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dimanche 5 novembre 2017

Vote à l'ONU contre le blocus : Les États-Unis encore une fois isolés

Marianne Breton Fontaine

C'est à 191 pays contre deux que l'Assemblée générale de l'ONU a adopté la résolution affirmant la « Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d’Amérique à Cuba ». Bien-entendu, les deux seuls opposants à cette résolution furent les États-Unis et leur allié, Israël.




Cette résolution contre le blocus est présentée à l'ONU tous les ans depuis 1991. En 2016, de manière exceptionnelle, les États-Unis s'était abstenu au moment du vote, et Israël les avait suivi. La résolution avait donc été adoptée sans opposition. Cette abstention avait eu lieu dans un contexte d'espoir alors que les relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis se détendait quelque peu Ceci étant dit, Barack Obama n'avait pas mis fin au Blocus alors qu'il en avait l'occasion, ni à l'ingérence systématique de son pays dans les affaires nationales cubaines. Il n'en reste pas moins que le changement de direction sous l'ancienne administration était positif. Malheureusement, cette direction adopté par Barack Obama n'a pas été reconduite sous Donald Trump. Le vote à l'ONU cette semaine montre bien le retour de la politique belliqueuse des États-Unis contre Cuba.

L'agence France-Presse a rapporté les propos de Nikki Haley, ambassadrice américaine à l’ONU à la suite du vote 1er Novembre. Celle-ci a affirmé que « chaque année, l’Assemblée générale de l’ONU perdait son temps à examiner cette résolution ». Elle a défendue le blocus en prétextant qu'il servait à la défense des droits humains et a attaqué l'économie et le bilan social de Cuba. L'ambassadrice a ajouté que « le blocus de Cuba est inscrit dans la loi américaine et seul le Congrès américain a le pouvoir d’y mettre fin ».

Ces justifications au blocus ne sont pas nouvelles. Les États-Unis brandissent constamment de soi-disant violation des droits humains à Cuba, sans pour autant les documenter. Une de ses accusations récurrentes est l'arrestation de journalistes, surtout portée par l'ONG Reporters sans frontières. Or plusieurs journalistes ont remis en cause l'indépendance de cette organisation, dont l'un de ses membres fondateurs, Rony Brauman, qui l'a quitter depuis. Les personnes arrêtés par Cuba ont été accusées d'avoir reçu des fonds étrangers et agit au nom des États-Unis. Certaines de ces personnes ont été accusées de terrorisme pour avoir tenté de poser des bombes dans des lieux publics. Une seule de ces personnes avait reçu une formation de journaliste. Ce qui est certain, c'est que l'assassinat de journalistes était affaire courante sous l'ancien régime de Batista, régime soutenu par les États-Unis, et que la révolution cubaine a mis fin à cette barbarie. Le dernier assassinat de journaliste sur l'île à eu lieu en 1958.

La véritable motivation des États-Unis est son opposition au choix d'une économie socialiste par la société cubaine et son désir de renverser le gouvernement cubain. Cette motivation fut très clairement exprimée en 1960 par Lester D. Mallory, alors sous-secrétaire d'État assistant aux Affaires inter-américaines des États-Unis. Celui-ci avait écrit dans un mémorandum que la seule façon de renverser le gouvernement cubain, alors dirigé par Fidel Castro, était de provoquer « la faim et le désespoir » parmi les Cubains, afin de les pousser à « renverser le gouvernement », soutenu par « la majorité des Cubains ». Pour ce faire, il affirmait que le gouvernement américain devait utiliser « tous les moyens possibles pour miner la vie économique de Cuba ». 

La Table de Concertation et de Solidarité Québec-Cuba (TCSQ-Cuba) a organisé un piquetage à Montréal contre le Blocus en coordination avec d'autres actions prenant place dans 15 villes au Canada et aux États-Unis.  Ces activités ont été coordonnées par la coalition US-Cuba Normalization. La trentaine de personnes réunis à Montréal a distribué plus de 260 tracts et fait signer une pétition contre le blocus. Le prochain piquetage organisé par la TCSQ-Cuba aura lieu le 17 novembre.




(Source des photographies : 1ère en haut - Cuba Solidarity Campaign ; 2e en bas - TCSQ-Cuba)

lundi 7 décembre 2015

Un vote crucial à l’ONU sur les armes nucléaires

Par Pierre Jasmin, vice-président des Artistes pour la Paix
Le monde est sur-armé et la paix sous-financée. Je salue la Campagne internationale pour l’abolition de l’arme nucléaire (ICANW.org) pour son travail si engagé et si créatif en poursuite de notre idéal commun d’un monde libéré de l’arme nucléaire.
– Ban Ki-moon, Secrétaire-Général des Nations-Unies
Le 7 décembre, aura lieu un vote crucial à l'ONU. Les Artistes pour la Paix sont vivement préoccupés, compte tenu du vote canadien du 2 novembre dernier, - vote il est vrai enregistré par les fonctionnaires de l'ère Harper encore ignorants de la marche à suivre que leur dictera le ministre Stéphane Dion nommé deux jours après - ; si le Canada répétait le même vote, il ferait mentir l'assertion de Justin Trudeau, réexprimée à la COP 21 à Paris, selon laquelle « le Canada est de retour ».
De quoi s'agit-il? Quatre résolutions ont été déposées, dont la résolution suivante, pourtant endossée par 136 pays (21 abstentions), CONTRE laquelle le Canada a scandaleusement voté, avec 17 autres pays sous la pression des USA ou de la France (petits pays de la Micronésie, Israël, etc.). La résolution de l'ONU portant sur les Conséquences humanitaires des armes nucléairess’énonçait ainsi :
L'Assemblée générale des Nations-Unies,
Exprimant de nouveau sa vive préoccupation au vu des conséquences catastrophiques des armes nucléaires,
Soulignant que les armes nucléaires, qui ont une capacité de destruction immense et incontrôlable et qui frappent aveuglément, ont des répercussions humanitaires inacceptables, comme le démontre l'expérience de leur utilisation et des essais réalisés par le passé,
Rappelant que de nombreuses résolutions des Nations Unies traduisent la préoccupation suscitée par les conséquences humanitaires des armes nucléaires, notamment la première résolution adoptée par l'Assemblée générale, le 24 janvier 1946,
Rappelant également qu'à la première session extraordinaire qu'elle a consacrée à la question du désarmement en 1978, l'Assemblée générale a souligné que " les armes nucléaires [étaient] celles qui [menaçaient] le plus gravement l'humanité et la survie de la civilisation ",
Se félicitant que la communauté internationale, de même que le Comité international de la Croix-Rouge et les organisations humanitaires internationales, soient de nouveau décidés et déterminés à s'attaquer aux conséquences catastrophiques des armes nucléaires,
Rappelant que la Conférence des Parties chargée d'examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en 2010 s'est dite "vivement préoccupée par les conséquences catastrophiques sur le plan humanitaire qu'aurait l'emploi d'armes nucléaires",
Se félicitant des débats s'appuyant sur des faits sur les effets des explosions nucléaires tenus lors des Conférences sur les incidences humanitaires des armes nucléaires organisées en Norvège en mars 2013, au Mexique en février 2014 et en Autriche en décembre 2014 [grâce à ICANW.org]
Sachant qu'un des principaux messages transmis par les experts et les organisations internationales lors de ces conférences est qu'aucun État ou organe international n'aurait les moyens de faire face à la situation d'urgence humanitaire à laquelle l'explosion d'une arme nucléaire donnerait lieu ni d'apporter l'aide voulue aux victimes,
Convaincue que tous les États ont intérêt à mener des discussions sur les conséquences humanitaires des armes nucléaires afin d'approfondir et de consolider leur compréhension de cette question et se félicitant que la société civile continue à participer à cette réflexion,
Réaffirmant le rôle de la société civile qui, en collaboration avec les gouvernements, sensibilise aux conséquences humanitaires inacceptables des armes nucléaires,
Soulignant que les conséquences catastrophiques des armes nucléaires touchent les gouvernements mais aussi chaque citoyen de notre monde interdépendant et ont des répercussions profondes sur la survie de l'humanité, l'environnement, le développement socio-économique, l'économie des pays et la santé des générations futures,
  1. Affirme qu'il importe pour la survie de l'humanité que les armes nucléaires ne soient plus jamais utilisées, quelles que soient les circonstances;
  2. Souligne que le seul moyen de garantir que les armes nucléaires ne seront plus jamais utilisées est de les éliminer totalement;
  3. Rappelle qu'on ne pourrait faire face de manière adéquate aux effets catastrophiques de l'explosion d'une arme nucléaire, qu'elle résulte d'un accident, d'une erreur de calcul ou d'un acte intentionnel;
  4. Exprime sa ferme conviction qu'une meilleure compréhension des conséquences catastrophiques des armes nucléaires doit être le fondement de toutes les démarches et entreprises de désarmement nucléaire;
  5. Demande à tous les États de prévenir, en appliquant le principe de la responsabilité partagée, l'utilisation d'armes nucléaires, de lutter contre la prolifération verticale et horizontale de ces armes et de procéder au désarmement nucléaire;
  6. Exhorte les États à n'épargner aucun effort pour éliminer totalement la menace que représentent ces armes de destruction massive;
  7. Décide d'inscrire à l'ordre du jour provisoire de sa soixante et onzième session, au titre de la question intitulée " Désarmement général et complet ", la question subsidiaire intitulée " Conséquences humanitaires des armes nucléaires ".
Une réunion s’est tenue à Ottawa du 29 novembre au 1er décembre avec divers groupes spécialistes de la question, dont Pugwash Canada et les Médecins pour la Survie Mondiale. Étaient présents l’Honorable Douglas Roche, madame Tanja Cronberg présidente finnoise de la Middle Powers’ Initiative (par vidéo-conférence), M. Tariq Rauf, un Canadien en charge du désarmement à la SIPRI, le diplomate Bernhard Faustenhammer qui nous a entretenus duHumanitarian Pledge de son très jeune ministre des Affaires étrangères de l’Autriche, Sebastian Kurz (photo) et de Maître Bev Delong, de Calgary, la brillante avocate à la tête du Réseau canadien pour l’abolition de l’arme nucléaire.
Y étant aussi, j’ai pu mesurer l’urgence de la situation bien expliquée par le député français Jean-Marie Collin des Parlementaires pour la non-prolifération et le désarmement nucléairegroupe de l’ONU dirigé par Alyn Ware, et par ICANW.org sur qui on peut toujours compter pour donner l’heure juste (cf. leur dossier www.dontbankonthebomb.com).
Les Artistes pour la Paix ont donc rédigé une lettre pressante au ministre des Affaires étrangères du Canadai pour l’inciter à ne pas se faire complice de l’OTAN et des neuf pays qui possèdent ces armesii ; ils y engagent annuellement plus d’un millier de milliards de dollars en dépenses de renouvellement et de déploiement.
Nous avons plaidé que le Canada pourrait inscrire cette décision au moment où crient à l’aide des pays menacés d’anéantissement par le réchauffement climatique, telles les Îles Marshall qui ont en outre servi de cobayes aux tests criminels nucléaires américains.
Sachant son attachement aux objectifs ambitieux de la COP21 aux côtés de la ministre des changements climatiques, l’Honorable Catherine McKenna, pourquoi le ministre Dion ne ferait pas d’une pierre deux coups, en proposant de recycler l’argent gaspillé en armes inutiles pour réparer le climat altéré par ces mêmes industries militaires et pétrolières ?
Car lundi le 7 décembre prochain, le ministre sera appelé à revoter au nom du Canada quatre résolutions interreliées à l’Assemblée générale des Nations-Unies: nous espérons que son vote saura alors renier la sinistre ère conservatrice en reflétant l’engagement « sunny ways » de sa présidente de partiiii, celui de notre premier ministre, des Artistes pour la Paix et du pape François, en faveur d’un monde débarrassé de ces armes immorales et dangereuses, qui pourraient en outre tomber entre des mains terroristes.
i Lettre de Guylaine Maroist à l’Honorable Stéphane Dion, 3 décembre 2015
ii  Les cinq pays du Conseil de Sécurité de l’ONU (USA, Grande-Bretagne, France, Chine et Russie) plus la Corée du Nord, l’Inde, Israël et le Pakistan, ces quatre pays en contravention avec le Traité de Non-Prolifération auquel a pleinement adhéré l’Iran après d’âpres négociations
iii Madame Anna Gainey avait répondu à notre question du 3 septembre, envoyée à tous les partis fédéraux, de la façon suivante : «L’objectif du Parti libéral du Canada est l’élimination complète des armes nucléaires. Le désarmement nucléaire n’est pas un projet utopique. Il est plutôt une nécessité engendrée par les risques humanitaires posés par tout degré de prolifération. Le Parti libéral du Canada continuera de s’opposer à toute mesure qui encouragerait la prolifération des armes nucléaires dans le monde et appuie la motion en faveur du désarmement nucléaire adoptée à l’unanimité par le Chambre des communes en 2010. »

jeudi 10 juillet 2014

2041

Israël élue à la vice-présidence de la commission de l'ONU sur la décolonisation


 Par Adrien Welsh 

Que disait Big Brother dans 1984 déjà? «La guerre c’est la paix», non? Et bien, aujourd’hui, on peut dire «la décolonisation, c’est la colonisation»... 

C’est passé en catimini, sans grand remous, mais le 18 juin dernier, alors que les six commissions de l’Assemblée générale de l’ONU étaient formées, un oxymore au-delà même des idées les plus loufoques est apparu: «Israël, une puissance occupante élue à la vice-présidence d’une commission chargée des droits du peuple palestinien et des territoires occupés», comme l’affirmait le Qatar, Président du Groupe des États arabes, dans un communiqué des Nations unies. Ce même document précise que «malgré la forte opposition du Groupe des États Arabes, M. Mordehai Amohai, d’Israël, a été élu aujourd’hui Vice-Président de la Quatrième Commission de l’Assemblée générale chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation.» 

Ironiquement, à peine dix jours avant ce vote, une marche contre l’occupation organisée par le Parti communiste d’Israël, la Ligue de la jeunesse communiste d’Israël et Hadash (le Front démocratique pour la paix et l’égalité) à l’occasion du 47e anniversaire de la Guerre des six jours a été déclarée illégale par les autorités. De surcroit, depuis le 12 juin, date à laquelle trois étudiants israéliens ont été retrouvés assassinés, la tension ne cesse de monter, les affrontements entre la police israélienne et les Palestiniens de Jérusalem-Est reprenant de plus belle après le meurtre d’un jeune Palestinien de 16 ans.

La position d’Israël contestée: une pratique sans précédent

Les critiques virulentes à l’égard d’Israël ont fusé en particulier du groupe des États arabes qui ont fait valoir l’illégitimité de cet état à faire partie de cette commission. Pour plusieurs, sa participation à la Quatrième commission est motivée par une volonté d’obstruer les travaux de la Commission. Comme le délégué du Liban l’a souligné, «Israël est l’État Membre qui a été le plus condamné par cette organisation», tandis que le Qatar a réaffirmé le «rejet catégorique» d’Israël tout en rappelant que cet État viole sans cesse le droit international, la Charte de l’ONU et bon nombre de ses résolutions. 

En conséquence, quelques jours avant la formation des Commissions, le groupe des États arabes a adressé deux lettres au Président de la Quatrième commission lui signalant son rejet de la candidature d’Israël dans laquelle il était demandé de recourir à un vote à bulletin secret. À l’issue du vote, la candidature d’Israël a été approuvée par 74 voies contre 68 abstentions. Il s’en est fallu de peu, au grand dam des pays soutenant l’État sioniste. 

Il convient de rappeler que cette procédure est inhabituelle aux Nations unies, ce que n’a pas manqué de décrier le délégué du Royaume-Uni qui a pris la parole au nom du groupe d’Europe occidentale et autres États en affirmant: «Contester une candidature soutenue par un Groupe régional est contraire aux normes et aux pratiques établies, et crée un précédent dangereux pour les prochaines élections.» Notons ici que c’est ce Groupe régional même qui a soutenu la candidature d’Israël, un fait plutôt banal compte tenu du fait que l’Union européenne constitue son premier partenaire économique. 

Le Canada, de son côté, ne s’est pas privé d’en ajouter une couche en exprimant «sa profonde déception face à cette initiative inhabituelle, sans précédent». Il ne s’est toutefois pas empêché de s’opposer à la nomination de M. Hossein Gharibi, de l’Iran comme Vice-Président de la Sixième commission chargée des questions juridiques sous prétexte que la République islamique violerait de façon éhontée le droit international, commettrait des exactions à l’égard des minorités religieuses et ne respecterait pas ses obligations nucléaires! De tous les États présents, seul Israël s’est joint au Canada dans la dénonciation de la nomination de M. Gharibi. Cet exemple illustre encore que les visées impérialistes du Canada priment sur toute autre considération. 

En effet, chaque grief adressé à l’Iran sont risibles, surtout lorsque l’on soutient inconditionnellement l’État d’Israël et son entreprise sioniste maintes fois décriées par les Nations unies. 

Comment peut-on reprocher à l’Iran de violer le droit international quand Israël se refuse obstinément à reconnaitre le droit à l’autodétermination des Palestiniens au point de violer plusieurs résolutions de l’ONU? Et pour ce qui est des exactions contre les minorités religieuses, faut-il rappeler que l’Iran leur reconnait plusieurs droits culturels tandis qu’Israël distingue les citoyens juifs des autres pour qui certains droits sont limités voire interdits? Enfin, concernant les soi-disant obligations nucléaires de l’Iran, dont on ne peut affirmer avec certitude s’il s’est doté de l’arme nucléaire, il est communément accepté qu’Israël constitue la seule puissance nucléaire du Proche-Orient. De plus, en 2012, alors que l’Iran avait accepté d’y prendre part, Israël a refusé de participer à la Conférence de Helsinki sur la dénucléarisation du Proche-Orient. Enfin, faut-il ajouter qu’Israël n’est pas signataire du Traité de non-prolifération des armes nucléaires et que ce pays alloue 5,6% de son PIB aux dépenses militaires (contre 3,8% pour les États-Unis). 

Bien sûr, l’idée ici n’est pas de vanter la candidature de la République islamique d’Iran qui continue de détenir bon nombre de prisonniers politiques, de réprimer tous mouvements populaires démocratiques comme tel a été le cas ce printemps avec les mouvements étudiants dirigés notamment par la jeunesse du parti Tudeh (Parti communiste) clandestin. Il s’agit simplement de mettre en valeur la position honteuse et inconséquente du Canada qui se borne à soutenir un des deux seuls États au monde sans Constitution et qui peut détenir des prisonniers sans aucune charge contre eux pour ensuite décréter que l’Iran n’est pas digne de faire partie d’une commission de l’ONU chargée de la justice. 

Israël: une entreprise coloniale

Dans un communiqué de soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim (mais nourris de force par les autorités israéliennes) en date du 10 juin dernier, la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique (FMJD) résume bien le rôle impérialiste d’Israël au Moyen-Orient: « On ne peut trouver de meilleure description de l’impérialisme qu’à travers les actions de l’entité sioniste. Occupation, déplacement, attaques, colonies, guerres et sanctions économiques contre les Palestiniens. Interventions dans toute la région du Moyen-Orient, principalement au Liban et en Syrie en plus du contrôle de la région.» 

Depuis le début, l’entreprise sioniste se développe au dépens du droit à l’autodétermination des Palestiniens. Bien loin de tenter de régler le problème, les Accords d’Oslo de 1993 ont en fait permis de «normaliser» la situation au profit de l’État sioniste. Il faut se remettre dans le contexte du début des années 1990: Arafat et l’Autorité palestinienne sont plus faibles que jamais après avoir porté leur soutien à Saddam Hussein lors de la Guerre Iran - Irak de 1991 et, avec la victoire temporaire de la contre-révolution en URSS et en Europe de l’Est, la Palestine se retrouve dramatiquement isolée sur la scène internationale; sans compter que tous les États Arabes alliés en 1967 ont fait la paix avec Israël à l’exception notable du Liban (qui doit se reconstruire après une guerre civile sanglante) et de la Syrie. On comprend alors pourquoi les questions les plus cruciales comme celle des réfugiés, celle du territoire, de la sécurité, du statut de Jérusalem, etc.)

Ainsi, lors des négociations, la Palestine ne peut jouer qu’un rôle limité et, ironiquement, n’intervient que très peu directement, ce qui permet à Israël de bénéficier d’un accord taillé sur mesure et repousser sans cesse la création d’un État palestinien sous prétexte que sa sécurité n’est pas garantie (et ce, bien que les forces de l’ordre dépendant de l’Autorité palestinienne figurent probablement par les mieux entrainées au monde). Israël a donc pu consolider sa mainmise sur les territoires occupés notamment en intervenant économiquement de façon encore plus directe tout en déléguant certaines fonctions couteuses à l’Autorité palestinienne comme la sécurité, ce qui lui permet de ne plus avoir à assumer le poids de l’occupation. De plus, Israël a pu, après la signature des accords, établir des relations diplomatiques avec bon nombre de pays dont la Chine et l’Inde, donc s’insérer dans l’économie mondiale (les investissements étrangers sont passés de 17 millions $ en 1993 à 584 millions trois ans plus tard). 

Ajoutons aussi que dans le cadre des Accords d’Oslo, il était prévu qu’au bout de cinq ans, soit en 1999, le statut définitif de la Cisjordanie serait réglé. Dès le début, l’agenda n’a pas été suivi. Puis, après l’assassinat de Rabin en 1996, tous les gouvernements israéliens se sont contentés d’entreprendre de nouvelles négociations. D’ailleurs, rappelons à juste titre que lorsque Nétanyahou, l’actuel Premier ministre, arrive au pouvoir après les élections de 1996, il exprime publiquement son refus de voir un État palestinien se constituer, de rétrocéder le Golan à la Syrie ni de négocier le statut de Jérusalem. 

Les colonies ne cessant de proliférer, les conditions de vie ne cessant de se dégrader, avec un taux de chômage de 40% sur la Bande de Gaza (notons aussi qu’il passe de 11% en 1993 à 23% en 1995 pour l’ensemble de la Palestine), devant l’impossibilité de l’Autorité palestinienne de régler ces problèmes, il n’est que peu étonnant qu’une partie de la population ne soit désillusionnée et n’estime que seule la lutte paye et se soit tournée vers un groupe politique islamiste (initialement financé par l’Arabie Saoudite et sous le regard bienveillant d’Israël), le Hamas (à l’origine, le Centre islamique de Gaza). La tension sur le terrain est à son paroxysme en 2000, ce qui mène à la deuxième intifada, puis à la construction du mur de séparation en 2002. 

Ce mur de 3 mètres de hauteur, destiné à couper les populations israélienne des Palestiniens en Cisjordanie, suit plus ou moins le tracé de la ligne verte tout en incluant les colonies. Il gruge ainsi entre 10 et 15% du territoire de Cisjordanie. La colonisation peut donc se poursuivre voire s’accentuer (on comptait, en 2013 375 000 colons, soit une augmentation de 2534 contre 1133 pour 2012). On estime que ce mur affecte environ 875 000 personnes notamment en empêchant certains déplacements à l’intérieur du territoire, en isolant certaines communes (par exemple, Qalqiliya) sans compter que pour les Palestiniens résidant dans les zones annexées, la situation est encore plus délicate. Tout en étant coupés physiquement de la Cisjordanie, ils n’ont pas officiellement le droit de résidence en Israël, donc ne peuvent bénéficier des services sociaux et n’ont pas la possibilité de voyager. 

En bref, alors que la situation des Palestiniens ne cesse de se dégrader, Israël a tout avantage à maintenir le statu quo. Dans la situation actuelle, avec une Autorité palestinienne complètement discréditée et très isolée, il serait illusoire de croire que les tentatives de négociations comme celles exigées par les États-Unis en 2013 - actuellement en pause - puissent mener à une fin du conflit. Ainsi, de nommer cet État à la vice-présidence d’une commission chargée des questions de la décolonisation est honteux de la part des Nations unies, une organisation créée, rappelons-le, pour garantir la paix dans le monde. 

Comment peut-on prétendre garantir la paix dans le monde en confiant une commission à un État aux politiques bellicistes qui, dans les dix dernières années a mené trois opérations militaires: l’opération Plomb durci en 2008, l’opération Pilier de défense en 2010 contre la Palestine et la guerre contre le Liban en 2006, et ce, sans compter les raids aériens et autres opérations qui sont, malheureusement monnaie courante? 

Pour les communistes, la réponse est claire: Israël participe de la dynamique impérialiste mondiale en déstabilisant la région en attisant des conflits tous azimuts. La constitution d’États forts susceptibles de freiner les plans des puissances occidentales dans la région est rendue impossible, comme le prévoit le redécoupage total du «Nouveau Moyen-Orient» si cher à la diplomatie de l’OTAN. 

Ainsi, ce n’est pas tant par appui d’Israël que les États européens ont soutenu sa candidature, mais bien pour garantir les intérêts d’un système qui s’enlise de plus en plus avec l’approfondissement de la crise économique, faisant fi des répercussions potentielles sur le terrain.









vendredi 19 octobre 2012

La Ville de Québec révèle avec éclat l’absurdité de ses règlements et de leur application

Communiqué pour diffusion immédiate

Québec, le vendredi 19 octobre 2012 – Alors qu’un concours de construction de maison de carton devait avoir lieu durant la Nuit des sans abri à Québec, les organisateurs ont appris quelques minutes avant le début dudit concours qu’ils étaient menacés de recevoir des contraventions s’ils procédaient. C’est le règlement 19.1 alinéa 1 du règlement sur la Paix et le bon ordre qui est en cause. La Ligue des droits et libertés, section de Québec, par ailleurs organisatrice du concours, dénonce non seulement le règlement en question, mais aussi l’application rigide et arbitraire de celui-ci.
Le règlement en question interdit de « construire, ériger, installer, déposer, maintenir, occuper ou faire construire, ériger, installer ou déposer une structure, une tente ou toute autre construction, équipement ou appareil servant ou pouvant servir d’abri ». Nous avons déjà dénoncé ce règlement avec le Regroupement pour l’Aide aux itinérants et itinérantes de Québec (RAIIQ) au mois de juin dernier. Nous croyons en effet qu’il s’agit là d’un autre règlement qui donne des armes aux policiers pour judiciariser les itinérants dans leurs stratégies de survie et dans leur occupation de l’espace public.

Et malheureusement, les événements de la journée démontrent de façon éclatante que les policiers ne l’utiliseront pas avec jugement…

La Ligue compte bien contester ce règlement, mais aussi plusieurs autres issus du règlement sur la paix et le bon ordre :

 5. Il est interdit à une personne, sans motif raisonnable dont la preuve lui incombe, de flâner, de vagabonder ou de dormir dans une rue ou dans un endroit public.

 11. Il est interdit de mendier ou de solliciter dans une rue ou dans un endroit public.

19.1 alinéa 1° construire, ériger, installer, déposer, maintenir, occuper ou faire construire, ériger, installer ou déposer une structure, une tente ou toute autre construction, équipement ou appareil servant ou pouvant servir d’abri;

19.3 Il est interdit de se trouver dans un parc entre 23 heures et 5 heures le lendemain.

19.4 Il est interdit de participer ou d’être présent à un attroupement sur le domaine public entre 23 heures et 5 heures le lendemain.