Le nouvel assaut a débuté le 8 juillet dernier avec des bombardements qui ont depuis conduit à une invasion terrestre de la bande de Gaza, conduisant à environ 546 morts et plus de 3 000 blessés.

Dans la nuit de samedi, 19 juin, à dimanche, 20 juin, au moins 97 Gazaouis sont morts sous les frappes des Forces de défense d’Israël (FDI), brisant ainsi le cessez-le-feu demandé par la Croix-Rouge. Du nombre, une soixantaine de personnes habitaient un seul et même quartier, celui de Shuja’iya. D’après les rapports les plus récents, la majorité des blessés étaient des enfants. Le lendemain matin, l’intensité et la sévérité de l’offensive israélienne ne semblaient pas décroître.

Aucun refuge à Gaza : les bombardements de l’armée israélienne visent appartements, usines et commerces locaux, fragilisant davantage l’infrastructure d’une des régions les plus densément peuplées du monde. Il n’y aucune issue à l’agression d’Israël : toutes les frontières sont fermées et il n’y aucun refuge pour la population de Gaza.

Le gouvernement canadien a depuis le début donner son support à ces massacres, appuyant l’État d’Israël avec la complicité du Parti Libéral et du Nouveau Parti démocratique.

Alors que le pilonnage de Gaza se poursuit, réunissons-nous dans les rues de Montréal en solidarité avec le peuple palestinienne. Joignez-vous à nous alors que nous énumérerons le nom des victimes et allumerons des chandelles en leur mémoire lors d’une vigile et une marche en solidarité avec le peuple de Gaza.

Approuvé par:
Le Bateau canadien pour Gaza / Canadian Boat to Gaza
PAJU (Palestiniens et Juifs Unis / Palestinian and Jewish Unity)
CJPP (Coalition pour la Justice et la Paix en Palestine / Coalition for Justice and Peace in Palestine)
Independent Jewish Voices – Canada
Alternatives
Alternatives International
Samidoun
Voix juives indépendantes – Montréal
AMUSE-PSAC (Association of McGill University Support Employees, Public Service Alliance of Canada)
SPHR-Concordia (Students for Palestinian Human Rights)

Pour plus d’information:
Tadamon! Montréal
Courriel: info@tadamon.ca
Site web: www.tadamon.ca

lundi 21 juillet 2014

Attaques meurtrières sur GAZA : déclaration commune de syndicats et de groupes sociaux


ISRAËL PUNIT LE PEUPLE PALESTINIEN....
POUR SON « REFUS DE DISPARAÎTRE » 


Notre réponse : intensifier notre solidarité avec le peuple palestinien
Nous assistons en direct à un autre massacre de la population de Gaza par l'armée israélienne comme si le gouvernement Netanyahou rejouait le même scénario de son même mauvais film. 2009 : l'opération « Plomb durci » avait fait près de 2000 morts et des milliers de blessés sans compter la destruction de la presque totalité des infrastructures essentielles (hôpitaux, écoles, eau, électricité, routes, etc.) Juillet 2014 : mêmes attaques aériennes et même menace imminente d'invasion terrestre Le nombre de tirs israéliens augmente d'heure en heure et le nombre de victimes palestiniennes (parmi lesquelles la plupart sont des civils et beaucoup d'enfants) ne cesse d'augmenter. Du côté israélien, si on vit dans un certain climat de peur, on ne compte aucun mort et on bénéficie de puissants moyens de protection.

Nous constatons avec indignation, colère, tristesse l'ampleur démesurée des assauts militaires, la brutalité planifiée, la violence gratuite et aveugle envers des civils, l'asymétrie totale des forces et des ressources en présence, la puissance de la machine de propagande israélienne au service du « droit absolu et inconditionnel de se défendre » fut-ce au prix de la destruction de la population de Gaza, argument lâche repris en chœur par la « communauté internationale », Canada en tête.

Nous comprenons que tout cela n'est pas dû aux seuls tirs de roquettes du Hamas (inacceptables, car pouvant atteindre des civils, mais dérisoires et inefficaces face à l'une des plus puissantes armées du monde, possédant l'arme nucléaire et ne menaçant donc aucunement la sécurité d'Israël), au seul rapprochement des forces politiques palestiniennes pour reconstruire leur unité (rapprochement refusé par Israël), à la seule présence « d'éléments terroristes » en territoires palestiniens (pour Israël tous les Palestiniens y compris les enfants sont des terroristes), à la seule « mauvaise volonté » des Palestiniens soi-disant hostiles aux compromis (ils ont déjà tout perdu.. Quels autres « compromis » pourraient-ils faire ?)

Tout cela fait partie du projet initial d'Israël et qui se déploie sur plusieurs décennies déjà : la dépossession et la négation à l'existence du peuple palestinien.
La carte suivante parle d'elle-même....

Pertes de terres palestiniennes de 1946 à 2010

Une nakba permanente (catastrophe en arabe). Les causes profondes de l'horreur actuelle sont tout entier contenues dans les violations systématiques et permanentes par Israël du droit international pourtant limpide sur ce conflit :
  • le droit de retour et/ou de compensation pour les réfugiés palestiniens exclus de leur maison et terre suite à la création de l'État d'Israël en 1948 (Résolution 194)
  • la fin de l'occupation qui dure depuis 1967 (Résolution 242)
  • la fin de la colonisation qui ne cesse de s'intensifier (art 49 de la IVe Convention de Genève)
  • la fin du blocus de Gaza (Déclaration universelle des droits de l'homme, Conventions de Genève, Pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques et aux droits économiques, sociaux et culturels)
  • le démantèlement du mur de la honte (décision de la Cour internationale de Justice, 9 juillet 2004)
  • la fin des politiques et pratiques d'apartheid (Convention Internationale sur l'élimination et la répression du crime d'apartheid (1973).
Le droit à la résistance quand on est occupé, colonisé depuis des décennies; quand on est emmuré faisant de la vie quotidienne un enfer quotidien; quand on est pris au piège d'un blocus implacable qui fait de Gaza une « prison à ciel ouvert » dont on ne peut ni sortir ni recevoir parenté et amis; quand on est victime de politiques discriminatoires « parce que palestiniens » ce que l'ex-président Carter, Nelson Mandela, Mgr Tutu et tant d'autres ont qualifié d'apartheid; quand on est tout le temps abandonné et dénigré par la communauté internationale dès qu'on ose protester ou tenter d'accéder à l'ONU; quand on se fait détruire sa maison et ses oliviers centenaires; quand on reçoit de vraies balles en échange d'actions pacifiques comme à Bill'In; quand on gaspille une partie de sa vie à attendre dans les « check points » le bon vouloir des soldats-enfants israéliens qui se prennent pour des maîtres tout puissants; quand ses enfants n'ont que cela comme passé, que la guerre comme présent et rien comme avenir....Doit-on « présenter la joue » ?

Le préambule de la Déclaration universelle des droits de l'homme est formel : il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contrait, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression. Le peuple palestinien a le droit de résister et de choisir ses propres moyens de résistance, dans la mesure où ces moyens respectent le droit international et les conventions qui régissent les conflits armés (dont entre autres la protection des civils)

Nous demandons :
  • l'arrêt immédiat et inconditionnel des hostilités : le carnage doit cesser, les armes doivent se taire, les militaires doivent retourner dans leurs casernes. Il n'y a pas de solution militaire à ce conflit.
  • le respect par Israël du droit international et des droits humains fondamentaux de tous les Palestiniens et Palestiniennes. Ce droit international doit constituer la seule base d'une solution politique juste.
  • l'engagement des gouvernements canadien et québécois et de tous les éluEs à faire pression sur Israël pour qu'il respecte ce droit. Cela suppose un changement radical d'orientation des dirigeants canadiens unilatéralement compromis en faveur d'Israël. Les éluEs québécois doivent également s'aligner sur une position plus courageuse envers le peuple palestinien, basée sur le droit international
Nous invitons la population québécoise à renforcer sa solidarité avec le peuple palestinien en se joignant à la marche à Montréal vendredi 11 juillet 17h30 Métro Guy/Concordia

Les groupes suivants appuient (11 juillet 16h00) ...autres appuis à venir

Ligue des Droits et Libertés • CSN • Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec FNEEQ-CSN • Conseil central du Montréal métropolitain-CSN • Conseil régional FTQ du Montréal métropolitain • L'Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) • L'Entraide missionnaire TADAMON • PAJU • Arche de Gaza • CJPP •

vendredi 18 juillet 2014

Soyons solidaire de Gaza! Participons au mouvement BDS!


La campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) a été lancée par la société civile palestinienne en 2005, suite à des dizaines d’années de lutte contre Israël et sa politique d’apartheid.


 Les Palestiniens font appel aux citoyens de conscience du monde, afin que prenne fin le plus long conflit de l’histoire récente, en leur demandant de boycotter tous les produits israéliens, mais aussi de pratiquer un boycott sportif, culturel et universitaire. Ils nous demandent également de faire pression sur les entreprises étrangères, notamment européennes, afin qu’elles arrêtent leur collaboration avec cet Etat criminel. Enfin, ils nous demandent de faire appliquer par nos États les sanctions qui auraient dû être appliquées depuis des dizaines d’années devant ce déni de droit intolérable.

http://www.bdsmovement.net/





jeudi 17 juillet 2014

Dix ans de trop: Rassemblement et action créative contre le Mur et en solidarité avec Gaza

 
Samedi 19 juillet 2014 
14h00-16h00 Parc Jarry, 
en face des bureaux de G4S 
Coin Gary-Carter et St-Laurent 
Métro De Castelnau



Il y a dix ans, le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice (CIJ) rendait un avis historique en déclarant que l’apartheid israélien était illégal. À l’époque, la Cour demandait que le Mur soit détruit, que les résident.es palestinien.nes soient compensé.es, et que la conformité d’Israël soit assurée par la communauté internationale. Un an plus tard, la société civile palestinienne lançait un appel au Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre l'Etat israélien jusqu'à ce qu'il se mette en conformité avec le droit international.

Une décennie plus tard, les colonies se sont étendues, des terres ont été expropriées et la construction du mur s’est poursuivie, en toute impunité. S’il est complété, le Mur s’étendra sur plus de 800 km, annexant, selon les estimations, 46% de la Cisjordanie. Déjà, l’impact du Mur a été dévastateur, séparant les agriculteur.rices de leurs terres, les travailleur.euses de leurs emplois, les étudiant.es
de leurs campus et les communautés des gens.

Cet anniversaire survient également alors qu’Israël mène une campagne de représailles initiée contre les Palestinien.nes suite au meurtre de 3 jeunes colons israéliens. Depuis le 12 juin, les forces d’occupation israéliennes ont attaqué des villages de Cisjordanie et arrêté plus de 800 personnes. La semaine dernière, Israël lançait un assaut massif contre Gaza – la troisième opération similaire en 6 ans. À ce jour, 193 Palestinien.nes ont été tué.es, et plus de 1200 blessé.es dans une série de 1250 attaques aériennes, menées sur l’un des territoires les plus densément peuplé au monde.

Plusieurs compagnies bénéficient également considérablement de la dépossession, du déplacement, de la discrimination et de la violence envers les Palestien.nes. L’une d’entre elles est G4S, un compagnie de sécurité anglo-danoise qui dispense des services aux prisons de Meggido et Ketziot, où l’abus et la torture de prisonnier.ères polititques palestinien.nes est courant. Au-delà de son implication dans le système carcéral israélien, G4S dispense également des détecteurs de bagages et des scanneurs corporels à plus de 500 points de contrôle opérant sur le Mur, entravant la liberté de circulation des Palestinien.nes. Au Canada, G4S a obtenu un contrat de 366 millions $ pour dispenser des services de détecteurs dans les aéroports et a reçu 19 millions $ pour dispenser des services au Centre de détention Metro West de Toronto. Malgré sa complicité dans l’opression de prisonnier.ères palestinien.nes, et, plus localement, dans la criminalisation de personnes migrantes, le gouvernement du Québec continue de détenir des actions de G4S.

En réponse, les Palestien.nes ont lancé un appel à leurs allié.es à travers le monde pour faire de juillet le mois d’action contre le Mur. Joignez-vous à Tadamon! pour un rassemblement et une action créative au parc Jarry, devant les bureaux de G4S pour exiger que cesse l’impunité israélienne et la complicité des entreprises, et en solidarité avec la population palestinienne en train de subir un siège violent à Gaza.
  

Pour plus d’information:
Tadamon! Montréal
Courriel: info@tadamon.ca
Site web: www.tadamon.ca

Manifestation pour Gaza hier à Montréal

Environ 2000 personnes se sont réunis à Montréal Mercredi pour soutenir le peuple Palestinien et dénoncer les bombardements d'Israël. Les gens se sont réunis en soiré au métro Mont-Royal et ont marché après plusieurs excellent discours, dont plusieurs demandaient un plus grand appui à la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre l'occupation israélienne.

Une autre manifestation de soutien aux Palestiniens de Gaza est prévue devant le consulat israélien de Montréal, le 28 juillet. Environ 3500 personnes ont indiqué, sur la page Facebook de l'événement, qu'elles comptaient y participer.



















lundi 14 juillet 2014

La YCL - LJC Canada condamne les attaques sionistes contre le peuple palestinien


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Déclaration de solidarité de la Commission internationale de Ligue de la Jeunesse communiste du Canada – Young Communist League of Canada.

For the English Version Click Here


La Ligue de la jeunesse communiste – Young Communist League condamne l'opération israélienne « Barrière protectrice », une autre attaque criminelle soutenue par notre gouvernement conservateur contre la bande de Gaza assiégée.

Au moment de rédiger cette déclaration, des centaines de raids aériens menés par Israël ont tué 120 Gazaouis dont plus de 20 enfants, en blessant 670 autres. Il s'agit supposément d'une réponse aux plus nombreuses attaques de roquettes du Hamas – roquettes artisanales qui n'ont causé aucun décès. Cet évènement survient à la suite d'une « enquête » pitoyable sur l'enlèvement et le meurtre de trois adolescents israéliens en Cisjordanie.

Au cours de ce processus, qualifié de « punition collective » par Amnistie internationale, 400 Palestiniens ont été arrêtés et 5 tués. Pourtant, aucun des détenus n'a été accusé de meurtre, ce qui n'a pas empêché Israël de qualifier l'intensification des tirs de roquettes de « gratuite ». En outre, un jeune de 17 ans de Jérusalem Est, Mohammed Abou Khdeir, a été assassiné en représailles par des terroristes sionistes, témoignant de sentiments racistes anti-arabes exacerbés par les dirigeants politiques du système d'Apartheid.

Ironiquement, Israël a récemment été élu au poste de Vice-Président de la 4e Commission des Nations Unies, celle chargée des questions de décolonisation. Le groupe régional « Europe occidentale et autres États » auquel appartient le Canada a soutenu la nomination d'Israël.

En tant que pays impérialiste, membre de l'alliance criminelle de l'OTAN et colonisateur des terres autochtones, le Canada a saisi cette occasion pour réitérer son soutien inconditionnel à Israël – de plus en plus fort sous le gouvernement des conservateurs de Harper. Sa diplomatie s'est efforcée de ne souligner qu'un aspect du conflit, celui des roquettes lancées par le Hamas, supportant toutes les morts et opérations criminelles menées par l'armée d'occupation israélienne. Notons aussi qu'aucun parti politique parlementaire n'a condamné cette opération, témoignant de leur compromission aux intérêts de l'impérialisme canadien.


Tel que la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique l'a mentionné dans un communiqué sur les prisonniers politiques palestiniens : « On ne peut trouver de meilleure description de l’impérialisme qu’à travers les actions de l’entité sioniste. Occupations, déplacements, attaques, colonies, guerres et  sanctions économiques contre les Palestiniens.Interventions dans toute la région du Moyen-Orient, principalement au Liban et en Syrie en plus du son contrôle. »

Jusqu’à maintenant, le monde est témoin des innombrables violations du droit international et des droits humains à travers les bombardements de la Palestine, Syrie et du Soudan; par ses colonies illégales sur les territoires occupés palestiniens. Au même moment, nous constatons que l’ONU et la communauté internationale demeurent silencieux alors qu’elles ne tiennent pas Israël pour coupable ni ne cessent de contribuer au soutien tant financier que militaire aux forces armées génocidaires israéliennes. Ceci questionne la légitimité de ces utilisées pour dénoncer la résistance palestinienne, mais ignorées complètement ni prises en compte quand il s’agit d’Israël qui les viole. Israël a et continue de perpétrer des crimes de guerre équivalents de génocide, apartheid et terreur quotidienne. Les médias occidentaux et Israël stigmatisent la résistance et la lutte des Palestiniens comme terroriste tout en continuant de se considérer comme «civilisés», comme la «seule démocratie du Moyen-Orient», désignations légitimées uniquement en corrélant terrorisme aux personnes de «couleur» et démocratie aux «blancs». Tout ça reflète l’hypocrisie d’Israël et des pays impérialistes. Il est vital de se tenir solidaires du peuple palestinien car sa voix compte.

La YCL – LJC se tient du côté de la résistance à l'occupation illégale de la Palestine par Israël, un des obstacles principaux à la pacification du Moyen-Orient. Tel que mentionné dans les textes de notre dernier congrès : « Confrontée à un tournant dans la politique étrangère du gouvernement conservateur de Stephen Harper, la LJC - YCL continue de réclamer un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale, le retrait complet d’Israël de tous les territoires occupés, le démantèlement des colonies et du mur d’apartheid, la levée du blocus contre Gaza, le respect des frontières de la Ligne verte de 1967, le droit au retour des réfugiés et un État d’Israël dénucléarisé garantissant la paix et la sécurité avec les États arabes voisins. »

Les jeunes communistes du Canada soutiennent pleinement le droit à l'autodétermination du peuple palestinien et continue de soutenir le mouvement de Boycott, désinvestissement et sanction (BDS) jusqu'à ce que sa libération complète ne soit accomplie.

Nous pressons tous les communistes, progressistes et pacifistes du Canada à :

•     Se joindre à toutes les initiatives, manifestations et actions organisées contre l'opération Barrière protectrice
•     S'opposer au soutien inconditionnel du Canada à l'entité sioniste
•     Participer massivement au mouvement BDS

 

samedi 12 juillet 2014

Dix minutes*

Je vais vous raconter quelque chose de plus dur que de mourir à Gaza par un missile de luxe. Le plus difficile est qu’on te demande, par un coup de fil de l’ennemi israélien, d’évacuer ta maison qui sera bombardée dix minutes plus tard.

Imagine un peu. En dix minutes, ta petite histoire sur la terre sera effacée. Tes cadeaux,les photos de tes frères et de tes enfants, qu’ils soient martyrs ou bien vivants. Les petites choses que tu aimes. Ta chaise, tes livres, le dernier recueil de poésie que tu as lu, la lettre de ta sœur qui vit à l’étranger, tes souvenirs avec les gens que tu aimes, l’odeur du lit, ta petite habitude de caresser les fleurs de jasmin qui arrivent jusqu’à ta fenêtre, la barrette de ta petite fille, la chaleur de ta chaise, tes vieux vêtements, le tapis de prière, les bijoux de ta femme, tes économies.

Imagine juste que tout ceci déroule devant tes yeux en dix minutes. Toute cette douleur te pénètre, alors que tu es encore en état de choc.

Tu décides enfin de prendre les papiers d’identité qui sont dans la petite boîte métallique. Tu sors pour mourir mille fois ou bien tu refuses de quitter pour mourir à une seule reprise.


Mahmoud Jawdat, Facebook

* Traduit de l’arabe par Taïeb Moalla. Le titre est de l’article traducteur. Le message d’origine est ici : https://www.facebook.com/MohammadAlwakeelshow/photos/a.328384060526820.83855.195486037149957/935206903177863/?type=1&theater

Plus de 100 morts et 750 blessés - les hôpitaux de Gaza au bord de l’effondrement

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) annonce que les services de santé sont sur ​​le point de s’effondrer dans la bande de Gaza sous blocus, face à l’escalade des attaques israéliennes.

Al Qassam Website


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 Un homme porte dans ses bras son enfant, blessé dans un raid aérien israélien, dans un hôpital de la ville de Gaza, le 9 juillet 2014 - Photo : Wissam Nassar

L’agence de santé des Nations Unies a déclaré jeudi que la bande de Gaza fait face à de graves pénuries de médicaments et de carburant pour les générateurs des hôpitaux.

« La récente escalade de la violence dans la bande de Gaza soulève des inquiétudes quant à la capacité du gouvernement et du ministère de la Santé du territoire palestinien occupé, à faire face à la charge accrue des urgences médicales sur le système de santé, compte tenu des niveaux élevés de pénurie de médicaments, des consommables et de l’approvisionnement en carburant pour les hôpitaux, et l’augmentation rapide des soins de santé », a déclaré l’OMS dans un communiqué.

Plus de 100 Palestiniens ont été tués dans l’offensive israélienne en cours contre l’enclave côtière qui a commencé mardi. Selon des sources palestiniennes, un tiers des victimes sont des femmes et des enfants.

« Un hôpital, trois cliniques et un centre de dessalement de l’eau dans un camp de réfugiés ont également été endommagés. Et on s’attend à encore plus de frappes aériennes et d’attaques de missiles, » a déclaré l’OMS à propos des attaques israéliennes.

Le ministère de la Santé à Gaza a seulement 10 jours de réserves de carburant pour que les hôpitaux puissent supporter les fréquentes coupures de courant, alors que les travailleurs de la santé de l’État n’ont pas reçu leurs salaires ces derniers mois.

Les chirurgies immédiatement non strictement nécessaires été stoppées dans les hôpitaux la semaine dernière car on ne procède plus qu’aux opérations vitales, a-t-il ajouté.

L’organisation a appelé les bailleurs de fonds à verser rapidement 40 millions de dollars pour les fournitures de soins de santé essentiels jusqu’à la fin de cette année et aussi 20 millions de dollars pour aider les hôpitaux d’al-Qods (Jérusalem) à supporter leurs frais pour traiter des patients de Gaza et de Cisjordanie occupées atteints du cancer.

Le Dr Ala Alwan, directeur régional de l’OMS, a déclaré que la situation était similaire à celle de 2008-2009 et de 2012 dans la bande de Gaza, lorsque les stocks étaient au plus bas et que les médicaments étaient nécessaires de toute urgence.

vendredi 11 juillet 2014

Voici ce qui se passe à Gaza en ce moment

Vidéo de Gaza, 8 juillet 2014

Colombie: pas de chèque en blanc pour Santos

Par Nyanankoro Coulibaly

Dans notre dernière édition, un article était consacré à la Colombie, au processus de paix et au maire de Bogotá, Gustavo Petro, destitué en décembre 2013. Nous tenons, à la suite des élections présidentielles de juin dernier, à suivre ce dossier et à transmettre les analyses des progressistes colombiens sur le sujet. 

Lors des dernières élections législatives, le camp des «uribistes» semblait en bonne posture pour remporter les présidentielles, ce qui a été corroboré par le résultat obtenu au premier tour des dernières élections présidentielles où son dauphin, Oscar Iván Zuluaga, l’emporte avec 500 mille voix contre le président sortant Juan Manuel Santos. Cependant, au second tour, c’est ce dernier qui remporte le scrutin avec une avance d’environ 900 mille voix, soit avec 51% des suffrages exprimés.

La gauche, quant à elle, s’en est tiré avec 15,3% des suffrages pour les candidates Clara López et Aida Avella (nouvelle présidente de l’Union patriotique).

Il reste qu’à l’image des autres scrutins, les Colombiens se sont largement abstenus (52% d’abstentions et 4% de votes blancs), lançant un message fort quant à la légitimité du système électoral dans ce pays.

Les communistes, pour leur part, analysent ces résultats de façon très prudente. S’ils voient d’un bon oeil la défaite de Zuluaga, opposé aux pourparlers de paix entre les FARC-EP et Bogotá, ils demeurent acerbes et critiquent avec véhémence les politiques de Santos reconnu, entre autres, pour son affirmation désormais célèbre à l’encontre de la grève nationale agraire: «cette grève n’existe pas», témoignant de son intransigeance devant les demandes des mouvements sociaux.

 Effectivement, Zuluaga, après avoir reconnu sa défaite, a prononcé un discours dans lequel il affirmait qu’aucune paix n’est possible tant que les groupes armés (FARC-EP et l’ELN) ne seront pas désarmés, incitant à l’arrestation des chefs militaires. L’ancien président Uribe, mentor de Zuluaga - connu pour ses politiques bellicistes et son financement de groupes paramilitaires contre les FARC-EP et l’ELN, attisant le climat de guerre civile dans le pays - n’a tout simplement pas reconnu la victoire de Santos, affirmant qu’«au nom de la paix», la «plus grande corruption de l’histoire» a été organisée. Il prétend même que dans certaines régions, des commandos d’insurgés auraient pris la population en otage et l’auraient forcée à voter pour Santos.

Lors de son mandat présidentiel, Santos n’a pas su répondre aux demandes sociales des Colombiens: la plupart d’entre elles ayant été matées militairement. Il ne représentait donc pas le candidat favori de la gauche, et encore moins celui des communistes.

Son seul capital politique lors de la dernière élection présidentielle a été de s’engager dans les pourparlers de paix organisés, rappelons-le, sous l’égide de Cuba socialiste. Il n’est donc pas étonnant que la population colombienne, victime depuis 1948 et l’épisode de la violencia qui suit les différentes luttes sociales des années 1920 - 1930 notamment contre la United Fruit Company, d’une guerre civile qui a pris des proportions démesurées, se soit prononcée en faveur de Santos.

L’alliance électorale progressiste recréée en 2013 à l’initiative entre autres des communistes après le génocide de 1986, l’Union patriotique (UP), a, lors de son plénium du 5 juin dernier, analysé la stratégie politique à adopter notamment concernant la participation à un front élargi pour la paix.

 Pour les communistes, ce Front élargi pour la paix, créé autour de Gustavo Petro Urriego, le maire déchu de Bogotá, et d’autres figures, ne doit pas être à la traine du gouvernement Santos. Rappelons qu’il ne rallie pas seulement la gauche mais aussi des libéraux et des centristes opposés à la guerre civile qui mine le pays.

 Comme l’ont indiqué clairement les communistes et les membres de l’UP, le gouvernement pourra compter sur l’appui des progressistes quant aux pourparlers de paix de La Havane et pour le début de négociation avec l’ELN, mais il est hors de question de soutenir les politiques sociales et économiques de ce gouvernement au nom de «l’unité nationale». Tel que réitéré lors du dernier plénium, sa base sociale se situe dans les mobilisations sociales.

Ainsi, le Front élargi pour la paix ne saurait être une organisation à la traine du gouvernement Santos. Au contraire, selon l’UP, il ne fait aucun doute qu’il doit «tourner à gauche». Sa constitution - tant à l’échelle régionale que nationale - doit permettre un débat politique et représenter un vecteur d’unité, gage de plus amples mobilisations.

En effet, pour les communistes, la paix ne sera pas gagnée à coups de décrets. Comme l’exprime Aida Avella, le processus de dialogue entre les FARC et le gouvernement ainsi que les premières rencontres avec l’ELN représentent un premier pas vers la pacification du pays; mais elle est indissociable des réformes sociales exigées par la gauche dont une réforme agraire et la participation politique des guérilleros.

Il reste que l’élection de Santos assure les progressistes de la poursuite des négociations de paix de La Havane, ce qui leur permet de se concentrer sur l’approfondissement du processus de paix et sur les problèmes sociaux. Rien n’est gagné pour autant: il y a fort à parier que le gouvernement Santos sera plus enclin à faire des concessions à l’opposition de droite qu’à la gauche.

Ce n’est donc pas sa victoire qu’il faut souligner mais bien la défaite, une deuxième fois de suite, d’Uribe à travers son candidat Zuluaga. D’une part le processus de paix continuera son chemin et les accords conclus avec les FARC notamment sur la question de la réforme agraire et de la participation politique ne sont pas caducs. D’autre part, la droite continentale - que nous avons pu voir à l’oeuvre au Venezuela - et ses alliés impérialistes nord-américains ne pourront compter sur la Colombie pour contrer les gouvernements progressistes de la région, en premier lieu ceux de l’Équateur et du Venezuela.

vendredi 20 janvier 2012

L’autre guerre psychologique contre Gaza

La punition israélienne continue. C'est de fait une politique sans fin. La punition dont je parle n'est pas le siège imposé depuis plus de 5 ans. Ce n'est pas l'attaque de 2008-2009, qui a tué plus de 1400 civils. Même pas l'humiliation subie au passage frontalier d'Erez entre Gaza et Israël, où le renseignement israélien a essayé de recruter des espions parmi les malades palestiniens, ni les attaques constantes. C'est plutôt la guerre psychologique cachée qu'Israël mène contre nous depuis plus de dix ans.



Depuis qu'a éclaté la deuxième Intifada en 2000, Israël a commencé à se servir de ses machines de guerre lourdes. La population de Gaza, et aussi celle de Cisjordanie , sont exposées à ces engins militaires. L'exposition a tristement pour conséquence que la population a fini par s'habituer aux bombardements, aux invasions et aux attaques constantes. Même les enfants se sont adaptés. Personne cependant ne s'est habitué aux drones, ces petits avions télécommandés contrôlés par ordinateur depuis Israël dont les Israéliens se servent pour surveiller la Bande de Gaza "pour des raisons de sécurité".


L'un des problèmes avec les drones est leur bourdonnement bruyant. Depuis 10 ans, le bourdonnement fait partie de la vie à Gaza. Ils survolent la Bande 24h par jour. Beaucoup de gens ont du mal à dormir tranquillement. Le bruit s'infiltre partout, même quand vous fermez les fenêtres pour dormir. Quand la nuit tombe et que les rues sont calmes, le bruit est encore plus fort. Certains lecteurs pourraient rétorquer que c'est normal, mais ça ne l'est pas. Il n'est pas humain qu'une population vive dans une terreur constante qui peut rendre fou. Certes, Gaza souffre de tant d'autres maux que le bruit des drones peut sembler "normal". Rien n'est normal, en réalité. Les drones sont juste un autre aspect des très nombreux maux et traumatismes qui touchent les enfants de Gaza et qui ajoutent à leurs souffrances.


Jamila Zaqoot, 21 ans, est étudiant à l'université de Gaza. Comme beaucoup d'autres étudiants, elle a beaucoup de difficultés à trouver du calme pour étudier. Après l'université, Jamila aide sa mère aux tâches ménagères, et elle se prépare à étudier ensuite, habituellement vers 20h.


"J'ai beaucoup de mal à étudier et à me concentrer. Le bruit des drones m'accompagne pendant que je travaille. C'est vraiment un problème. Je lis à haute voix pour couvrir le son. Imagine combien c'est perturbant, ce bruit permanent, 'zzzzzzz zzzzzzz zzzzzzz". Je l'appelle même 'Zananana'", dit Jamila.


Le drone est une arme israélienne efficace. Outre la surveillance du ciel de Gaza 24h par jour, 7 jours sur 7, il est utilisé d'un point de vue militaire dans des attaques légères par missiles pour des missions "spéciales". Israël s'en est souvent servi pour des assassinats ciblés. Beaucoup des dirigeants des factions de la résistance palestinienne luttant pour la liberté ont été tués par des attaques de drones. Des civils aussi ont été tués. Il y a deux mois, un médecin et son fils de 4 ans ont été tués par un drone. Ils étaient à moto lorsque la machine à tuer a frappé, les tuant tous les deux sur le coup. Israël a bien sûr déclaré que c'était une mesure de sécurité, et la communauté internationale a ignoré les assassinats.


En plus de l'irritation provoquée par le bruit, les drones sont un obstacle lorsque les familles essaient de passer du temps ensemble. Elles ne peuvent pas regarder des vidéos familiales ni même écouter les informations. Quand un drone survole un secteur, la télévision numérique par satellite est brouillée. En conséquence, les images de 90% des chaines de télévision sont floues et très peu ne sont pas touchées par le phénomène.


Ahmad al-Safedi, 45 ans, tient un magasin de satellites à Gaza. J'ai discuté avec lui de l'effet des drones. Il n'a pas d'interprétation scientifique du brouillage. Selon lui, le problème est apparu il y a 10 ans, lorsque l'armée israélienne a commencé à surveiller l'espace aérien de Gaza avec ces drones. Beaucoup de gens, dit-il, se plaignent du problème qui perturbe leur temps de détente en famille.


Al Safedi ajoute, "C'est vraiment pénible et irritant d'être distrait pendant que vous regardez un film, les informations ou une série-TV. Le drone ne cesse de couper le signal des satellites, en particulier celui de Nile Sat (un satellite égyptien qui comporte plus de 500 chaines). Vous regardez quelque chose qui vous plaît, et l'image disparaît. La diffusion reprend 2 minutes plus tard, puis s'interrompt à nouveau. La plupart des chaines de TV européennes ne sont pas touchées par les drones, mais peu de gens les regardent."


Les premiers drones étaient de fabrication américaine, mais au fil des ans, Israël a développé ses propres modèles. Ils sont maintenant vendus dans le monde entier. Les drones violent le droit international, que de toutes façons Israël viole constamment. Ils violent la souveraineté palestinienne. Bien qu'Israël se soit retiré de Gaza après avoir dégagé les 8000 colons qui occupaient 50% du sol de Gaza, en 2005, il continue de maintenir son contrôle grâce aux drones et l'occupation israélienne sur Gaza continue.


Motasim Dallol, 32 ans, étudiant palestinien qui est arrivé à Londres dernièrement, ressent la différence. Il vit dans un quartier calme de Londres, d'où les drones sont absents. Il dit que le ciel de Londres, sans drone, est comme le paradis. Faudra-t-il que les occidentaux soient terrorisés par le bourdonnement des drones pour qu'ils se réveillent et réalisent l'impact que ces armes inhumaines ont sur l'humanité ?


Traduction : MR pour ISM
Source : International Solidarity Movement