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dimanche 5 novembre 2017

Vote à l'ONU contre le blocus : Les États-Unis encore une fois isolés

Marianne Breton Fontaine

C'est à 191 pays contre deux que l'Assemblée générale de l'ONU a adopté la résolution affirmant la « Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d’Amérique à Cuba ». Bien-entendu, les deux seuls opposants à cette résolution furent les États-Unis et leur allié, Israël.




Cette résolution contre le blocus est présentée à l'ONU tous les ans depuis 1991. En 2016, de manière exceptionnelle, les États-Unis s'était abstenu au moment du vote, et Israël les avait suivi. La résolution avait donc été adoptée sans opposition. Cette abstention avait eu lieu dans un contexte d'espoir alors que les relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis se détendait quelque peu Ceci étant dit, Barack Obama n'avait pas mis fin au Blocus alors qu'il en avait l'occasion, ni à l'ingérence systématique de son pays dans les affaires nationales cubaines. Il n'en reste pas moins que le changement de direction sous l'ancienne administration était positif. Malheureusement, cette direction adopté par Barack Obama n'a pas été reconduite sous Donald Trump. Le vote à l'ONU cette semaine montre bien le retour de la politique belliqueuse des États-Unis contre Cuba.

L'agence France-Presse a rapporté les propos de Nikki Haley, ambassadrice américaine à l’ONU à la suite du vote 1er Novembre. Celle-ci a affirmé que « chaque année, l’Assemblée générale de l’ONU perdait son temps à examiner cette résolution ». Elle a défendue le blocus en prétextant qu'il servait à la défense des droits humains et a attaqué l'économie et le bilan social de Cuba. L'ambassadrice a ajouté que « le blocus de Cuba est inscrit dans la loi américaine et seul le Congrès américain a le pouvoir d’y mettre fin ».

Ces justifications au blocus ne sont pas nouvelles. Les États-Unis brandissent constamment de soi-disant violation des droits humains à Cuba, sans pour autant les documenter. Une de ses accusations récurrentes est l'arrestation de journalistes, surtout portée par l'ONG Reporters sans frontières. Or plusieurs journalistes ont remis en cause l'indépendance de cette organisation, dont l'un de ses membres fondateurs, Rony Brauman, qui l'a quitter depuis. Les personnes arrêtés par Cuba ont été accusées d'avoir reçu des fonds étrangers et agit au nom des États-Unis. Certaines de ces personnes ont été accusées de terrorisme pour avoir tenté de poser des bombes dans des lieux publics. Une seule de ces personnes avait reçu une formation de journaliste. Ce qui est certain, c'est que l'assassinat de journalistes était affaire courante sous l'ancien régime de Batista, régime soutenu par les États-Unis, et que la révolution cubaine a mis fin à cette barbarie. Le dernier assassinat de journaliste sur l'île à eu lieu en 1958.

La véritable motivation des États-Unis est son opposition au choix d'une économie socialiste par la société cubaine et son désir de renverser le gouvernement cubain. Cette motivation fut très clairement exprimée en 1960 par Lester D. Mallory, alors sous-secrétaire d'État assistant aux Affaires inter-américaines des États-Unis. Celui-ci avait écrit dans un mémorandum que la seule façon de renverser le gouvernement cubain, alors dirigé par Fidel Castro, était de provoquer « la faim et le désespoir » parmi les Cubains, afin de les pousser à « renverser le gouvernement », soutenu par « la majorité des Cubains ». Pour ce faire, il affirmait que le gouvernement américain devait utiliser « tous les moyens possibles pour miner la vie économique de Cuba ». 

La Table de Concertation et de Solidarité Québec-Cuba (TCSQ-Cuba) a organisé un piquetage à Montréal contre le Blocus en coordination avec d'autres actions prenant place dans 15 villes au Canada et aux États-Unis.  Ces activités ont été coordonnées par la coalition US-Cuba Normalization. La trentaine de personnes réunis à Montréal a distribué plus de 260 tracts et fait signer une pétition contre le blocus. Le prochain piquetage organisé par la TCSQ-Cuba aura lieu le 17 novembre.




(Source des photographies : 1ère en haut - Cuba Solidarity Campaign ; 2e en bas - TCSQ-Cuba)

samedi 21 janvier 2017

Marche des femmes sur Washnigton



À nous de nous mobiliser et de nous unir dans la riposte contre les politiques anti-sociales!

Déclaration de la LJC-Québec

L’élection de Donald Trump comme président des États-Unis est un grave danger pour les jeunes travailleurs et les travailleuses de ce pays et du monde entier. Cette élection a entraîné un mouvement vers l’extrême droite à la Maison-Blanche, ainsi que dans les deux chambres de gouvernement, et sera probablement reflétée dans le pouvoir judiciaire. La montée de l’extrême droite fait partie de la crise systémique du capitalisme, alors que la politique bourgeoise se tourne vers des méthodes de plus en plus violentes pour sauver le capitalisme en faisant payer la crise à la classe ouvrière. L’élection de Trump a déjà conduit à l’amplification du nombre d’actes de violence xénophobe et raciste et à un durcissement de la culture de la misogynie et du viol. Ces idées ne connaissent pas les frontières et se propagent ici au Canada, comme dans d'autres pays. Elles trouvent leur écho dans des groupes fascistes tels que Pédiga ou Golden Down qui se sont installés au Canada. Elles ont aussi une résonnance dans le discours de "Rambo" Gauthier, alors que celui-ci s'affiche ouvertement comme un admirateur de Trump, contre les personnes immigrantes et relaie les femmes à leur cuisine et à "parler de linge", tandis que les "boys" font de la vraie politique. 

Des millions de femmes et leurs alliées, de personnes de la communauté LGBTQIA, de travailleurs et des travailleurs, de personnes racisées et de jeunes se sont organisés aujourd'hui dans des manifestations dans plusieurs villes dans le monde pour réitérer que les droits des femmes seront ardemment défendues, et que la lutter pour une véritable égalité continuera. Ce mouvement massif est une message fort d'unité et de résistance auquel la Ligue de la jeunesse communiste joint sa voix et sa solidarité.

Trump et son administration planifient imposer aux femmes des recules importants. Pourtant, nous étions déjà loin d'avoir atteint l'égalité au Canada comme aux États-Unis. Faut-il rappeler encore une fois que l'écart salariale entre homme et femme est toujours de plus de 20% ? De grands secteurs de l'économie et de l'emploi restent fermés aux femmes, tandis que d'autres secteurs ont une très forte concentration de travailleuses et offrent souvent des emplois plus précaires et peu rémunérés. Lorsque les Libéraux du Québec et d'autres gouvernements de droite coupent dans les services publics, ce sont les femmes qui perdent majoritairement leur emplois ou qui voient leur conditions de travail se dégrader. D'un autre côté, les politiques "de relance" du gouvernement Trudeau sont non seulement un écran de fumée, mais le peu d'effet qu'elles auront favorisera des secteurs d'emplois masculins puisque les investissements se dirigent dans les infrastructures. La violence sexuelle persiste alors que les scandales sur les campus universitaires nous montre à quel point la culture du viol est ancré dans nos société. Au croisement entre racisme, colonialisme et sexisme, les femmes autochtones continuent de subir la violence systémique dans une indifférence encore presque totale et surtout, sans offre de réparation et sans que le Canada ne reconnaisse sa responsabilité et le droit à l'autodétermination des peuples autochtones. 

Face à cela, nous ne disons pas que non, nous agissons et mettons de l'avant notre propre vision de ce que devrait être la société. Il faut étendre les services sociaux, mettre en place un système universelle et gratuit pour la garde des enfants, défendre la gratuité scolaire, financer des services de planning familiale et les rendre accessible à toutes les femmes, nationaliser les secteurs-clés de l'économie tel que l'énergie, mettre fin aux inégalités de salaire entre hommes et femmes, ouvrir nos portes aux personnes réfugiées, et augmenter à au moins 15$ de l'heure le salaire minimum. 

Trump pour la paix, Trump ami des peuples, Trump, l’ardent défenseur du droit des peuples à l’autodétermination! C’est ce qu’il veut que nous croyons. Lors de son discours inaugural, il a clairement indiqué qu’il n’était plus question que les États-Unis jouent le rôle de gendarme du monde. Ceci n’est en rien attribuable à des visées plus pacifistes que celles d’Obama ou d’Hilary Clinton. Il est vrai qu’avec l’administration Obama, la menace d’une guerre contre la Russie planait. Néanmoins, malgré les belles paroles de Trump, celle-ci est toujours réelle. 

En effet, le 45e Président des États-Unis reprend la vieille rhétorique de la «guerre contre le terrorisme». Si réellement Trump était pour la paix dans le monde, il n’aurait pas annoncé vouloir doubler le budget militaire. S’il s’est attaqué à l’OTAN, c’est pour dénoncer les pays membres qui ne feraient pas leur juste part. Il a peut-être fait croire, lors d’un débat l’opposant à Clinton, qu’il ne se serait pas engagé en Syrie et en Irak, mais en fait, avant même que les États-Unis ne se soient engagés dans cette guerre impérialiste, Trump lui-même avait dénoncé l’inaction états-unienne.

Trump s’est peut-être permis de parler d’un rapprochement avec la Russie. Ceci témoigne certes d’une nouvelle approche dans la politique internationale des États-Unis, mais cette nouvelle approche ne saurait en rien garantir une paix durable, bien au contraire! Se rapprocher de la Russie d’un côté pour isoler la Chine (principal bailleur de fonds de la dette états-unienne) de l’autre (rappelons-nous sa position sur Taïwan) revient à remplacer la guerre conventionnelle par une guerre économique. L’une ne peut être séparée de l’autre: ce que veut Trump, en définitive, c’est du temps pour mieux placer ses pions et être plus à même de faire des États-Unis non pas les gendarmes du monde, mais les ordinateurs d’un monde entier soumis à leur botte. 

Durant toute la campagne présidentielle, la question de l’impérialisme états-unien, principal obstacle à une paix durable, n’a jamais été remis en cause ni par Clinton ni par Trump. Ce dernier s’est peut-être fait le chantre du protectionisme et de la souveraineté nationale, mais, lorsque le Commandante Fidel Castro est mort, il ne s’est empêché de laisser sous-entendre que la ligne dure sur la question cubaine serait de mise et qu’il ferait fi des discussions entreprises pour normaliser les relations entre Cuba socialiste et les États-Unis. Idem pour la question de Palestine: Obama s’est permis en fin de mandat, avec couardise, de dénoncer les colonies israéliennes, ce qui a suscité l’ire immédiate de Trump qui s’est présenté comme le seul allié d’Israël. 

Nouvelle administration, certes, nouveau parti au pouvoir donc nouvelles méthodes, mais en définitive, Trump tente de s’ériger en maitre du monde et notre mobilisation pour garantir une paix durable et pour combattre l’impérialisme des États-Unis, de l’OTAN et de leurs alliés est, plus que jamais,  nécessaire. 

Trump se veut l’ami du peuple. Pourtant, à l’image de ses semblables d’extrême droite que sont Marine Le Pen, Orban Viktor ou encore Beppe Grillo et leurs partisans, il entretient une haine contre les travailleurs et les masses populaires organisés. Trump s’adresse aux «gens qui travaillent» (working people) comme Sarkozy s’est adressé à la «France qui travaille», mais partout où le peuple s’organise, il est le premier à prendre le contrepied et à se positionner clairement du côté du patronat. Augmenter les impôts pour les entreprises? Jamais! Augmenter les salaires à 15$ l’heure? Non plus: les États-Unis sont trop dans la merde disait-il lors d’un débat à l’investiture républicaine! Il y a fort à parier qu’en 1936-37, lors de la »grève sur le tas« des travailleurs automobile de Flint, Michigan, Trump et ses partisans se seraient rangés du côté des briseurs de grève et non du côté de ceux qui luttent. 

Que l’extrême droite fascisante reprenne à son compte et dévoie certaines propositions de longue date formulées par les travailleurs ne date pas d’hier. Souveraineté nationale ne rime pas avec souveraineté populaire. L’élection de Trump a fait montre que la crise capitaliste n’est en rien terminée: ses victimes les plus désespérées cherchent à tout prix une solution et sans réelle politique progressiste mise sur la table lors des dernières élections états-uniennes, c’est Trump qui a remporté la grosse part du gâteau. Notre mobilisation est donc des plus importantes. La défense et l’expansion du service public au Québec et au Canada, la gratuité scolaire, la création d’emplois stables et syndiqués, rémunérés à 15$ l’heure minimum; voilà des mesure qui parviendraient à renverser la vapeur et saper la base sociale qui a permis l’élection de Trump aux États-Unis. Le budget d’austérité des libéraux de Couillard semble un épisode du passé, pourtant, leur réforme du système de santé est toujours à l’ordre du jour. L’accession à la présidence de Donald Trump est l'oeuvre des politiques anti-sociales imposées par les différentes administrations états-uniennes. À nous de nous mobiliser, de nous unir dans la riposte contre les politiques anti-sociales afin de ne pas en arriver là. 

lundi 28 novembre 2016

Contre l’agenda d’extrême droite de Trump




Déclaration du Comité exécutif central de la YCL-LJC

Novembre 2016

L’élection de Donald Trump comme président des États-Unis est un grave danger pour les travailleurs et les travailleuses de ce pays et du monde entier, y compris le Canada. Cette élection a entraîné un mouvement vers l’extrême droite à la Maison-Blanche, ainsi que dans les deux chambres de gouvernement, et sera probablement reflétée dans le pouvoir judiciaire. Il ya un besoin immédiat de nous organiser et de nous unir contre cette nouvelle réalité menaçante.

Trump est le chef de facto d’un mouvement fasciste qui s’est développé de manière importante aux États-Unis. Nous avons assisté à l’organisation de mouvements similaires sur la base de la xénophobie, du racisme et de la violence en Europe, et au Canada où ils émergent. Cela inclut de nouveaux groupes importés d’Europe comme les soldats d’Odin, Pegida, Right Sector et Golden Dawn, qui sont tous présents au Canada, ainsi que des groupes qui ont déjà leur propre histoire sanglante dans ce pays comme le KKK. Les conditions socio-économiques en déclin sont le terrain fertile qui permet à ces groupes de prendre de l’expression. Leurs idées ont aussi une expression dans les partis bourgeois bien établis comme en témoigne le débat actuel du Parti conservateur qui se questionne sur le niveau de xénophobie à promouvoir autour de la campagne pour la direction de Kellie Leitch.

La montée de l’extrême droite fait partie de la crise systémique du capitalisme, alors que la politique bourgeoise se tourne vers des méthodes de plus en plus violentes pour sauver le capitalisme en faisant payer la crise à la classe ouvrière. L’élection de Trump a déjà conduit à l’amplification du nombre d’actes de violence xénophobe et raciste et à un durcissement de la culture de la misogynie et du viol.
Les résultats de l’élection montrent une crise approfondie dans le cadre politique néo-libéral. Hillary Clinton, qui a été directement sélectionnée par la direction du Parti démocratique, a été largement reconnue pour ce qu’elle est, une représentante du capital monopoliste impérialiste, qui était à la fois peu disposée et incapable de proposer une plate-forme qui aurait des réponses réelles à l’aggravation chronique des conditions économique et sociale ; conditions auxquelles sont confrontés la grande majorité des travailleurs et des travailleuses des États-Unis.

Le programme social-démocrate de Bernie Sanders a été rejeté par le comité national démocrate plus tôt cette année, bien qu’il ait trouvé beaucoup de résonance parmi les travailleurs et les travailleuses, en particulier chez les jeunes. Alors que les gens réclamaient un réel changement, Clinton promettait plus de réglementation et davantage de guerre. L’extrême droite démagogique, la droite religieuse, le KKK, l’armée, la police et les intérêts corporatifs les plus réactionnaires se sont unis autour de Trump et ont avancé un message de changement basé sur un langage anti-establishment avec une forte dose de suprématie blanche.

Cette réalité se reflète chez les jeunes. Les jeunes ont été durement frappés par des décennies de néolibéralisme et de délocalisation qui ont entraîné une désindustrialisation et des pertes d’emplois. L’économie capitaliste d’aujourd’hui offre des perspectives d’emploi précaire, de pauvreté et chômage aux jeunes générations. Ceux qui parviennent à obtenir un diplôme d’études postsecondaire dans cette économie le font au prix d’un niveau record d’endettement. Pour ceux et celles qui ne parviennent pas à atteindre cet objectif, en particulier les personnes noires, les latinos, les autochtones et les autres jeunes racisés, en raison d’un racisme systémique profondément enraciné, le système offre la prison comme solution. Les personnes prises dans le système carcéral se voient refuser le droit de vote. 6,1 millions de personnes ont ainsi été privées de leurs droits en raison de leur criminalisation. Cette criminalisation se fit dans le cadre d’un racisme systémique alors qu’une personne noire sur 13 aux États-Unis est incarcérée. Malgré le danger réel que représente Trump pour les jeunes, et les tendances politiques généralement plus progressistes des jeunes, leur soutien aux démocrates est tombé aux dernières élections, et de manière encore plus spectaculaire depuis 2008. Alors que 37 % des 18-29 ont voté Républicain en 2012 et 2016, 60 % ont voté pour Obama en 2012 contre 54 % pour Clinton cette élection. En 2008, le vote des jeunes pour Obama était de 66 %.

La grande promesse de Donald Trump d’augmenter les salaires et de créer des emplois est pure fantaisie. Son véritable programme est celui du grand capital. Cela comprend l’élimination des impôts sur les sociétés et de toute réglementation des banques, ainsi que la réduction de l’éducation, des soins de santé et de la sécurité sociale. Tout en s’opposant à l’ALENA et au PPT, il veut des accords de libre-échange qui favorisent encore plus le capital américain. En s’opposant à une zone d’exclusion aérienne en Syrie et en disant qu’il veut des relations moins hostiles avec la Russie, il propose une guerre frontale avec ISIS, veut doubler ses dépenses militaires et s’est entouré des pires faucons impérialistes, incluant sont colistier qui a critiqué à la fois Trump et Clinton d’être trop mou avec la Russie. Trump n’est pas mieux que Clinton quand il s’agit des dangers de déclencher une potentielle guerre mondiale.

La lutte contre les changements climatiques est maintenant plus importante que jamais avec une maison blanche où son président qui ne reconnaît même pas l’existence de cette menace immédiate pour l’humanité et la planète. Les républicains ont annoncé qu’ils déchireront les Accords de Paris ; accord déjà trop tiède pour repousser les pires conséquences des changements climatiques.

Pour les femmes, la nouvelle administration propose de reculer des décennies en arrière. Trump a fait la promesse de s’attaquer aux droits reproductifs des femmes en coupant le financement aux organismes de planification familiale. Son contrôle sur le pouvoir législatif nous fait craindre raisonnablement pour la fin du droit à l’avortement. Pour les personnes immigrantes, Trump a fait de l’expulsion de toutes les personnes immigrantes sans papiers sa pierre angulaire. Il promet de construire un mur à la frontière avec le Mexique et d’empêcher les personnes de confession musulmanes d’entrer aux États-Unis. Pour la communauté LGBTQIA, la plateforme des républicains attaque l’adoption d’enfant par des couples de même sexe, s’oppose au bannissement des thérapies de « guérison » ou de « conversion », et soutient les lois sur la « liberté religieuse » qui exempte les homophobes de respecter les lois antidiscrimination. En outre, la rhétorique de Trump sur ces questions et sur d’autres ouvre l’espace politique aux groupes fascistes et néonazis, favorisant leur épanouissement et leur organisation. Il faut vaincre la suprématie blanche, la misogynie, la transphobie et l’homophobe de Trump.

Le gouvernement Trudeau ici au Canada a répondu aux élections américaines affirmant espérer travailler avec Trump, « notamment sur des questions telles que le commerce, les investissements, la paix et la sécurité internationale ». Trudeau, qui a condamné la rhétorique de Trump il ya quelques mois, souligne maintenant les « valeurs partagées, les liens culturels profonds et les économies fortement intégrées » du Canada comme base pour « faire progresser notre partenariat solide et prospère ». Les actions de Trudeau ne font rien pour être solidaires des travailleurs et des travailleuses au sud de la frontière. En fait, ils encouragent l’extrême droite aux États-Unis et au Canada. Trudeau et la classe capitaliste canadienne sont prêts à travailler avec Trump. Ils se concentrent maintenant sur leurs véritables préoccupations: maintenir des accords de libre-échange, l’alliance impérialiste de l’OTAN, et continuer à construire des pipelines. Lutter contre ce nouveau danger au sud de la frontière signifie aussi exiger de notre propre gouvernement une politique étrangère indépendante de paix, de justice climatique et de commerce équitable, et non de libre-échange.

En tant que jeunes au Canada, nous regardons non seulement avec indignation le sud, mais aussi avec inspiration. Le mouvement Black Lives Matter aux États-Unis, qui luttent contre le racisme systémique et la brutalité policière, nous a inspirés et mobilisés ici au Canada, où nous avons notre propre racisme profondément enraciné. Les protecteurs de l’eau à Standing Rock en lutte contre l’oléoduc South Dakota Access Pipeline ont montré qu’il est possible de lutter contre le colonialisme et la destruction de l’environnement et de gagner. Les États-Unis ont une fière tradition ouvrière de résistance et d’organisation révolutionnaire, et les jeunes ont souvent joué un rôle clé et dynamique dans ces luttes. Le moment est venu de prendre des mesures de solidarité pour bloquer Trump et son programme d’extrême droite ici même au Canada. Nous devons lutter contre le système qui a produit cette nouvelle offensive réactionnaire. Notre solidarité est directement liée à la lutte contre l’impérialisme au niveau international et à notre lutte pour la paix, l’égalité, la démocratie, le progrès social et le socialisme ici, chez nous.

vendredi 11 novembre 2016

S’unir contre les racistes d’extrême-droite de Trump : Déclaration du Parti communiste du Canada



Déclaration sur les élections américaines,
Comité exécutif central, Parti communiste du Canada, 9 novembre 2016


L'élection de Donald Trump marque un changement extrêmement dangereux qui menace la paix, la démocratie et la souveraineté à l'extérieur des États-Unis, et les droits civils et sociaux, ainsi que le droit à l’égalité aux États-Unis mêmes. En tant que chef de facto d'un mouvement fasciste, Trump a été comparé à Silvio Berlusconi, le dirigeant fasciste du parti italien Le peuple de la liberté. Les Républicains contrôlent maintenant la Chambre des représentants, le Sénat et le pouvoir exécutif, avec le pouvoir de faire des nominations cruciales à la Cour suprême.

Nous assistons à la montée d'un mouvement politique d'extrême-droite semblable à ceux que nous connaissons dans plusieurs pays européens, avec tout le racisme violent, le sexisme, la xénophobie, l'islamophobie, l'homophobie, et la transphobie qui les accompagnent. Le premier chef de parti de l’étranger à avoir félicité Trump, lors de la soirée électorale, a été Marine Le Pen du Front national, le parti d'extrême-droite de France.

Malgré les répudiations faites antérieurement par de nombreux et d’importants dirigeants du parti, la plupart des électrices et des électeurs républicains ont voté pour Trump. À la fin de la campagne, la plupart d'entre elles et d’entre eux se sont ralliés à Trump et aux candidates et candidats républicains au Congrès et au Sénat. Parmi les autres facteurs, on peut mentionner le taux de participation relativement faible, les tactiques racistes de suppression d’électrices et d’électeurs, le système de collège électoral qui a permis à Trump de gagner en dépit d’une part moindre en sa faveur du vote populaire, ainsi que la vaste étendue des vues misogynes et sexistes existant aux États-Unis.

Mais la victoire de Trump tient également à l'incapacité de la campagne d’Hillary Clinton de maintenir ensemble la vaste coalition des forces qui avait mené à l'élection de Barack Obama en 2008 et à sa réélection en 2012, y compris les électrices et les électeurs noirs et hispaniques, les femmes, les syndicats et la jeunesse. Dans cette campagne, la participation des Afro-américaines et des Afro-américains a été nettement inférieure. Une coalition semblable, bien que plus petite, s'était formée autour de Bernie Sanders, un prétendu socialiste démocratique. Après la défaite de Sanders pour l’investiture démocrate, beaucoup de ses partisanes et de ses partisans ont choisi de rester à la maison même si la plateforme démocrate incluait certaines de ses politiques. D'autres ont voté pour la candidate du Parti Vert, Jill Stein, ou d'autres tierces candidates et tiers candidats, plutôt que de soutenir Clinton, qui était largement reconnue comme belliciste et représentante des banques, du capital financier, et du 1%. L'establishment du Parti démocrate, qui avait choisi Clinton pour l’investiture, a tourné le dos à la classe ouvrière américaine qui doit faire face à l'aggravation des conditions sociales, à l'effondrement des salaires et du niveau de vie, et à un chômage massif permanent.

Dans le processus, la campagne de Clinton a aidé Trump à construire son image d’outsider qui  ne doit rien à personne, bien qu'il était en réalité fortement financé et soutenu par le groupe Breitbart et les mouvements alt.right, le Tea Party, la droite religieuse, le KKK, l'armée, la police et les services secrets, ainsi que par des intérêts corporatifs réactionnaires qui, dans les coulisses, ont sans aucun doute contribué à financer la campagne. Trump n'a jamais été le cowboy solitaire qu'il prétend être, ni financièrement, ni politiquement. Il est aujourd'hui le chef de file des forces d’extrême-droite et fascistes des États-Unis.

La crise capitaliste en cours depuis 2008, conjuguée à la désindustrialisation systématique, aux fermetures d'usines et aux pertes d'emplois découlant des accords commerciaux capitalistes internationaux, comme l'ALENA et le prochain PTP, a créé un point tournant. Peu disposés à continuer avec le statu quo, les travailleuses et les travailleurs sont devenus de plus en plus en colère et amères, exigeant du changement.

Le champ était grand ouvert aux alternatives démagogiques avancées par l’extrême-droite : attaques contre les immigrantes et les immigrants, contre les communautés racisées, les musulmanes et les musulmans, les femmes, des élites non identifiées, y compris les syndicats et les groupes militant pour l'égalité, ainsi que la législation, le tout blâmé pour la crise dans le pays. Make America Great Again résumait la grande promesse de Trump d’améliorer les conditions de vie des chômeuses et des chômeurs, des sections non-syndiquées de la classe ouvrière blanche (masculine) et des petites entreprises ruinées, et de leur permettre d’assouvir leur vengeance contre celles et ceux tenus responsables de leur situation.

Les promesses de Trump à l’effet de créer des emplois et d'élever le niveau de vie sont des fantaisies pour tromper le public. Son objectif est de réduire les impôts des sociétés, d'éliminer la réglementation des sociétés et des banques, de couper dans l'éducation et les soins de santé, de privatiser les biens et services publics, de supprimer les droits civils, syndicaux et démocratiques, d'expulser les immigrantes et le immigrants, d'abroger Obamacare, de nommer des juges qui vont attaquer les droits reproductifs, de déchirer les Accords de Paris et d'autres efforts pour lutter contre les changements climatiques. Il sera responsable des codes des armes nucléaires américaines, et il propose de doubler les dépenses militaires. Il n'y aura pas de répit pour respirer avec Trump, qui continuera la politique impérialiste des anciens présidents, incluant de nouvelles guerres au Moyen-Orient et en Asie centrale, la poursuite de l'agression en Afrique, des changements de régimes en Amérique latine et la politique de l'OTAN en vue d’encercler la Russie et la Chine.

Logé à la porte juste à côté, le Canada ne sera pas immunisé. L'investissement et le contrôle des États-Unis se répercutent directement sur l'économie canadienne, nos politiques d'extraction d'énergie et de ressources sont très semblables, nos politiques environnementales sont presque aussi mauvaises et la politique étrangère canadienne et le soutien à l'OTAN marchent au pas cadencé. Là où il ya des différences, les États-Unis prévalent toujours. Cela va inclure tout amendement à l'ALÉNA ou au PTP, au pipeline Excel de Keystone et à d'autres projets de pipeline.

Face à cet assaut, les travailleuses et les travailleurs au Canada et aux États-Unis, et en particulier les syndicats, doivent s'organiser pour défendre des droits et des normes durement gagnés et pour mobiliser à grande échelle pour une action politique unitaire et indépendante de masse dans les rues pour arrêter Trump et l'extrême-droite sur leur lancée. L'unité du mouvement ouvrier et des mouvements populaires canadiens avec nos homologues américains renforcera cette lutte dans les deux pays. Le Parti communiste du Canada est solidaire avec celles et ceux qui ont voté contre et ont combattu pour vaincre Trump, avec le mouvement Black Lives Matters, les protectrices et les protecteurs de l'eau à Standing Rock et toutes les autres luttes post-électorales contre l'extrême droite aux États-Unis, au Canada et dans le monde entier. Pour réussir, ce combat doit inclure un programme et des politiques pour le changement réel, fondamental et progressiste que les travailleuses et les travailleurs recherchent désespérément. Dans l'intervalle, unité, unité et plus d'unité est ce dont nous avons besoin dans cette lutte. Le peuple uni jamais ne sera vaincu!