Affichage des articles dont le libellé est Échec à la guerre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Échec à la guerre. Afficher tous les articles

lundi 22 janvier 2018

Invitation de la coalition Échec à la guerre

Soirée sur la Syrie

La Syrie est le théâtre d'une guerre extrêmement dévastatrice à laquelle le Canada a participé.

Pour mieux comprendre la genèse de cette guerre, le rôle du Canada, les nombreux acteurs en cause et surtout pour dépasser la lecture réductrice qui nous en est présentée,
le Collectif Échec à la guerre organise une soirée sur la Syrie.

Quand :  jeudi le 15 février 2018, 19h à 21h
Où :    Centre Saint-Pierre, salle 204

Conférenciers :   
Vincent Romani, professeur, département de Sciences politiques, UQAM
Guerre contre la Syrie : un carrefour globalisé d'hommes violents
Martin Forgues, ex-militaire et journaliste engagé
La politique de Défense du Canada: qu'en est-il en 2018?

Contribution volontaire

jeudi 22 juin 2017

Politique de Défense nationale ou politique de guerre?

Un article du Collectif Échec à la Guerre sur la nouvelle Politique de Défense du Canada

Le 7 juin dernier, le gouvernement Trudeau a dévoilé la nouvelle Politique de Défense du Canada, intitulée « Protection, Sécurité, Engagement ». Cette politique, pas vraiment nouvelle, consolide la logique de militarisation de nombreuses sphères de la vie sociale mise de l‘avant par le gouvernement Harper. De plus, elle renforce le partenariat militaire avec les États-Unis et privilégie des interventions militaires musclées pour « augmenter la paix et la sécurité dans le monde ».

La Politique prévoit une augmentation du budget du ministère de la Défense nationale de 70 % en dix ans, passant de 18,9 milliards en 2016-2017 à 32,7 milliards en 2026-27. Le gouvernement aurait cédé aux pressions du Président Trump pour que les pays membres de l’OTAN augmentent leurs contributions en vue d’atteindre l’objectif de 2 % du produit national brut (PIB). On est en droit de se demander quelle menace pèse tant  sur le Canada pour justifier une telle augmentation de dépenses militaires dans un contexte d’austérité, alors que le Canada ne contribue qu’à hauteur de 0,26 % à l’aide publique au développement et que les besoins sociaux au pays sont si criants.

L’engagement du Canada auprès de NORAD, de l’OTAN et du complexe militaro-industriel

Loin d’assurer « protection et sécurité », la Politique annonce plutôt « l’engagement ferme du Canada auprès de NORAD et de l’OTAN » et sa volonté d’être « un acteur crédible et engagé à l’échelle internationale ». Mais comment le Canada peut-il prétendre travailler pour la paix dans le monde en participant aux missions offensives menées sous l’égide de l’OTAN, alors que l’OTAN n’est ni plus ni moins que le bras armé de l’impérialisme étatsunien. Une réelle sécurité collective passe plutôt par une rupture avec cette vision militariste et fondamentalement expansionniste.

La Politique contient en outre beaucoup de promesses d’achat – navires de combat de surface, chasseurs sophistiqués, avions de surveillance et de guerre sous-marine, systèmes télépilotés, communément appelés « drones », et matériel spatial. La Politique prévoit aussi que le Canada se dotera de la capacité d’intervenir sur plusieurs fronts à la fois, c’est-à-dire de mener des guerres simultanément dans plusieurs pays. Est-ce que ces achats visent réellement à protéger la population canadienne ou visent-ils plutôt à favoriser le complexe militaro-industriel, notamment son commerce international des armes? L’achat annoncé d’équipements de pointe destinés à augmenter les capacités de renseignement permettra au Canada de poursuivre son rôle de surveillance des populations au sein de l’alliance des services de renseignement des Five Eyes, (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et États-Unis) bien plus qu’il ne contribuera à protéger la population canadienne.

Une consultation qui n’en était pas une

Le Ministre canadien de la Défense nationale, Harjit Sajjan, a fait valoir que cette politique était le fruit d’une vaste consultation. Or, cette consultation a été très peu publicisée, s’est déroulée pendant la période estivale de 2016 et visait avant tout le personnel du Ministère de la Défense, l’armée, l’industrie militaire, les alliés et les « experts ». Pourtant nous avons déjà été nombreux à questionner l’objectif réel des interventions militaires canadiennes en Afghanistan et en Libye. Ces expéditions, contraires au droit international, créent le terreau pour la prolifération de groupes armés, comme l’EI, et ne contribuent en rien à la « paix et la sécurité dans le monde ». Elles consolident ce que Naomi Klein appelle le capitalisme du désastre qui ne profite qu’à des chefs de guerres et à des compagnies privés de sécurité, et ce au mépris des aspirations de justice, de dignité et de démocratie des peuples concernés.

Rappelons également que les grandes lignes de la Politique ne faisaient pas partie du programme électoral de Justin Trudeau. En somme, le gouvernement libéral n’avait pas de mandat pour présenter une telle politique de « défense ».

Ne nous leurrons pas : 14 milliards de dépenses supplémentaires en matériel militaire ne serviront ni la cause de la paix ni celle de la stabilité dans le monde. Tout comme le port d’armes par des individus ne diminue pas le taux de violence, l’accumulation d’armes de plus en plus sophistiquées et meurtrières par des pays dont le Canada n’est pas une garantie de sécurité. Loin de là. La Politique contribue plutôt à la montée du terrorisme et à l’insécurité mondiale, et annonce des guerres à venir.

Judith Berlyn
Martine Eloy
Mouloud Idir
Molly Kane
Suzanne Loiselle

dimanche 6 novembre 2016

À la mémoire de toutes les victimes des guerres




À la mémoire de toutes les victimes des guerres – Déclaration publiée le 5 novembre 2016
La déclaration suivante a été publiée dans l’édition papier du journal Le Devoir du 5 novembre 2016.

Parce que nous nous inquiétons de l’escalade des tensions dans le monde, particulièrement celles qui opposent l’OTAN et la Russie en Syrie et en Europe orientale

Parce que nous nous opposons à la participation du Canada à cette escalade et à la propagande de guerre qui s’y rattache

Parce que nous constatons que le gouvernement Trudeau, malgré sa prétention à jouer un « nouveau rôle » dans le monde, poursuit les politiques militaristes du gouvernement précédent : envois plus importants de troupes en Irak et en Europe de l’Est, ventes d’armements à l’Arabie saoudite, dépenses militaires astronomiques, etc.

Parce que nous nous indignons face aux  conséquences effroyables des guerres en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie, au Yémen pour des millions de personnes civiles (mortes, blessées, violées, traumatisées, déplacées, réfugiées)

Parce que nous refusons que les commémorations officielles du Jour du Souvenir ignorent ces victimes – beaucoup plus nombreuses que les victimes militaires – et qu’elles servent à glorifier la guerre

Nous porterons le coquelicot blanc jusqu’au 11 novembre prochain et nous vous invitons à le porter aussi pour dire NON à la guerre et aux politiques militaristes du Canada.

Cette déclaration a été signé par 195 personnes et 45 organisations dont la Ligue de la Jeunesse communiste du Québec.

samedi 8 octobre 2016

Appel pour la 6e campagne annuelle du coquelicot blanc du Collectif Échec à la guerre


Le Collectif Échec à la guerre mène, cet automne, sa sixième campagne annuelle du coquelicot blanc. Comme c'est l'habitude depuis quelques années, le coup d’envoi officieux de la campagne a été fait le 21 septembre dernier, à l’occasion de la Journée internationale de la paix, par la publication d’un texte dans le quotidien Le Devoir et dans La Presse+, intitulé Le Canada, défenseur de la paix... vraiment ? Ce texte se terminait par un appel à porter le coquelicot blanc cet automne « pour signifier l’opposition citoyenne aux visées militaristes du gouvernement Trudeau » . Il est également disponible ici (Lettre du 21 septembre), avec la liste mise à jour de ses 57 signataires, artistes, intellectuel.le.s et représentant.e.s d'organismes.


L'ORIGINE DE CE SYMBOLE DE PAIX

L’idée du port d’un coquelicot blanc a commencé à germer en Angleterre en 1926.

La Première Guerre mondiale avait entraîné la mort de 10 millions de soldats et d’un million et demi de civils. Le coquelicot rouge était porté depuis 1921 à la mémoire des soldats morts à cette guerre et les fonds recueillis par sa vente allaient au Haig Fund qui venait en aide aux vétérans et à leur famille. Le mouvement pacifiste No more War Movement proposa de remplacer les mots Haig Fund au centre du coquelicot par No more War (Jamais plus la guerre). Devant l’échec de cette proposition, l’idée de créer une fleur différente commença à prendre forme…

En novembre 1933, dans le contexte d’une nouvelle montée des tensions au niveau international, la première campagne du coquelicot blanc fut lancée en Angleterre par la Co-operative Women’s Guild (CWG). Le coquelicot blanc ne se voulait pas un affront au coquelicot rouge. D’ailleurs, plusieurs des femmes de ce mouvement avaient perdu un membre de leur famille à la guerre. Elles voulaient plutôt commémorer toutes les victimes de la guerre et contrer les courants militaristes de l’époque. L’année suivante, le Peace Pledge Union, mouvement pacifiste nouvellement formé, appuya cette initiative et prit par la suite en charge la production et la vente des coquelicots blancs, jusqu’à aujourd’hui.

Au Canada, la campagne des coquelicots blancs prend son essor en 1998, suite à la publication d’un article dans le bulletin de Conscience Canada, le mouvement des objecteurs de conscience à l’impôt militaire. L’année suivante, un dépliant d’appui à cette campagne a circulé parmi des groupes actifs pour la paix dans différentes régions du pays. Un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale, Frank Knelman, expliquait alors qu’il voulait non seulement se souvenir de ceux qui ont combattu et souffert comme soldats, mais qu’il voulait consacrer ses énergies à empêcher la guerre et à mettre fin au militarisme. « Je veux me souvenir que 95 % des victimes dans les guerres modernes sont des civils » disait-il.

Nous savons que les guerres du 20e siècle ont causé la mort de plus de 200 millions de personnes. Et nous constatons, depuis plusieurs années, la recrudescence du militarisme au Canada : participation à la guerre d’occupation en Afghanistan, aux bombardements contre la Libye et maintenant en Irak/Syrie, croissance vertigineuse des dépenses militaires, promotion d’une nouvelle prospérité économique fondée sur l’expansion de l’industrie militaire, omniprésence de l’armée et glorification de la guerre par diverses commémorations…


POURQUOI LE PORTER AUJOURD'HUI ?
 
L’afflux en Europe d’une partie seulement des millions de réfugié.e.s fuyant les guerres en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie nous a révélé certaines des conséquences effroyables de ces guerres, trop souvent occultées. Et les réactions des gouvernements ont démontré leur absence de considérations humanitaires.

Depuis un an, l'élection d'un gouvernement libéral n'a pas significativement changé les orientations militaristes du Canada au cours des dernières années : maintien des ventes de matériel militaire à l'Arabie saoudite, participation des forces spéciales canadiennes à la guerre en Syrie, absence de retour critique sur la plus longue guerre de l'histoire du Canada en Afghanistan, etc.


Porter le coquelicot blanc est un geste simple que nous posons dans le but de commémorer l’ensemble des victimes de la guerre et d’inscrire cette commémoration dans notre volonté d’en finir avec la guerre et ses faux prétextes.

Les objectifs ne sont pas d’antagoniser les vétérans, les familles de militaires et autres proches qui commémorent la perte d’êtres chers, ni d’opposer le port du coquelicot blanc à celui du coquelicot rouge; mais bien d’exercer notre devoir de mémoire envers toutes les victimes de la guerre – hommes, femmes et enfants – dont la très grande majorité sont des civils et non des soldats et de nous dissocier de la tendance des pouvoirs politiques qui saisissent l’occasion du “souvenir” pour justifier les guerres et le militarisme croissant.


CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE DÈS MAINTENANT
  • Relayer ce message à vos propres réseaux, au travail, à l'école, en famille, entre ami.e.s.
     
  • Utiliser le matériel visuel disponible ici, pour publiciser la campagne sur votre site Internet, votre page Facebook et votre profil
  • Faire la promotion de cette campagne autour de vous, notamment en portant le coquelicot blanc bien avant le 11 novembre.
  • Coquelicots : Si possible, nous vous demandons de les commander dès maintenant; contribution demandée : 1 $/pièce, en les revendant ensuite au même prix. Ce montant nous permet tout juste de défrayer les coûts de production des coquelicots et des cartes, les frais d’expédition et autres frais de base de la campagne.
     
  • Cartes : des cartes postales sont disponibles, expliquant l'historique du coquelicot blanc et le sens à donner à cette campagne. Leur coût est inclus dans le 1 $ / coquelicot
  • Dans plusieurs régions du Québec, des organismes ou des individus agissent comme lieux d’approvisionnement local. Si votre organisme désire s'ajouter à cette liste, SVP nous en informer, en indiquant les coordonnées pour vous rejoindre et le nom de la personne à contacter.

Pour toute question, demande ou commande, vous pouvez aussi nous écrire à info@echecalaguerre.org

En 2016, portons le coquelicot blanc en solidarité avec les millions de réfugié.e.s de guerre et pour marquer notre opposition aux guerres et au militarisme !

lundi 4 avril 2016

Invitation d'Échec à la Guerre : Conférence «La guerre en Syrie et en Irak, l’État islamique et le Canada»


Samedi, le 23 avril 2016, de 13 h à 17 h
À la Maison Bellarmin, 25 rue Jarry Ouest, Montréal (métro Jarry)

CONFÉRENCIÈRE et CONFÉRENCIERS INVITÉS :
Valérie Amiraux, Michael Hennessy Picard et Samir Saul
 
L’objectif de la conférence est d’offrir à ceux et celles que ces sujets préoccupent une occasion d’aller au-delà de la présentation simpliste de cette guerre et de l’État islamique (EI) par nos pouvoirs politiques et nos grands médias. Nous tenterons de cerner les nombreux enjeux régionaux et géostratégiques des guerres en Syrie et en Irak , de resituer l’émergence et la consolidation de l’EI et d’autres groupes djihadistes dans l’histoire récente de ces pays et du Moyen-Orient, d’identifier les bases de l’attraction que peut exercer leurs discours en Irak, en Syrie et ailleurs dans le monde, etc. Il y sera aussi question, évidemment, de la nouvelle position et de la participation canadienne à la guerre en Irak et en Syrie.

Grosso modo, la conférence se déroulera en quatre parties d’une heure chacune. Chaque partie comportera une présentation de 25 à 30 minutes et sera suivie d’une période de questions/discussion de 30 minutes.

1 => Guerres en Syrie et en Irak : enjeux, intérêts et forces en présence
        par Samir Saul, professeur agrégé d’histoire des relations internationales au Département d’histoire de l’Université de Montréal.
 
Portrait, à grands traits, des conflits pluriels qui traversent ces guerres, des diverses forces en présence – localement, régionalement et globalement – et de leurs intérêts spécifiques; enjeux régionaux et géostratégiques. Dans ce contexte, quels sont les objectifs du processus de négociation actuel parrainé par l’ONU et ses “chances” d’aboutir ?

2 => Guerres en Irak et en Syrie : émergence et consolidation de l’EI
        par Michael Hennessy Picard, chargé de cours et doctorant en droit à l’Université du Québec à Montréal.
 
Comment l’histoire récente, en Irak et en Syrie, permet-elle de comprendre l’émergence et la consolidation de groupes djihadistes et, en particulier, de l’État islamique ? Sur quelles bases le discours et l’action de l’EI arrivent-ils à susciter l’adhésion d’une partie de la population ?

3 => En Occident, au Canada et au Québec : “radicalisation” et lutte contre la “radicalisation”
        par Valérie Amiraux, professeure titulaire au Département de sociologie de l’Université de Montréal.
 
Compréhension des facteurs qui président au phénomène que les autorités désignent sous le terme de “radicalisation” et critique du discours officiel à ce sujet; impacts dans nos sociétés de la façon dont se mène la soi-disant guerre “contre le terrorisme” (en particulier : islamophobie et atteinte aux libertés civiles)

4 => Participation du Canada à la guerre en Irak et en Syrie
        par Raymond Legault du Collectif Échec à la guerre.
 
Comment comprendre les modifications de la participation du Canada à la guerre en Irak et en Syrie apportées par le nouveau gouvernement libéral ? À quel genre de redéfinition de la politique étrangère canadienne faut-il s’attendre après la fin des “années Harper” ? Les nouveaux défis qui nous attendent.

Nous espérons que cet événement suscitera votre intérêt,  qu’il contribuera à répondre à certains de vos questionnements et vous stimulera à poursuivre la lutte contre la guerre et le militarisme ici même !

jeudi 28 janvier 2016

Répondre aux attentats en intensifiant la guerre « contre le terrorisme »?

par Suzanne Loiselle et Raymond Legault[1]


Suite au terrible attentat à Ouagadougou, qui a fait 30 morts, les médias ont unanimement fait écho aux propos de Madame Camille Carrier, mère de l’une des six victimes québécoises. Elle décriait en ces termes la promesse électorale de Justin Trudeau (non encore appliquée) de mettre fin à la participation canadienne aux bombardements aériens coordonnés par les États-Unis en Irak et en Syrie : « Heille, il y a six Québécois de touchés. Pis de savoir qu’il ne participe pas aux combats (…) Il veut envoyer des couvertes… qu’il aille donc les abattre, ces gens-là ». Des éditorialistes et autres commentateurs politiques ont renchéri en qualifiant de faible, d’idéaliste ou de dépassée toute position autre que celle de faire la guerre à « cet ennemi [qui] veut tuer des Occidentaux. Même lorsque nous ne sommes que de dévoués travailleurs humanitaires venus pour aider à construire des écoles et des puits » (Antoine Robitaille, Le Devoir, 20 janvier 2016).

Si on peut facilement comprendre la douleur, la révolte et la colère d’une mère ayant perdu sa fille aussi tragiquement, on ne peut s’empêcher de voir dans ses paroles et dans leurs échos médiatiques un dangereux appel à une riposte de l’Occident qui ferait totalement fi de ses responsabilités et de celles de ses proches alliés au Moyen-Orient dans la genèse de ce type de terrorisme, et de l’échec lamentable de la soi-disant « guerre contre le terrorisme ».

Des victimes par dizaines, voire par centaines de milliers

« Heille », serait-on tenté de répondre, à côté des quelques milliers de victimes occidentales d’attentats djihadistes depuis 2001, pourquoi ne pas voir aussi les CENTAINES de milliers de victimes – très majoritairement civiles – engendrées par les guerres d’occupation qu’ont menées les États-Unis et leurs alliés en Irak et en Afghanistan, par la guerre civile et ses commanditaires extérieurs en Syrie, par les bombardements occidentaux en Libye? Pourquoi ne pas essayer de saisir le portrait global qui s’en dégage et d’en comprendre les sources?

La douleur extrême ressentie par Madame Carrier et les proches des victimes occidentales a été ressentie par un nombre bien plus grand de personnes sur d’autres continents. Mais elles sont demeurées anonymes et sans visages pour nous. Des proches d’enfants et d’enseignant.e.s bombardés dans leurs écoles… Des proches de malades et de personnel soignant bombardés dans leurs hôpitaux ou leurs cliniques… Des proches de familles bombardées lors de cérémonies ou de réceptions de mariage… Des proches de milliers de jeunes gens torturés… etc.

« Bavures » et « dommages collatéraux » sont les termes aseptisés dont on enrobe ces drames-là pour l’opinion occidentale, à la fois pour les déshumaniser et pour occulter leur illégalité au regard du droit international. Mais leur impact là-bas, est toujours le même : à chacun de ces drames, de nouveaux djihadistes sont recrutés, motivés par la douleur, la révolte, la colère et prêts à « aller abattre ces gens-là ». Et « ces gens-là » faut-il le rappeler, ce sont d’abord des Musulmans chiites – de loin les plus nombreuses victimes du djihadisme d’inspiration wahhabite – ensuite des membres des minorités religieuses (chrétiennes et autres) de ces pays ravagés par la guerre et, seulement en bout de ligne, des victimes occidentales.

Un fléau en grande partie créé et alimenté par l’Occident et ses alliés

La responsabilité des États-Unis et de leurs alliés occidentaux de l’OTAN ne se limite pas à celle, indirecte, de créer de nouveaux djihadistes par les innombrables drames humains qu’entraînent leurs guerres dans des pays lointains. Et ceux qui critiquent le caractère malhabile et creux des déclarations récentes du Premier ministre Trudeau concernant la guerre en Syrie et en Irak sont dans la position de ceux qui ne voient qu’un arbre qui leur cache la forêt. Car depuis des années, la phrase creuse et mensongère suprême est justement celle de la « guerre contre le terrorisme ».

Bien loin de mener une guerre conséquente contre le terrorisme djihadiste, de nombreuses enquêtes ont révélé que les États-Unis ont, secrètement et constamment, instrumentalisé ce terrorisme pour l’avancement de leurs intérêts stratégiques, souvent en le finançant, en l’armant et en l’entraînant ou en laissant leurs alliés moyen-orientaux le faire. Évidemment, cette instrumentalisation s’est régulièrement retournée contre eux, mais ils n’y ont pas renoncé pour autant lorsqu’ils passaient à de nouveaux « théâtres d’opération ».

On n’a qu’à penser d’abord à l’appui étasunien à Oussama Ben Laden et à ses moudjahidines dans leur guerre contre l’URSS et le régime communiste local en Afghanistan dans les années 1980. Plus récemment, en Libye, par leurs bombardements mais aussi par les tractations de leurs forces spéciales et de leurs services de renseignement, ils ont non seulement entraîné la chute du régime de Mouammar Gaddafi mais favorisé l’armement et la montée en force des djihadistes dans ce pays, maintenant devenu totalement chaotique. De même, dans la poursuite de leur objectif de renverser le régime de Bachar el-Assad en Syrie, les États-Unis ont favorisé le transfert d’armes et de combattants de la Libye vers la Syrie et laissé leurs très proches alliés – en particulier l’Arabie saoudite et le Qatar – financer l’État islamique (EI), Jabhat al-Nusra et d’autres groupes djihadistes ou, dans le cas de la Turquie, laisser passer librement leurs combattants à travers leurs frontières ou même acheter et revendre le pétrole produit par l’EI. De façon plus générale, les États-Unis ont aussi maintenu une très étroite alliance stratégique avec l’Arabie saoudite, alors que ce pays dépense des milliards de dollars chaque année pour disséminer partout dans le monde le wahhâbisme, ce courant particulièrement rétrograde et sectaire de l’Islam sunnite dont se revendiquent les groupes djihadistes. Avec le résultat, comme l’écrit le journaliste britannique Patrick Cockburn dans son livre « The Rise of Islamic State », que l’on se retrouve maintenant face à « un mouvement cent fois plus gros et bien mieux organisé qu’Al-Qaïda d’Oussama Ben Laden » (notre traduction).

Quoi faire ?

La seule véritable façon d’en finir avec les attentats dont sont victimes les Occidentaux dans leurs pays ou à l’étranger est d’abord et avant tout de mettre un terme aux politiques hégémoniques et guerrières de l’Occident qui sont menées sous le couvert fallacieux de la « guerre contre le terrorisme ». Dans le cas du Canada, il faudrait non seulement retirer les CF-18, mais aussi les forces spéciales canadiennes, et cesser toute participation à la guerre en Irak et en Syrie. Il faudrait également rompre nos contrats militaires avec l’Arabie saoudite et dénoncer le rôle particulièrement pernicieux que joue ce pays dans le monde et la protection que lui accordent les États-Unis. Voilà tout un programme à réaliser ! D’autant plus qu’en matière d’affaires étrangères et de guerre, probablement plus que dans tout autre domaine, c’est le 1 %, les puissants, qui déterminent les politiques et les 99 % de la population qui en gobent la propagande, en paient les coûts et en subissent les conséquences.
   

[1] Les auteurs sont des porte-paroles du Collectif Échec à la guerre, mais ils s’expriment ici à titre personnel.

jeudi 3 décembre 2015

Attentats de Paris : la sempiternelle logique de guerre

Ce texte a été produit par le Collectif Échec à la guerre et co-signé par 65 personnes.

Revendiqués par l’organisation dite État islamique (EI), des attentats horribles ont foudroyé Paris, vendredi le 13 novembre, faisant 130 morts et 367 blessés. Des milliers de parents et de proches ont été touchés en plein cœur. Une onde de choc a secoué et secoue encore Paris et toute la France. Un sentiment de révulsion et de solidarité s’est manifesté plus largement en Occident et ailleurs dans le monde.

Court-circuitant toute réflexion sérieuse sur des événements aussi violents et dramatiques, de nombreux dirigeants politiques – notamment en France, aux États-Unis et ici même au Québec – ont immédiatement appelé à une riposte de « l’humanité » et de la « civilisation » contre la « barbarie », bref à enfoncer nos sociétés encore plus profondément dans la logique de la guerre. Nous sommes convaincus du non-sens d’un tel discours et particulièrement inquiets de ses conséquences.

Un concept d’humanité limité à l’Occident

Quand des attentats terribles ont lieu en sol occidental, à New York en 2001 ou à Paris en 2015, les mots « attaque contre toute l’humanité » surgissent. Mais ils ne sont pas prononcés pour le million de victimes des sanctions internationales contre l’Irak entre 1990 et 2003, ni pour les centaines de milliers de victimes de la guerre illégale des États-Unis par la suite. On ne les entend pas non plus quand Israël, à l’été 2014 à Gaza, prend délibérément pour cible des civils, du personnel médical et des ambulances et détruit des quartiers entiers. Pendant des années, ces mots ne sont pas prononcés quand l’EI et al Qaïda assassinent des milliers et des milliers de civils dans les marchés publics et les mosquées shiites d’Irak. Ni même, tout récemment, lors des attentats à Ankara et Beyrouth, et ceux au Nigéria et en Somalie…

Nos valeurs et nos libertés leur répugnent ?

Allant dans le même sens que le président Obama, le premier ministre du Québec a déclaré « Nous n’accepterons jamais que des barbares s’attaquent lâchement à nos valeurs de justice, d’égalité, de fraternité, de tolérance et d’inclusion ».

Sans que cela ne justifie leur geste en quoi que ce soit, ce qui révulse plus vraisemblablement les auteurs d’attentats (et probablement une large partie des opinions publiques dans le monde musulman) ce ne sont pas les valeurs et les libertés dont nous jouissons dans nos sociétés mais bien les ravages que nos pays ont fait et continuent de faire dans plusieurs sociétés musulmanes : l’appui à Israël dans la dépossession violente du peuple palestinien depuis des décennies, l’appui à de nombreux régimes dictatoriaux, les guerres qui ont semé la mort, la destruction et le chaos en Irak, en Afghanistan et en Libye, etc. Au regard de tout cela, l’hypocrisie des dirigeants qui invoquent des valeurs « universelles » saute aux yeux, quand des milliers de morts civiles ailleurs dans le monde ne semblent pas faire le poids d’une seule en Occident.

C’est notamment sur un tel constat que les recruteurs de djihadistes ont beau jeu d’enrégimenter et de manipuler bon nombre de jeunes.

La logique guerrière et sécuritaire s’amplifie en France

Le président Hollande déclare à répétition que « la France est en guerre ». Sur le fond, il n’y a rien de vraiment nouveau en cela, puisque la France a continuellement été en guerre – avec ou sans mandat de l’ONU – depuis 2001 : en Afghanistan, en Libye, au Mali, en Centrafrique, en Irak et en Syrie.

Ce qu’il y a de nouveau, c’est le ressac terrible qui vient de frapper le pays et l’accélération de la dérive guerrière et sécuritaire qui en découle, alors que la mise en application de plusieurs mesures réclamées depuis longtemps par la droite, la suspension prolongée des libertés civiles et une posture ouvertement belliciste valent maintenant au président un large appui auquel il n’avait pas eu droit auparavant.

Le monde démocratique est en guerre ?

Ce sont plutôt les États-Unis et, dans leur sillage, les pays membres de l’OTAN, qui sont de plus en plus engagés dans une spirale de guerres. Cette politique n’a pas commencé en 2001, avec la soi-disant guerre contre le terrorisme, mais dès la fin de la Guerre froide, avec la guerre du Golfe de 1991, alors que George Bush père proclamait l’avènement d’un Nouvel ordre mondial (comprendre par là unipolaire, réglé par la seule puissance étasunienne). Quelques années plus tard, les néoconservateurs du Project for the New American Century, pour qui le leadership étasunien est fondamentalement bon et nécessaire pour le monde, insistaient sur le maintien de la suprématie militaire étasunienne comme clé pour l’avènement de ce nouveau siècle étasunien. Sur le fond, cette politique étrangère de suprématie étasunienne par la force a été poursuivie par le président Obama, qui en a développé un tout nouveau pan : la guerre des drones.

Dans un tel contexte, nous avons assisté, au cours des 25 dernières années, à l’effritement de l’ordre international mis en place au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, un effritement marqué par le non-respect de la Charte des Nations Unies, le dénigrement des instances internationales.  En témoignent, notamment, l’invasion illégale de l’Irak en 2003, l’opération Enduring Freedom, strictement sous commandement étasunien en Afghanistan, le détournement de la résolution 1973 du Conseil de sécurité en carte blanche pour le renversement du régime Gaddafi, etc.

La coalition dirigée par les États-Unis qui bombarde en Irak et en Syrie pour « contenir et éradiquer l’EI » est toute aussi illégale au regard du droit international. La Charte des Nations-Unies stipule en effet que le Conseil de sécurité doit être saisi de toute « menace à la paix et à la sécurité internationale » et que c’est à cette instance qu’il revient de prendre les mesures appropriées. Le fait que l’Irak ait appelé à l’aide ne fournit aucune justification à ce qu’un groupe de pays se lance en guerre dans la région, en profitant même pour bombarder un autre pays, la Syrie. La participation de la Russie à la guerre en Syrie, à l’invitation du régime el-Assad, est toute aussi problématique au regard du droit international et l’impact de ses bombardements est tout aussi dévastateur.

Une situation extrêmement dangereuse

L’accentuation de cette spirale guerrière, qui semble être recherchée par certains pouvoirs politiques occidentaux, est une voie totalement contre-productive et très dangereuse.

Le bilan des 14 dernières années de la soi-disant guerre contre le terrorisme est catastrophique. En plus de mettre à feu et à sang des pays entiers et de créer des millions de réfugié.e.s ou de déplacé.e.s internes, elle a entraîné l’éclosion de dizaines de nouvelles milices djihadistes, dont l’EI, souvent armées et financées par des intérêts proches des États-Unis et de leurs alliés au Moyen-Orient.

La guerre qui fait rage en Syrie est également le théâtre de tous les antagonismes entre puissances régionales rivales (Israël, Iran, Arabie saoudite, Turquie) et entre les Kurdes et la Turquie. Plus inquiétant encore, elle met pour la première fois en présence, directement sur le terrain, les États-Unis et la Russie, les deux plus grandes puissances militaires et nucléaires, dont les projets pour l’avenir de la Syrie sont en opposition et dont le monde ne peut pas se permettre qu’elles entrent ouvertement en guerre l’une contre l’autre!

La seule issue possible consiste dans la désescalade graduelle du conflit en respectant la souveraineté du pays et le droit international et dans le rétablissement d’un cadre multilatéral légitime, reflétant le contexte multipolaire du monde actuel. Les pays occidentaux doivent rejeter le projet étasunien d’hégémonie mondiale et le monde entier doit renoncer à la guerre. Même si la proposition peut sembler irréaliste, l’humanité a, là-dessus, une obligation de résultats aussi urgente et incontournable que pour les changements climatiques. Dans les deux cas, des intérêts énormes s’y opposent. Mais alors que dans le premier cas l’urgence d’agir est déjà bien comprise, dans le second elle l’est très peu, spécialement en Occident, fauteur de guerres et principal trafiquant d’armes dans le monde.

Décrochons des énergies fossiles ET décrochons de la guerre. C’est une question de survie!

samedi 7 novembre 2015

11 novembre, 10 h 30 : Vigile silencieuse pour toutes les victimes des guerres

Cette année encore, la cérémonie officielle de la Légion royale canadienne pour marquer le Jour du Souvenir à Montréal aura lieu sur les terrains de l’Université McGill, en présence de nombreux dignitaires.

Au même moment, le Collectif Échec à la guerre organise mercredi, le 11 novembre prochain, de 10 h 30 à 12 h, une action symbolique visant à donner un autre sens au Jour du Souvenir. Cette action vise à donner une plus grande visibilité au courant d’opinion publique qui désapprouve le caractère étroit et militaire des cérémonies officielles et la récupération qui en est faite pour glorifier la guerre et justifier la participation du Canada à de nouvelles guerres.
 
Nous vous invitons à y venir en grand nombre :
VIGILE SILENCIEUSE
Mercredi, 11 novembre, de 10 h 30 à 12 h
À l’intersection des rues Sherbrooke et McGill College (métro McGill)

Nous nous tiendrons debout, en silence, en affichant une bannière du Collectif dont le libellé est « Échec à la guerre; place à la paix » ainsi qu’une autre bannière qui dira simplement ceci : « À la mémoire de TOUTES les victimes de la guerre ». Des coquelicots blancs seront également en vente. Un communiqué de presse sera émis par le Collectif avant cette action.

PLUS NOUS SERONS NOMBREUX ET NOMBREUSES, PLUS NOTRE PRÉSENCE SILENCIEUSE SERA FORTE.

https://www.facebook.com/events/1167650013249310/

mercredi 23 septembre 2015

Le Canada et la promotion de la paix : un bilan désastreux

La Journée internationale de la paix, le 21 septembre, tombait cette année au milieu d’une campagne électorale et faisait suite à une controverse sur l’accueil des réfugiés de guerre — et non des « migrants », comme on les désigne en occultant la nature de ces migrations et notre responsabilité. Manquant à la compassion la plus élémentaire dans les circonstances, la première réaction de Stephen Harper a été de marteler son mantra : il faut continuer de bombarder l’État islamique. Cette position, qui en a scandalisé plusieurs et qu’il a dû ajuster, est cependant parfaitement conforme à la promotion de la guerre et du militarisme qui marque la politique étrangère et la politique intérieure du Canada.
 

Après l’Afghanistan et la Libye, encore la guerre : en Irak, en Syrie, en Ukraine


À la suite des attentats meurtriers à St-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa en octobre 2014, le gouvernement Harper a engagé le Canada officiellement dans la campagne de bombardements aériens contre l’État islamique en Irak, pilotée par les États-Unis. Le 30 mars dernier, le Parlement canadien a prolongé cette implication d’un an et l’a étendue à la Syrie. De plus, tout un train de mesures de surveillance et de restriction des droits ont été adoptées, dont la nouvelle loi antiterroriste (C-51), sous les critiques, notamment, de l’Association du Barreau canadien et du Comité des droits de l’homme de l’ONU.

À ce jour, M. Harper n’offre, pour justifier ces choix, qu’une propagande primaire : « Toutes les civilisations, toutes les nations civilisées, font face actuellement à un ennemi qui déteste tout ce qui nous caractérise : liberté, démocratie, tolérance, ouverture ». Or l’intervention militaire à laquelle le Canada participe est illégale au regard du droit international, puisque le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui doit être saisi de toute « menace à la paix et à la sécurité internationale », ne l’a jamais autorisée. Le fait que l’Irak ait appelé à l’aide ne peut servir de justification à ce qu’un groupe de pays se lance en guerre dans la région, en profitant même pour bombarder un autre pays, la Syrie.

Rappelons aussi qu’avant que l’Irak soit mis à feu et à sang par les États-Unis et une autre coalition de circonstance, le groupe armé État islamique n’existait même pas. De plus, l’appui dont ce groupe bénéficie au sein de la minorité sunnite d’Irak découle principalement de l’exclusion systématique et de la répression sanglante qu’elle a subies aux mains d’un pouvoir central, soutenu et armé par nos « nations civilisées ». Il y a donc fort à parier que plus de bombes larguées sur ces régions et plus d’armements livrés à ce pouvoir n’entraîneront pas beaucoup de sympathie pour « tout ce qui nous caractérise »…

Dans la même veine, les déclarations de politique étrangère du gouvernement ont généralement jeté de l’huile sur le feu. À titre d’exemple, en juillet dernier, le ministre des Affaires étrangères Rob Nicholson a réitéré les affirmations gratuites du Canada et d’Israël à l’effet que « l'Iran reste l'une des plus importantes menaces à la paix et à la sécurité internationales » même après l’entente internationale sur le nucléaire iranien. La position canadienne face à la Russie dans le conflit en Ukraine témoigne également de cette posture provocatrice.
 

Glorification de l’armée et patriotisme militaire


Le 17 juillet, lors de la cérémonie de passation des pouvoirs au nouveau chef d’état-major de la Défense canadienne, Stephen Harper a rappelé ses paroles antérieures à l’effet que « les Forces armées canadiennes avaient été au cœur de l’histoire de notre pays depuis plus de 200 ans » et il a poursuivi en disant « Elles sont au cœur de notre identité nationale, au cœur de la réussite de notre pays et parfois déterminantes pour sa survie ». Deux semaines plus tôt, à la Fête du Canada, près du quart de son discours rendait hommage à l’armée canadienne.

Le gouvernement Harper profite de toutes les occasions pour glorifier l’armée et jouer la carte du patriotisme militaire. Les voyages à l’étranger du PM et du ministre des Affaires étrangères – notamment en Ukraine – renforcent la position belliciste canadienne et s’accompagnent souvent de visites éclairs aux troupes canadiennes (comme au Koweït le 3 mai et en Pologne le 10 juin).

L’orientation générale donnée aux préparatifs du 150e anniversaire du Canada s’inscrit dans la même ligne. Déjà, en 2012 et 2013, le Canada a dépensé plus de 80 % des 42 millions de dollars du plan « En route vers 2017 », pour financer des activités marquant le bicentenaire de la guerre de 1812. Pour 2015, 2016 et 2017, le programme d’aide aux musées de Patrimoine canadien privilégiera les projets liés à certains jalons historiques, parmi lesquels on retrouve – sur le même pied que les anniversaires du drapeau, de la Coupe Stanley, de la LNH, des Jeux du Canada et des raids féniens – le 100e anniversaire du premier droit de vote des femmes, une avancée sociale autrement plus significative !

La priorité est cependant nettement accordée aux projets liés au 100e anniversaire de la Première Guerre mondiale et au 75e anniversaire de la Seconde Guerre mondiale, admissibles pour chacune des trois années.
 

Appel à nos concitoyennes et concitoyens à l’occasion de la Journée internationale de la paix


Les guerres dans lesquelles le Canada s’engage depuis plusieurs années, dans le sillage des États-Unis, n’ont rien de combats pour la liberté, la démocratie ou les droits des femmes. Elles sèment la mort et le chaos dans des pays dont le crime principal, aux yeux de l’empire, est de ne pas se plier à ses diktats. Alors que nos grands médias ne portent aucune attention aux conséquences désastreuses de ces guerres, le gouvernement nous inonde d’une propagande simpliste du Bien contre le Mal.

Au cours des dernières années, le discours des partis d’opposition à Ottawa a lui aussi été traversé par les faux prétextes humanitaires et sécuritaires pour justifier la guerre et ils n’ont pas sérieusement tenté de faire barrage à cette montée du militarisme au Canada, par ailleurs soutenue par des intérêts extrêmement puissants. Pour renverser la vapeur, la construction d’un important mouvement citoyen est donc nécessaire. La crise actuelle des réfugiées de guerre illustre bien cette possibilité et cette nécessité. Avant la mort du petit Aylan Kurdi, la situation de ces millions de personnes n’était en rien moins dramatique, mais elle n’était une priorité pour aucun parti politique. C’est la pression populaire qui en a fait un enjeu.

Cet automne, nous vous invitons à poser des gestes concrets en ce sens. Profitez d’abord de la campagne électorale pour questionner les candidats et les candidates sur les enjeux de guerre et de paix. Puis, à l’occasion du Jour du Souvenir, participez à la 5e campagne annuelle du coquelicot blanc en portant ce symbole de rejet du militarisme et de commémoration de toutes les victimes des guerres, dont la grande majorité sont des civils. Participez aussi aux diverses actions de la Marche mondiale des femmes au Québec qui s’opposeront « aux forces capitalistes, patriarcales et colonialistes qui sont responsables de l’austérité, de la destruction environnementale et de la militarisation ».

Pour voir la liste des signataires

vendredi 24 octobre 2014

Manifestation dimanche contre la participation canadienne à une nouvelle guerre en Irak


Manifestation contre la participation du Canada à la 3e guerre en Irak
Dimache le 26 Octobre à 13h 
au Square Dorchester à Montréal (coin Peel et René-Levesque). 
Organisé par Échec à la Guerre

Événement facebook : https://www.facebook.com/events/1721410708083563

jeudi 9 octobre 2014

Le Canada repart en guerre…

Collectif Échec à la Guerre

Montréal, mercredi 8 octobre 2014 – Le gouvernement Harper, majoritaire, entraîne le Canada dans une nouvelle guerre, au sein de la plus récente coalition mise en place par les États-Unis, cette fois-ci pour combattre le « groupe armé État islamique » (EI). Le Collectif Échec à la guerre rejette les prétextes sécuritaires ou humanitaires invoqués par les nouveaux coalisés et dénonce cette participation du Canada à une nouvelle agression occidentale illégale.

Soyons clairs d’abord sur une chose : nous sommes tout-à-fait d’accord pour considérer que les forces de l’EI sont responsables de crimes ignobles : massacres de minorités, décapitations ostentatoires d’otages, etc.

Malgré cela, il est faux de penser que l’EI représente une menace pour la sécurité internationale et pour celle du Canada. Et la prétention de nos gouvernements de « protéger les civils vulnérables et innocents de la région » en procédant à des bombardements ne résiste pas à une analyse un tant soit peu sérieuse.

Depuis 1991, ce sera la troisième guerre des États-Unis contre l’Irak, à la tête de diverses coalitions : aucun pays ni aucune force n’a jamais semé autant de destruction et massacré autant de « civils vulnérables et innocents » en Irak que les États-Unis. Les crimes de Saddam Hussein, terrible dictateur sans l’ombre d’un doute, palissent au regard des leurs. D’autre part, ce sont des fidèles alliés des États-Unis dans la région qui ont, depuis longtemps, armé et appuyé l’EI et d’autres groupes djihadistes en Irak et en Syrie ou qui leur ont permis de transiter par leurs frontières, le tout dans le but qu’ils renversent le régime Assad. Pendant toute cette période, on n’a surtout pas braqué les projecteurs des médias sur les crimes que ces forces commettaient et les marchands d’armes, y compris ceux du Canada, ont continué de faire de bonnes affaires…

L’intervention militaire à laquelle le Canada va participer est illégale au regard du droit international. La Charte des Nations-Unies stipule en effet que le Conseil de sécurité doit être saisi de toute « menace à la paix et à la sécurité internationale » et que c’est à cette instance qu’il revient de prendre les mesures appropriées. Le fait que l’Irak ait appelé à l’aide ne fournit aucune justification à ce qu’un groupe de pays se lance en guerre dans la région, en profitant même pour bombarder un autre pays, la Syrie. La mise en place de cette coalition et la participation canadienne ne font que contribuer à l’effritement de plus en plus grand de l’ordre international mis en place au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. De façon tout-à-fait malhonnête, la résolution conservatrice à la Chambre des Communes tente de conférer une légitimité à sa décision en faisant référence à la résolution 2178 du Conseil de sécurité; or cette résolution traite des combattants djihadistes étrangers et n’a rien à voir avec la coalition mise en place par les États-Unis.

Les frappes aériennes des nouveaux coalisés et la fourniture d’armes plus sophistiquées aux forces armées irakiennes et kurdes ne contribueront en rien à améliorer la situation dans cette région du monde, déjà complètement ravagée par la guerre. Bien au contraire, elles provoqueront plus de morts, de souffrances et de destruction. Elles approfondiront les divisions et intensifieront les « nettoyages » ethniques.

Le « groupe armé État islamique » contrôle un très large territoire par rapport à l’importance réelle de ses effectifs. Une des raisons de cette situation est l’appui, au moins tacite, dont il jouit de la part de l’importante minorité sunnite en Irak. En effet, depuis 2003, cette minorité a été l’objet de politiques sectaires et de terribles agressions militaires, d’abord de la part des forces d’occupation étasuniennes puis du pouvoir central shiite à Bagdad, appuyé et armé par les États-Unis. Le ressentiment de cette minorité a été canalisé en appui à l’EI. Des interventions qui viseraient à satisfaire certaines revendications sunnites contribueraient à atténuer ce ressentiment et affaiblirait l’EI. Les bombardements des coalisés auront l’effet contraire.

Le Collectif Échec à la guerre dénonce depuis quelque temps déjà la montée du militarisme au Canada. Le dénigrement des Nations Unies et la guerre s’affirment de plus en plus comme éléments centraux de la politique étrangère du gouvernement Harper. Même si nous approuvons, évidemment, les votes d’opposition du PLC, du NPD, du Parti Vert et du Bloc Québécois, nous déplorons la faiblesse de leurs argumentaires mettant trop l’accent sur la durée éventuelle de l’intervention, son possible « enlisement », etc. Et nous trouvons complètement contradictoire l’amendement proposé par le NPD qui aurait vu le Canada faire de l’humanitaire et… livrer des armes !

Le Collectif Échec à la guerre invite les Québécois et les Québécoises à faire connaître leur opposition à la participation canadienne à cette guerre par tous les moyens à leur disposition. Un appel à une manifestation de protestation à Montréal sera bientôt lancé.

jeudi 22 mai 2014

Un message du Collectif Échec à la Guerre

Bonjour !
 
ce message est une invitation à participer au lancement de la nouvelle brochure du Collectif Échec à la guerre, intitulée “La montée inquiétante du militarisme au Canada”.
 
 
 
Mercredi, 4 JUIN, 2014
de 18 h à 20 h


au Café-Bar
de la Cinémathèque québécoise

 
335 Boulevard de Maisonneuve Est
Montréal, QC
(Métro Berri-UQÀM)
 
 
Cette brochure de 44 pages documente la promotion tout azimut du militarisme au Canada, non seulement dans sa politique étrangère et sa propagande de recrutement militaire, mais dans tous les domaines : économie, histoire, éducation, recherche, immigration, patrimoine, etc.
 
Le militarisme est au cœur de l’idéologie du gouvernement Harper. Sa mise en œuvre coûteuse progresse rapidement et se fait au détriment des sphères d’activité sociales de l’État et de la démocratie. Les luttes pour défendre le bien commun, pour préserver et élargir les acquis sociaux, doivent donc être menées de concert avec la dénonciation de la montée du militarisme au Canada. Nous espérons que cette nouvelle brochure contribuera à une meilleure compréhension de ces enjeux.
 
En plus de présenter la brochure, le lancement sera l’occasion de voir comment sa diffusion s’articule aux priorités de travail du Collectif pour la prochaine année.
 
Nous avons hâte de vous présenter tout ça et d’en jaser avec vous dans une atmosphère conviviale !
 
Solidairement,
 
Le Comité de suivi du Collectif Échec à la guerre:

jeudi 8 novembre 2012

Le Jour du Souvenir, portons le coquelicot blanc !

Montréal, lundi 5 novembre 2012 - Le Collectif Échec à la guerre lance aujourd’hui officiellement sa deuxième campagne annuelle du coquelicot blanc à l’occasion du Jour du Souvenir. Il invite tous ceux et celles qui pensent qu’il faut en finir avec les guerres à le porter le 11 novembre prochain.
La campagne du coquelicot rouge commémore les victimes militaires lors des conflits armés. Nous partageons la peine des familles qui ont ainsi perdu des êtres chers. Toutefois, la campagne du coquelicot blanc vise à porter l’attention sur toutes les victimes de la guerre. Depuis la Deuxième Guerre mondiale, la très grande majorité des morts lors des guerres sont des civils, en particulier des femmes et des enfants. Selon Suzanne Loiselle, porte-parole du Collectif Échec à la guerre, « au-delà du nombre de morts, nous ne devons jamais oublier qu’il y a tant d’autres personnes violées, blessées, mutilées et d’innombrables drames humains causés par les guerres ».
De plus, en portant le coquelicot blanc, la population affirme son opposition à la guerre et sa détermination à lutter pour un monde de paix. Nous ne voulons pas « nous souvenir » en endossant les interventions guerrières canadiennes à l’étranger, l’accroissement des dépenses militaires et la montée du militarisme au Canada.
En effet, au cours de la dernière année, le gouvernement Harper a souvent contribué à attiser les tensions internationales par des déclarations incendiaires, notamment sur l’Iran, la Syrie et le rôle même des Nations Unies. Dans une vaste campagne de commémoration de la guerre de 1812, il a accentué la promotion d’un nouveau patriotisme militaire que nous rejetons. Nous dénonçons l’absence de transparence et l’érosion du rôle du Parlement en ce qui concerne, notamment, le coût des interventions et des équipements militaires et même le rôle des troupes canadiennes déployées à l’étranger.
Cette année, de nombreuses personnalités se sont ouvertement engagées à porter le coquelicot blanc. Pour lire leur engagement et connaître la liste des signataires, cliquez ici.