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lundi 4 avril 2016

Invitation d'Échec à la Guerre : Conférence «La guerre en Syrie et en Irak, l’État islamique et le Canada»


Samedi, le 23 avril 2016, de 13 h à 17 h
À la Maison Bellarmin, 25 rue Jarry Ouest, Montréal (métro Jarry)

CONFÉRENCIÈRE et CONFÉRENCIERS INVITÉS :
Valérie Amiraux, Michael Hennessy Picard et Samir Saul
 
L’objectif de la conférence est d’offrir à ceux et celles que ces sujets préoccupent une occasion d’aller au-delà de la présentation simpliste de cette guerre et de l’État islamique (EI) par nos pouvoirs politiques et nos grands médias. Nous tenterons de cerner les nombreux enjeux régionaux et géostratégiques des guerres en Syrie et en Irak , de resituer l’émergence et la consolidation de l’EI et d’autres groupes djihadistes dans l’histoire récente de ces pays et du Moyen-Orient, d’identifier les bases de l’attraction que peut exercer leurs discours en Irak, en Syrie et ailleurs dans le monde, etc. Il y sera aussi question, évidemment, de la nouvelle position et de la participation canadienne à la guerre en Irak et en Syrie.

Grosso modo, la conférence se déroulera en quatre parties d’une heure chacune. Chaque partie comportera une présentation de 25 à 30 minutes et sera suivie d’une période de questions/discussion de 30 minutes.

1 => Guerres en Syrie et en Irak : enjeux, intérêts et forces en présence
        par Samir Saul, professeur agrégé d’histoire des relations internationales au Département d’histoire de l’Université de Montréal.
 
Portrait, à grands traits, des conflits pluriels qui traversent ces guerres, des diverses forces en présence – localement, régionalement et globalement – et de leurs intérêts spécifiques; enjeux régionaux et géostratégiques. Dans ce contexte, quels sont les objectifs du processus de négociation actuel parrainé par l’ONU et ses “chances” d’aboutir ?

2 => Guerres en Irak et en Syrie : émergence et consolidation de l’EI
        par Michael Hennessy Picard, chargé de cours et doctorant en droit à l’Université du Québec à Montréal.
 
Comment l’histoire récente, en Irak et en Syrie, permet-elle de comprendre l’émergence et la consolidation de groupes djihadistes et, en particulier, de l’État islamique ? Sur quelles bases le discours et l’action de l’EI arrivent-ils à susciter l’adhésion d’une partie de la population ?

3 => En Occident, au Canada et au Québec : “radicalisation” et lutte contre la “radicalisation”
        par Valérie Amiraux, professeure titulaire au Département de sociologie de l’Université de Montréal.
 
Compréhension des facteurs qui président au phénomène que les autorités désignent sous le terme de “radicalisation” et critique du discours officiel à ce sujet; impacts dans nos sociétés de la façon dont se mène la soi-disant guerre “contre le terrorisme” (en particulier : islamophobie et atteinte aux libertés civiles)

4 => Participation du Canada à la guerre en Irak et en Syrie
        par Raymond Legault du Collectif Échec à la guerre.
 
Comment comprendre les modifications de la participation du Canada à la guerre en Irak et en Syrie apportées par le nouveau gouvernement libéral ? À quel genre de redéfinition de la politique étrangère canadienne faut-il s’attendre après la fin des “années Harper” ? Les nouveaux défis qui nous attendent.

Nous espérons que cet événement suscitera votre intérêt,  qu’il contribuera à répondre à certains de vos questionnements et vous stimulera à poursuivre la lutte contre la guerre et le militarisme ici même !

jeudi 17 mars 2016

La société civile se mobilise contre la guerre au Moyen-Orient

Le 19 mars 2016 marquera le 13e anniversaire de l'invasion de l'Irak initiée par les États-Unis, soit le début d'une guerre qui a fait plus de 500 000 morts. Cette année, le gouvernement Trudeau a annoncé la poursuite en force de l'implication canadienne au sein de la coalition qui multiplie les attaques contre les peuples syrien et irakien depuis 2014. Plus que jamais, il est temps de nous opposer à cette escalade de violence au Moyen-Orient, refuser la politique de «guerre contre le terrorisme» commencé en 2001 avec l'invasion de l'Afghanistan, et dont pâtit la population civile en premier lieu et nous opposer à l’accroissement des dépenses militaires à travers le monde.

Nous sommes quelques associations communautaires, étudiantes, féministes, politiques, pacifistes, anti-impérialistes à appeler à la mobilisation, ce samedi 19 mars à 13h devant le Complexe Guy-Favreau. Empreints d’idéaux de paix, de justice et de solidarité, nous sommes inquiets quant à la tournure des évènements au Levant. Notre inquiétude est d’autant plus fondée que le gouvernement libéral, non content de poursuivre l’oeuvre destructrice de son prédécesseur, la magnifie.

Il n’est certes plus question de bombardements, mais le nombre de soldats du Canada sur le terrain passe d’un peu plus de 500 à 850 alors que l’argent alloué à cette guerre s’élève maintenant à 1,6 milliards de dollars (contre 500 millions sous les Conservateurs). Officiellement, les militaires canadiens joueront un rôle de «formation», mais des dires des responsables eux-mêmes, il n’est pas exclu qu’ils aient recours à la force.

Nous dénonçons avec véhémence cette supercherie. Nous dénonçons également les causes humanitaires invoquées pour justifier cette troisième invasion de l’Irak par les États Unis et ses alliés en trente ans. Nous nous indignons de l’utilisation de l’islamophobie ambiante pour justifier ces entreprises guerrières. Nous refusons enfin que les bombes pleuvent et les balles sifflent au nom de la liberté des femmes alors qu’elles sont aux premiers rangs des victimes.

Les mots nous manquent pour exprimer notre dégout des horreurs commises par Daech. Au Moyen-Orient, tous les conflits ont été plus meurtriers les uns que les autres. Nous savons que lorsque les dirigeants occidentaux parlent de «responsabilité de protéger», c’est de leurs intérêts économiques, surtout du pétrole, qu’ils parlent, et non du peuple. Sinon comment expliquer qu’ils entretiennent des contrats d’armes et des relations diplomatiques privilégiés avec des États qui soutiennent (directement ou pas) l’État islamique comme la Turquie et l’Arabie Saoudite?

C’est pourquoi le samedi 19 mars, 2016, nous nous mobiliserons pour faire entendre nos voix et réclamer que plus un sou, plus un soldat ne soient mobilisés pour la guerre. Pas de paix sans justice, à bas les guerres impérialistes; le Canada et l’OTAN, hors du Moyen-Orient!

mercredi 23 septembre 2015

Le Canada et la promotion de la paix : un bilan désastreux

La Journée internationale de la paix, le 21 septembre, tombait cette année au milieu d’une campagne électorale et faisait suite à une controverse sur l’accueil des réfugiés de guerre — et non des « migrants », comme on les désigne en occultant la nature de ces migrations et notre responsabilité. Manquant à la compassion la plus élémentaire dans les circonstances, la première réaction de Stephen Harper a été de marteler son mantra : il faut continuer de bombarder l’État islamique. Cette position, qui en a scandalisé plusieurs et qu’il a dû ajuster, est cependant parfaitement conforme à la promotion de la guerre et du militarisme qui marque la politique étrangère et la politique intérieure du Canada.
 

Après l’Afghanistan et la Libye, encore la guerre : en Irak, en Syrie, en Ukraine


À la suite des attentats meurtriers à St-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa en octobre 2014, le gouvernement Harper a engagé le Canada officiellement dans la campagne de bombardements aériens contre l’État islamique en Irak, pilotée par les États-Unis. Le 30 mars dernier, le Parlement canadien a prolongé cette implication d’un an et l’a étendue à la Syrie. De plus, tout un train de mesures de surveillance et de restriction des droits ont été adoptées, dont la nouvelle loi antiterroriste (C-51), sous les critiques, notamment, de l’Association du Barreau canadien et du Comité des droits de l’homme de l’ONU.

À ce jour, M. Harper n’offre, pour justifier ces choix, qu’une propagande primaire : « Toutes les civilisations, toutes les nations civilisées, font face actuellement à un ennemi qui déteste tout ce qui nous caractérise : liberté, démocratie, tolérance, ouverture ». Or l’intervention militaire à laquelle le Canada participe est illégale au regard du droit international, puisque le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui doit être saisi de toute « menace à la paix et à la sécurité internationale », ne l’a jamais autorisée. Le fait que l’Irak ait appelé à l’aide ne peut servir de justification à ce qu’un groupe de pays se lance en guerre dans la région, en profitant même pour bombarder un autre pays, la Syrie.

Rappelons aussi qu’avant que l’Irak soit mis à feu et à sang par les États-Unis et une autre coalition de circonstance, le groupe armé État islamique n’existait même pas. De plus, l’appui dont ce groupe bénéficie au sein de la minorité sunnite d’Irak découle principalement de l’exclusion systématique et de la répression sanglante qu’elle a subies aux mains d’un pouvoir central, soutenu et armé par nos « nations civilisées ». Il y a donc fort à parier que plus de bombes larguées sur ces régions et plus d’armements livrés à ce pouvoir n’entraîneront pas beaucoup de sympathie pour « tout ce qui nous caractérise »…

Dans la même veine, les déclarations de politique étrangère du gouvernement ont généralement jeté de l’huile sur le feu. À titre d’exemple, en juillet dernier, le ministre des Affaires étrangères Rob Nicholson a réitéré les affirmations gratuites du Canada et d’Israël à l’effet que « l'Iran reste l'une des plus importantes menaces à la paix et à la sécurité internationales » même après l’entente internationale sur le nucléaire iranien. La position canadienne face à la Russie dans le conflit en Ukraine témoigne également de cette posture provocatrice.
 

Glorification de l’armée et patriotisme militaire


Le 17 juillet, lors de la cérémonie de passation des pouvoirs au nouveau chef d’état-major de la Défense canadienne, Stephen Harper a rappelé ses paroles antérieures à l’effet que « les Forces armées canadiennes avaient été au cœur de l’histoire de notre pays depuis plus de 200 ans » et il a poursuivi en disant « Elles sont au cœur de notre identité nationale, au cœur de la réussite de notre pays et parfois déterminantes pour sa survie ». Deux semaines plus tôt, à la Fête du Canada, près du quart de son discours rendait hommage à l’armée canadienne.

Le gouvernement Harper profite de toutes les occasions pour glorifier l’armée et jouer la carte du patriotisme militaire. Les voyages à l’étranger du PM et du ministre des Affaires étrangères – notamment en Ukraine – renforcent la position belliciste canadienne et s’accompagnent souvent de visites éclairs aux troupes canadiennes (comme au Koweït le 3 mai et en Pologne le 10 juin).

L’orientation générale donnée aux préparatifs du 150e anniversaire du Canada s’inscrit dans la même ligne. Déjà, en 2012 et 2013, le Canada a dépensé plus de 80 % des 42 millions de dollars du plan « En route vers 2017 », pour financer des activités marquant le bicentenaire de la guerre de 1812. Pour 2015, 2016 et 2017, le programme d’aide aux musées de Patrimoine canadien privilégiera les projets liés à certains jalons historiques, parmi lesquels on retrouve – sur le même pied que les anniversaires du drapeau, de la Coupe Stanley, de la LNH, des Jeux du Canada et des raids féniens – le 100e anniversaire du premier droit de vote des femmes, une avancée sociale autrement plus significative !

La priorité est cependant nettement accordée aux projets liés au 100e anniversaire de la Première Guerre mondiale et au 75e anniversaire de la Seconde Guerre mondiale, admissibles pour chacune des trois années.
 

Appel à nos concitoyennes et concitoyens à l’occasion de la Journée internationale de la paix


Les guerres dans lesquelles le Canada s’engage depuis plusieurs années, dans le sillage des États-Unis, n’ont rien de combats pour la liberté, la démocratie ou les droits des femmes. Elles sèment la mort et le chaos dans des pays dont le crime principal, aux yeux de l’empire, est de ne pas se plier à ses diktats. Alors que nos grands médias ne portent aucune attention aux conséquences désastreuses de ces guerres, le gouvernement nous inonde d’une propagande simpliste du Bien contre le Mal.

Au cours des dernières années, le discours des partis d’opposition à Ottawa a lui aussi été traversé par les faux prétextes humanitaires et sécuritaires pour justifier la guerre et ils n’ont pas sérieusement tenté de faire barrage à cette montée du militarisme au Canada, par ailleurs soutenue par des intérêts extrêmement puissants. Pour renverser la vapeur, la construction d’un important mouvement citoyen est donc nécessaire. La crise actuelle des réfugiées de guerre illustre bien cette possibilité et cette nécessité. Avant la mort du petit Aylan Kurdi, la situation de ces millions de personnes n’était en rien moins dramatique, mais elle n’était une priorité pour aucun parti politique. C’est la pression populaire qui en a fait un enjeu.

Cet automne, nous vous invitons à poser des gestes concrets en ce sens. Profitez d’abord de la campagne électorale pour questionner les candidats et les candidates sur les enjeux de guerre et de paix. Puis, à l’occasion du Jour du Souvenir, participez à la 5e campagne annuelle du coquelicot blanc en portant ce symbole de rejet du militarisme et de commémoration de toutes les victimes des guerres, dont la grande majorité sont des civils. Participez aussi aux diverses actions de la Marche mondiale des femmes au Québec qui s’opposeront « aux forces capitalistes, patriarcales et colonialistes qui sont responsables de l’austérité, de la destruction environnementale et de la militarisation ».

Pour voir la liste des signataires