Adrien Welsh
Saluons le courage, la détermination, la combativité et la réactivité du peuple vénézuélien, de sa jeunesse, des institutions et organisations qui les représentent pour s’être mobilisés devant la nouvelle action déstabilisatrice menée par les criminels, usurpateurs et fascistes Juan Guaidó et du repris de justice Leopoldo López.
Grâce à leur mobilisation, les Vénézuélien-nes ont empêché que cette action ne se solde en coup d’État perpétré par les supplétifs de l’impérialisme au Venezuela qui n’ont d’yeux que pour le pétrole et les ressources naturelles de ce pays et qui refusent que celles-ci lui bénéficient plutôt qu’aux actionnaires des entreprises multinationales.
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mercredi 8 mai 2019
mercredi 2 mai 2018
Nicaragua: Non à une nouvelle révolution de couleur "Made in USA"!
Adrien Welsh
Depuis le 18 avril dernier, environ 30 personnes sont décédées au Nicaragua à la suite d’une vague de violence qui a frappé le pays après que le gouvernement sandiniste a proposé une nouvelle forme de financement du système de sécurité sociale.
En effet, à cause des précédents gouvernements, le système de sécurité sociale s’est retrouvé confronté à un déficit d’environ 75 millions $ US. Le gouvernement d’Ortega a donc décidé de faire peser une partie de ces couts sur les entreprises privées plutôt que d’en assumer les couts en demandant aux individus de payer.
En effet, à cause des précédents gouvernements, le système de sécurité sociale s’est retrouvé confronté à un déficit d’environ 75 millions $ US. Le gouvernement d’Ortega a donc décidé de faire peser une partie de ces couts sur les entreprises privées plutôt que d’en assumer les couts en demandant aux individus de payer.
jeudi 26 mars 2015
Rejet mondial de l’agression des Etats-Unis contre le Venezuela
Salim Lamrani
Sur Michel Collon.info
Le 9 mars 2015, Barack Obama a signé un ordre exécutif et a décrété un « état d’urgence » aux Etats-Unis en raison de la « menace inhabituelle et extraordinaire » que représenterait le Venezuela pour la sécurité nationale. Cette décision, hostile à l’égard d’une autre nation souveraine, est d’une extrême gravité et s’est accompagnée de nouvelles sanctions contre plusieurs fonctionnaires du gouvernement de la République latino-américaine.(1)
Pour justifier une telle décision, la Maison-Blanche évoque « l’intimidation des opposants politiques » au Venezuela, exige « le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales » et demande « la libération de tous les prisonniers politiques, y compris des dizaines d’étudiants, le leader de l’opposition Leopoldo López ainsi que les maires Daniel Ceballos et Antonio Ledezma »,… mais n’évoque aucune menace concrète contre les Etats-Unis.(2)
En effet, Washington ne fait allusion à aucune menace précise portée contre sa sécurité, ni à d’éventuelles armes stratégiques d’un pays – qui n’en possède aucune – qui se trouve à plusieurs milliers de kilomètres de ses côtes et qui, de son histoire, n’a jamais été en guerre contre les Etats-Unis, ni n’a agressé une autre nation. Au contraire, le Président vénézuélien Nicolás Maduro, démocratiquement élu en 2013 lors d’un scrutin reconnu pour sa transparence par tous les organismes internationaux, de l’Organisation des Etats américains à l’Union européenne, a toujours fait part de sa volonté d’établir des relations pacifiques et d’égal à égal avec le Voisin du Nord. Pour justifier sa décision, Obama fait uniquement référence à des faits qui relèvent de la situation interne du Venezuela et qui sont de la compétence unique et exclusive du peuple bolivarien, faisant ainsi preuve d’un acte d’ingérence – donc contraire au Droit international – dans les affaires internes d’une nation souveraine .(3)
Cette nouvelle mesure marque une recrudescence de l’hostilité des Etats-Unis vis-à-vis de la démocratie vénézuélienne. En effet, depuis l’arrivée d’Hugo Chávez au pouvoir en 1999 et l’avènement de la Révolution bolivarienne, Washington n’a eu de cesse de déstabiliser le Venezuela. Le 11 avril 2002, l’administration Bush avait orchestré un coup d’Etat contre le Président Chávez et brisé l’ordre constitutionnel. L’intervention massive du peuple avait permis de mettre un terme à la dictature militaire la plus courte de l’histoire de l’Amérique latine (48 heures). En décembre 2002, Washington avait soutenu le sabotage pétrolier qui avait coûté plus de 10 milliards de dollars à l’économie vénézuélienne. Depuis, les Etats-Unis n’ont eu de cesse de soutenir l’opposition antidémocratique et putschiste, qui n’a pas hésité à recourir à la violence, comme le montre la vague meurtrière qui a frappé le pays en février 2014, pour obtenir par la force ce qu’elle a été incapable de remporter par les urnes. En effet, depuis 1998, la droite vénézuélienne a perdu 19 des 20 processus électoraux – reconnus comme transparents par toutes les instances internationales – qui se sont tenus sous la Révolution bolivarienne.
Caracas a immédiatement dénoncé une tentative de coup d’Etat à son encontre. L’annonce de Washington survient quelques semaines après que le Venezuela a révélé l’existence d’une conspiration, planifiée par l’opposition, destinée à renverser l’ordre constitutionnel, qui a conduit en prison le maire de Caracas Antonio Ledezma et plusieurs membres des forces armées, entre autres (4) . Nicolás Maduro a ainsi déclaré que Barack Obama avait « assumé personnellement la tâche de renverser [s]on gouvernement, d’intervenir au Venezuela, et d’en prendre le contrôle (5) ». « Il s’agit de la plus grave menace contre la nation de toute son histoire », a-t-il ajouté, rappelant que « personne ne peut croire que le Venezuela soit une menace pour les Etats-Unis (6) ». L’objectif de Washington est évident, selon Maduro : avec les premières réserves en hydrocarbures au monde, le Venezuela est en effet une priorité stratégique pour les Etats-Unis, qui souhaitent contrôler ces ressources.
La mesure prise par les Etats-Unis à l’encontre du Venezuela a suscité le rejet unanime de la communauté internationale, y compris de ses plus fidèles alliés. L’Union européenne a déclaré qu’il était hors de question de s’aligner sur la politique de Washington et qu’elle « n’envisage[ait] pas [d’imposer] des mesures restrictives » contre Caracas. « L’Union européenne n’a pas à prendre de décision » concernant le Venezuela, a souligné José Manuel García-Margallo, Ministre espagnol des Affaires étrangères (7). Mais les condamnations les plus fermes sont venues du Nouveau Monde. Cuba a été la première nation à fustiger le décret présidentiel le jour même de sa divulgation. La Havane a utilisé un langage diplomatique fort et a réaffirmé « son soutien inconditionnel […] au gouvernement légitime du Président Nicolás Maduro », montrant ainsi que le rapprochement avec les Etats-Unis n’interférait en aucune manière dans sa politique étrangère. La déclaration émise le 9 mars 2015 est édifiante :
« Le Gouvernement révolutionnaire de la République de Cuba a pris connaissance du Décret Présidentiel arbitraire et agressif émis par le Président des Etats-Unis contre le Gouvernement de la République Bolivarienne du Venezuela, qui qualifie ce pays comme une menace pour sa sécurité nationale […] De quelle manière le Venezuela menace-t-il les Etats-Unis ? A des milliers de kilomètres de distance, sans armes stratégiques et sans employer de ressources ou de fonctionnaires pour conspirer contre l’ordre constitutionnel étasunien, la déclaration est peu crédible et met à nu les objectifs de ses auteurs. […] Personne n’a le droit d’intervenir dans les affaires internes d’un Etat souverain ni de le déclarer, sans fondement aucun, comme étant une menace à sa sécurité nationale. Tout comme Cuba n’a jamais été seule, le Venezuela ne le sera pas non plus (8) ».
Lors du Sommet extraordinaire des chefs d’Etat de l’Alliance bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA), tenu le 17 mars 2015, le Président cubain Raúl Castro a réaffirmé son soutien au Venezuela et a lancé un message explicite à Washington :
« Les Etats-Unis devraient comprendre une fois pour toutes qu’il est impossible de séduire ou d’acheter Cuba, ni d’intimider le Venezuela. Notre unité est indestructible. Nous ne cèderons pas non plus d’un pouce dans la défense de la souveraineté et de l’indépendance, et ne nous tolèrerons aucun type d’ingérence, ni de conditionnement dans nos affaires internes. Nous ne renoncerons pas à la défense des causes justes de Notre Amérique et du monde, et nous n’abandonnerons jamais nos frères de lutte. Nous sommes venus serrer les rangs avec le Venezuela et l’ALBA et ratifier que les principes ne sont pas négociables […]. Nous ne permettrons que l’on porte atteinte à la souveraineté ou que l’on brise la paix en Amérique latine (9) ».
Pour sa part, l’Argentine a publié une longue déclaration rejetant les mesures hostiles adoptées par Washington et apportant son soutien à la démocratie vénézuélienne :
« Le Gouvernement argentin a pris connaissance avec inquiétude du contenu du Décret exécutif émis par le Gouvernement des Etats-Unis […]. La gravité d’une telle dénonciation cause non seulement de la consternation en raison de la dureté inhabituelle de ses termes, presque menaçants, mais elle provoque également de la stupeur et de la surprise. Il est absolument invraisemblable pour toute personne moyennement informée que le Venezuela, ou n’importe quel autre pays sud-américain ou latino-américain, puisse constituer une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis d’Amérique du Nord. Le caractère absurde et injuste de l’accusation est source de consternation […]. L’Argentine, tout comme les autres pays de la région […], rejette toute ingérence dans les affaires internes des autres Etats. En ce sens, l’Argentine lance un appel au Gouvernement des Etats-Unis pour qu’il évite l’usage d’un langage impropre pour un pays de son importance et de sa responsabilité en tant que puissance mondiale, ou de sanctions qui ont déjà démontré, dans d’autres cas, qu’elles conduisent uniquement à l’échec et à l’inimitié entre les peuples et leurs gouvernements (10) ».
De son côté, le Président bolivien Evo Morales a exigé des Etats-Unis qu’ils « demandent pardon à l’Amérique latine, et en particulier au Venezuela ». L’Amérique latine refuse « toute intervention militaire [ou] menace contre la démocratie et contre nos révolutions », a-t-il ajouté (11).
L’Equateur a qualifié la décision de Washington de « grotesque » et de « grave risque pour la paix et la démocratie dans la région ». « Il ne manque plus que l’on sanctionne les électeurs vénézuéliens », a annoncé sur un ton sarcastique son président Rafael Correa. Pour sa part, le Nicaragua a exprimé « son profond rejet et indignation face à cette déclaration inacceptable de facture impériale (12) ».
L’ancien président de l’Uruguay, Pepe Mujica, considéré comme étant la conscience morale du continent latino-américain, a condamné l’attitude agressive des Etats-Unis : « Je n’ai pas besoin de preuves pour savoir que les Etats-Unis s’immiscent dans les affaires internes du Venezuela. Il faut être fou pour oser dire que le Venezuela peut être une menace. Ils [les Vénézuéliens] ont une Constitution merveilleuse, la plus audacieuse d’Amérique latine. Nous avons besoin d’une Venezuela indépendante (13) ».
Les organismes latino-américains ont également stigmatisé le décret présidentiel d’Obama. L’Union des nations sud-américaines (UNASUR), qui regroupe les 12 pays d’Amérique du Sud, a unanimement rejeté l’ingérence étasunienne. Dans une déclaration commune, l’UNASUR a dénoncé un acte hostile :
« Les Etats membres de l’Union des nations sud-américaines font part de leur rejet du Décret exécutif du Gouvernement des Etats-Unis d’Amérique, approuvé le 9 mars 2015, car il constitue une menace d’ingérence contre la souveraineté et le principe de non-intervention dans les affaires internes des autres Etats. Les Etats membres de l’UNASUR réaffirment leur engagement en faveur de la pleine application du Droit International, de la Solution pacifique des controverses et du principe de Non-intervention, et réitèrent leur appel aux gouvernements afin qu’ils s’abstiennent d’appliquer des mesures coercitives unilatérales qui contreviennent au Droit International. L’UNASUR réitère son appel au gouvernement des Etats-Unis d’Amérique afin qu’il évalue et mette en pratique des alternatives de dialogue avec le gouvernement du Venezuela, sous les principes de respect de la souveraineté et de l’autodétermination des peuples. En conséquence, elle sollicite la dérogation dudit Décret Exécutif (14) ».
Le Parlement du Marché commun du Sud (Mercosur), qui regroupe 10 pays sud-américains (5 membres permanents et 5 membres associés), a fait part de son « rejet le plus énergique et le plus catégorique » des sanctions annoncées par les Etats-Unis, dénonçant une « menace réelle d’agression contre la souveraineté, la paix et la stabilité démocratique de ce pays sud-américain et donc contre le Mercosur ». Ces mesures « constituent en elles-mêmes un danger d’intervention armée contre le Venezuela, et cela doit déclencher une alerte nationale et internationale (15) ».
L’Association latino-américaine d’intégration (ALADI) a exprimé sa solidarité « avec le peuple vénézuélien » et « son gouvernement légitime et rejette cette déclaration qui est inexplicable et arbitraire. Le monde sait qu’aucun pays d’Amérique latine ne représente une menace pour la paix ». Le secrétariat général de l’entité a rejeté l’intromission de Washington : « L’Amérique latine et la Caraïbe ont été proclamées par le Second sommet de la CELAC (Communauté des Etats latino-américains et caribéens) comme zone de paix et c’est pourquoi cette attitude constitue une agression inacceptable pour la Région (16) ».
Le Parlatino, Parlement latino-américain intégré par 23 pays, a également condamné l’action hostile de Barack Obama et a exigé le retrait du décret présidentiel étasunien contre le Venezuela. « Ce qui est en jeu, c’est la défense de notre souveraineté, le contrôle de nos ressources naturelles et la liberté de décider de notre propre destin », a souligné Angel Rodríguez, le représentant vénézuélien (17) .
L’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA) a exprimé « son rejet le plus énergique du Décret exécutif ». « Cette agression viole toute norme internationale qui régit la vie des Etats égaux et souverains, ignore la tradition antiimpérialiste qui nos peuples ont historiquement revendiqué, et constitue une menace pour la paix et la tranquillité de nos pays (18) ».
La politique agressive de Washington a également été dénoncée aux Nations unies, au sein du Conseil des droits de l’homme de Genève. La Communauté des Etats latino-américains et caribéens – qui regroupe les 33 pays–, la Russie et la Chine, entre autres, ont dénoncé « l’imposition de mesures coercitives unilatérales comme mécanisme de pression politique et économique, fait qui viole les principes de la Charte des Nations unies (19) ».
Face au rejet unanime de la communauté internationale, les Etats-Unis ont été contraints d’effectuer une déclaration affirmant que leur objectif n’était pas de renverser le gouvernement démocratique de Nicolás Maduro. Le Département d’Etat a ainsi assuré que les « Etats-Unis ne cherchent pas à obtenir la chute du gouvernement vénézuélien et ne tentent pas non plus de saboter l’économie vénézuélienne ». Mais l’Amérique latine n’a pas été convaincue par ces propos, tant Washington a multiplié les actes hostiles envers le Venezuela depuis l’avènement de la Révolution bolivarienne (20) .
A moins d’un mois du Sommet des Amériques qui se tiendra les 10 et 11 avril 2015 au Panama, le Président des Etats-Unis vient de s’aliéner toute l’Amérique latine en imposant une politique hostile et agressive au Venezuela, violant le principe de non-ingérence dans les affaires internes d’une nation souveraine. Alors qu’il avait l’opportunité de se présenter face à la communauté latino-américaine paré du prestige que lui a conféré sa décision de rétablir un dialogue historique avec Cuba, Barack Obama sera accueilli par les pays du Sud avec suspicion et rejet, tout comme son prédécesseur à la Maison-Blanche… un certain George W. Bush.
Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013 et comporte une préface d’Eduardo Galeano. http://www.amazon.fr/Cuba-m%C3%A9di... Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamra...
Source : Al Mayadeen
Notes
1. Antonio María Delgado, « Obama aplica sanciones y declara emergencia nacional por amenaza de Venezuela », El Nuevo Herald, 10 mars 2015.
2. The White House, “Statement by the Press Secretary on Venezuela”, 9 mars 2015. https://www.whitehouse.gov/the-pres... (site consulté le 13 mars 2015).
3. Ultimas Noticias, « Maduro : Le tiendo la mano al gobierno de EEUU”, 13 mars 2015.
4. Ignacio Ramonet, “La tentative du coup d’Etat contre le Venezuela”, Medelu, 10 mars 2015.
5. Fabiola Sánchez, “Maduro : EEUU asumió la tarea de derrocar a mi gobierno”, The Associated Press, 10 mars 2015
6. Agencia Venezolana de Noticias, “Presidente llama a la unidad para vencer la amenaza más grave en la historia de Venezuela”, 11 mars 2015.
7. Agence France Presse, « La Unión Europea ‘no está considerando’ sanciones contra Venezuela », 10 mars 2015.
8. Gobierno Revolucionario de la República de Cuba, “Declaración”, Cubadebate, 9 mars 2015.
9. La Iguana TV, “Raúl Castro : Es imposible comprar a Cuba, ni intimidar a Venezuela. Nuestra unidad es indestructible”, 17 mars 2015.
10. Presidencia de Argentina, “Declaración sobre las medidas adoptadas por Estados Unidos contra Venezuela”, 11 mars 2015. http://www.presidencia.gob.ar/event... (site consulté le 18 mars 2015)
11. Página 12, Suma apoyos el gobierno de Venezuela”, 14 mars 2015.
12. El Nuevo Herald, “Latinoamérica defiende a Venezuela y EEUU niega promover inestabilidad”, 10 mars 2015.
13. El Observador, “Mujica no duda de que “los gringos se meten en Venezuela”, 12 mars 2015.
14. UNASUR, « Comunicado de la Unión de Naciones Suramericanas sobre el Decreto Ejecutivo del Gobierno de los Estados Unidos sobre Venezuela », 14 mars 2015. http://www.unasursg.org/node/169 (site consulté le 17 mars 2015).
15. EFE, « Presidencia de Parlasur dicta su ‘enérgico y categórico’ rechazo a medidas EEUU », 11 mars 2015.
16. EFE, « Aladi y Parlasur rechazan sanciones de EEUU a funcionarios de Venezuela », 11 mars 2015.
17. Parlatino, « Parlamento Latinoamericano en Panamá exhorta a EEUU a derogar decreto contra Venezuela », 17 mars 2015. http://www.parlatino.org.ve/index.p... (site consulté le 18 mars 2015).
18. Alianza Bolivariana para los Pueblos de Nuestra América, “Alba rechaza toda agresión de Estados Unidos que busque vulnerar la soberanía de Venezuela”, 9 mars 2015.
19. PSUV, « Venezuela recibe apoyo en ONU ante sanciones de EEUU », 13 mars 2015.
Sur Michel Collon.info
L’annonce faite par la Maison-Blanche de décréter un état d’urgence nationale, dans le but de briser l’ordre constitutionnel au Venezuela, a unanimement été rejeté par la communauté internationale.
Le 9 mars 2015, Barack Obama a signé un ordre exécutif et a décrété un « état d’urgence » aux Etats-Unis en raison de la « menace inhabituelle et extraordinaire » que représenterait le Venezuela pour la sécurité nationale. Cette décision, hostile à l’égard d’une autre nation souveraine, est d’une extrême gravité et s’est accompagnée de nouvelles sanctions contre plusieurs fonctionnaires du gouvernement de la République latino-américaine.(1)
Pour justifier une telle décision, la Maison-Blanche évoque « l’intimidation des opposants politiques » au Venezuela, exige « le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales » et demande « la libération de tous les prisonniers politiques, y compris des dizaines d’étudiants, le leader de l’opposition Leopoldo López ainsi que les maires Daniel Ceballos et Antonio Ledezma »,… mais n’évoque aucune menace concrète contre les Etats-Unis.(2)
En effet, Washington ne fait allusion à aucune menace précise portée contre sa sécurité, ni à d’éventuelles armes stratégiques d’un pays – qui n’en possède aucune – qui se trouve à plusieurs milliers de kilomètres de ses côtes et qui, de son histoire, n’a jamais été en guerre contre les Etats-Unis, ni n’a agressé une autre nation. Au contraire, le Président vénézuélien Nicolás Maduro, démocratiquement élu en 2013 lors d’un scrutin reconnu pour sa transparence par tous les organismes internationaux, de l’Organisation des Etats américains à l’Union européenne, a toujours fait part de sa volonté d’établir des relations pacifiques et d’égal à égal avec le Voisin du Nord. Pour justifier sa décision, Obama fait uniquement référence à des faits qui relèvent de la situation interne du Venezuela et qui sont de la compétence unique et exclusive du peuple bolivarien, faisant ainsi preuve d’un acte d’ingérence – donc contraire au Droit international – dans les affaires internes d’une nation souveraine .(3)
Cette nouvelle mesure marque une recrudescence de l’hostilité des Etats-Unis vis-à-vis de la démocratie vénézuélienne. En effet, depuis l’arrivée d’Hugo Chávez au pouvoir en 1999 et l’avènement de la Révolution bolivarienne, Washington n’a eu de cesse de déstabiliser le Venezuela. Le 11 avril 2002, l’administration Bush avait orchestré un coup d’Etat contre le Président Chávez et brisé l’ordre constitutionnel. L’intervention massive du peuple avait permis de mettre un terme à la dictature militaire la plus courte de l’histoire de l’Amérique latine (48 heures). En décembre 2002, Washington avait soutenu le sabotage pétrolier qui avait coûté plus de 10 milliards de dollars à l’économie vénézuélienne. Depuis, les Etats-Unis n’ont eu de cesse de soutenir l’opposition antidémocratique et putschiste, qui n’a pas hésité à recourir à la violence, comme le montre la vague meurtrière qui a frappé le pays en février 2014, pour obtenir par la force ce qu’elle a été incapable de remporter par les urnes. En effet, depuis 1998, la droite vénézuélienne a perdu 19 des 20 processus électoraux – reconnus comme transparents par toutes les instances internationales – qui se sont tenus sous la Révolution bolivarienne.
Caracas a immédiatement dénoncé une tentative de coup d’Etat à son encontre. L’annonce de Washington survient quelques semaines après que le Venezuela a révélé l’existence d’une conspiration, planifiée par l’opposition, destinée à renverser l’ordre constitutionnel, qui a conduit en prison le maire de Caracas Antonio Ledezma et plusieurs membres des forces armées, entre autres (4) . Nicolás Maduro a ainsi déclaré que Barack Obama avait « assumé personnellement la tâche de renverser [s]on gouvernement, d’intervenir au Venezuela, et d’en prendre le contrôle (5) ». « Il s’agit de la plus grave menace contre la nation de toute son histoire », a-t-il ajouté, rappelant que « personne ne peut croire que le Venezuela soit une menace pour les Etats-Unis (6) ». L’objectif de Washington est évident, selon Maduro : avec les premières réserves en hydrocarbures au monde, le Venezuela est en effet une priorité stratégique pour les Etats-Unis, qui souhaitent contrôler ces ressources.
La mesure prise par les Etats-Unis à l’encontre du Venezuela a suscité le rejet unanime de la communauté internationale, y compris de ses plus fidèles alliés. L’Union européenne a déclaré qu’il était hors de question de s’aligner sur la politique de Washington et qu’elle « n’envisage[ait] pas [d’imposer] des mesures restrictives » contre Caracas. « L’Union européenne n’a pas à prendre de décision » concernant le Venezuela, a souligné José Manuel García-Margallo, Ministre espagnol des Affaires étrangères (7). Mais les condamnations les plus fermes sont venues du Nouveau Monde. Cuba a été la première nation à fustiger le décret présidentiel le jour même de sa divulgation. La Havane a utilisé un langage diplomatique fort et a réaffirmé « son soutien inconditionnel […] au gouvernement légitime du Président Nicolás Maduro », montrant ainsi que le rapprochement avec les Etats-Unis n’interférait en aucune manière dans sa politique étrangère. La déclaration émise le 9 mars 2015 est édifiante :
« Le Gouvernement révolutionnaire de la République de Cuba a pris connaissance du Décret Présidentiel arbitraire et agressif émis par le Président des Etats-Unis contre le Gouvernement de la République Bolivarienne du Venezuela, qui qualifie ce pays comme une menace pour sa sécurité nationale […] De quelle manière le Venezuela menace-t-il les Etats-Unis ? A des milliers de kilomètres de distance, sans armes stratégiques et sans employer de ressources ou de fonctionnaires pour conspirer contre l’ordre constitutionnel étasunien, la déclaration est peu crédible et met à nu les objectifs de ses auteurs. […] Personne n’a le droit d’intervenir dans les affaires internes d’un Etat souverain ni de le déclarer, sans fondement aucun, comme étant une menace à sa sécurité nationale. Tout comme Cuba n’a jamais été seule, le Venezuela ne le sera pas non plus (8) ».
Lors du Sommet extraordinaire des chefs d’Etat de l’Alliance bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA), tenu le 17 mars 2015, le Président cubain Raúl Castro a réaffirmé son soutien au Venezuela et a lancé un message explicite à Washington :
« Les Etats-Unis devraient comprendre une fois pour toutes qu’il est impossible de séduire ou d’acheter Cuba, ni d’intimider le Venezuela. Notre unité est indestructible. Nous ne cèderons pas non plus d’un pouce dans la défense de la souveraineté et de l’indépendance, et ne nous tolèrerons aucun type d’ingérence, ni de conditionnement dans nos affaires internes. Nous ne renoncerons pas à la défense des causes justes de Notre Amérique et du monde, et nous n’abandonnerons jamais nos frères de lutte. Nous sommes venus serrer les rangs avec le Venezuela et l’ALBA et ratifier que les principes ne sont pas négociables […]. Nous ne permettrons que l’on porte atteinte à la souveraineté ou que l’on brise la paix en Amérique latine (9) ».
Pour sa part, l’Argentine a publié une longue déclaration rejetant les mesures hostiles adoptées par Washington et apportant son soutien à la démocratie vénézuélienne :
« Le Gouvernement argentin a pris connaissance avec inquiétude du contenu du Décret exécutif émis par le Gouvernement des Etats-Unis […]. La gravité d’une telle dénonciation cause non seulement de la consternation en raison de la dureté inhabituelle de ses termes, presque menaçants, mais elle provoque également de la stupeur et de la surprise. Il est absolument invraisemblable pour toute personne moyennement informée que le Venezuela, ou n’importe quel autre pays sud-américain ou latino-américain, puisse constituer une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis d’Amérique du Nord. Le caractère absurde et injuste de l’accusation est source de consternation […]. L’Argentine, tout comme les autres pays de la région […], rejette toute ingérence dans les affaires internes des autres Etats. En ce sens, l’Argentine lance un appel au Gouvernement des Etats-Unis pour qu’il évite l’usage d’un langage impropre pour un pays de son importance et de sa responsabilité en tant que puissance mondiale, ou de sanctions qui ont déjà démontré, dans d’autres cas, qu’elles conduisent uniquement à l’échec et à l’inimitié entre les peuples et leurs gouvernements (10) ».
De son côté, le Président bolivien Evo Morales a exigé des Etats-Unis qu’ils « demandent pardon à l’Amérique latine, et en particulier au Venezuela ». L’Amérique latine refuse « toute intervention militaire [ou] menace contre la démocratie et contre nos révolutions », a-t-il ajouté (11).
L’Equateur a qualifié la décision de Washington de « grotesque » et de « grave risque pour la paix et la démocratie dans la région ». « Il ne manque plus que l’on sanctionne les électeurs vénézuéliens », a annoncé sur un ton sarcastique son président Rafael Correa. Pour sa part, le Nicaragua a exprimé « son profond rejet et indignation face à cette déclaration inacceptable de facture impériale (12) ».
L’ancien président de l’Uruguay, Pepe Mujica, considéré comme étant la conscience morale du continent latino-américain, a condamné l’attitude agressive des Etats-Unis : « Je n’ai pas besoin de preuves pour savoir que les Etats-Unis s’immiscent dans les affaires internes du Venezuela. Il faut être fou pour oser dire que le Venezuela peut être une menace. Ils [les Vénézuéliens] ont une Constitution merveilleuse, la plus audacieuse d’Amérique latine. Nous avons besoin d’une Venezuela indépendante (13) ».
Les organismes latino-américains ont également stigmatisé le décret présidentiel d’Obama. L’Union des nations sud-américaines (UNASUR), qui regroupe les 12 pays d’Amérique du Sud, a unanimement rejeté l’ingérence étasunienne. Dans une déclaration commune, l’UNASUR a dénoncé un acte hostile :
« Les Etats membres de l’Union des nations sud-américaines font part de leur rejet du Décret exécutif du Gouvernement des Etats-Unis d’Amérique, approuvé le 9 mars 2015, car il constitue une menace d’ingérence contre la souveraineté et le principe de non-intervention dans les affaires internes des autres Etats. Les Etats membres de l’UNASUR réaffirment leur engagement en faveur de la pleine application du Droit International, de la Solution pacifique des controverses et du principe de Non-intervention, et réitèrent leur appel aux gouvernements afin qu’ils s’abstiennent d’appliquer des mesures coercitives unilatérales qui contreviennent au Droit International. L’UNASUR réitère son appel au gouvernement des Etats-Unis d’Amérique afin qu’il évalue et mette en pratique des alternatives de dialogue avec le gouvernement du Venezuela, sous les principes de respect de la souveraineté et de l’autodétermination des peuples. En conséquence, elle sollicite la dérogation dudit Décret Exécutif (14) ».
Le Parlement du Marché commun du Sud (Mercosur), qui regroupe 10 pays sud-américains (5 membres permanents et 5 membres associés), a fait part de son « rejet le plus énergique et le plus catégorique » des sanctions annoncées par les Etats-Unis, dénonçant une « menace réelle d’agression contre la souveraineté, la paix et la stabilité démocratique de ce pays sud-américain et donc contre le Mercosur ». Ces mesures « constituent en elles-mêmes un danger d’intervention armée contre le Venezuela, et cela doit déclencher une alerte nationale et internationale (15) ».
L’Association latino-américaine d’intégration (ALADI) a exprimé sa solidarité « avec le peuple vénézuélien » et « son gouvernement légitime et rejette cette déclaration qui est inexplicable et arbitraire. Le monde sait qu’aucun pays d’Amérique latine ne représente une menace pour la paix ». Le secrétariat général de l’entité a rejeté l’intromission de Washington : « L’Amérique latine et la Caraïbe ont été proclamées par le Second sommet de la CELAC (Communauté des Etats latino-américains et caribéens) comme zone de paix et c’est pourquoi cette attitude constitue une agression inacceptable pour la Région (16) ».
Le Parlatino, Parlement latino-américain intégré par 23 pays, a également condamné l’action hostile de Barack Obama et a exigé le retrait du décret présidentiel étasunien contre le Venezuela. « Ce qui est en jeu, c’est la défense de notre souveraineté, le contrôle de nos ressources naturelles et la liberté de décider de notre propre destin », a souligné Angel Rodríguez, le représentant vénézuélien (17) .
L’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA) a exprimé « son rejet le plus énergique du Décret exécutif ». « Cette agression viole toute norme internationale qui régit la vie des Etats égaux et souverains, ignore la tradition antiimpérialiste qui nos peuples ont historiquement revendiqué, et constitue une menace pour la paix et la tranquillité de nos pays (18) ».
La politique agressive de Washington a également été dénoncée aux Nations unies, au sein du Conseil des droits de l’homme de Genève. La Communauté des Etats latino-américains et caribéens – qui regroupe les 33 pays–, la Russie et la Chine, entre autres, ont dénoncé « l’imposition de mesures coercitives unilatérales comme mécanisme de pression politique et économique, fait qui viole les principes de la Charte des Nations unies (19) ».
Face au rejet unanime de la communauté internationale, les Etats-Unis ont été contraints d’effectuer une déclaration affirmant que leur objectif n’était pas de renverser le gouvernement démocratique de Nicolás Maduro. Le Département d’Etat a ainsi assuré que les « Etats-Unis ne cherchent pas à obtenir la chute du gouvernement vénézuélien et ne tentent pas non plus de saboter l’économie vénézuélienne ». Mais l’Amérique latine n’a pas été convaincue par ces propos, tant Washington a multiplié les actes hostiles envers le Venezuela depuis l’avènement de la Révolution bolivarienne (20) .
A moins d’un mois du Sommet des Amériques qui se tiendra les 10 et 11 avril 2015 au Panama, le Président des Etats-Unis vient de s’aliéner toute l’Amérique latine en imposant une politique hostile et agressive au Venezuela, violant le principe de non-ingérence dans les affaires internes d’une nation souveraine. Alors qu’il avait l’opportunité de se présenter face à la communauté latino-américaine paré du prestige que lui a conféré sa décision de rétablir un dialogue historique avec Cuba, Barack Obama sera accueilli par les pays du Sud avec suspicion et rejet, tout comme son prédécesseur à la Maison-Blanche… un certain George W. Bush.
Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013 et comporte une préface d’Eduardo Galeano. http://www.amazon.fr/Cuba-m%C3%A9di... Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamra...
Source : Al Mayadeen
Notes
1. Antonio María Delgado, « Obama aplica sanciones y declara emergencia nacional por amenaza de Venezuela », El Nuevo Herald, 10 mars 2015.
2. The White House, “Statement by the Press Secretary on Venezuela”, 9 mars 2015. https://www.whitehouse.gov/the-pres... (site consulté le 13 mars 2015).
3. Ultimas Noticias, « Maduro : Le tiendo la mano al gobierno de EEUU”, 13 mars 2015.
4. Ignacio Ramonet, “La tentative du coup d’Etat contre le Venezuela”, Medelu, 10 mars 2015.
5. Fabiola Sánchez, “Maduro : EEUU asumió la tarea de derrocar a mi gobierno”, The Associated Press, 10 mars 2015
6. Agencia Venezolana de Noticias, “Presidente llama a la unidad para vencer la amenaza más grave en la historia de Venezuela”, 11 mars 2015.
7. Agence France Presse, « La Unión Europea ‘no está considerando’ sanciones contra Venezuela », 10 mars 2015.
8. Gobierno Revolucionario de la República de Cuba, “Declaración”, Cubadebate, 9 mars 2015.
9. La Iguana TV, “Raúl Castro : Es imposible comprar a Cuba, ni intimidar a Venezuela. Nuestra unidad es indestructible”, 17 mars 2015.
10. Presidencia de Argentina, “Declaración sobre las medidas adoptadas por Estados Unidos contra Venezuela”, 11 mars 2015. http://www.presidencia.gob.ar/event... (site consulté le 18 mars 2015)
11. Página 12, Suma apoyos el gobierno de Venezuela”, 14 mars 2015.
12. El Nuevo Herald, “Latinoamérica defiende a Venezuela y EEUU niega promover inestabilidad”, 10 mars 2015.
13. El Observador, “Mujica no duda de que “los gringos se meten en Venezuela”, 12 mars 2015.
14. UNASUR, « Comunicado de la Unión de Naciones Suramericanas sobre el Decreto Ejecutivo del Gobierno de los Estados Unidos sobre Venezuela », 14 mars 2015. http://www.unasursg.org/node/169 (site consulté le 17 mars 2015).
15. EFE, « Presidencia de Parlasur dicta su ‘enérgico y categórico’ rechazo a medidas EEUU », 11 mars 2015.
16. EFE, « Aladi y Parlasur rechazan sanciones de EEUU a funcionarios de Venezuela », 11 mars 2015.
17. Parlatino, « Parlamento Latinoamericano en Panamá exhorta a EEUU a derogar decreto contra Venezuela », 17 mars 2015. http://www.parlatino.org.ve/index.p... (site consulté le 18 mars 2015).
18. Alianza Bolivariana para los Pueblos de Nuestra América, “Alba rechaza toda agresión de Estados Unidos que busque vulnerar la soberanía de Venezuela”, 9 mars 2015.
19. PSUV, « Venezuela recibe apoyo en ONU ante sanciones de EEUU », 13 mars 2015.
dimanche 22 mars 2015
Cuba soutient le Venezuela après la tentative de coup d’état de l’opposition pro USA
JBC pour www.initiative-communiste.fr
avec l’aide de dépèche de Telesur et Prensa-Latina
Ce 20 février le gouvernement vénézuélien a déclenché des mécanismes de défense contre les menaces croissantes de coup d’Etat et d’agressions externes. Jeudi 19 février 2015, Nicolas Maduro, président du Venezuela, a révélé la découverte de plans fascistes – notamment avec la signature d »un « Accord national pour la transition » visant à la réalisation d’un coup d’état pour imposer un « gouvernement de transition » et nommer un nouveau chef d’Etat.
La télévision publique vénézuélienne détaille ici le plan de ce coup d’état manqué.
Le président de l’Assemblée Nationale du Venezuela Diosdado Cabello a révélé les détails jeudi soir de ce qui selon le gouvernement était un « coup d’Etat déjoué. » Son annonce publique a suivi celle faite plus tôt par le président Nicolas Maduro.
Cabello et Maduro ont indiqué que le plan a été financé par les Etats-Unis et devait être réalisée jeudi matin lors de l’anniversaire du début des blocus et manifestations violentes organisées l’année dernière par l’opposition par des marches de la jeunesse du pays. Plusieurs personnes auraient alors été tuées pendant les manifestations, tandis que les cibles stratégiques auraient été bombardés dans une tentative de renverser le gouvernement Maduro.
Cabello a dit qu’il était important d’informer les gens des plans et des noms des personnes impliquées dans la tentative, qui dit-il inclus un petit groupe de civils et de fonctionnaires de la Force aérienne. Il a dit que grâce aux actions de sécurité et de renseignement conduites par les fonctionnaires de l’Etat, diverses personnes ont été arrêtés et leurs matériels confisqués, y compris un ordinateur avec les «objectifs tactiques du groupe de coup d’Etat. »
Cabello a montré une carte, contenues par cet ordinateur, qui pointe divers bâtiments marqués comme «objectifs tactiques, » y compris le palais de Miraflores, le ministère de la justice, le bâtiment teleSUR, le Conseil national électoral (CNE), et le siège des services de renseignements militaires . (source)
Ce n’est pas la première fois que les forces de la réaction capitaliste, en lien avec le soutien de l’impérialisme américain, prépare ou tente un coup d’état contre le Venezuela bolivarien et sa révolution, avec systématiquement le soutien des médias capitalistes occidentaux.
Voir le documentaire ci-après sur la tentative de coup d’état raté de 2002 contre le presidente Chavez
Le maire de Caracas, Antonio Ledezma, chef d’opposition lié à la tentative de coup d’État et l’un des signataires avec Leopoldo Lopez et Maria Corina Machado de « l’Accord national pour la transition » qui activerait cette action déstabilisatrice a été arrété.
Parmi les soi-disant mesures immédiates convoquées par cet document anti-démocratique figuraient la suspension de garanties les les menaces contre la mission cubaine au Venezuela, selon M. le Président.
Plus que jamais, solidarité internationaliste avec le peuple Venezuela. No Pasaran !
Déclaration du ministère des relations extérieures de la république de Cuba
Le ministère des relations extérieures de la république de Cuba exprime sa solidarité indéfectible et son soutien au peuple et au gouvernement de la république bolivarienne de Venezuela et à son président légitime Nicolas Maduro Moros, face à la récente tentative de coup d’état, aux plans d’attentats et aux conspirations dénoncées antérieurement.
Cuba rejette la guerre économique et médiatique contre la Révolution Bolivarienne et dément énergiquement les déclarations et les ingérences des états unis et de l’organisation des états américains qui alimentent et promeuvent la subversion interne, en violation de la souveraineté, de l’indépendance et de la libre détermination du peuple Vénézuélien.
Le ministère des relations extérieures de la république de Cuba réaffirme que les collaborateurs Cubains présents dans la nation sœur continueront à remplir leur devoir quelles que soient les circonstances, au service du noble peuple frère du Venezuela.
dimanche 15 mars 2015
Tentative de coup d’État contre le Venezuela
Ignacio Ramonet
Publié originalement sur Mémoire des luttes
Sympathique spécimen de la faune amazonienne, le toucan est un oiseau
bien connu pour son bec spectaculaire aux couleurs chatoyantes. C’est
aussi le nom d’un agressif « oiseau d’acier »fabriqué
par l’entreprise brésilienne Embraer, dont la dénomination militaire
est EMB 312, et dont les deux modèles les plus vendus sont le T-27,
version d’entrainement, et le AT-27, armé pour des attaques à terre. Et
c’est précisément un de ces Tucanos militaires,
armé pour l’attaque, qui devait bombarder le palais présidentiel de
Miraflores, à Caracas, le 12 février dernier. Et tuer le président
Nicolas Maduro. L’aéronef avait également pour mission d’attaquer le
ministère de la Défense et de détruire, parmi d’autres cibles, le siège
de la chaîne de télévision internationale TeleSur, en semant le chaos et
la confusion.
Selon les
informations révélées par le président Maduro lui-même, la tentative de
coup d’Etat a été déjouée grâce aux services de renseignement. Ils ont
permis l’arrestation d’un groupe d’officiers d’aviation et de civils. « Il s’agit – a déclaré le chef de l’Etat – d’une tentative de sédition contre la démocratie et la stabilité de notre patrie ; c’est une séquelle du « putsch bleu » [1] de février-mars 2014, il y a un an ».
Nicolas Maduro a
indiqué que l’un des officiers arrêtés était lié, depuis l’année
dernière, à des groupes de l’extrême-droite vénézuélienne qui cherchent à
provoquer des troubles violents dans le pays. Le président a révélé
que, selon l’enquête, les autorités militaires loyales avaient exigé
l’an dernier la démission de cet officier. « Mais il y a quelques semaines – a raconté le chef de l’Etat – plusieurs
opposants ont repris contact avec lui, lui ont remis une importante
somme d’argent et lui ont confié plusieurs missions. En même temps,
l’ambassade des Etats-Unis lui délivrait un visa le 3 février, en
l’assurant ainsi qu’en cas d’échec, il disposait d’une autorisation
d’entrée aux Etats-Unis par n’importe quelle frontière ».
« Dès ce moment – a poursuivi Nicolas Maduro –, cet officier a pris contact avec quatre autres gradés pour exécuter les missions « désignées par Washington » ».
Une de ces missions consistait à faire une vidéo, en enregistrant les
déclarations du général d’aviation Oswaldo Hernández Sánchez depuis la
prison où il est incarcéré pour avoir participé, en 2014, à une
précédente tentative de coup d’Etat.
« L’ordre
était d’enregistrer une vidéo de ce général, qu’on surnomme « l’Ours »,
et, le 12 février, pendant le défilé de la Victoire [2], de faire décoller un avionTucano et
attaquer le palais présidentiel de Miraflores et d’autres « cibles
tactiques » comme le ministère de la défense, le Conseil national
électoral (CNE) et le siège de la chaîne de télévision TeleSur. L’ordre
était de déclencher le putsch au moment de la publication par un journal
d’opposition de ce qu’ils appellent le « Programme du gouvernement de
transition » » [3].
De leur côté,
Diosdado Cabello, président de l’Assemblée nationale vénézuélienne, et
Jorge Rodríguez, maire du district Libertador de la capitale, ont
apporté, le 13 février dernier, à Caracas, plus de détails sur la
tentative putschiste. Les deux dirigeants chavistes ont confirmé que les
officiers arrêtés avaient reconnu que la publication d’un « Manifeste »
était l’un des signes convenus pour déclencher le putsch dont le nom de
code était « Opération Jéricho » [4].
Ils ont également
révélé que, selon les déclarations des détenus, les putschistes avaient
l’intention de « liquider » dès le premier moment, en plus du président
Nicolas Maduro, Diosdado Cabello et Jorge Rodríguez, ainsi que d’autres
personnalités bolivariennes : Tibisay Lucena, présidente du CNE, et
Tareck El Aissami, ancien ministre de l’intérieur et actuel gouverneur
de l’Etat d’Aragua.
Ils ont aussi identifié, en plus du général Oswaldo Hernández,
d’autres chefs présumés de la conspiration. Parmi eux le capitaine
Héctor José Noguera Figueroa ; le colonel José Suárez Rómulo ; le
premier lieutenant Ricardo Antich Zapata (chargé des contacts avec
l’ambassade des Etats-Unis) et le premier lieutenant Luís Hernando Lugo
Calderón [5].
Ils ont montré une
partie de l’arsenal saisi, en particulier des armes de gros calibre :
des fusils semi-automatiques AR-15, des mitrailleuses et des grenades.
Ils ont également révélé que des plans de la ville de Caracas avaient
été trouvés, sur lesquels plusieurs « cibles tactiques » étaient
effectivement signalées avec une grande précision : le palais
présidentiel de Miraflores, les ministères de la défense, de l’intérieur
et de la justice, le Conseil national électoral, la Direction du
contre-espionnage militaire et, comme nous l’avons déjà dit, le siège de
la chaîne de télévision TeleSur.
Cabello et Rodríguez
ont désigné comme « auteurs intellectuels » de la tentative putschiste
et du projet de magnicide deux personnalités de l’opposition : Antonio
Ledezma, maire de Caracas (arrêté le 19 février dernier) et Julio
Borges, député de l’opposition. Ils ont également affirmé détenir les
preuves de la participation de fonctionnaires de l’ambassade des Etats
Unis :« Une fonctionnaire de
l’ambassade appelait les épouses des généraux vénézuéliens et leur
disait que le nom de leur mari figurait sur la liste des personnes
sanctionnées par le Congrès des Etats-Unis. Et que les visas d’entrée
aux Etats Unis de leurs familles avaient été invalidés. Ainsi voulait-on
susciter l’angoisse dans les familles des officiers », expliqua Jorge Rodríguez.
Pour sa part, le
président Maduro a dit avoir en sa possession le « projet de
gouvernement » élaboré par les putschistes. Selon ce plan, les pouvoirs
publics seraient éliminés et les Cubains (médecins, instituteurs et
sportifs) des Missions de service social (santé, éducation et sport)
menacés. « Ils parlent aussi – dit le président Maduro – de
privatiser la compagnie pétrolière nationale PDVSA [Petróleos de
Venezuela Sociedad Anónima], de suspendre les garanties
constitutionnelles, de libéraliser le système des changes et de redonner
les dollars à l’oligarchie ». Le président a ajouté que dans ce « Projet de gouvernement » les putschistes « menacent ce qu’ils appellent les « collectifs » – qui
sont, nous le savons, le peuple vénézuélien – et annoncent que, dès
qu’ils seront au pouvoir, ils déploieront contre eux toute la force
militaire. Aux Cubains des Missions, ils donnent 24 heures pour se
présenter devant les bureaux du nouveau gouvernement de facto ou ils supporteront les conséquences… ».
Malgré toutes les
preuves et tous les détails fournis par les plus hautes autorités de
l’Etat vénézuélien, les médias internationaux (même en Amérique latine)
ont accordé peu de crédibilité à cette tentative de coup d’Etat. Une
telle « incrédulité » fait partie – depuis quinze ans – de la stratégie
des grands médias dominants dans leur guerre contre la révolution
bolivarienne, afin de discréditer les autorités bolivariennes.
Indifférent à cette attitude hostile, le président Nicolás Maduro
continue à expliquer, avec une persévérance pédagogique et en présentant
toutes sortes de preuves, comment, depuis la mort d’Hugo Chávez (il y a
juste deux ans) et depuis son élection (le 14 avril 2014), un « coup d’Etat lent » est en marche pour le renverser.
Cette fois le putsch devait se réaliser en quatre étapes [6].
La première a
commencé début janvier 2015, lorsque le président Maduro se trouvait en
déplacement à l’étranger (Chine, Iran, Qatar, Arabie Saoudite, Algérie
et Russie). Au cours de cette première étape, des entreprises privées
ont mené des campagnes d’accaparement d’aliments et de produits de
première nécessité dans le but de créer des pénuries et du
mécontentement, préparant ainsi les conditions pour que les citoyens
protestent et saccagent les supermarchés. Ce qui ne s’est pas produit.
Dans la deuxième
phase, les grands médias internationaux ont intensifié la diffusion de
reportages, de nouvelles et d’articles qui donnaient une image déformée
de la réalité vénézuélienne, faisant croire que dans le pays du « socialisme du XXI siècle »sévissait une véritable « crise humanitaire ».
A cette occasion le président Maduro a dénoncé le rôle détestable joué,
au cours de cette phase de l’ « Opération Jéricho », par plusieurs
quotidiens espagnols (El País, ABC), …
La troisième étape devait avoir pour protagoniste un« traître » qui ferait un appel solennel à la rébellion à la télévision et dans les grands médias. Le président n’a pas donné le nom de ce« traître », mais il a mis en garde les Vénézuéliens : « Je
ne veux alarmer personne, mais je dois dire toutes les vérités (…) Ils
sont en train de chercher un traître, et je demande au peuple de rester
vigilant ».
La quatrième étape du
coup d’Etat – celle qui a été déjouée le 12 février dernier – prévoyait
la participation d’un groupe d’officiers putschistes de l’armée de
l’air, financés depuis l’étranger. Alors serait annoncé le « Programme
de gouvernement de transition ». Et l’on enterrerait la révolution de
Chávez.
Mais, même en quatre étapes, le coup d’État a échoué. Et la révolution bolivarienne demeure debout.
Notes :
[1]
L’aile la plus à droite de l’opposition vénézuélienne, – dirigée par
des personnalités ultraconservatrices comme Leopoldo López (arrêté le 20
février 2014), Antonio Ledesma (arrêté le 19 février 2015) et Maria
Corina Machado (ancienne députée) – a lancé le mouvement « La Sortie », qui appelait à une sorte de« coup d’Etat soft » ou de « coup d’Etat bleu » dans le but de renverser le Président Nicolás Maduro par le financement de manifestations violentes (les« guarimbas ») qui ont fait 43 morts, 878 blessés et d’innombrables dégâts.
[2]
Le 12 février, au Venezuela, c’est le Jour de la Jeunesse, qui
commémore la Bataille de la Victoire, pendant la guerre d’Indépendance,
dans laquelle un millier d’étudiants venus de Caracas ont affronté les
troupes espagnoles et les ont vaincues.
[3] Le manifeste a été publié le 11 février dernier, dans un journal d’opposition, El Nacional, en page 5, sous le titre de « Appel aux vénézuéliens pour un accord national pour la transition ».
[4]
Par référence à La Bible et plus précisément au Livre de Josué, qui
raconte que quand Josué, à la tête des israélites, arriva au pied des
imposants remparts de la ville de Jéricho, Dieu lui dit d’ordonner aux
prêtres de sonner les trompettes :« Quand
vous entendrez le son de la trompette, tout le peuple poussera de
grands cris. Alors le rempart de la ville s’écroulera, et le peuple
montera, sans obstacle ».
[5]
Les autres officiers putschistes seraient : la Capitaine Laideth
Salazar de Zerpa, dite « Manuelita » ; les capitaines Andrés Ramón
Thompson Martínez, Nerio Alfonso Cordova Moreno ; Carlos Manuel Osuna
Saraco dit « Guillermo » ; le major Cesar Pérez Carrero ; premier
lieutenant Wilfredo Amado Castillo Colmenares ; premier lieutenant
Javier Salazar Moncada ; premier lieutenant Miguel Ángel Salazar
Molina ; premier lieutenant Carlos Esqueda Martínez ; et premier
lieutenant Jofre de Jesús Pineda Trejo.
[6] Voir site web de TeleSur, Caracas, le 12 février 2014.www.telesurtv.net/Gobierno-venezolano-desmantela-atentado-golpista
mercredi 27 juin 2012
Google dénonce un niveau "alarmant" de censure gouvernementale
Google s'est ému ce week-end de constater que le nombre de demandes de
retraits de contenus et de renseignements sur les utilisateurs qu'il
reçoit des pays occidentaux continue à progresser, avec parfois la
volonté de supprimer des contenus uniquement politiques. En Europe,
l'Espagne et la Pologne ont été montrées du doigt. En France, les
demandes progressent.
Google a publié la cinquième fournée de son Transparency Report, par lequel il détaille pays par pays le nombre de demandes de retraits de contenus ou d'informations sur les utilisateurs qu'il reçoit des autorités nationales, soit de la part d'une autorité judiciaire, soit de la part du pouvoir exécutif (police, autorité administrative...). Il ne concerne pas les demandes de retraits dues aux violations de droits d'auteur, qui font l'objet d'un traitement spécifique.
Pour la période de juillet à décembre 2011, couverte par la mise à jour, Google constate que "comme à chaque fois auparavant, il nous a été demandé de supprimer des expressions politiques". "C'est alarmant non pas seulement parce que la liberté d'expression est en danger, mais parce que certaines de ces demandes émanent de pays que vous ne suspecteriez peut-être pas - des démocraties des pays occidentaux qui ne sont pas typiquement associés à la censure".
Le moteur de

Mais la palme de la demande la plus étonnante revient au Canada, où le centre canadien d'émission des passeports a demandé de supprimer "une vidéo YouTube dans laquelle un citoyen canadien urinait sur son passeport avant de le jeter aux toilettes".
Dans cette dernière livraison, Google détaille le nombre de demandes auxquelles il a donné satisfaction, en confiant la répartition entre les demandes judiciaires et les demandes administratives. A cet égard, il est étonnant de voir que le moteur de recherche respecte assez peu les demandes judiciaires. Par exemple, seulement 40 % des demandes des juges américains sont mises en application. "Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles nous n'accédons pas à certaines demandes. Certaines d'entre elles peuvent ne pas être assez spécifiques pour que nous sachions ce que le gouvernement souhaite que nous supprimions (par exemple, aucune URL n'est répertoriée dans la demande)".
En France, entre juillet et décembre 2011, l'Etat a demandé la suppression de 61 contenus, à travers 31 demandes. En nombre de demandes, c'est davantage qu'au premier semestre 2011 (9 demandes seulement), mais c'est moins en nombre de contenus concernés (250). Le détail montre qu'il s'agit pour l'essentiel de contenus diffamatoires, et de de pornographie présente sur YouTube.
Le nombre des demandes de renseignements sur les utilisateurs a progressé, passant en France à 1 779 internautes concernés sur le dernier semestre 2011, contre 1552 dans la période précédente. "Le nombre de demandes que nous recevons concernant des informations liées aux comptes utilisateurs dans le cadre d'enquêtes criminelles augmente d'année en année. Cette augmentation n'a rien de surprenant, car nous offrons chaque année davantage de produits et de services, et nous disposons d'un grand nombre d'utilisateurs", nuance Google. En revanche, la firme n'a accédé qu'à 44 % de ces demandes françaises, contre 47 % auparavant.
dimanche 24 juin 2012
COUP D’ETAT MALIN AU PARAGUAY
Article de Le Grand soir
Ou comment se débarrasser « en douceur » d’un président progressiste (trop ou pas assez selon les points de vue mais vu de droite c’est du pareil au même). Le chaos qui nous attend dans ce virage à droite.
Le
scénario était bien ficelé et ce n’est pas la présence de TOUS les
ministres des affaires étrangères des pays de l’UNASUR ni la menace
proférée par plusieurs de ne pas reconnaître d’autre président voire
même de fermer les frontières qui a fait reculer ces doux putschistes
qui se débarrassent tranquillement et en direct sur la TV du Sur... d’un
président qui leur donnait des démangeaisons à défaut de vraiment leur
faire mal au portefeuille. C’est toujours une pièce en moins pour les
« rouges » sur l’échiquier sud-américain.
Lugo est tombé dans un piège aussi inique que bien préparé. Des forces de répression de l’état vont rétablir l’ordre et déloger les paysans occupant une ferme de la région de Curugaty. 19 morts dans les affrontements et c’est le président qui est accusé et en quelques heures destitué par l’un des sénats les plus corrompus du monde ! Il fallait voir en direct la touche de ces caricatures de puissants, mieux qu’à Hollywood, « voter » un par un la destitution de Lugo et se congratuler ensuite les uns les autres dans une danse macabre bien déplacée.
L’ancien vice-président, tout acquis à la droite dure, est investi dans la foulée. Et, la répression commence à se déchaîner sur les partisans de Lugo venus le soutenir et qui sont dispersés par les charges de cavalerie, les canons à eau, les lacrymogènes et les matraques. Ce n’est qu’un début...
Le Honduras en mieux quoi.
Une technique rodée qui fonctionne bien : on crée des incidents bien meurtriers. On accuse qui on veut et on envoie l’artillerie lourde, les avions et leurs bombes pour « éviter les bains de sang » et rétablir la démocratie pour que les affaires reprennent vraiment.
L’Unasur plombé par le consensus impossible (Chili, Colombie qui rient sous cape, Pérou déjà neutralisé) se contentera comme pour le Honduras de belles déclarations, l’Alba impuissant, l’OEA convoqué d’urgence à Washington veut reprendre du poil de la bête. Elle est belle la défaite de l’impérialisme à Carthagène.

Atilio Boron nous avait mis en garde il y a quelques jours http://www.kaosenlared.net/ america-latina/item/19840- video-a...
Sa réaction à chaud traduite ici par nos soins :
Pourquoi ont_ils fait tomber Lugo ?
Par Atilio Boron
La farce est jouée : le président du Paraguay Fernando Lugo vient d’être destitué de sa charge après un jugement sommaire du Sénat le plus corrompu des Amériques -ce n’est pas peu dire – qui l’a déclaré coupable de « mauvaise gestion » suite aux morts survenues au cours des évènements de la ferme de Curugaty.
Il est difficile de prévoir la suite. Une chose est sure : le massacre de Curugaty fut un piège monté par une droite qui depuis l’entrée en fonction du président progressiste, attendait le moment propice pour en finir avec un régime qui bien que n’ayant en rien affecté ses intérêts, ouvrait un espace aux revendications sociales et à l’organisation populaire toutes choses incompatibles avec sa domination de classe.
Malgré les suggestions multiples de ses amis et alliés, tant au Paraguay qu’en Amérique Latine, Lugo ne s’est jamais attelé à la tâche de consolider de la force social aussi nombreuse qu’hétérogène l’ayant porté à la présidence avec beaucoup d’enthousiasme en aout 2008.
Son poids réel au Congrès du pays était vraiment minime (un ou deux sénateurs maximum) et seule une capacité de mobilisation populaire dans la rue pouvait conférer un peu de gouvernabilité à son action.
Il ne l’a pas entendu ainsi et tout au long de son mandat, ce furent une succession de concessions à la droite, et celle-ci bien que toujours plus favorisée n’allait jamais accepter sa légitimité. Chaque concession à la droite n’a fait qu’enhardir celle-ci et non l’apaiser. En dépit de toutes ses concessions, Lugo fut toujours considéré comme un intrus dérangeant, faible au point de faire adopter par ce même congrès corrompu les lois « antiterroristes » à la demande de l’ambassade US au lieu de les rejeter.
La droite qui bien sur n’a bougé toujours que main dans la main avec Washington pour emêcher par exemple l’entrée du Vénézuela dans le Mercosur. C’est trop tard que Lugo a ouvert les yeux sur la prétendue démocratie paraguayenne institution de fait de l’état capitaliste qui le destitue aujourd’hui dans un simulacre tragi-comique de procès politique qui viole toute les normes d’un état de droit.
Une leçon pour le peuple paraguayen et pour tous les peuples d’Amérique Latine et des Caraïbes : seules la MOBILISATION et l’ORGANISATION POPULAIRES permet des gouvernements qui veulent impulser un projet de transformation sociale même les plus modeste comme ce fut le cas de Lugo. L’oligarcbie et l’impérialisme ne cessent de conspirer et d’AGIR. Et s’ils jouent les résignés, ce n’est qu’une apparence trompeuse comme nous venons de le voir à Asuncion.
Source : http://www.atilioboron.com.ar/ 2012/06/por-que-derrocaron- lug... repris par Telesur et Prensa Latina.
Lugo est tombé dans un piège aussi inique que bien préparé. Des forces de répression de l’état vont rétablir l’ordre et déloger les paysans occupant une ferme de la région de Curugaty. 19 morts dans les affrontements et c’est le président qui est accusé et en quelques heures destitué par l’un des sénats les plus corrompus du monde ! Il fallait voir en direct la touche de ces caricatures de puissants, mieux qu’à Hollywood, « voter » un par un la destitution de Lugo et se congratuler ensuite les uns les autres dans une danse macabre bien déplacée.
L’ancien vice-président, tout acquis à la droite dure, est investi dans la foulée. Et, la répression commence à se déchaîner sur les partisans de Lugo venus le soutenir et qui sont dispersés par les charges de cavalerie, les canons à eau, les lacrymogènes et les matraques. Ce n’est qu’un début...
Le Honduras en mieux quoi.
Une technique rodée qui fonctionne bien : on crée des incidents bien meurtriers. On accuse qui on veut et on envoie l’artillerie lourde, les avions et leurs bombes pour « éviter les bains de sang » et rétablir la démocratie pour que les affaires reprennent vraiment.
L’Unasur plombé par le consensus impossible (Chili, Colombie qui rient sous cape, Pérou déjà neutralisé) se contentera comme pour le Honduras de belles déclarations, l’Alba impuissant, l’OEA convoqué d’urgence à Washington veut reprendre du poil de la bête. Elle est belle la défaite de l’impérialisme à Carthagène.

Atilio Boron nous avait mis en garde il y a quelques jours http://www.kaosenlared.net/
Sa réaction à chaud traduite ici par nos soins :
Pourquoi ont_ils fait tomber Lugo ?
Par Atilio Boron
La farce est jouée : le président du Paraguay Fernando Lugo vient d’être destitué de sa charge après un jugement sommaire du Sénat le plus corrompu des Amériques -ce n’est pas peu dire – qui l’a déclaré coupable de « mauvaise gestion » suite aux morts survenues au cours des évènements de la ferme de Curugaty.
Il est difficile de prévoir la suite. Une chose est sure : le massacre de Curugaty fut un piège monté par une droite qui depuis l’entrée en fonction du président progressiste, attendait le moment propice pour en finir avec un régime qui bien que n’ayant en rien affecté ses intérêts, ouvrait un espace aux revendications sociales et à l’organisation populaire toutes choses incompatibles avec sa domination de classe.
Malgré les suggestions multiples de ses amis et alliés, tant au Paraguay qu’en Amérique Latine, Lugo ne s’est jamais attelé à la tâche de consolider de la force social aussi nombreuse qu’hétérogène l’ayant porté à la présidence avec beaucoup d’enthousiasme en aout 2008.
Son poids réel au Congrès du pays était vraiment minime (un ou deux sénateurs maximum) et seule une capacité de mobilisation populaire dans la rue pouvait conférer un peu de gouvernabilité à son action.
Il ne l’a pas entendu ainsi et tout au long de son mandat, ce furent une succession de concessions à la droite, et celle-ci bien que toujours plus favorisée n’allait jamais accepter sa légitimité. Chaque concession à la droite n’a fait qu’enhardir celle-ci et non l’apaiser. En dépit de toutes ses concessions, Lugo fut toujours considéré comme un intrus dérangeant, faible au point de faire adopter par ce même congrès corrompu les lois « antiterroristes » à la demande de l’ambassade US au lieu de les rejeter.
La droite qui bien sur n’a bougé toujours que main dans la main avec Washington pour emêcher par exemple l’entrée du Vénézuela dans le Mercosur. C’est trop tard que Lugo a ouvert les yeux sur la prétendue démocratie paraguayenne institution de fait de l’état capitaliste qui le destitue aujourd’hui dans un simulacre tragi-comique de procès politique qui viole toute les normes d’un état de droit.
Une leçon pour le peuple paraguayen et pour tous les peuples d’Amérique Latine et des Caraïbes : seules la MOBILISATION et l’ORGANISATION POPULAIRES permet des gouvernements qui veulent impulser un projet de transformation sociale même les plus modeste comme ce fut le cas de Lugo. L’oligarcbie et l’impérialisme ne cessent de conspirer et d’AGIR. Et s’ils jouent les résignés, ce n’est qu’une apparence trompeuse comme nous venons de le voir à Asuncion.
Source : http://www.atilioboron.com.ar/
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