Marianne Breton Fontaine
C'est à 191 pays contre deux que l'Assemblée générale de l'ONU a adopté
la résolution affirmant la « Nécessité de mettre fin au blocus
économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d’Amérique
à Cuba ». Bien-entendu, les deux seuls opposants à cette résolution
furent les États-Unis et leur allié, Israël.
Cette résolution contre le blocus est présentée à l'ONU tous les ans depuis 1991. En 2016, de manière exceptionnelle, les États-Unis s'était abstenu au moment du vote, et Israël les avait suivi. La résolution avait donc été adoptée sans opposition. Cette abstention avait eu lieu dans un contexte d'espoir alors que les
relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis se détendait quelque peu Ceci étant dit, Barack Obama n'avait pas mis fin au Blocus alors qu'il en avait l'occasion, ni à l'ingérence systématique de son pays dans les affaires nationales cubaines. Il n'en reste pas moins que le changement de direction sous l'ancienne administration était positif. Malheureusement, cette direction adopté par Barack Obama n'a pas été reconduite sous Donald Trump. Le vote à l'ONU cette semaine montre bien le retour de la politique belliqueuse des États-Unis contre Cuba.
L'agence France-Presse a rapporté les propos de Nikki Haley, ambassadrice américaine à l’ONU à la suite du vote 1er Novembre. Celle-ci a affirmé que « chaque
année, l’Assemblée générale de l’ONU perdait son temps à examiner cette
résolution ». Elle a défendue le blocus en prétextant qu'il servait à la défense des droits humains et a attaqué l'économie et le bilan social de Cuba. L'ambassadrice a ajouté que « le blocus de Cuba est inscrit dans la loi américaine et seul le Congrès américain a le pouvoir d’y mettre fin ».
Ces justifications au blocus ne sont pas nouvelles. Les États-Unis brandissent constamment de soi-disant violation des droits humains à Cuba, sans pour autant les documenter. Une de ses accusations récurrentes est l'arrestation de journalistes, surtout portée par l'ONG Reporters sans frontières. Or plusieurs journalistes ont remis en cause l'indépendance de cette organisation, dont l'un de ses membres fondateurs, Rony Brauman, qui l'a quitter depuis. Les personnes arrêtés par Cuba ont été accusées d'avoir reçu des fonds étrangers et agit au nom des États-Unis. Certaines de ces personnes ont été accusées de terrorisme pour avoir tenté de poser des bombes dans des lieux publics. Une seule de ces personnes avait reçu une formation de journaliste. Ce qui est certain, c'est que l'assassinat de
journalistes était affaire courante sous l'ancien régime de Batista,
régime soutenu par les États-Unis, et que la révolution cubaine a mis fin à cette barbarie. Le dernier assassinat de journaliste
sur l'île à eu lieu en 1958.
La véritable motivation des États-Unis est son opposition au choix d'une économie socialiste par la société cubaine et son désir de renverser le gouvernement cubain. Cette motivation fut très clairement exprimée en 1960 par Lester D. Mallory, alors sous-secrétaire d'État assistant aux Affaires inter-américaines des États-Unis. Celui-ci avait écrit dans un mémorandum que la seule façon de renverser le gouvernement cubain, alors dirigé par Fidel Castro, était de provoquer « la faim et le désespoir » parmi les Cubains, afin de les pousser à « renverser le gouvernement », soutenu par « la majorité des Cubains ». Pour ce faire, il affirmait que le gouvernement américain devait utiliser « tous les moyens possibles pour miner la vie économique de Cuba ».
La Table de Concertation et de Solidarité Québec-Cuba (TCSQ-Cuba) a organisé un piquetage à Montréal contre le Blocus en coordination avec d'autres actions
prenant place dans 15 villes au Canada et aux États-Unis. Ces activités ont été coordonnées
par la coalition US-Cuba Normalization. La trentaine de personnes réunis à Montréal a distribué plus de 260 tracts et fait signer une pétition
contre le blocus. Le prochain piquetage organisé par la TCSQ-Cuba aura lieu le 17 novembre.
(Source des photographies : 1ère en haut - Cuba Solidarity Campaign ; 2e en bas - TCSQ-Cuba)
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dimanche 5 novembre 2017
samedi 21 janvier 2017
Marche des femmes sur Washnigton
À nous de nous mobiliser et de nous unir dans la riposte contre les politiques anti-sociales!
Déclaration de la LJC-Québec
L’élection de Donald Trump comme
président des États-Unis est un grave danger pour les jeunes travailleurs et
les travailleuses de ce pays et du monde entier. Cette élection a entraîné un mouvement
vers l’extrême droite à la Maison-Blanche, ainsi que dans les deux chambres de
gouvernement, et sera probablement reflétée dans le pouvoir judiciaire. La montée de l’extrême droite fait partie
de la crise systémique du capitalisme, alors que la politique bourgeoise se
tourne vers des méthodes de plus en plus violentes pour sauver le capitalisme
en faisant payer la crise à la classe ouvrière. L’élection de Trump a déjà
conduit à l’amplification du nombre d’actes de violence xénophobe et raciste et
à un durcissement de la culture de la misogynie et du viol. Ces idées ne
connaissent pas les frontières et se propagent ici au Canada, comme dans
d'autres pays. Elles trouvent leur écho dans des groupes fascistes tels que
Pédiga ou Golden Down qui se sont installés au Canada. Elles ont aussi une
résonnance dans le discours de "Rambo" Gauthier, alors que celui-ci
s'affiche ouvertement comme un admirateur de Trump, contre les personnes
immigrantes et relaie les femmes à leur cuisine et à "parler de
linge", tandis que les "boys" font de la vraie politique.
Des millions de femmes et leurs
alliées, de personnes de la communauté LGBTQIA, de travailleurs et des
travailleurs, de personnes racisées et de jeunes se sont organisés aujourd'hui
dans des manifestations dans plusieurs villes dans le monde pour réitérer que les
droits des femmes seront ardemment défendues, et que la lutter pour une
véritable égalité continuera. Ce mouvement massif est une message fort d'unité
et de résistance auquel la Ligue de la jeunesse communiste joint sa voix et sa
solidarité.
Trump et son administration planifient imposer aux femmes des recules
importants. Pourtant, nous étions déjà loin d'avoir atteint l'égalité au Canada
comme aux États-Unis. Faut-il rappeler encore une fois que l'écart salariale
entre homme et femme est toujours de plus de 20% ? De grands secteurs de
l'économie et de l'emploi restent fermés aux femmes, tandis que d'autres
secteurs ont une très forte concentration de travailleuses et offrent souvent des
emplois plus précaires et peu rémunérés. Lorsque les Libéraux du Québec et d'autres
gouvernements de droite coupent dans les services publics, ce sont les femmes
qui perdent majoritairement leur emplois ou qui voient leur conditions de
travail se dégrader. D'un autre côté, les politiques "de relance" du
gouvernement Trudeau sont non seulement un écran de fumée, mais le peu d'effet
qu'elles auront favorisera des secteurs d'emplois masculins puisque les
investissements se dirigent dans les infrastructures. La violence sexuelle
persiste alors que les scandales sur les campus universitaires nous montre à
quel point la culture du viol est ancré dans nos société. Au croisement entre
racisme, colonialisme et sexisme, les femmes autochtones continuent de subir la
violence systémique dans une indifférence encore presque totale et surtout,
sans offre de réparation et sans que le Canada ne reconnaisse sa responsabilité
et le droit à l'autodétermination des peuples autochtones.
Face à cela,
nous ne disons pas que non, nous agissons et mettons de l'avant notre propre
vision de ce que devrait être la société. Il faut étendre les services sociaux,
mettre en place un système universelle et gratuit pour la garde des enfants, défendre
la gratuité scolaire, financer des services de planning familiale et les rendre
accessible à toutes les femmes, nationaliser les secteurs-clés de l'économie tel
que l'énergie, mettre fin aux inégalités de salaire entre hommes et femmes,
ouvrir nos portes aux personnes réfugiées, et augmenter à au moins 15$ de l'heure
le salaire minimum.
Trump pour la paix, Trump ami des peuples, Trump, l’ardent
défenseur du droit des peuples à l’autodétermination! C’est ce qu’il veut que
nous croyons. Lors de son discours inaugural, il a clairement indiqué qu’il
n’était plus question que les États-Unis jouent le rôle de gendarme du monde.
Ceci n’est en rien attribuable à des visées plus pacifistes que celles d’Obama
ou d’Hilary Clinton. Il est vrai qu’avec l’administration Obama, la menace
d’une guerre contre la Russie planait. Néanmoins, malgré les belles paroles de
Trump, celle-ci est toujours réelle.
En effet, le 45e Président des États-Unis reprend la vieille
rhétorique de la «guerre contre le terrorisme». Si réellement Trump était pour
la paix dans le monde, il n’aurait pas annoncé vouloir doubler le budget
militaire. S’il s’est attaqué à l’OTAN, c’est pour dénoncer les pays membres
qui ne feraient pas leur juste part. Il a peut-être fait croire, lors d’un
débat l’opposant à Clinton, qu’il ne se serait pas engagé en Syrie et en Irak,
mais en fait, avant même que les États-Unis ne se soient engagés dans cette
guerre impérialiste, Trump lui-même avait dénoncé l’inaction
états-unienne.
Trump s’est peut-être permis de parler d’un rapprochement
avec la Russie. Ceci témoigne certes d’une nouvelle approche dans la politique
internationale des États-Unis, mais cette nouvelle approche ne saurait en rien
garantir une paix durable, bien au contraire! Se rapprocher de la Russie d’un
côté pour isoler la Chine (principal bailleur de fonds de la dette états-unienne)
de l’autre (rappelons-nous sa position sur Taïwan) revient à remplacer la
guerre conventionnelle par une guerre économique. L’une ne peut être séparée de
l’autre: ce que veut Trump, en définitive, c’est du temps pour mieux placer ses
pions et être plus à même de faire des États-Unis non pas les gendarmes du
monde, mais les ordinateurs d’un monde entier soumis à leur botte.
Durant toute la campagne présidentielle, la question de
l’impérialisme états-unien, principal obstacle à une paix durable, n’a jamais
été remis en cause ni par Clinton ni par Trump. Ce dernier s’est peut-être fait
le chantre du protectionisme et de la souveraineté nationale, mais, lorsque le
Commandante Fidel Castro est mort, il ne s’est empêché de laisser sous-entendre
que la ligne dure sur la question cubaine serait de mise et qu’il ferait fi des
discussions entreprises pour normaliser les relations entre Cuba socialiste et
les États-Unis. Idem pour la question de Palestine: Obama s’est permis en fin
de mandat, avec couardise, de dénoncer les colonies israéliennes, ce qui a
suscité l’ire immédiate de Trump qui s’est présenté comme le seul allié
d’Israël.
Nouvelle administration, certes, nouveau parti au pouvoir
donc nouvelles méthodes, mais en définitive, Trump tente de s’ériger en maitre
du monde et notre mobilisation pour garantir une paix durable et pour combattre
l’impérialisme des États-Unis, de l’OTAN et de leurs alliés est, plus que
jamais, nécessaire.
Trump se veut l’ami du peuple. Pourtant, à l’image de ses
semblables d’extrême droite que sont Marine Le Pen, Orban Viktor ou encore
Beppe Grillo et leurs partisans, il entretient une haine contre les
travailleurs et les masses populaires organisés. Trump s’adresse aux «gens qui
travaillent» (working people) comme Sarkozy s’est adressé à la «France
qui travaille», mais partout où le peuple s’organise, il est le premier à
prendre le contrepied et à se positionner clairement du côté du patronat.
Augmenter les impôts pour les entreprises? Jamais! Augmenter les salaires à 15$
l’heure? Non plus: les États-Unis sont trop dans la merde disait-il lors d’un
débat à l’investiture républicaine! Il y a fort à parier qu’en 1936-37, lors de
la »grève sur le tas« des travailleurs automobile de Flint, Michigan, Trump et
ses partisans se seraient rangés du côté des briseurs de grève et non du côté
de ceux qui luttent.
Que l’extrême droite fascisante reprenne à son compte et
dévoie certaines propositions de longue date formulées par les travailleurs ne
date pas d’hier. Souveraineté nationale ne rime pas avec souveraineté
populaire. L’élection de Trump a fait montre que la crise capitaliste n’est en
rien terminée: ses victimes les plus désespérées cherchent à tout prix une
solution et sans réelle politique progressiste mise sur la table lors des
dernières élections états-uniennes, c’est Trump qui a remporté la grosse part
du gâteau. Notre mobilisation est donc des plus importantes. La défense et
l’expansion du service public au Québec et au Canada, la gratuité scolaire, la
création d’emplois stables et syndiqués, rémunérés à 15$ l’heure minimum; voilà
des mesure qui parviendraient à renverser la vapeur et saper la base sociale
qui a permis l’élection de Trump aux États-Unis. Le budget d’austérité des
libéraux de Couillard semble un épisode du passé, pourtant, leur réforme du
système de santé est toujours à l’ordre du jour. L’accession à la présidence de
Donald Trump est l'oeuvre des politiques anti-sociales imposées par les
différentes administrations états-uniennes. À nous de nous mobiliser, de nous
unir dans la riposte contre les politiques anti-sociales afin de ne pas en
arriver là.
lundi 28 novembre 2016
Contre l’agenda d’extrême droite de Trump
Déclaration du Comité exécutif central de la YCL-LJC
Novembre 2016
L’élection de Donald Trump comme
président des États-Unis est un grave danger pour les travailleurs et les
travailleuses de ce pays et du monde entier, y compris le Canada. Cette
élection a entraîné un mouvement vers l’extrême droite à la Maison-Blanche,
ainsi que dans les deux chambres de gouvernement, et sera probablement reflétée
dans le pouvoir judiciaire. Il ya un besoin immédiat de nous organiser et de
nous unir contre cette nouvelle réalité menaçante.
Trump est le chef de facto d’un
mouvement fasciste qui s’est développé de manière importante aux États-Unis.
Nous avons assisté à l’organisation de mouvements similaires sur la base de la
xénophobie, du racisme et de la violence en Europe, et au Canada où ils
émergent. Cela inclut de nouveaux groupes importés d’Europe comme les soldats d’Odin,
Pegida, Right Sector et Golden Dawn, qui sont tous présents au Canada, ainsi
que des groupes qui ont déjà leur propre histoire sanglante dans ce pays comme
le KKK. Les conditions socio-économiques en déclin sont le terrain fertile qui
permet à ces groupes de prendre de l’expression. Leurs idées ont aussi une
expression dans les partis bourgeois bien établis comme en témoigne le débat
actuel du Parti conservateur qui se questionne sur le niveau de xénophobie à
promouvoir autour de la campagne pour la direction de Kellie Leitch.
La montée de l’extrême droite fait partie de la crise systémique du
capitalisme, alors que la politique bourgeoise se tourne vers des méthodes de
plus en plus violentes pour sauver le capitalisme en faisant payer la crise à
la classe ouvrière. L’élection de Trump a déjà conduit à l’amplification du
nombre d’actes de violence xénophobe et raciste et à un durcissement de la
culture de la misogynie et du viol.
Les résultats de l’élection montrent une crise approfondie dans le cadre
politique néo-libéral. Hillary Clinton, qui a été directement sélectionnée par
la direction du Parti démocratique, a été largement reconnue pour ce qu’elle
est, une représentante du capital monopoliste impérialiste, qui était à la fois
peu disposée et incapable de proposer une plate-forme qui aurait des réponses
réelles à l’aggravation chronique des conditions économique et sociale ; conditions
auxquelles sont confrontés la grande majorité des travailleurs et des
travailleuses des États-Unis.
Le programme social-démocrate de Bernie Sanders a été rejeté par le comité
national démocrate plus tôt cette année, bien qu’il ait trouvé beaucoup de
résonance parmi les travailleurs et les travailleuses, en particulier chez les
jeunes. Alors que les gens réclamaient un réel changement, Clinton promettait
plus de réglementation et davantage de guerre. L’extrême droite démagogique, la
droite religieuse, le KKK, l’armée, la police et les intérêts corporatifs les
plus réactionnaires se sont unis autour de Trump et ont avancé un message de
changement basé sur un langage anti-establishment avec une forte dose de
suprématie blanche.
Cette réalité se reflète chez les
jeunes. Les jeunes ont été durement frappés par des décennies de néolibéralisme
et de délocalisation qui ont entraîné une désindustrialisation et des pertes d’emplois.
L’économie capitaliste d’aujourd’hui offre des perspectives d’emploi précaire,
de pauvreté et chômage aux jeunes générations. Ceux qui parviennent à obtenir
un diplôme d’études postsecondaire dans cette économie le font au prix d’un
niveau record d’endettement. Pour ceux et celles qui ne parviennent pas à
atteindre cet objectif, en particulier les personnes noires, les latinos, les autochtones
et les autres jeunes racisés, en raison d’un racisme systémique profondément
enraciné, le système offre la prison comme solution. Les personnes prises dans
le système carcéral se voient refuser le droit de vote. 6,1 millions de
personnes ont ainsi été privées de leurs droits en raison de leur
criminalisation. Cette criminalisation se fit dans le cadre d’un racisme systémique
alors qu’une personne noire sur 13 aux États-Unis est incarcérée. Malgré le
danger réel que représente Trump pour les jeunes, et les tendances politiques
généralement plus progressistes des jeunes, leur soutien aux démocrates est
tombé aux dernières élections, et de manière encore plus spectaculaire depuis
2008. Alors que 37 % des 18-29 ont voté Républicain en 2012 et 2016, 60 %
ont voté pour Obama en 2012 contre 54 % pour Clinton cette élection. En
2008, le vote des jeunes pour Obama était de 66 %.
La grande promesse de Donald Trump
d’augmenter les salaires et de créer des emplois est pure fantaisie. Son
véritable programme est celui du grand capital. Cela comprend l’élimination des
impôts sur les sociétés et de toute réglementation des banques, ainsi que la
réduction de l’éducation, des soins de santé et de la sécurité sociale. Tout en
s’opposant à l’ALENA et au PPT, il veut des accords de libre-échange qui
favorisent encore plus le capital américain. En s’opposant à une zone d’exclusion
aérienne en Syrie et en disant qu’il veut des relations moins hostiles avec la
Russie, il propose une guerre frontale avec ISIS, veut doubler ses dépenses
militaires et s’est entouré des pires faucons impérialistes, incluant sont
colistier qui a critiqué à la fois Trump et Clinton d’être trop mou avec la
Russie. Trump n’est pas mieux que Clinton quand il s’agit des dangers de
déclencher une potentielle guerre mondiale.
La lutte contre les changements
climatiques est maintenant plus importante que jamais avec une maison blanche où
son président qui ne reconnaît même pas l’existence de cette menace immédiate
pour l’humanité et la planète. Les républicains ont annoncé qu’ils déchireront
les Accords de Paris ; accord déjà trop tiède pour repousser les pires conséquences
des changements climatiques.
Pour les femmes, la nouvelle
administration propose de reculer des décennies en arrière. Trump a fait la
promesse de s’attaquer aux droits reproductifs des femmes en coupant le
financement aux organismes de planification familiale. Son contrôle sur le
pouvoir législatif nous fait craindre raisonnablement pour la fin du droit à l’avortement.
Pour les personnes immigrantes, Trump a fait de l’expulsion de toutes les personnes
immigrantes sans papiers sa pierre angulaire. Il promet de construire un mur à
la frontière avec le Mexique et d’empêcher les personnes de confession musulmanes
d’entrer aux États-Unis. Pour la communauté LGBTQIA, la plateforme des
républicains attaque l’adoption d’enfant par des couples de même sexe, s’oppose
au bannissement des thérapies de « guérison » ou de « conversion »,
et soutient les lois sur la « liberté religieuse » qui exempte les homophobes
de respecter les lois antidiscrimination. En outre, la rhétorique de Trump sur
ces questions et sur d’autres ouvre l’espace politique aux groupes fascistes et
néonazis, favorisant leur épanouissement et leur organisation. Il faut vaincre
la suprématie blanche, la misogynie, la transphobie et l’homophobe de Trump.
Le gouvernement Trudeau ici au Canada a répondu aux élections américaines
affirmant espérer travailler avec Trump, « notamment sur des questions
telles que le commerce, les investissements, la paix et la sécurité
internationale ». Trudeau, qui a condamné la rhétorique de Trump il ya
quelques mois, souligne maintenant les « valeurs partagées, les liens
culturels profonds et les économies fortement intégrées » du Canada comme
base pour « faire progresser notre partenariat solide et prospère ».
Les actions de Trudeau ne font rien pour être solidaires des travailleurs et
des travailleuses au sud de la frontière. En fait, ils encouragent l’extrême droite
aux États-Unis et au Canada. Trudeau et la classe capitaliste canadienne sont
prêts à travailler avec Trump. Ils se concentrent maintenant sur leurs
véritables préoccupations: maintenir des accords de libre-échange, l’alliance
impérialiste de l’OTAN, et continuer à construire des pipelines. Lutter contre
ce nouveau danger au sud de la frontière signifie aussi exiger de notre propre
gouvernement une politique étrangère indépendante de paix, de justice
climatique et de commerce équitable, et non de libre-échange.
En tant que jeunes au Canada, nous regardons non seulement avec indignation
le sud, mais aussi avec inspiration. Le mouvement Black Lives Matter aux
États-Unis, qui luttent contre le racisme systémique et la brutalité policière,
nous a inspirés et mobilisés ici au Canada, où nous avons notre propre racisme
profondément enraciné. Les protecteurs de l’eau à Standing Rock en lutte contre
l’oléoduc South Dakota Access Pipeline
ont montré qu’il est possible de lutter contre le colonialisme et la
destruction de l’environnement et de gagner. Les États-Unis ont une fière
tradition ouvrière de résistance et d’organisation révolutionnaire, et les
jeunes ont souvent joué un rôle clé et dynamique dans ces luttes. Le moment est
venu de prendre des mesures de solidarité pour bloquer Trump et son programme d’extrême
droite ici même au Canada. Nous devons lutter contre le système qui a produit
cette nouvelle offensive réactionnaire. Notre solidarité est directement liée à
la lutte contre l’impérialisme au niveau international et à notre lutte pour la
paix, l’égalité, la démocratie, le progrès social et le socialisme ici, chez
nous.
vendredi 11 novembre 2016
S’unir contre les racistes d’extrême-droite de Trump : Déclaration du Parti communiste du Canada
Déclaration sur les élections américaines,
Comité exécutif central, Parti communiste du Canada, 9 novembre 2016
L'élection de Donald Trump marque un changement extrêmement dangereux qui
menace la paix, la démocratie et la souveraineté à l'extérieur des États-Unis,
et les droits civils et sociaux, ainsi que le droit à l’égalité aux États-Unis
mêmes. En tant que chef de facto d'un mouvement fasciste, Trump a été comparé à
Silvio Berlusconi, le dirigeant fasciste du parti italien Le peuple de la
liberté. Les Républicains contrôlent maintenant la Chambre des représentants,
le Sénat et le pouvoir exécutif, avec le pouvoir de faire des nominations
cruciales à la Cour suprême.
Nous assistons à la montée d'un mouvement politique d'extrême-droite
semblable à ceux que nous connaissons dans plusieurs pays européens, avec tout
le racisme violent, le sexisme, la xénophobie, l'islamophobie, l'homophobie, et
la transphobie qui les accompagnent. Le premier chef de parti de l’étranger à
avoir félicité Trump, lors de la soirée électorale, a été Marine Le Pen du
Front national, le parti d'extrême-droite de France.
Malgré les répudiations faites antérieurement par de nombreux et
d’importants dirigeants du parti, la plupart des électrices et des électeurs
républicains ont voté pour Trump. À la fin de la campagne, la plupart d'entre
elles et d’entre eux se sont ralliés à Trump et aux candidates et candidats
républicains au Congrès et au Sénat. Parmi les autres facteurs, on peut
mentionner le taux de participation relativement faible, les tactiques racistes
de suppression d’électrices et d’électeurs, le système de collège électoral qui
a permis à Trump de gagner en dépit d’une part moindre en sa faveur du vote
populaire, ainsi que la vaste étendue des vues misogynes et sexistes existant
aux États-Unis.
Mais la victoire de Trump tient également à l'incapacité de la campagne
d’Hillary Clinton de maintenir ensemble la vaste coalition des forces qui avait
mené à l'élection de Barack Obama en 2008 et à sa réélection en 2012, y compris
les électrices et les électeurs noirs et hispaniques, les femmes, les syndicats
et la jeunesse. Dans cette campagne, la participation des Afro-américaines et
des Afro-américains a été nettement inférieure. Une coalition semblable, bien
que plus petite, s'était formée autour de Bernie Sanders, un prétendu
socialiste démocratique. Après la défaite de Sanders pour l’investiture
démocrate, beaucoup de ses partisanes et de ses partisans ont choisi de rester
à la maison même si la plateforme démocrate incluait certaines de ses
politiques. D'autres ont voté pour la candidate du Parti Vert, Jill Stein, ou
d'autres tierces candidates et tiers candidats, plutôt que de soutenir Clinton,
qui était largement reconnue comme belliciste et représentante des banques, du
capital financier, et du 1%. L'establishment du Parti démocrate, qui avait
choisi Clinton pour l’investiture, a tourné le dos à la classe ouvrière
américaine qui doit faire face à l'aggravation des conditions sociales, à
l'effondrement des salaires et du niveau de vie, et à un chômage massif
permanent.
Dans le processus, la campagne de Clinton a aidé Trump à construire son
image d’outsider qui ne doit rien à
personne, bien qu'il était en réalité fortement financé et soutenu par le
groupe Breitbart et les mouvements alt.right, le Tea Party, la droite
religieuse, le KKK, l'armée, la police et les services secrets, ainsi que par
des intérêts corporatifs réactionnaires qui, dans les coulisses, ont sans aucun
doute contribué à financer la campagne. Trump n'a jamais été le cowboy
solitaire qu'il prétend être, ni financièrement, ni politiquement. Il est
aujourd'hui le chef de file des forces d’extrême-droite et fascistes des
États-Unis.
La crise capitaliste en cours depuis 2008, conjuguée à la
désindustrialisation systématique, aux fermetures d'usines et aux pertes
d'emplois découlant des accords commerciaux capitalistes internationaux, comme
l'ALENA et le prochain PTP, a créé un point tournant. Peu disposés à continuer
avec le statu quo, les travailleuses et les travailleurs sont devenus de plus
en plus en colère et amères, exigeant du changement.
Le champ était grand ouvert aux alternatives démagogiques avancées par
l’extrême-droite : attaques contre les immigrantes et les immigrants, contre
les communautés racisées, les musulmanes et les musulmans, les femmes, des
élites non identifiées, y compris les syndicats et les groupes militant pour
l'égalité, ainsi que la législation, le tout blâmé pour la crise dans le pays.
Make America Great Again résumait la grande promesse de Trump d’améliorer les
conditions de vie des chômeuses et des chômeurs, des sections non-syndiquées de
la classe ouvrière blanche (masculine) et des petites entreprises ruinées, et
de leur permettre d’assouvir leur vengeance contre celles et ceux tenus
responsables de leur situation.
Les promesses de Trump à l’effet de créer des emplois et d'élever le
niveau de vie sont des fantaisies pour tromper le public. Son objectif est de
réduire les impôts des sociétés, d'éliminer la réglementation des sociétés et
des banques, de couper dans l'éducation et les soins de santé, de privatiser
les biens et services publics, de supprimer les droits civils, syndicaux et
démocratiques, d'expulser les immigrantes et le immigrants, d'abroger
Obamacare, de nommer des juges qui vont attaquer les droits reproductifs, de
déchirer les Accords de Paris et d'autres efforts pour lutter contre les
changements climatiques. Il sera responsable des codes des armes nucléaires
américaines, et il propose de doubler les dépenses militaires. Il n'y aura pas
de répit pour respirer avec Trump, qui continuera la politique impérialiste des
anciens présidents, incluant de nouvelles guerres au Moyen-Orient et en Asie
centrale, la poursuite de l'agression en Afrique, des changements de régimes en
Amérique latine et la politique de l'OTAN en vue d’encercler la Russie et la
Chine.
Logé à la porte juste à côté, le Canada ne sera pas immunisé.
L'investissement et le contrôle des États-Unis se répercutent directement sur
l'économie canadienne, nos politiques d'extraction d'énergie et de ressources
sont très semblables, nos politiques environnementales sont presque aussi
mauvaises et la politique étrangère canadienne et le soutien à l'OTAN marchent
au pas cadencé. Là où il ya des différences, les États-Unis prévalent toujours.
Cela va inclure tout amendement à l'ALÉNA ou au PTP, au pipeline Excel de
Keystone et à d'autres projets de pipeline.
Face à cet assaut, les travailleuses et les travailleurs au Canada et aux
États-Unis, et en particulier les syndicats, doivent s'organiser pour défendre
des droits et des normes durement gagnés et pour mobiliser à grande échelle
pour une action politique unitaire et indépendante de masse dans les rues pour
arrêter Trump et l'extrême-droite sur leur lancée. L'unité du mouvement ouvrier
et des mouvements populaires canadiens avec nos homologues américains
renforcera cette lutte dans les deux pays. Le Parti communiste du Canada est
solidaire avec celles et ceux qui ont voté contre et ont combattu pour vaincre
Trump, avec le mouvement Black Lives Matters, les protectrices et les
protecteurs de l'eau à Standing Rock et toutes les autres luttes
post-électorales contre l'extrême droite aux États-Unis, au Canada et dans le
monde entier. Pour réussir, ce combat doit inclure un programme et des
politiques pour le changement réel, fondamental et progressiste que les
travailleuses et les travailleurs recherchent désespérément. Dans l'intervalle,
unité, unité et plus d'unité est ce dont nous avons besoin dans cette lutte. Le
peuple uni jamais ne sera vaincu!
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