lundi 30 mai 2011

DES CONGRÈS SYNDICAUX POUR RÉSISTER AU VENT DE DROITE

Par Robert Luxley


À son congrès tenu la deuxième semaine de mai, le Congrès du Travail du Canada, auquel est affiliée la FTQ, a adopté un plan de travail et de mobilisation de son membership et de la société civile pour vaincre le programme de la droite au Canada. Le CTC considère que l’élection d’un gouvernement conservateur d’ultra-droite majoritaire le 2 mai dernier constitue une grave menace pour les services publics, notamment dans la santé et les services sociaux, pour les régimes de pension tant publics que privées du Canada, ainsi que pour la paix dans les relations internationales.

Le Congrès du travail du Canada (CTC) et son Comité national de campagne (CNC) travaillera donc en collaboration avec ses organisations affiliées, à travers les fédérations du travail et les conseils du travail, à créer une dynamique en mobilisant ses membres et ses alliés dans les communautés, par l'éducation, dans des manifestations publiques et dans l'action directe le cas échéant, à l'encontre du programme de la droite.

Il souhaite construire une opposition efficace et large au programme de la droite. À son 27e Congrès, prévue en 2014, il sera présenté un plan politique pour défaire le gouvernement conservateur et élire un gouvernement fédéral du NPD.

Le CTC prévoit créer une forte opposition de principe à la fois au sein du mouvement syndical et de ses alliés en coalition, et qui pourra anticiper et contrecarrer les initiatives législatives du gouvernement avec une série d'actions ciblées et spécifiques. Il travaillera aussi à développer une stratégie parlementaire pour le lobbying et le travail en comité parlementaire.

Le CTC entend travailler avec ses affiliés à engager des ressources pour coordonner des campagnes politiques en appui direct ou indirect à des partis progressistes et à leurs candidats dans les élections provinciales et municipales au cours des trois prochaines années. Il entend utiliser ces élections comme un moyen de tester et d’adapter ses stratégies en vue de la prochaine élection fédérale prévue le 19 octobre 2015.

Le CTC veut aussi avec ses affiliés construire un mouvement ouvrier fort et progressiste pour lutter contre le programme de droite que les compagnies et la haute finance veulent imposer au pays. Il s'agira notamment de se livrer à des campagnes de mobilisation des membres, de sensibilisation du public et d’actions directes, basées sur des questions touchant spécifiquement les affiliés ainsi que sur les grandes questions politiques du jour afin de gagner le soutien de la population travailleuse.

Le CTC veut renforcer les coalitions et travailler à renforcer les relations avec les partenaires de la société civile afin d'élargir la base de son travail de campagne. Il essaiera de trouver des façons d'aider la société civile et ses partenaires de coalition pour améliorer leur capacité et les ressources, et associer leurs travaux aux activités des conseils du travail dans les collectivités.

La semaine suivante, du 15 au 20 mai, le congrès de la CSN qui se tenait à Montréal, adoptait lui aussi une série de propositions visant à lutter contre le programme de la droite, de réduire les inégalités et en faveur d’un développement économique durable. Le congrès était aussi amené à réfléchir sur l’action syndicale alors que les syndicats sont l’objet de furieuses attaques de la part de la droite par les temps qui courent.

Le congrès avait débuté alors que l’ADQ se réunissait pour adopter des mesures d’extrême- droite contre les syndiqués dans l’éventualité où il prendrait le pouvoir, notamment visant à interdire à leurs syndicats de se préoccuper de questions politiques et limiter leur action strictement aux relations de travail.

L’un des moments forts du congrès fut lorsque Madame Stephanie Bloomingdale, secrétaire-trésorière de l’AFL-CIO du Wisconsin prit la parole. Elle livra un vibrant témoignage de la lutte contre la loi adoptée par le gouverneur républicain de cet État, Scott Walker, lequel est lié au mouvement d’extrême-droite Tea Party, et qui interdit dorénavant aux travailleuses et aux travailleurs du secteur public de l’État de négocier collectivement leurs conditions de travail et leurs avantages sociaux.

Loin de se laisser intimider par les menaces anti-ouvrières de Gérard Deltell de l’ADQ, le congrès a adopté les propositions suivantes :

A. Que la CSN propose aux autres organisations syndicales québécoises et canadiennes ainsi qu’aux groupes de défense des non-syndiqué-es une offensive concertée pour promouvoir le travail décent, la pertinence du syndicalisme et le droit à la syndicalisation au Québec et au Canada, notamment pour les travailleuses et les travailleurs les plus vulnérables et les moins organisés.

B. Que la CSN organise un événement sur le syndicalisme, ses défis et les enjeux de son renouvellement notamment la relève syndicale représentative de ses membres et, si possible, qu’elle le fasse en collaboration avec ses partenaires syndicaux québécois en impliquant particulièrement les jeunes.

C. Que la CSN fasse la promotion d’une journée annuelle de la militance syndicale et que cette journée soit, entre autres, l’occasion de faire connaître à la population le rôle et les responsabilités des militantes et militants syndicaux et de valoriser les gains et les retombées de l’action syndicale en rappelant, par exemple, les luttes qui ont mené à l’édification de notre filet de sécurité sociale.

D. Que la CSN ouvre un chantier de réflexion sur la répartition de la richesse dans le monde du travail et développe des stratégies syndicales de négociation pour améliorer les conditions salariales des travailleuses et des travailleurs.

E. Que la CSN actualise son programme et ses outils de formation à l’intention des militantes et des militants de ses organisations affiliées afin de s’assurer que l’ensemble des contenus réponde aux besoins et à la conjoncture politique en introduisant un volet sociopolitique à tous les parcours actuels et futurs. De plus, que cette actualisation favorise l’utilisation de l’approche intégrée de l’égalité (AIE) et que l’utilisation des nouvelles technologies et des médias sociaux soit considérée.

F. Que la CSN poursuive son action politique pour une plus grande justice sociale et utilise toutes les tribunes et les moyens à sa disposition.

Pour finir le congrès a adopté la nouvelle proposition suivante :

Que la CSN développe un plan de mobilisation et d’action incluant la possibilité de tenir une grève générale et sociale avec nos alliés et visant à protester contre les mesures rétrogrades gouvernementales (incluses dans les derniers budgets de mars 2010 et mars 2011) adoptées à l’Assemblée nationale.

Aussitôt qu’elle fut lue au micro par son proposeur, presque tous les délégués-es se sont levés pour applaudir. La proposition a reçue l’appui de membres de l’exécutif de la centrale ainsi que de dirigeants de conseil centraux et de fédérations et fut adoptée presqu’à l’unanimité.

La droite n’a qu’à bien se tenir, le mouvement ouvrier ne se laissera pas faire.

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